La Terrasse n°153 décembre 2007
La Terrasse n°153 décembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°153 de décembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (269 x 410) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec le chef d’orchestre Daniele Gatti, prochain directeur musical de l’Orchestre National de France.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4/N°153/décEMBRE 2007/la terrasse théâtre critiques du 30 novembre au 28 décembre 2007 PORT DU CASQUE OBLIGATOIRE DE KLARA VIDIC AVEC JULIE BROCHEN*, DENIS CACHEUX, EDDY CHIGNARA, PHILIPPE FRÉCON, JEAN-CLAUDE LEGUAY, FANY MARY, STANISLAS STANIC, KLARA VIDIC* *EN ALTERNANCE MISE EN SCÈNE FRED CACHEUX, EN COLLABORATION AVEC DAVID MAISSE SCÉNOGRAPHIE ET LUMIÈRES XAVIER HOLLEBECQ, SON SAMUEL MAZZOTTI, ASSISTANTES CLÉMENCE BORDIER ET EMMANUELLE DAHAN 01 43 74 99 61 production Compagnie FC, coproduction Théâtre de Chelles, en collaboration avec le Théâtre de l’Aquarium, avec le soutien de l’Adami, de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de- France – Ministère de la culture et de la communication et de la Ville de Paris. Cette œuvre a bénéficié de l’aide à la production et à la diffusion du fonds SACD. www.theatredelaquarium.com Route du Champ de Manœuvre | 75012 Paris Le Théâtre de l’Aquarium est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, Direction de la Musique et de la Danse, du Théâtre et des Spectacles, par la Ville de Paris et le Conseil Régional d’Ile de France. N°licences 1002895 -1002896 | N°Siret 784 130 486 00037 | Code APE 923A Casque-Pub-01.indd 1 14/11/07 20:48:11 critique ¶ Terrien Alors que les scènes de Chaillot voient brûler, pour la dernière saison, les feux de l’art dramatique, Yannick Jaulin transcende le genre du conte pour engendrer un voyage théâtral éminemment personnel. Entre pudeur, gravité, poésie et sens du pittoresque. « Ça, c’est votre espace pour un moment, votre territoire », lance Yannick Jaulin au public, désignant le siège sur lequel chacun est assis, la salle que les spectateurs réunis partageront le temps d’une représentation. Une représentation à une voix, un corps, ceux d’un artiste particulièrement touchant, un fils de paysans qui s’est inventé un destin de conteur, un « terrien » qui s’est mué en poète, qui a réussi à conquérir un territoire pour lui hautement improbable : celui de la scène. Après J’ai pas fermé l’œil et Menteur, Yannick Jaulin donne suite aux chroniques de vie qui composaient ses précédents spectacles à Un monologue tendre et facétieux questionnant la notion des territoires. De façon contenue, allusive, extrêmement délicate. Comme sur la courbe zigzagante d’une escapade initiatique, il fouille ainsi les béances intimes qui ont pu l’amener à vouloir trouver une réponse toute faite à la question du monde. A la question de l’homme. A la question de la place dévolue à chacun. Terrien n’apporte évidemment aucune explication à ces interrogations. Donnant corps à une représentation à la fois simple et recherchée (la mise en scène de Frédéric Faye utilise la vidéo de façon réellement pertinente), faisant se côtoyer drôlerie, sensibilité, délires hallucinatoires, brefs éclats de gravité, Yannick Jautravers une forme assez atypique d’autofiction théâtrale. Réinvestissant ses origines vendéennes, son enfance, ses rêves, ses doubles, ses fantômes…, il questionne les notions de cheminement, d’apprentissage et de territoires (tant intérieurs que cadastraux), interroge la dualité ontologique qui, depuis Caïn et Abel, écartèle l’homme entre sédentarité et nomadisme, refuge du chez-soi et appel de l’ailleurs. Un jour, l’auteur-comédien a lui-même succombé à cet appel impérieux, en entrant dans les rangs de l’Ordre du Temple solaire. Les démons et merveilles d’une escapade initiatique Et c’est aussi cette expérience, dont il avoue ne pas s’être « sorti de manière catastrophique », que Yannick Jaulin souhaite sonder grâce à son spectacle. lin explore l’idée du morcellement et évite le poncif de la solennité dramatique. Car c’est un spectacle très joyeux qu’il nous invite à partager. Un spectacle joyeux et poétique qui veille à raconter des histoires pour que nous gardions les yeux grands ouverts, à raconter le monde pour qu’il ne disparaisse pas. Manuel Piolat Soleymat Terrien, de et avec Yannick Jaulin, mise en scène de Frédéric Faye. Du 8 novembre au 21 décembre 2007. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h00. Relâche les lundis, les 18 et 20 novembre, les 2, 4 et 16 décembre. Théâtre National de Chaillot, 1, place du Trocadéro, 75116 Paris. Réservations et renseignements au 01 53 65 30 00. Reprise à la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines les 16 et 17 janvier 2008. Tél. 01 30 96 99 00. critique ¶ La Veuve, la couturière et la commère William Mesguich met en scène « la farce onirique et meurtrière » écrite par Charlotte Escamez qui joue à rire de la mort en lui inventant des servantes délurées, terrifiantes et castratrices. Elles sont trois, aussi vieilles que le ciel, la terre et la nuit, aussi cruelles que la nécessité ou la justice que les poètes anciens croyaient mères des Parques, et portent les attributs de leurs antiques modèles. Maria, Lola et Antonia, campées avec faconde par Agathe Alexis, Anne de Broca et Michèle Simonnet qui semblent bien s’amuser à jouer les mégères vipérines, vivent sur une île au milieu des flots et font leur miel des restes des trépassés. Hirsutes comme des gagneuses de la Cour des miracles, décrépites comme les façades des rues de La Havane, loqueteuses comme des harengères mal embouchées dont le temps a pétrifié la beauté, elles pestent et éructent contre le sort et leur condition qui les ont faites bignoles métaphysiques d’un palais maritime improbable. La veuve entretient son cimetière miniature et pleure sur les défunts, la couturière ravaude un manteau aux allures de linceul et la commère écoute dans son coquillage les dernières paroles des cadavres à venir. L’élégie scabreuse d’une hydre tricéphale Philosophique et loufoque, poétique et décadent, poissard jusqu’au sublime, le texte de Charlotte Escamez est un drôle de mélange, qui emprunte à Kantor, à la mythologie et à la psychanalyse les clefs de son déchiffrement. Le grotesque est assumé et soutenu par une mise en scène inventive qui joue des accessoires et des costumes pour soutenir la suggestion tout en sachant ménager de vrais moments de respiration quand perce la poésie sous les torrents d’un verbe allergique à la censure. Philippe Fenwick, travelo ricanant, se/pour recevoir la terrasse par internet, envoyez un mail à : la.terrasse@wanadoo.fr en objet : recevoir la terrasse/Photo : Nicolas Joubard
Photo : Philippe Delacroix Photo : B.-M. Palazon la terrasse/décembre 2007/N°153/5 critiques théâtre critique ¶ Les Diablogues François Morel et Jacques Gamblin se donnent la réplique dans une suite de joutes absurdes et fantaisistes de Roland Dubillard. Un spectacle efficace, mais sans mystère. Deux esprits libres batifolant sur les chemins de traverse de la pensée. ration de chemins ouvrant les voies de multiples explorations. Comme au gré d’un genre de chasse aux papillons métaphysiques, Les Diablogues de Roland Dubillard – adaptés pour la scène, en 1975, à partir de sketchs radiophoniques (Grégoire et Amédée) datant de 1953 – manifestent une forme de raffinement autant poétique qu’ontologique, un esprit de ratiocination facétieuse- Trois drôles de dames entre arsenic et vieilles dentelles. meut ainsi en mouette émouvante pour pousser le long cri de sa détresse existentielle. Car hommes il y a aussi dans cet antre de femelles, mais hommes émasculés, hommes désinvestis, hommes affolés ou efféminés qu’incarnent avec une conviction