La Terrasse n°146 mars 2007
La Terrasse n°146 mars 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°146 de mars 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (198 x 287) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,5 Mo

  • Dans ce numéro : une Orestie avec les élèves de l'ERAC.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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du 20 mars au 1er avril 2007 UNE ORESTIE AGAMEMNON, LES CHOÉPHORES, LES EUMÉNIDES D’ESCHYLE MISE EN SCÈNE JEAN-PIERRE VINCENT INTERPRÉTATION ENSEMBLE 15 DE L’ÉCOLE RÉGIONALE D’ACTEURS DE CANNES (ERAC) Direction artistique Christophe Giordano Son Marek Havlicek et Julienne Havlickova-Rochereau Lumière Dominique Fortin 01 43 74 99 61 theatredelaquarium.com Production Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes, Studio Libre, avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium Route du Champ de Manœuvre | 75012 Paris | T 01 43 74 72 74 theatredelaquarium@wanadoo.fr | www.theatredelaquarium.com 4/Théâtre/Critiques Dissident, il va sans dire Un spectacle soigné de Laurent Hatat, sur le fil du rasoir de la vie - version Vinaver - entre intimité et travail. Avec l’envergure des comédiens Catherine Baugué et Denis Eyriey. Hélène explique à son fils Philippe qu’elle analyse statistiquement l’évolution des ventes. Bientôt, l’entreprise va s’informatiser. Voilà la raison de la perte de son emploi avec en échange, des indemnités de chômage en attendant des jours meilleurs. Cette figure féminine d’aujourd’hui tient à s’accorder quelque temps de lectures. Elle a connu le père de Philippe – qui depuis a grimpé l’échelle hiérarchique de sa société - en militant pour le socialisme, contre les privilèges et le pouvoir des patrons. Des valeurs de jeunesse trahies, selon le fils sarcastique. Encore faut-il, pour résister, ne pas être minée par une mauvaise santé, ne pas être quittée par son mari avec un ado de dix-sept ans sur les bras - sans but - qui laisse glisser sa vie entre les doigts au lieu de la saisir. Philippe rentre à l’essai en équipe de nuit aux presses de Citroën. Telle est la teneur de sa vie apparente que la mère aimerait voir s’élever spirituellement, elle qui regrette de ne plus voir lire son rejeton, lui qui prétend vouloir vivre son propre livre. Un fils charmant - l’acteur Denis Eyriey est juste -, sensible à l’attention qu’on lui porte et affectueux souvent, du moins dans la sphère vivante maternelle. Mais le cours de l’existence est autre, synonyme d’ignorance et indifférence, perçu et dépeint en visionnaire par l’écrivain Michel Vinaver à travers Dissident, il va sans dire. CRITIQUE La mère et le fils, une statuaire duelle décidément sauve La pièce (1976) révèle les conséquences irréversibles de l’informatisation sur l’emploi et ses effets dévastateurs sur la vie privée. Le foyer monoparental connaît la solitude. La mère doit remplir son rôle d’adulte face au jeune, d’autant qu’un respect vivace pour son ex s’oppose au rejet du fils. Le père est plutôt désengagé du triangle familial, préférant la liberté de sa journée professionnelle, l’espace sécurisant d’une reconnaissance non mise en doute. En guise de mémoire, des traces d’un bonheur initial - un âge Orestie-Pub-01.indd 1 7/02/07 16:11:42 Pour recevoir La Terrasse par internet, envoyez un mail à : la.terrasse@wanadoo.fr En objet : Recevoir La Terrasse Trouver un accord impossible, entre la mère (Catherine Baugué) et le fils (Denis Eyriey). d’or du couple avec l’enfant qui s’éveille - s’animent en images vidéo sur la baie transparente de l’appartement. La mise en scène de Laurent Hatat est à la fois économe et sophistiquée, rythmée de pauses et de musiques de Teddy Lasry, au cours des douze tableaux de cette relation privilégiée entre la mère et