La Terrasse n°147 avril 2007
La Terrasse n°147 avril 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°147 de avril 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (207 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : Dominique Pitoiset reprend LaTtempête.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28/Danse entretien Robyn Orlin L’Allegro, il penseroso ed il moderatoo, un nouveau challenge pour Robyn Orlin à l’Opéra de Paris De cette ode pastorale de Haendel écrite d’après des poèmes bucoliques de l’anglais Milton et des textes de Charles Jennens, la renversante Robyn Orlin a voulu une réflexion sur l’homme et son environnement, et sur les multiples contradictions qui font l’individu. Sous la baguette des Arts Florissants, au centre d’un dispositif vidéo très prégnant, les danseurs de l’Opéra relèvent un nouveau défi. Pourquoi avez-vous accepté de répondre à cette commande de l’Opéra de Paris, et de travailler sur cette musique précisément ? Robyn Orlin : Parce que c’était un problème très intéressant à résoudre ! Quel problème ? R. O. : A vrai dire, je n’ai rien à voir avec l’Opéra, et je n’ai jamais travaillé avec des danseurs de ce calibre. C’était donc, en cela, très intéressant pour moi. Je savais qui était Haendel, mais je ne connaissais pas particulièrement cette musique. Normalement, je n’ai pas grand chose à voir avec la musique baroque, ce n’est pas mon univers ! Quand j’ai écouté la musique pour la première fois, elle était tellement différente pour moi que le texte m’a touchée plus que la musique. Ensuite, elle a grandi en moi. Plus je travaille avec cette musique, plus je la ressens comme une sorte de blues. Cela devient de plus en plus accessible, et c’est la musique qui m’apporte des idées. C’est inhabituel pour moi, car je ne travaille jamais de cette manière avec la musique. J’ai commencé à penser à ma propre mémoire, du côté de l’Afrique du Sud d’où je viens, et c’est de là qu’a commencé la pièce. Avant ce point de vue très personnel, que vous ont raconté Haendel et Milton ? R. O. : Le poème m’a parlé de la nature et de la ville, ou comment l’environnement naturel peut être détérioré. Les deux caractères « allegro » (le joyeux) et « penseroso » (le mélancolique), qui produisent deux ambiances, m’ont également intéressée. Nous avons ces deux éléments à l’intérieur de nous-mêmes, même si l’on pense que l’on est soit l’un ou soit l’autre. Quand j’ai commencé à lire le texte du « moderato », j’ai réalisé à quel point nous n’avions pas vraiment trouvé un juste milieu entre le naturel et l’urbain. La campagne est surprenante, jeune, non souillée, et la ville est comme une vieille personne. Est-ce cette vision du monde que vous voulez nous transmettre ? N’y a-t-il pas de compromis ? R. O. : C’est ma vision du monde. C’est pourquoi dans la troisième partie de la pièce je travaille vraiment sur les choses qui sont arrivées depuis 2000, et qui nous ont touchés : à la fois des désastres naturels, et ceux provoqués par la main de l’homme. Vous travaillez d’ailleurs avec les nouvelles technologies… R. O. : Oui, mais je préfère que cela soit une surprise ! Il y a des films, un travail de caméra en direct, énormément de choses. C’est très éprouvant technologiquement. C’est un défi pour tout le monde à l’Opéra, et pour moi la première ! C’est la première fois que vous travaillez avec des danseurs comme Nicolas Le Riche, « J’ai commencé à penser à ma propre mémoire, du côté de l’Afrique du Sud d’où je viens, et c’est de là qu’a commencé la pièce » Marie-Agnès Gillot ou YannBridard. Cela est-il facile ? R. O. : Je pense que c’est difficile pour eux et pour moi car je n’ai jamais travaillé de cette façon-là. Cela marche beaucoup au « feeling ». J’ai l’habitude de travailler avec des danseurs sur de longues périodes, mais là c’est l’inverse. C’est une contrainte. Je ne saurais qu’à la fin de la pièce si la collaboration a été bonne ou non. Mais je suis agréablement surprise de