La Terrasse n°143 décembre 2006
La Terrasse n°143 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°143 de décembre 2006

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (206 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : gros plan sur les créations contemporaines à la Comédie de Béthune.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24/Théâtre/Agenda Vian v’là Boris Une insolence iconoclaste et un amour de la vie proportionnel à sa haine des imbéciles : Michel Abécassis ressuscite un Boris Vian méconnu et ragaillardissant. Insultes aux militaires, défense du jazz, mépris du racisme, amour des femmes, de leur poitrine et de leurs robes : le pataphysicien Vian était un as de la saillie, un virtuose de la vanne potache et un bretteur littéraire de première. Parmi certains textes peu connus, des lettres assassines, quelques poèmes bouleversants, des chroniques de jazz et ses chansons incontournables, Michel Abécassis a fait le choix du mordant et de la lucidité, de la légèreté alliée à la gravité, du rire et de la colère pour composer un hymne spirituel en forme de « véritable bain de jouvence » en notre époque atone et compassée. Il confie à des artistes pluriels, à la fois comédiens, musiciens et chanteurs (Didier Bailly, Nicolas Dangoise et Pierre Ollier) le soin de « faire swinguer » les mots de l’humaniste et caustique Bison Ravi, en un cabaret déjanté et libertaire.C. Robert Vian v’là Boris, conception et mise en scène de Michel Abécassis. Du 7 décembre 2006 au 14 janvier 2007. Du jeudi au samedi à 20h45 ; le dimanche à 16h ; relâche exceptionnelle le 24 décembre. Théâtre Daniel-Sorano, 16, rue Charles Pathé, 94300 Vincennes. Réservations au 01 43 74 73 74. Le Misanthrope Loin de toute imagerie dix-septiémiste, Benoît Lambert met en scène Le Misanthrope « en lorgnant (…) du côté de Cassavetes ou de Despleschin ». Soucieux de s’éloigner des représentations en costumes des comédies de Molière, Benoît Lambert investit Le Misanthrope en s’attachant à « inventer un usage de [cette] pièce, un usage pour aujourd’hui ». Car il ne s’agit pas, pour lui, « de célébrer Molière, ou de l’écouter pieusement, mais de s’en servir », « de montrer les convulsions qui agitent un groupe d’amis, en lorgnant de côté de Cassavetes ou de Despleschin », « de montrer comment la langue de Molière reste audible, dès lors qu’elle traverse des corps d’aujourd’hui ». Exit, donc, perruques, rubans verts, lambris et salons marquetés. L’Alceste que le metteur en scène porte à la scène est bien un personnage de notre temps. Personnage qui rêve d’un autre monde. Homme en souffrance dans lequel le metteur en scène nous invite à « reconnaître lucidement nos angoisses intimes, nos terreurs secrètes, et la morbidité diffuse qui caractérise notre époque ». M. Piolat Soleymat Le Misanthrope, de Molière ; mise en scène de Benoît Lambert. Le 1er et le 2 décembre 2006 à 20h30. Le Forum, 1/5, place de la Libération, 93150 Blanc-Mesnil. Réservations au 01 48 14 22 00. Le 5 et le 6 décembre 2006 à 20h30, le 7 décembre à 19h30. Scène nationale de Sénart, La Coupole, rue Jean-François Millet, 77381 Combs-la-Ville. Réservations au 01 60 34 53 60 Vie de Mathilde Sincy Quintette pour deux actrices et un trio à cordes, Vie de Mathilde Sincy dévoile les émois intimes d’une jeune pensionnaire du couvent de Port-Royal des Champs, au XVIIe siècle. Une pièce que le metteur en scène René Albold envisage comme « une dramaturgie de l’ombre et de la lumière ». Des fragments de lettres destinées à sa mère, Ne sortez plus sans votre carte Club Bouche à Oreille : 1 place achetée = 1 place offerte à chaque sortie. Voir page 28. à un jeune cousin, à l’homme auquel elle est promise, à la mère Angélique Arnaud, abbesse du couvent dans lequel Mathilde Sincy a fini prématurément ses jours en 1625, à l’âge de 23 ans. Des fragments de lettres que la jeune femme — dont l’histoire ne dit pas si elle a vraiment existé — a écrites sans jamais les faire parvenir à leurs destinataires, gardant ainsi pour elle sa quête d’absolu et son désespoir. Tiré d’un récit de Dominique Chryssoulis, Vie de Mathilde Sincy