La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°450 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : prévention et interventions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 Morbihan  : évaluation des impacts sur la santé du café associatif de Monteneuf Entretien avec Hervé Strilka, chargé de projets, Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (Ireps) Bretagne, antenne du Morbihan. La Santé en action  : Dans quel contexte ce café associatif a‐t‐il été ouvert ? Hervé Strilka  : Comme beaucoup de bourgs en milieu rural, celui de Monteneuf a vécu la fermeture de ses commerces et le ralentissement de sa vie économique et sociale. Pour y pallier, l’équipe municipale a soutenu, dès 2010, l’ouverture d’un café associatif en 2016, puis sa réouverture en juin 2018, après des travaux de réhabilitation. L’évaluation a porté sur plusieurs éléments structurant le café  : le bâtiment, son fonctionnement, ses prestations et ses relations avec les réseaux locaux. Les composantes qui ont le plus d’impacts sur les déterminants de la santé sont, par ordre décroissant  : la tenue du bar par les bénévoles ; les activités sociales, culturelles et événementielles organisées et animées par les bénévoles ; les partenariats avec les commerces et les services locaux ; les horaires d’ouverture ; les aménagements intérieurs et extérieurs. S. A.  : Quel impact ce café a‐t‐il sur la santé des habitants ? H. S.  : Les impacts positifs sont  : le développement de compétences individuelles et sociales – des bénévoles plus particulièrement –, du sentiment d’appartenance, de l’estime de soi ; une hausse de la solidarité, du soutien et de la cohésion sociale ; le développement économique et culturel ; l’amélioration du cadre de vie autour du café. Des impacts négatifs sur la santé des habitants ont été relevés ; il s’agit  : de la hausse potentielle de la consommation d’alcool et des conduites à risques ; de la hausse des nuisances sonores ; du surmenage de certains bénévoles ; de l’inaccessibilité pour certains groupes sociaux. S. A.  : Quels sont les financeurs et les acteurs locaux soutenant le projet ? H. S.  : Le projet a été soutenu par l’agence régionale de santé dans le cadre du plan régional Santé Environnement Bretagne ; il a été accompagné par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes. Il s’est appuyé sur la motivation L’ESSENTIEL ÇÇ À Monteneuf (Morbihan), le café associatif a fait l’objet d’une évaluation d’impact en santé afin de déterminer ce qu’il apporte aux habitants  : développement de compétences individuelles, accroissement des liens et des interactions sociales et dynamisation du territoire. et sur l’engagement de l’équipe municipale, des coprésidents du café, des bénévoles et des habitants. Tous étaient en attente des recommandations à l’issue de cette évaluation, afin de les prendre en compte. Ce projet a nécessité un temps d’appropriation de la démarche d’évaluation. S. A.  : Comment s’est déroulée l’évaluation ? H. S.  : L’évaluation, en accord avec les préconisations du consensus de Göteborg, a été réalisée entre avril 2017 et septembre 2018 par Hervé Strilka (Ireps Bretagne) et Guilhem Dardier (EHESP), sous la direction de Françoise Jabot (EHESP). Cinq entretiens exploratoires et deux groupes de discussion (focus group) ont permis de recueillir des données auprès des habitants. Le projet s’est fondé sur la littérature scientifique, des publications et des documents non publiés [1 ; 2 ; 3 ; 4] et a fait l’objet d’une publication [5]. S. A.  : Les recommandations de l’évaluation ont‐elles été prises en compte ? H. S.  : Plusieurs recommandations opérationnelles ont été mises en œuvre. Ainsi, l’embauche d’une salariée en juillet 2019, qui a permis d’élargir les horaires d’ouverture, d’accueillir de nouvelles personnes et de soulager les bénévoles ; le développement des activités animées par les bénévoles  : des cours de tricot en langue anglaise avec des résidents anglais qui partagent leur culture, soirées « Mondial de football féminin » ; des spectacles divers animés par des habitants et des artistes locaux (mime, théâtre, clowns, soirées cabarets) ; la vente de produits alimentaires locaux et bios ; l’affichage des horaires d’ouverture et de fermeture, l’arrêt du service de boissons alcoolisées une demi‐heure avant la fermeture du bar, et la sensibilisation aux nuisances sonores à la sortie du bar ; l’aménagement d’un parking éloigné du café pour diminuer les bruits de moteurs ; l’aménagement de la terrasse avec des murets anti‐bruit et des espaces végétalisés. Certaines recommandations seront mises en œuvre à partir de l’automne 2019 avec le soutien de la nouvelle salariée  : des formations sur les postures à adopter face aux clients alcoolisés ; de nouvelles modalités de communication auprès des populations actuellement éloignées de l’accès au café. D’autres recommandations relèvent de la politique générale de revitalisation du bourg  : l’amélioration de l’accès du café par des cheminements doux (à pied et à vélo) ; l’inclusion de ces voies d’accès dans la boucle qu’empruntent les touristes et les randonneurs. Contact  : herve.strilka@irepsbretagne.fr Propos recueillis par Yves Géry, rédacteur en chef. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES [1] Breton E., Jabot F., Pommier J., Sherlaw W. (dir.) La Promotion de la santé, comprendre pour agir dans le monde francophone. Rennes  : Presses de l’EHESP, avril 2017. [2] L’Évaluation d’impacts sur la santé, une aide à la décision pour des politiques favorables à la santé, durables et équitables. Paris  : Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), 2015  : 12 p.En ligne  : https://www.nouvelle‐aquitaine.ars. sante.fr/sites/default/files/2017‐01/EIS_Outilplaidoyer_eval_impact_sante.pdf [3] Réseau des cafés culturels associatifs. Analyse territoriale des cafés culturels associatifs. Janvier 2017  : 5 p.En ligne  : http://www.resocafeasso.fr/wp‐content/uploads/territoires‐des‐cafés.pdf [4] MorinL. Un café associatif, vecteur de participation et d’empowerment ? Étude comparée d’un lieu d’ESS et d’un centre social CAF. [Mémoire] Paris  : CNAM/Cestes, 2016  : 136 p.En ligne  : https://www.resocafeasso.fr/wp‐content/uploads/Lola‐MAURIN‐Mémoire‐versionfinale.pdf [5] Strilka H., Dardier G., Jabot F. (dir.) Évaluation des impacts sur la santé de la réhabilitation du café associatif « La Source » de Monteneuf (Morbihan). Rennes  : Ireps Bretagne/École des hautes études en santé pubique (EHESP) Rennes, septembre 2018  : 64 p.En ligne  : http://www.irepsbretagne.fr/IMG/pdf/eismonteneuf_rapport‐finalisetotal.pdf LA PERSONNE INTERVIEWÉE DÉCLARE N’AVOIR AUCUN LIEN NI CONFLIT D’INTÉRÊTS AU REGARD DU CONTENU DE CET ARTICLE.
Évaluation d’impact sur la santé du projet d’héritage olympique défendu par Paris 2024 en phase de candidature. Candidature de Paris 2024 aux Jeux  : évaluation d’impact sur la santé Céline Legout, ingénieur, évaluation des impacts sur la santé, service parisien de santé environnementale, sous‐direction de la santé, direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé (Dases), Ville de Paris, Muriel Dubreuil, pharmacien, santé publique, évaluation d’impact sur la santé, observatoire régional de santé Île‐de‐France. L’évaluation d’impact sur la santé, démarche innovante dans les projets olympiques En plaçant l’héritage au cœur de son Agenda 2020 [1], le Comité international olympique (CIO) invite les villes candidates à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) à construire un projet s’inscrivant dans la stratégie de développement des territoires et laissant un héritage bénéfique pour leurs populations. L’ambition du comité de candidature de Paris aux Jeux de 2024 (Paris 2024) est notamment de léguer un « héritage sociétal, économique et durable fort » aux Français et aux territoires d’accueil 1 [2 ; 3]. Ces derniers y voient un levier pour accélérer les grands projets, intégrer les enjeux de durabilité dans l’aménagement du territoire et réduire les fractures entre Paris et la Seine‐Saint‐Denis [4]. Au cours des réflexions entre les membres fondateurs de Paris 2024 durant la phase de candidature, l’adjoint en charge de la santé à la Ville de Paris et le pôle Impact et Héritage de Paris 2024 ont proposé la réalisation d’une évaluation d’impact sur la santé (EIS) pour alimenter le dossier de candidature. Bien que d’introduction récente dans l’histoire des grands