voir à quel point ils sont ouverts, et pour moi c’est très important. Que vous offrent ces danseurs et que pensez-vous leur apporter ? R. O. : Ils m’ont apporté un autre monde que je ne connaissais absolument pas. Ce que j’espère leur apporter, c’est une façon d’interpréter la pièce, une façon différente de travailler qui ne concerne pas seulement le corps. Une façon plus profonde… Et j’espère l’apporter au public également. En France, on vous connaît artistiquement en tant que chorégraphe, mais aussi à travers l’engagement politique qui vous caractérise. Ce nouveau spectacle tient-il de ce même engagement ? R. O. : Oui. Je pense que l’engagement est plus social dans la troisième partie. J’explore ce que peut être la notion de baroque, et si cette notion existe en Afrique du Sud. Cela questionne les danseurs sur ce qu’ils sont en tant que danseurs, et en quoi ils peuvent toucher le reste du monde. Pensez-vous que l’on vit une période baroque ? R. O. : Pour moi, le baroque a à voir avec la beauté, mais ce que nous considérons comme beau n’est pas nécessairement baroque. En ce moment, c’est difficile de trouver la beauté dans notre monde. Certaines personnes y arrivent. Trouverons-nous une forme de beauté dans votre spectacle ? R. O. : Oui, de la beauté et de l’humour. Propos recueillis par Nathalie Yokel LAllegro, L’il penseroso ed il moderato, de Robyn Orlin, les 23, 25, 27, 29, avril, 2, 4, 6, 12 mai à 19h30, le 29 avril et 6 mai à 14h30, au Palais Garnier, place de l’Opéra, 75008 Paris. Tél. 0892 89 90 90. Comedia Tempio Cette pièce, créée à l’aube des années 90, est de celles que l’on retient au-delà des années. Intemporelle, mais à l’esthétique pourtant marquée, elle est incontournable dans le parcours de Josef Nadj. Pour écrire cette pièce, le chorégraphe Josef Nadj s’est plongé dans la vie de l’écrivain hongrois Geza Csath, consommateur d’opium, mort à l’âge de 32 ans. Si l’atmosphère qui se dégage du spectacle est sombre, elle n’en est pas moins Chausse-trappes, apparitions et personnages déformés : Comedia Tempio. burlesque par les situations provoquées par la danse, sans pour autant s’attacher à la noirceur d’un récit. Les interprètes endossent de sérieux costumes trois pièces pour s’engouffrer dans une gestuelle pantomimique où l’acrobatie n’est pas loin. La scénographie, faite de trappes, de fenêtres, de palissades, de jeux d’apparitions et de disparitions, influence les corps qui s’adaptent, se tordent, se rapetissent. On se porte, on se tracte comme pour échapper à un destin pesant. Les situations s’enchaînent comme dans un rêve où la parole est bannie, mais où les états de corps trahissent toute la difficulté de vivre d’une communauté. N. Yokel Comedia Tempio, de Josef Nadj, le 26 avril à 21h au Théâtre de Sartrouville, place Jacques Brel, 78500 Sartrouville. Tél. 01.30.86.77.79. Vanishing Act Voici le nouvel opus de Serge Ricci et de son équipe, conçu pour le Forum de Blanc-Mesnil dont il est l’un des résidents. On y retrouve toute l’attention plastique qu’il apporte habituellement aux corps et aux objets. Au cours de cette résidence en Seine-Saint-Denis, le travail de Serge Ricci a connu une visibilité non négligeable à travers des pièces de répertoire et des créations. On a pu découvrir une démarche originale, indépendante, liée notamment aux arts plastiques avec la présence de Fabien Almakiewicz. Mais on a aussi remarqué le chorégraphe, danseur étonnant dans son dernier solo, sorte de condensé d’un univers en constante transformation, mettant le corps et les objets dans des situations de métamorphoses. La nouvelle création Vanishing Act semble sortir de la même veine, et c’est tant mieux. Objet chorégraphique à géométrie variable, il permettra de s’insérer dans le Forum de Blanc-Mesnil pour devenir unique ou éphémère, comme le suggère son titre. Là encore, Serge Ricci et son équipe (dont Alexandra Gilbert, troublante danseuse dans ses précédentes pièces) mettent en pièce l’expérience