peu commune Philippe Fenwick et Zbigniew Horoks, l’hidalgo et le dément. Dominatrices et perverses, les trois femmes renaissent en phénix malveillants à chaque coup porté à la virilité d’un fou qui supporte leur sadisme avec la passion enragée d’un chien trop fidèle. Cette farce pétaradante et burlesque, un peu lourde parfois de ses excès mais Ces arguties-là ont la saveur désuète d’un temps passé. Un temps allégorique renvoyant à l’image diffuse mais prégnante de promenades au sein de chemins creux ou de terres herbues : promenades douces car injustifiées, heures souriantes au cours desquelles quelques flâneurs prendraient le temps de batifoler, de se perdre dans la prolifément abusif qui projette cet enchaînement de conversations contradictoires bien au-delà de la pensée commune. Car les divers protagonistes qui s’entraînent les uns les autres vers les zones franches de l’absurde sont loin d’être de quelconques Messieurs Tout le Monde. Archétypes d’êtres à la limite du déséquilibre, ces humains fondamentalement insolites vacillent entre rationalité et force de l’imaginaire. Une chasse aux papillons métaphysique C’est cette ambivalence existentielle qu’investit l’écriture de Roland Dubillard, cet entre-deux joyeux, énigmatique, pénétrant, qui dessine les contours d’une matière extrêmement vivante. Un entre-deux aérien tout entier contenu dans le sourire de François Morel, dans son regard fantasque, dans sa fantaisie et sa profondeur inclassables. Sans jamais chercher l’effet, à travers un naturel d’une étonnante amplitude, il incarne candeur, surprise, impatience, excès, irritation, désinvolture…, assurant à lui seul la réussite de ces Diablogues d’une grande drôlerie. Car à ses côtés, la prestation de Jacques Gamblin ne convainc qu’à moitié. Semblant manquer de souplesse, de distance, de liberté, le comédien ne parvient pas à révéler les rêves et les mystères qui se cachent aux creux des joutes verbales conçues par l’auteur. A l’image de la mise en scène lisse et sans prise de risque d’Anne Bourgeois, Jacques Gamblin restreint ainsi l’univers de Dubillard à un seul divertissement. Un divertissement certes de bon aloi, mais singulièrement dénué d’imprévu. Manuel Piolat-Soleymat Les Diablogues, de Roland Dubillard ; mise en scène d’Anne Bourgeois. Du 21 novembre au 31 décembre 2007. Du mercredi au dimanche à 18h30 (le dimanche 2 décembre à 15h00) ; représentations supplémentaires les samedis à 16h00 et le 31 décembre à 18h30. Relâches les lundis et mardis, ainsi que les 25, 28, 29 novembre, 19, 20 et 26 décembre. Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris. Réservations au 01 44 95 98 21 et sur www.theatredurondpoint.fr plaisamment iconoclaste, joue d’un rire qui tourne au rictus, dévoilant peut-être, derrière les oripeaux dont l’art et la morale le drapent souvent pour mieux le cacher, le vrai visage de la mort… Catherine Robert La Veuve, la couturière et la commère, de Charlotte Escamez ; mise en scène de William Mesguich. Du 14 novembre au 22 décembre 2008. Lundi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30 ; dimanche à 17h. L’Atalante, 10, place Charles-Dullin, 75018 Paris. Réservations au 01 46 06 11 90./pour recevoir la terrasse par internet, envoyez un mail à : la.terrasse@wanadoo.fr en objet : recevoir la terrasse/THÉÂTRE NANTERRE- AMANDIERS DU 17 NOVEMBRE AU 21 DÉCEMBRE 2007 LA SECONDE SURPRISE DE L’AMOUR TEXTE MARIVAUX MISE EN SCÈNE LUC BONDY AVEC PASCAL BONGARD, AUDREY BONNET, ROGER JENDLY, CLOTILDE HESME, ROCH LEIBOVICI, MICHA LESCOT 01 46 14 70 00 WWW.NANTERRE-AMANDIERS.COM THÉÂTRE NANTERRE- AMANDIERS DU 23 NOVEMBRE AU 21 DÉCEMBRE 2007 CLARA 69 TEXTE GILDAS MILIN SPECTACLE CONÇU ET INTERPRÉTÉ PAR ANNE CAILLÈRE AVEC ANNE CAILLÈRE 01 46 14 70 00 WWW.NANTERRE-AMANDIERS.COM PHOTOGRAPHIE ET DESIGN LABOMATIC, PARIS



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