le fils, une statuaire duelle décidément sauve. Catherine Baugué, tonique mais inquiète, voudrait sauver son fils des vicissitudes du monde, ne sachant « le laisser être… » Et heureusement, elle lui parle de la beauté de la vie, toujours. Véronique Hotte Dissident, il va sans dire, de Michel Vinaver, mise en scène de Laurent Hatat, du 8 mars au 1er avril 2007, du mardi au samedi à 20h30, le 15 mars à 14 h et 20h30, dimanche à 16h au Théâtre de La Commune 2 rue Edouard-Poisson 93304 Aubervilliers Tél. 01 48 33 16 16. Texte publié à L’Arche (Vinaver Théâtre complet 3). Spectacle vu à la Maison Folie de Wazemmes (Lille) La danse de mort Charlotte Rampling, Bernard Werley et Didier Sandre, acteurs d’un trio infernal. CRITIQUE « Aimer… Haïr… L’amour, fièvre intermittente entrecoupée par des syncopes de haine. L’indifférence seule constitue l’impuissance. » Confiait August Strindberg dans la revue Gil Blas en 1895. Celui qui avouait son adoration des femmes, « ennemies délicieuses », « charmantes folles criminelles », ce misogyne existentiel crucifié par le tourment de la vie et trois divorces n’eut de cesse de mettre en scène la guerre des sexes, violente, sans remède ni pardon. Avec La Danse de mort, pièce achevée en 1900, juste après la crise mystique d’Inferno, il pousse à l’extrême le « duel des cerveaux », ce choc des forces, masculin contre féminin. Perdus sur une île glacée de la mer Baltique, enfermés dans la forteresse de leur solitude, Alice et Edgar se livrent bataille depuis 25 ans, fourbissant leurs armes dans le poison des rancœurs et des humiliations. Elle, actrice que le mariage a ravie à la promesse d’une brillante carrière, lui, arrogant capitaine, relégué dans une voie sans issue… Enchaîné dans l’enfer de cet amour haineux, le couple ranci par les années avait trouvé un équilibre, adossé à leur détestation mutuelle. D’ailleurs, ce soir, pour fêter les noces d’argent, chacun lance à son tour sa petite salve de traits perfides. L’habitude… Mais l’irruption de Kurt, cousin d’Alice et vieil ami d’Edgar, va perturber ce jeu destructeur en perçant soudain une brèche dans le huis clos. Seule la mort pourra dénouer la crise conjugale La danse de mort est une œuvre bien périlleuse. Car autant que l’impossibilité radicale du couple, cette joute enragée révèle une lutte désespérée contre l’ennui, contre le néant de la mort. « Il n’y a rien de plus blessant que de voir quelqu’un lire au fond de vous, et seuls deux époux en sont capables. (…) Ils ont un juge à leurs côtés, qui condamne dans l’œuf même toute mauvaise envie qui germe, alors que selon la loi de la société, on ne peut être tenu pour responsable de ses pensées », observait Strindberg, qui avait lu Ribot, Bernheim et Charcot. L’irascible Photo : C. Legrand
Théâtre/Critiques/5 Victor ou les enfants au pouvoir Gilles Bouillon fait grincer les rouages de ce chef-d’œuvre d’insolence signé Roger Vitrac. Réjouissant ! « Et il n’a que neuf ans. Il promet le totor ! » s’exclame Lili, la bonne, victime d’un odieux chantage doublé d’une accusation mensongère. Elle ne croit pas si bien dire… Car, en ce jour d’anniversaire, le géant en culottes courtes, « terriblement intelligent », a décidé du haut de ses deux mètres d’être « quelque chose de neuf » : rejetant en bloc les compromissions adultes et l’ordre mortifère de la société bourgeoise, il va se livrer à un CRITIQUE Photo : Jean-François Berthon Victor (Gaëtan Guérin) et Esther (Hélène Stadnicki), enfants terribles qui font exploser le conformisme bourgeois. réjouissant jeu de massacre, allumant un à un les pétards farceurs cachés dans le double-fond des vies privées de son entourage, pour dynamiter les fondations de la famille, de l’armée, de la religion et du travail. Joli feu d’artifice ! Le fils prodige, fierté