de la transformation avec notre environnement à travers, entre Pour recevoir La Terrasse par internet, envoyez un mail à : la.terrasse@wanadoo.fr En objet : Recevoir La Terrasse Photo : Guy Delahaye autres, l’acte de la disparition, le plongeon dans la matière, la composition et la décomposition des actes chorégraphiques. N. Yokel Vanishing Act, de Serge Ricci, les 27 et 28 avril à 20h30, au Forum de Blanc- Mesnil, 1-5 place de la Libération, 93150 Blanc-Mesnil. Tél. 01 48 14 22 00. Les Plans d’avril Quatrième édition d’un festival éclectique qui croise les arts en tous sens. Alors que l’onde du printemps fait frissonner l’imaginaire, les Plans d’avril offrent une fois de plus une belle occasion de se dégourdir les méninges… Car ce festival « enfantin, déjant é », qui « revendique son grain de folie », croise les arts et les La danse et la vidéo explorent la notion de temps en le traitant différemment. genres, les gens et les artistes, en tous sens. Avec Mes Contemporains, la chorégraphe Barbara Manzetti bouscule ainsi les frontières du spectaculaire, faisant « œuvre collective de notre intimitét, notre invention quotidienne du monde et de la normalité ». Jérôme Ferron et Frederike Unger triturent la notion de temps au rythme du Boléro avec Laps ShowCase#2, solo pour un danseur. Thomas Lebrun débarque avec sa discothèque perso pour une version solo de What you want, tandis que Romano Bottinelli montre ses films dansés, où les témoignages des Dieppois se mêlent aux corps dans la ville pour dire comment la danse traverse leur vie. Également au programme de cette quatrième édition, de la musique et des expos. Bons plans, non ? Gw. David Les plans d’avril, du 20 au 29 avril, au Point Ephémère (200 Quai de Valmy, 75010 Paris), au Théâtre du Jardin (Jardin d’acclimatation, Bois de Boulogne, 75116 Paris) et au Théâtre du Lierre (22 rue du Chevaleret, 75013 Paris). Rens. 01 46 63 55 67 et www.plansdavril.com. EN MAI HORS SÉRIE La formation théâtrale Le point de vue de comédiens, metteurs en scène, directeurs d’école, pédagogues, sociologues, institutionnels...
Photo : Katja Lösönen Haendel puissance 3 Les baroqueux Marc Minkowski, William Christie et Paul McCreesh dirigent oratorios et opéras du compositeur anglais. Une déferlante haendelienne s’abat sur la capitale. Et il y en aura pour tous les goûts ! Ceux qui affectionnent un Haendel théâtral et énergique iront écouter Marc Minkowski dans Il Trionfo del Tempo e del Disinganno. Premier oratorio du compositeur, Le Triomphe du Temps fut créé à Rome en 1707 sous la direction de Corelli. Nul doute que le bouillonnant « Minko », à la tête de ses Musiciens du Louvre, saura exalter toute la séduction italianisante de cette fable allégorique. A signaler la présence de la grande Nathalie Stutzmanndans le rôle – non prémonitoire… – de la Déception. Ceux qui préfèrent un Haendel plus intime, tout à la fois noble et élégant, se rendront au Palais Garnier. William Christie y proposera, dans une création chorégraphique de Robyn Orlin, L’allegro, il penseroso ed il moderato. Cette ode pastorale regorge d’arias Classique/29 anciens des Talens lyriques, toujours méticuleux et raffinés. A. Pecqueur Vendredi 6 avril à 19h30 au Théâtre des Champs-Elysées. Tél. 01 49 52 50 50 Places : 5 à 82 €. Fabio Biondi À la tête de son ensemble Europa Galante, l’éblouissant violoniste interprète un oratorio méconnu d’AlessandroScarlatti. Le nom de Fabio Biondi est inévitablement associé à sa version discographique ébouriffante des Quatre saisons de Vivaldi. Le violoniste italien n’hésite néanmoins pas à défendre régulièrement des ouvrages peu donnés, comme La Santissima Annunziata qu’il présente à la Cité de la musique avec son ensemble Europa Galante. C’est en 1700 qu’AlessandroScarlatti écrit cet oratorio dédié au mécène romain Francesco Maria Ruspoli. Le compositeur se base sur un Trois grands chefs baroques dans Haendel : Marc Minkowski à Pleyel, William Christie au Palais Garnier