La Terrasse n°154 janvier 2008
La Terrasse n°154 janvier 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°154 de janvier 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : danse... pour les dix ans d’Ardanthé, rencontre avec son fondateur, José Alfarroba.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12/N°154/janvier 2008/la terrasse festival• focus• festival le standard idéal à la mc93 du 8 au 24 février Le point de confrontation de tous les regards Intimement lié à l’identité de la MC93 – maison depuis toujours ouverte sur le monde – le festival Le Standard idéal propose pour la cinquième année consécutive de découvrir, à Bobigny, des artistes d’autres pays, des esthétiques scéniques issues d’autres cultures, des représentations témoignant d’autres formes de théâtre. Du 8 au 24 février, Allemands, Argentins, Belges, Bulgares, Catalans, Français, Grecs et Néerlandais se succéderont sur les scènes de la Maison de la Culture de la Seine-Saint-Denis pour cristalliser les mystères et les secrets de l’art dramatique, mais aussi du spectacle musical… rencontre/Patrick Sommier Bousculer les esprits et susciter la réflexion Homme du dépassement des frontières, le directeur de la MC93 a fondé Le Standard idéal dans un esprit de découverte, d’ouverture et de transmission. Qu’est-ce qui vous a porté vers le théâtre de Molière ? Dimiter Gotscheff : J’ai fait la connaissance de ce théâtre grâce à Benno Besson, qui mettait en scène certaines pièces de Molière, dont le Tartuffe, au moment où je suis arrivé en Allemagne de l’Est pour faire mes études. Comme Tchekhov ou Müller, il fait partie des auteurs qui m’accompagnent depuis longtemps. Molière et Müller ont en commun d’être des auteurs très subversifs. Cet esprit de subversion s’exprime principalement à travers leur goût pour la farce. Je crois que c’est pour cela que je m’intéresse aux comédies de Molière. Son langage est extrêmement précis : il s’en sert comme d’un scalpel pour disséquer le monde qui l’entoure. Dans quelle mesure ce monde nous concerne-t-il encore aujourd’hui ? D. G. : Quelques siècles n’ont pas fondamentalement bouleversé la généalogie de l’homme. Ce qui Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par Le Standard idéal depuis sa création ? Patrick Sommier : Je crois qu’il a bien grandi, et qu’il a aujourd’hui atteint l’âge adulte. La quatrième édition, la saison dernière, a été un grand succès. Il n’y avait plus une place à vendre. Ce n’est évidemment pas le seul critère à prendre en compte, mais c’est tout de même un bon baromètre. Et puis, il me semble que ça a été un festival personnage : dans cette mise en scène, il vient de loin, du tiers-monde d’une certaine manière, et il va décomposer une famille qui, elle, représente le premier monde, le monde de l’abondance. C’est certaientretien/Dimiter Gotscheff Un cauchemar coloré Après le succès d’Ivanov, Dimiter Gotscheff revient au Standard idéal avec der Tartuffe, pièce à travers laquelle le metteur en scène bulgare examine une famille bourgeoise se prenant les pieds dans les attributs de sa pompe et de sa vacuité. m’intéresse, c’est la cellule familiale : en quoi consiste-t-elle, comment fonctionne-t-elle, qu’est-ce qui la maintient ? Chaque famille vit avec un secret enfoui dans ses bas-fonds, quelque chose qui la ronge. Tout le monde possède une sorte de « cassette » qui, comme celle d’Orgon – c’est l’interprétation que nous en faisons – contient un secret compromettant. Quels enjeux dramaturgiques souhaitez-vous mettre en lumière à travers votre mise en scène ? D. G. : Outre la question de la cellule familiale, c’est sans doute la thématique religieuse qui importe aujourd’hui. Car, dans le Tartuffe, la foi se révèle être un phénomène hystérique, qui prend une certaine forme chez Orgon, une autre chez Madame Pernelle. La pièce dévoile un monde extrêmement creux, où la religion n’est qu’un masque. Et Tartuffe se sert de ce masque très consciemment. Mais nous avons souhaité attribuer une autre biographie à ce