des époux Paumelle, refuse de jouer la comédie de la respectabilité… Et voilà qu’aussitôt se détraque la machine bien huilée des convenances adultères ; inceste, sexualité, scatologie, patriotisme, démence et mort giclent Photo : Picasa 2.6 sur la scène, annonçant le dérèglement généralisé des comportements sociaux tenus dans le corset des bonnes mœurs. Saboteur dadaïste – « canaille » disait André Breton qui l’exclut en 1924 du groupe des Surréalistes, Roger Vitrac en profite pour mettre cul par-dessus tête tous les genres plénipotentiaires du théâtre : torpillant le réalisme, détournant la tragédie, minant de l’intérieur le symbolisme, il met aussi le vaudeville en miettes. Tant et si bien que la fête tourne au désastre dans la dérision. Un rire criblé d’inquiétude « Est-ce là que nous allons ? Alors tant mieux ! » aurait dit Gide, au lendemain de la première déflagration de cette bombe iconoclaste, dégoupillée par Antonin Artaud et son Théâtre Alfred Jarry à la Comédie des Champs- Élysées le 24 décembre 1928. C’est au tour de Gilles Bouillon d’empoigner cette pièce trop rarement jouée. Et disons d’emblée que sa mise en scène réussit à faire grincer les rouages de la satire, toujours aussi corrosive, et lui extorque un rire criblé d’inquiétude. Optant pour une scénographie tout de blanc design, des costumes légèrement décalés, il frotte le burlesque et l’absurde, le tragique et l’onirique, tend la corde du suspens et lâche soudain la bride aux instincts refoulés. A ce jeu-là, les comédiens, Christophe Reymond en tête mais aussi l’équipe du Jeune Théâtre en Région Centre (Hélène Stadnicki, Mathilde Martineau, Alice Benoit, Gaëtan Guérin…) sont épatants ! Gwénola David Victor ou les enfants au pouvoir, de Roger Vitrac, mise en scène de Gilles Bouillon, du 9 au 24 mars, à 20h30, relâche mercredi et dimanche, au Théâtre à Chatillon, 51 boulevard de la Liberté, 92 320 Châtillon. Rens. 01 55 48 06 90. Durée 1h50. Spectacle vu au CDR de Tours. Des comédiens talentueux mais qui restent au bord du gouffre. capitaine (Bernard Werley), diabolique vampire, et l’effrayante garce (Charlotte Rampling), serpentine séductrice, sont comme deux fauves dans l’arène : ils se mordent au sang pour essayer de rompre leurs chaînes, sous le regard de Kurt (Didier Sandre), témoin horrifié. Hans Peter Cloos a choisi de monter l’intégrale de la pièce, y compris donc la seconde partie, presque jamais jouée. On peine cependant à discerner la ligne d’une quelconque idée dramaturgique ou esthétique. Quant aux comédiens, ils s’exécutent, gesticulent plus qu’ils ne griffent. Sans se mettre en danger. Et restent au bord du gouffre. Gwénola David La Danse de mort, d’August Strindberg, traduction de Terje Sinding, mise en scène de Hans-Peter Cloos, à 21h, le samedi à 18h et 21h, dimanche 15h, relâche lundi, au Théâtre de la Madeleine, 19 rue de Surène, 75008 Paris. Rens. 01 42 65 07 09 et www.theatremadeleine.com. Durée : 2h. THÉâTrE NaNTErrE-aMaNdIErS 01 46 14 70 00 CRÉATION DU 6 MARS AU 8 AVRIL 2007 TEXTE LARS NORÉN MISE EN SCÈNE JEAN-LOUIS MARTINELLI AVEC CHARLES BENICHOU BRIGITTE BOUCHER SÉVERINE CHAVRIER ÉRIC CARUSO EMMANUEL FAVENTINES ZAKARIYA GOURAM JUDITH HENRY VINCENT MACAIGNE SYLVIE MILHAUD AGATHE MOLIÈRE CAROLINE PROUST ABBES ZAHMANI WWW.NANTERRE-AMANDIERS.COM THÉâTrE NaNTErrE-aMaNdIErS 01 46 14 70 00 CRÉATION DU 9 MARS AU 7 AVRIL 2007 TEXTE MOLIÈRE MISE EN SCÈNE JEAN LIERMIER AVEC ANNE-MARIE DELBART MATHIEU DELMONTÉ DELPHINE DE STOUTZ ÉVELYNE DIDI MARIE DRUC ÉRIC ELMOSNINO MICHEL KULLMANN PHILIPPE MATHEY ALAIN PRALON WWW.NANTERRE-AMANDIERS.COM DESIGN LABOMATIC, PARIS. Ne sortez plus sans votre carte Club Bouche à Oreille : 1 place achetée = 1 place offerte à chaque sortie. Voir page 54.



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