et Paul McCreesh au TCE. exquises et possède surtout le plus beau duo vocal écrit par Haendel (« As steals the morn »). Les pas de Nicolas Le Riche se mêleront aux vocalises de Kate Royal dans cette union réjouissante entre la danse et le chant. Enfin, ceux qui aiment un Haendel enthousiaste, sincère mais jamais spectaculaire, rejoindront le Théâtre des Champs-Elysées. Le britannique Paul McCreesh y dirigera Acis et Galatée, opéra-masque inspiré d’Ovide. De Paul Agnew à Rosemary Joshua, les solistes vocaux sont tous rompus à la technique haendelienne, alternant cantabile émouvant et arpèges acrobatiques. A. Pecqueur Il Trionfo : Vendredi 6 avril à 20h à la salle Pleyel. Tél. 01 42 56 13 13. Places : 10 à 60 €. LAllegro L’ : Les 23, 25, 27 avril et 2, 4, 7, 9 et 12 mai à 19h30 et les 29 avril et 6 mai à 14h30 au Palais Garnier. Tél. 0 892 89 90 90. Places : 7 à 130 €. Acis et Galatée : Lundi 23 avril à 20h au Théâtre des Champs-Elysées. Tél. 01 49 52 50 50. Places : 5 à 82 €. Brockes Passion Rareté de l’ère baroque, la Passion de Reinhard Keiser est donnée au Théâtre des Champs-Elysées par l’élégant Christophe Rousset et ses Talens lyriques. Le claveciniste et chef d’orchestre Christophe Rousset s’est donné pour mission d’exhumer les trésors oubliés de l’histoire de la musique. Dernière découverte en date, la Passion écrite en 1713 par Reinhard Keiser sur un texte de Barthold Heinrich Brockes. Les deux hommes furent des figures importantes de la vie artistique hambourgeoise à l’époque baroque. Keiser était un Kappelmeister influent, tandis que Brockes alliait la fonction de poète à celle de sénateur. Fruit de leur rencontre, cette Passion sera servie au Théâtre des Champs-Elysées par une belle pléiade de chanteurs. Le rôle de l’Evangéliste permettra ainsi d’entendre l’excellent ténor Kobie van Rensburg. On se réjouira, enfin, de retrouver les instruments livret du cardinal Pietro Ottoboni, également à l’origine du texte de La Giuditta – peut-être la partition la plus célèbre de Scarlatti. Sensualité et tension dramatique sont au cœur de cette Annunziata mettant en scène la Virginité, l’Humilité et le Soupçon. Parmi la brochette de chanteurs, on attendra tout particulièrement Roberta Invernizzi, qui a déjà prouvé à maintes occasions l’étendue de sa maîtrise vocale. A. Pecqueur Samedi 7 avril à 20h à la Cité de la musique. Tél. 01 44 84 44 84. Places : 27 à 38 €. Musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris Les musiciens de l’Opéra en formule de musique de chambre La pratique de la musique de chambre représente pour un orchestre, non seulement une source d’épanouissement pour ses musiciens, mais aussi une discipline propre à enrichir sa sonorité d’ensemble. C’est ainsi que les musiciens de l’Opéra de Paris s’extirpent une nouvelle fois et pour leur grand bonheur de la pénombre de la fosse pour la lumière du plateau du Palais Garnier. Leur programme de musique française fréquente des œuvres rares et délectables de Roussel (Divertissement), Milhaud (Sonate pour flûte, hautbois, clarinette et piano op. 47), Françaix (L’Heure du ber- ger), Tansman (Danse de la sorcière) et Magnard (Quintette pour piano et vents op. 8). J. Lukas Dimanche 8 avril à 20h30 au Palais Garnier. Tél. 0 892 89 90 90. Armenia Trois solistes classiques français, parmi les meilleurs de la nouvelle génération, plongent au cœur de leurs racines arméniennes. Sous le titre « Armenia », le violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabédian, son frère cadet le violoncelliste Xavier Phillips et le pianiste Vahan Mardirossian, tous les trois bien connus des mélomanes pari- Myung-Whun Chung Orchestre Philharmonique de Radio France captiver LES CONCERTS DE RADIO FRANCE PROLONGER L’ÉMOTION RENSEIGNEMENTS : 01 56 40 15 16 concerts.radiofrance.fr Ne sortez plus sans votre carte Club Bouche à Oreille : 1 place achetée = 1 place offerte à chaque sortie. Voir page 23.



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