gros plan/Dieu comme patient - Ainsi parlait Isidore Ducasse La poésie torturée de Lautréamont Matthias Langhoff s’empare des Chants de Maldoror. Matthias Langhoff est un artiste à rebrousse-poil. Hardi, indocile, décidément rebelle aux injonctions des bonnes mœurs théâtrales comme des conformismes politiques, il gratte, démange, voire écorche vif le plastron d’un art gentiment ajusté dans le costume des conventions. Chez lui, la démesure joue avec rigueur, l’audace tance l’érudition pincée et la glose fanfaronne. S’il brutalise parfois les textes, c’est pour les débarrasser de l’encaustique des exégèses racornies par les ans et en redonner tout l’éclat tranchant. Et aussi pour dérouter le regard hors des rivets de l’habitude. « Le théâtre est l’art d’organiser le scandale », clame-t-il. « Il doit révéler le scandaleux et l’obscène que le monde s’efforce de cacher, les inégalités, les injustices, les brutalités, et tout notre système. Afin que cela ne demeure pas enseveli, oublié mais soit dénoncé. A tout le moins, un spectacle doit déranger. » * Voilà donc que Matthias Langhoff s’attaque aujourd’hui à Photo : D. R. enthousiasmant, exaltant, polémique, qui a suscité des discussions vives, engagées… Un festival, c’est aussi fait pour bousculer les esprits. Le Standard idéal est le temps d’une réflexion approfondie sur le théâtre. Car regarder des théâtres qui viennent d’ailleurs, qui ne fonctionnent pas comme le nôtre, qui n’ont pas le même rapport aux œuvres, est bien sûr un acte de découverte, mais aussi une façon de mettre en perspective, d’interroger ce qui se passe chez nous. Finalement, le regard que l’on porte sur l’autre est toujours également un regard que l’on porte sur soi-même. Quel ancrage avez-vous souhaité donner à Le tableau radical et pessimiste d’une société de l’abondance. « Molière se sert de son langage comme d’un scalpel pour disséquer le monde qui l’entoure. » Dimiter Gotscheff une œuvre profondément farouche : Les Chants de Maldoror, publiés en 1869 par un mystérieux comte de Lautréamont, alias Isidore Ducasse. Rébellion contre Dieu Géniale et déconcertante, cette œuvre sonne la rébellion de l’homme contre Dieu, « l’éternel à face de vipère » créateur du monde. Le metteur en scène s’empare à sa manière de cette poésie torturée par la fureur blasphématoire et les maléfices imaginaires, l’entrelardant de films, de rap, de musique de Milhaud et de chansons de Jim Morrison. « C’est au comte de Lautréamont qu’incombe peut-être la plus grande part de l’état de Matthias Langhoff. choses poétique actuel : entendez la révolution surréaliste », confiait André Breton. Quelle révolution nous prépare Matthias Langhoff ? Gwénola David *Matthias Langhoff, entretien par Odette Aslan, éd. Actes Sud-Papiers-CNSAD. Dieu comme patient - Ainsi parlait Isidore Ducasse Work in progress (spectacle en français), d’après Lautréamont ; montage et mise en scène de Matthias Langhoff. Du 16 au 19 février 2008. cette cinquième édition ? P.S. : Nous sommes partis sur l’idée du regard des frontières sur la France (littérature, théâtre...). Puis le champ s’est étendu à la Grèce, pays de la tragédie et de la solitude et à la Catalogne, une autre frontière. Et puis le Standard idéal flirtera cette année encore avec le théâtre musical, parce que, entre l’abstraction de la musique et le mystère du théâtre se crée une des alchimies les plus fortes du spectacle. Ce festival des frontières cherche à passer l’intransmissible.. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat nement une nouvelle lecture, mais nous ne l’avons pas simplement plaquée sur la pièce. Toute cette énergie criminelle, qui est le moteur de Tartuffe, nous a fait beaucoup réfléchir. La question qui se pose, à présent, est de savoir d’où vient cette pulsion, et ce que ce personnage recherche vraiment dans cet environnement social qui lui est étranger. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat (traduction Barbara Engelhardt) Der Tartuffe (spectacle en allemand surtitré), d’après Molière ; mise en scène de Dimiter Gotscheff. Du 8 au 10 février 2008. Harmonie désastres Meret Becker s’unit au trio Ars Vitalis pour un spectacle pétillant et plein de surprises. Un monde de poésie ludique et musicale. Meret Becker aime à brouiller les genres, flouter les apparences, parfois répandre un air de crépuscule tigré de rêveries vénéneuses. La chanteuse et comédienne berlinoise dessine dans les volutes de sa voix, sensuelle ou innocente, de temps à autre mélancolique, un univers singulier de poésie musicale. Habituée du Standard idéal, elle s’est unie à Ars Vitalis, un trio peu Photo : Arno Declair Photo : Christoph Verbrüggen
la terrasse/JANVIER 2008/N°154/13 5 e édition• focus• festival entretien/Johan Simons Un voyage de la pensée aux confins des valeurs occidentales Le metteur en scène hollandais Johan Simons présente Platform, d’après le roman de Michel Houellebecq. Une critique radicale de notre monde contemporain. Pourquoi adapter le roman de Houellebecq pour la scène ? Johan Simons : J’ai déjà mis en scène Extension du domaine de la lutte et Particules élémentaires. L’intérêt que je porte à l’œuvre de Houellebecq tient au regard critique qu’elle porte sur notre monde contemporain. A travers l’analyse de notre façon d’être et de notre morale, cet auteur pose des questions qui habitent chacun d’entre nous. Notre monde est-il bon ? Avons-nous perdu quelque chose qui soit récupérable ? Comment améliorer ce qui ne va pas ? Qu’avez-vous privilégié dans votre adaptation ? gros plan/Espia a una mujer que se mata De la Russie à l’Argentine L’Argentin Daniel Veronese s’invite chez Oncle Vania pour en faire résonner l’écho dans son pays…, et jusqu’à nous. Il faut quitter l’agitation cosmopolite de l’Avenida Corrientes, l’artère théâtrale de Buenos Aires, pour trouver El Camarín de las Muslas. C’est là, dans ce repaire effervescent niché au cœur d’Almagro, que Daniel Veronese et sa troupe ourdissent leur théâtre alternatif : un art engagé, dépouillé des atours chichiteux du formalisme comme des machineries spectaculaires, un art qui s’appuie sur l’essentiel, c’est-àdire le texte, les acteurs, l’espace. Ancien charpentier, l’auteur et metteur en scène, fondateur du fameux collectif El Periferico de Objeto, a gardé une belle manière d’artisanat, un goût pour l’émotion lardée de cet humour argentin si singulier, acide et gai tout à la fois. Il s’invite aujourd’hui chez Oncle Vania. Un humour singulier : acide et gai tout à la fois « J’essaie de me rapprocher des classiques », confiet-il. « Comme ils sont très bien écrits, je peux les retravailler, faire ma propre déconstruction mais avec une structure solide et efficace. » Dans le portrait attentif et cinglant de cette vieille Russie en perdition conventionnel qui frotte musiques traditionnelles et expérimentales pour inventer des formes nouvelles, ludiques et spirituelles. Harmonie désastres ignorent les frontières du répertoire, cabotant du numéro de cirque à l’exploration sonore d’avant-garde, des classiques aux rengaines populaires : Hanns Eisler fricote avec Friedrich Holländer, Tom Waits prend des allures rock… Un cabaret pétillant et foutraque où music-hall, concert, cirque et marionnettes jouent ensemble. Gw. David Harmonie désastres (spectacle en allemand), de Meret Becker. Du 20 au 22 février 2008. Liebe 1968 Le jeune metteur en scène allemand Alexander Charim questionne mai 1968. C’est à partir de films de Philippe Garrel, Jean-Luc Godard et Jean Eustache qu’Alexander Charim invente son Liebe 68. Paris, mai 1968 : la jeunesse vit un moment de révolte intime et collective, discutant à bâtons rompus amour et politique, art et substances toxiques. Sur la scène, une série d’histoires individuelles se croisent et s’évanouissent. Portés par l’espoir d’une liberté vertigineuse, les rebelles refont que peint Tchekhov, Daniel Veronese a reconnu des traits du marasme qu’a traversé son pays, violemment touché par la crise de 2001. Il a brodé sur cette trame les fils de son