exprime, selon René Albold, « les paradoxes qui nous fondent ». Paradoxes que le metteur en scène a souhaité traiter à travers « une forme Fragments épistolaires d’un cœur en souffrance. spécifique dont la finalité n’est ni l’écriture en soi, ni la musique, mais l’instant d’émotion que cette rencontre déploie ». M. Piolat Soleymat Vie de Mathilde Sincy, de Dominique Chryssoulis ; mise en scène de René Albold. Le mercredi 13 et le vendredi 15 décembre 2006 à 21h00, le jeudi 14 décembre à 19h30. Le Prisme, quartier des 7 Mares, 78990 Elancourt. Réservations au 01 30 51 46 06. Ophélie et autres animaux Une mise en scène colorée de Jean-Pierre Jourdain pour Ophélie et autres animaux de Jacques Roubaud, sur une composition musicale de Marc Marder. Ophélie et autres animaux, créé en 95 à Sartrouville, se présentait comme un spectacle musical, à l’initiative de Marcel Bozonnet qui voulait une sorte de divertissement avec chansons. Une façon pour les enfants de découvrir la poésie du romancier et mathématicien Jacques Roubaud. Aujourd’hui, Jean-Pierre Jourdain reprend le flambeau dans l’esprit de la musique de Marc Marder. Entre amusement et éclectisme, le verbe poétique de Roubaud trouve son rythme : pour Les Pigeons qui chient sur Paris un style « parigot », pour Les animaux de personne une ambiance british, et pour Le mouton à grosses fesses de la comédie musicale américaine, du vaudeville, du lied et de l’aria classique. Un condensé de joie et de légèreté, un univers futuriste de formes géométriques et de couleurs acidulées, selon la décoratrice Robin Chemin, sensible à la jeune fille Charlotte qui vient chez le poète pour prendre des leçons de géométrie. Quant au maître d’œuvre Jean-Pierre Jourdain, il s’amuse de ce goût pour l’abstraction qu’éveille une délicieuse tension érotique. Méfiez-vous de la chatte Ophélie qui rôde… V. Hotte Ophélie et autres animaux, texte de Jacques Roubaud, mise en scène de Jean- Pierre Jourdain, du mercredi au dimanche à 18h30, relâche les 24 et 31 décembre 2006 au Studio-Théâtre Galerie du Carrousel du Louvre 99, rue de Rivoli 75001, Paris. Tél. 01 44 58 98 58. Tout public à partir de 6 ans.
La tour de la défense Marcial Di Fonzo Bo toujours fidèle à Copi. « Le théâtre est un lieu où les choses les plus folles doivent paraître normales » clamait Witkiewicz. Une phrase que Copi aurait pu accrocher au fronton de son théâtre de tant il excelle dans la démesure outrageuse et distord sans vergogne le blindage du réel pour en révéler les torsions. Il y a chez lui une lucidité désarmante Théâtre/Agenda/25 Cavaliers vers la mer/Courtes Pièces politiques Le Studio-Théâtre de Vitry accueille en décembre la création de deux spectacles. Benoît Résillot met en scène Cavaliers vers la mer, de Synge et les membres de Lumière d’août, compagnie théâtrale et collectif d’auteurs, proposent Courtes Pièces politiques. « Marine Bachelot, qui prépare une thèse sur le théâtre militant, a proposé aux cinq autres auteurs du collectif d’écrire une pièce politique : on a reçu sept textes très différents, allant du très concret au très philosophique : sur la grève, la prison, la possibilité de joie dans la société contemporaine, les petits boulots de la téléphonie, entre autres. Gianina Càrbunariu nous a donné un texte sur l’immigration parlant de son pays, la Roumanie, où personne ne veut plus rester. La mise en scène est de plus en plus collective et Marine et moi sommes assistants l’un de l’autre. Mais pour que chacun puisse dessiner un geste clair, nous avons réparti les pièces, tout en demeurant dans un dialogue constant. Nous voulons permettre aux spectateurs d’entendre ce qui se passe dans ces sept pièces et ce qu’elles produisent, en proposant une mise en scène qui maintienne constamment la circulation des énergies entre les trois comédiens, Bérengère Lebâcle, Claire Péron et Stéphane Piveteau. Lumière d’août est « Cavaliers vers la mer est la deuxième pièce de Synge. Mon projet initial était de la monter en diptyque avec sa dernière pièce, Deirdre des douleurs, en jouant les deux à la suite selon des esthétiques différentes et en explorant les modes de