événements sportifs, deux EIS ont déjà été réalisées [5] pour les JOP de Londres 2012 et pour les Jeux du Commonwealth de Glasgow en 2014. La méthodologie de l’évaluation d’impact sur la santé ajustée au processus de candidature Le CIO distingue l’héritage olympique tangible portant sur l’environnement bâti (installations sportives, rénovation urbaine, infrastructures de transport) de l’héritage intangible portant sur les individus ou sur la société  : acquisition de compétences, activité physique, inclusion sociale, fierté civique, etc. Dans la stratégie héritage [2 ; 3] remise au CIO, Paris 2024 s’est engagé à transformer les JOP en opportunités pour promouvoir une société plus active, durable, inclusive et solidaire. L’évaluation d’impact sur la santé a été conduite par l’observatoire régional de santé Île‐de‐France et par le service parisien de santé environnementale (Ville de Paris). De méthodologie « rapide », elle a reposé notamment sur la revue de littérature scientifique, les profils sanitaire et socio‐économique de la métropole du Grand Paris [6 ; 7 ; 8] et un benchmark 2 des expériences des villes ayant accueilli des JOP d’été [9 ; 10]. L’équipe EIS a participé aux ateliers organisés par Paris 2024. Ont été exclus les impacts sur la santé aux autres phases du projet olympique (organisation, conduite des chantiers olympiques et accueil), les territoires hors Île‐de‐France ainsi que les effets sur la santé spécifiques à un territoire (comme le projet de village olympique). Un rapport intermédiaire a été remis (janvier 2017) permettant d’enrichir le dossier de candidature. Les commanditaires ont orienté l’équipe EIS vers une analyse approfondie et des recommandations concernant trois composantes de la stratégie héritage (phase candidature)  : l’activité physique et sportive, l’emploi‐bénévolat et l’environnement, pour lesquels trois ateliers ont été organisés avec des experts. À titre illustratif, cet article présente les résultats sur l’emploi et le bénévolat. Effets sur la santé attendus pour la composante « emploi et bénévolat » L’impact économique des JOP (emplois créés, croissance économique) est étudié depuis ceux de Los Angeles (1984). Les projections en termes d’emplois liés à Paris 2024 suscitent des attentes dans les L’ESSENTIEL Ç D’introduction récente dans l’histoire des grands événements sportifs, une évaluation d’impact sur la santé (EIS) a été conduite en France lors de la phase de candidature de Paris 2024 aux Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP). Cette EIS a accompagné la construction de la stratégie « héritage » de cette candidature aux Jeux, en anticipant ses effets attendus sur la santé et en formulant des recommandations. Le développement de la pratique sportive pour tous, l’emploi‐bénévolat et l’environnement furent la priorité de ce premier diagnostic. Focus sur l’emploi  : l’EIS conclut que la création d’emplois qui devrait accompagner les JOP de Paris 2024 aura des bénéfices positifs probables sur la santé et sur la qualité de vie des personnes qui bénéficieront de ces opportunités. Toutefois, elle attire l’attention sur les effets négatifs induits en termes d’inégalités, de précarité et de risques professionnels. territoires d’accueil, notamment en Seine‐Saint‐Denis qui présente des indicateurs socio‐économiques défavorables 3. Si Paris présente une situation plus favorable, l’écart entre les revenus des 10% des ménages les plus pauvres et celui des 10% des ménages les plus aisés y reste particulièrement marquant 4. L’emploi permet – via le revenu, le réseau social et le statut socio‐économique qu’il procure – un meilleur rétablissement après un problème de santé, une espérance de vie augmentée et une amélioration de la qualité de vie et de la santé physique et mentale ; cependant, il contribue également à la construction des inégalités sociales de santé via les effets négatifs (sur l’espérance de vie  : pathologies chroniques et mortalité)  : des expositions professionnelles (risques physiques, chimiques, psychosociaux) ; 45 Evaluation d’impact sur la santé Jeux Olympiques à Paris en 2024 LA SANTÉ EN ACTION – N o 450 – DÉCEmbre 2019



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