histoire, cousant aussi quelques motifs empruntés aux Bonnes de Genet. « Il n’y aura pas de costumes de théâtre, ni de mélodies bucoliques dans les salons familiaux », prévient-il. « Aucune trace qui rappelle un temps champêtre. » C’est dans un décor de « récup. » cabossé que se joue l’âpre spectacle des folles espérances d’antan, englouties d’une traite dans la banqueroute du présent et les piteux renoncements. Ce drame à fleur de peau, enlevé par sept comédiens d’exception, « pose petit à petit quelques questions d’ordre universel : l’alcool, l’amour de la nature, les animaux sauvages et la recherche de la vérité à travers l’art. Dieu, Stanislavski et Genet. » Gwénola David Espia a una mujer que se mata (spectacle en espagnol surtitré), adaptation et mise en scène de Daniel Veronese. Du 21 au 23 février 2008. le monde dans l’ivresse du chaos et de ses renversements audacieux. « Que s’est-il passé entre 68 et aujourd’hui, pour que la possibilité du changement nous semble si lointaine ? », s’interroge le metteur en scène. Empruntant ses sources d’inspiration au cinéma français, il pointe du doigt le conformisme de nos modes de vie actuels. V. Hotte Liebe 1968 (spectacle en allemand surtitré), mise en scène d’Alexander Charim. Les 11 et 12 février 2008. El fervor de la perseverança Carles Santos crée un spectacle musical iconoclaste naviguant entre faux et bien-fondés. Pianiste et compositeur aux multiples facettes, Carles Santos crée des œuvres insolites et pleines d’humour qui, n’ayant pas d’argument linéaire, suivent le fil conducteur de la musique. Ainsi, à travers des airs de l’artiste catalan, mais aussi de Frédéric Chopin, Tomàs Photo : Phile Deprez Une mise en jeu des rapports Nord-Sud en dehors de l’émotion et du psychologique. unes de ses règles, tandis que Yacine refuse toute compromission. Comment avez-vous dirigé vos comédiens ? J. S. : Nous avons discuté ensemble de notre rapport à la recherche du plaisir, à la gestion de l’argent, de la structure de notre société au moment où les affrontements dans les banlieues se répètent, de notre perception du malaise des immigrés… Nous ne voulions jouer ni sur l’émo- gros plan/La Mort d’Hercule tragédie du double déclin À partir des Trachiniennes de Sophocle, Georges Lavaudant crée La Mort d’Hercule. Une façon de se pencher sur le mythe du héros à travers le portrait d’un être invincible et souillé. Avec Ajax Philoctète en 1997 – un condensé d’archétypes sophocléens – Georges Lavaudant a arpenté le répertoire grec. Poursuivant son mouvement, le metteur en scène a tout d’abord eu pour dessein de concevoir un spectacle avec les deux versions d’Hercule : Les Trachiniennes de Sophocle et Héraklès Furieux d’Euripide. Mais les circonstances inattendues de son départ de la direction du Théâtre de l’Odéon l’ont amené à revoir son projet initial : « J’ai dû imaginer quelque chose de plus rapide, de plus modeste, une réduction un peu foraine des Trachiniennes destinée à trois acteurs – Astrid Bas, Laurent Ménoret, André Wilms – et à un musicien, Grigoris Vassilas ». La rencontre d’un homme avec son destin Quatre artistes qui portent sur scène cette « tragédie du double déclin », selon l’expression de KarlReinhardt, tragédie traversant les destins funestes d’Hercule et de son épouse Déjanire. Placée sous la coupe mélancolique de la beauté et de l’effroi, Déjanire « est l’une des Luis de Victoria, Richard Wagner et Hugo Wolf, El fervor de la perseverança défend « le plaisir de ne pas être ce que l’on devrait être, de devenir soi-même la faute d’orthographe d’une langue qui offense les orthodoxies ». Cette Fervor de la perseverança est un chant profane, charnel, vital, créée sous le signe d’Eros. Le film projeté n’est donc pas destiné au jeune public. V. Hotte El fervor de la perseverança (spectacle en catalan et allemand surtitré), création et mise en scène de Carles Santos. Du 14 au 17 février 2008. Le Jour des Grecs Une célébration de l’invisible et de la solitude. Lecture, concert, théâtre : la MC93 clôt