jeu. Mais pour l’instant, j’avance par étapes, dans l’optique de reprendre, poursuivre, continuer l’exploration tragique de Synge. En effet, son théâtre contient de vrais éléments dignes de la tragédie antique. En temps réel, sur les rails du drame, on sait, et davantage encore, on sent que ça va mal se terminer : le spectateur assiste, impuissant, au déroulé de la catastrophe. Quand on parvient à ne pas troubler cette sensation, le parcours émotionnel est énorme. La pièce, très courte, fulgurante, se passe sur une des îles d’Aran. Une mère voit ses fils mourir noyés les uns après les autres, comme se sont noyés tous les hommes de la famille. La déploration est constante et le désastre permanent. Pour faire monter l’angoisse qui étreint la pièce, nous avons beaucoup travaillé sur le silence, en en faisant un moment de sens, en le remplissant de façon sensible. J’ai choisi de faire précéder la pièce d’un monologue extrait des Iles d’Aran, journal que Synge tint à l’occasion de ses voyages dans ces îles pour y apprendre le gaélique le plus pur, Photos : Caroline Ablain qui éclate en ricanements, une cruauté comique qui s’enthousiasme dans le vertige de la décadence. Une certaine évidence de l’absurde, une profonde désespérance face à l’incommunicabilité. Dans La Tour de la Défense, écrite en 1978, son art de jouer avec les limites taquine les zones troubles de la folie sauvage. L’action se déroule un 31 décembre, au 13 e étage d’une tour solitaire. Sont de la fête : un couple de propos recueillis Alexis Fichet Alexis Fichet, membre du collectif Lumière d’août, met en scène sept Courtes Pièces politiques avec Marine Bachelot. un collectif fondé par six personnes qui écrivent mais qui ne sont pas forcément d’accord : si certains textes veulent attester d’une présence totale du politique dans l’existence, d’autres sont plus éthiques ou plus sociologiques. On n’est plus dans la tradition du théâtre d’agit-prop, mais nous voulons en garder une trace, une mémoire. Nous avons donc conçu un dispositif commun pour les sept pièces. Après sa création à Rennes, nous avons l’intention de le tourner dans des lieux assez petits : pas de scénographie massive, donc, mais un soutien léger pour porter la parole et permettre une vraie proximité avec l’acteur. » propos recueillis Benoît Résillot Benoît Résillot propose une mise en scène rythmée par le silence de Cavaliers vers la mer, de Synge. ce parlé archaïque, simple, rocailleux et heurté que j’ai cherché à reproduire dans la traduction en français de la pièce. Le spectacle commence donc par le récit d’un homme, voyageur ou poète, qui permet d’entrer progressivement dans la fiction, comme si la pièce était le rêve qu’il faisait. Nous avons totalement vidé et agrandi l’espace scénique pour utiliser la profondeur des plans et aménager les avancées : là encore, la logique de la recherche, c’est le rythme. » Propos recueillis par Catherine Robert Cavaliers ver la mer, de John Millington Synge ; mise en scène de Benoit Résillot. Les 7, 8, 9, 14, 15 et 16 décembre 2006 à 20h. Courtes Pièces politiques, de Marine Bachelot, Alexandre Koutchevsky, Laurent Quinton, Juliette Pourquery de Boisserin, Nicolas Richard et Gianina Càrbunariu ; mise en scène de Marine Bachelot et Alexis Fichet. Les 5 et 6 décembre 2006. Studio- Théâtre de Vitry, 18, avenue de l’Insurrection, 94400 Vitry-sur-Seine. Renseignements et réservations au 01 46 81 75 50. 12/20 déc. festival reims à scène ouverte Patrice Chéreau La Légende du grand inquisiteur de Dostoïevski Luz Casal Une voix d’Espagne André Velter/Bartabas La Ballade de Don Quichotte Bruno Mantovani Concert-poésie Emmanuel Demarcy-Mota/Collectif artistique de la Comédie de Reims Les Poètes du tango Ricardo Pais Cabelo Branco é saudade/Théâtre National de Porto Maria de Medeiros A little more blue Hugues Quester Hommage à Maria Casarès Armand Gatti et 40 autres manifestations direction Emmanuel Demarcy-Mota Pour recevoir La Terrasse par internet, envoyez un mail à : la.terrasse@wanadoo.fr En objet : Recevoir La Terrasse émilie paillot graphiste



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