son Standard idéal en exaltant la culture grecque. « Il s’agit d’un texte fondamental », affirme Patrick Sommier à propos de Je meurs comme un pays de Dimitris Dimitriadis, œuvre dont la lecture est au programme du Jour des Grecs, tout comme La mort d’Hercule (cf. le « Gros plan » de V. Hotte) et le Concert J. S. : J’ai tenu à ôter tout cynisme de la représentation. Nous avons donc, dès le début, laissé mourir la femme qu’aime le protagoniste, afin que la pièce entière soit comme une tentative de reconquérir cet amour perdu. C’est là – avec la mise en évidence du réflexe capitaliste de toujours tenter d’accomplir quelque chose de neuf – l’un des fils conducteurs sensibles de la mise en scène. J’ai veillé à rendre compte de ces deux énergies : l’amour et le capitalisme. À côté de cela, le rôle d’Aïcha s’oppose à celui de Yacine, un terroriste. Ces deux musulmans, face au monde occidental, réagissent de façon antinomique. Aïcha essaie d’y trouver sa place, en adaptant quelquestion ni sur le psychologique. Notre adaptation, qui est écrite comme un conte, sera d’autant plus crédible que les acteurs diront le texte sans le dramatiser. Quant au décor – un gros tas de débris –, il constitue un obstacle auquel chacun tente de survivre. Les comédiens se battent avec cet environnement et essaient de le dépasser. Platformquestionne la façon dont on « La force du théâtre ne repose pas sur le cynisme. » Johan Simons peut se remettre d’une destruction totale. D’une certaine façon, ce spectacle renvoie à la force du théâtre, qui ne repose pas sur le cynisme, mais sur la conservation de traces d’espoir, sur la conviction que l’état du monde est forcément perfectible. Propos recueillis par Véronique Hotte Platform(spectacle en hollandais surtitré), d’après le roman de Michel Houellebecq ; mise en scène de Johan Simons. Les 11 et 12 février 2008. figures féminines les plus travaillées de tout le théâtre de Sophocle », assure Daniel Loayza, auteur du texte français de La mort d’Hercule. Jeune femme pourchassée pour ses charmes, compagne délaissée par un époux absent et infidèle, Déjanire – littéralement celle qui tue (ou consume) son époux – tente de le reconquérir en utilisant, comme philtre d’amour, le sang du centaure Nessus tombé sous une flèche empoisonnée d’Hercule. Mais cette tentative, loin de raviver la passion du héros, se retourne contre son destinataire. « Hercule met en place sans le savoir les éléments de sa propre perte », explique Georges Lavaudant. « Invincible, il tue le centaure qui le tue. Après son long périple de douleurs, dont l’épreuve de l’amour et de la jalousie, la même flèche lui est renvoyée. Ces aventures révèlent un laboratoire-fabrique de la fatalité. » Véronique Hotte La mort d’Hercule (spectacle en français), mise en scène de Georges Lavaudant. Du 20 au 24 février 2008. Rebetiko. « Un texte d’une violence inouïe sur l’idée de patrie, de nation, de pays…, sur cette métastase qu’a représentée la dictature des colonels ». Tentative impressionniste de voyager au sein de la culture grecque, de sa grandeur, de son sens de l’universel, le dimanche 24 février sera une invitation à célébrer « l’invisible et la solitude », deux notions que le directeur de la MC93 associe intimement à la Grèce et à la musique rébétique. Chant des bas-fonds, le « rebetiko » a besoin « de la nuit, de la fumée, du bruit, de la danse, de l’ivresse, du vague à l’âme », explique Grigoris Vassilas, fondateur du groupe Dromos qui donnera un concert exceptionnel lors de cette journée de clôture et qui, tout au long du festival, à l’issue de chaque spectacle, transformera le restaurant de la MC93 en taverne hellénique. M. Piolat Soleymat Le jour des Grecs (Je meurs comme un pays ; Concert Rebetiko ; La mort d’Hercule), le 24 février 2008. Festival Le Standard idéal. Du 8 au 24 février 2008. MC93 Bobigny, 1, boulevard Lénine, 93000 Bobigny. Renseignements et réservations au 01 41 60 72 72 ou sur www.mc93.com



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