La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°450 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : prévention et interventions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 ler les représentations des élèves, la pertinence et l’opérationnalité des messages‐clés. La seconde session consiste en des mises en situation par lesquelles les étudiants, mettant en pratique les messages‐clés, peuvent en éprouver les effets personnels et relationnels. Conformément aux directives gouvernementales, le premier temps du service sanitaire pour les étudiants en santé consiste à fournir aux étudiants une assise théorique et une préparation pratique à la mise en place de leur action dans les établissements scolaires. Deux jours sont consacrés à l’enseignement des principes généraux de la santé publique, de l’animation d’une classe et de la méthodologie de projet en promotion de la santé. Puis, ceux qui ont choisi la thématique SMPS sont formés (deux jours) au module de prévention « L’aider ». Ils bénéficient ensuite d’une immersion en centre médico‐psychologique ou en maison des adolescents (un jour), et reçoivent une formation pour être sentinelles en prévention du suicide 2 (deux jours). La formation à administrer le module de prévention est organisée selon le principe de la cascade (ou « formation de formateurs »)  : des psychiatres seniors enseignent à des internes en psychiatrie – pour qui le Sess constitue un séminaire validant – la démarche pédagogique qui leur permettra, à leur tour, d’apprendre aux étudiants en santé comment dispenser le module « L’aider ». Un temps est aménagé au cours de la semaine préparatoire pour s’assurer, lors d’entretiens individuels, que chacun des étudiants se sent à l’aise avec la thématique et est prêt à administrer le module. Ce temps offre l’opportunité de proposer aux étudiants révélant des signes de souffrance psychique un accompagnement professionnel adapté. À la suite de leur formation, les étudiants sont répartis par groupes interdisciplinaires de cinq dans des collèges et des lycées des départements du Nord et du Pas‐de‐Calais ayant accepté d’accueillir la thématique. Sous la tutelle d’un.e référent.e dit.e « de proximité » (infir.mier.mière scolaire, conseil.ler. lère principal.e d’orientation ou enseignant.e, etc.), ces derniers sont d’abord amenés à préparer le déploiement de leur action. En concertation avec l’équipe pédagogique, ils travaillent  : aux adaptations du module en fonction des particularités locales ; à l’articulation avec les programmes déjà en place ; à l’anticipation des situations problématiques. Le reste des séances – réparties sur 14 vendredis – est consacré au déploiement de l’action à proprement parler. Afin d’assurer une chaîne de contenance et de sécurité, les étudiants sont accompagnés tout au long de leurs démarches selon le même principe de la cascade que celui employé pour la formation. Chaque fois qu’ils traversent une difficulté d’ordre pédagogique, clinique ou relative à la protection des mineurs, il leur est proposé de contacter un interne tuteur, lequel est étroitement supervisé par un psychiatre senior. Cette chaîne de référence a également une visée de prévention pour les étudiants eux‐mêmes  : ils sont aussi encouragés à l’activer pour des difficultés d’ordre personnel. Cinquante étudiants intervenants formés Sur l’année universitaire 2018‐2019, 50 étudiants ont été formés à cette thématique Santé mentale et prévention du suicide et sont intervenus ensuite dans un établissement. Lors des retours d’expérience, la plupart ont témoigné d’un plaisir et d’un sentiment d’utilité à être intervenus auprès des adolescents, tout en pointant certaines tensions inhérentes aux activités de prévention en santé mentale (résistances, frustrations de ne pas percevoir le fruit immédiat de leur action par exemple). Plusieurs collégiens et lycéens en souffrance ont pu être repérés par les étudiants ou par leurs pairs, et guidés vers un accompagnement spécialisé. Enfin, selon une étude déployée par le service de santé publique du CHU de Lille, la thématique Santé mentale et prévention du suicide du service sanitaire pour les étudiants en santé a significativement accru le sentiment de compétence professionnelle des étudiants à venir en aide à autrui. Ainsi, près de 70% d’entre eux ont rapporté avoir repéré et être venus en aide à une personne en difficulté au cours de l’année, et 12,5% ont dit avoir consulté eux‐mêmes un professionnel de santé mentale. Forte de ces résultats positifs, la faculté de médecine de Lille et le pôle de psychiatrie du CHU de Lille ont reconduit à la rentrée 2019‐2020 cette thématique Santé mentale et prévention du suicide du service sanitaire pour les étudiants en santé, avec un effectif d’étudiants doublé. Une extension à d’autres territoires est envisagée. À l’heure où la psychiatrie connaît une crise de vocations, l’expérience de ce service sanitaire pourrait contribuer, à travers sa valeur préventive et au‐delà, à ce que les étudiants en santé renouent avec l’engagement en santé mentale. 1. « Sauver et renforcer efficacement la vie des jeunes en Europe ». 2. Formation selon des modalités définies par le Groupement d’études et de prévention du suicide (Geps). LES AUTEURS DÉCLARENT N’AVOIR AUCUN LIEN NI CONFLIT D’INTÉRÊTS AU REGARD DU CONTENU DE CET ARTICLE. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES [1] Robert M., du Roscoät E., Godeau E. La Santé des collégiens en France/2014. Données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School‐aged Children (HBSC). Santé mentale et bien‐être. Santé publique France, 2014  : 6 p.En ligne  : https://bdoc.ofdt.fr/doc_num.php ? explnumid=23655 [2] Dusseaux V. La Santé mentale des jeunes. Ipsos – Fondation Deniker, 2016  : 30 p.En ligne  : https://www.fondationpierredeniker.org/sondage [3] Kessler R.C., Berglund P., Demler O., Jin R., Merikangas K.R., Walters E.E. Lifetime prevalence and age‐of‐onset distributions of DSM‐IV disorders in the National Comorbidity Survey Replication. Archives of General Psychiatry, 2005, vol. 62, n o 6  : p.593. En ligne  : http://www.ph.ucla.edu/epi/faculty/detels/PH150/Kessler_DSMIV_AGP2009.pdf [4] Tentatives de suicide et pensées suicidaires chez les jeunes Français. Résultats des enquêtes Escapad 2014 et Espad 2015. [3 e rapport], Observatoire national du suicide, 2018, Fiche 3  : p.172‐180. En ligne  : https://drees.solidarites‐sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche3‐10.pdf [5] Janssen E., Stanislas S., du Roscoät E. Tentatives de suicide, pensées suicidaires et usages de substances psychoactives chez les adolescents français de 17 ans. Premiers résultats de l’enquête Escapad 2017 et évolutions depuis 2011. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2019, n os 3‐4  : p.74‐82. En ligne  : http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2019/3‐4/2019_3‐4_6.html [6] MacDonald K., Fainman‐Adelman N., Anderson K. K., Iyer S. N. Pathways to mental health services for young people  : a systematic review. Social Psychiatry Psychiatric Epidemiology, 2018, vol. 53, n o 10  : p.1005‐1038. En ligne  : https://www.ncbi. nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6182505/[7] Wasserman D., HovenC. W., WassermanC., Wall M., Eisenberg R., Hadlaczky G., et al. School‐based suicide prevention programmes  : the SEYLE cluster‐randomised, controlled trial. The Lancet, 2015, vol. 385, n o 9977  : p.1536‐1544. En ligne  : http://zivziv.si/wp‐content/uploads/2015school basedsuicide.pdf [8] Priorité prévention  : le service sanitaire pour les étudiants en santé dès la rentrée 2018. Ministère des Solidarités et de la Santé, 15 juin 2018. En ligne  : https://solidarites‐sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques‐de‐presse/article/priorite‐prevention‐le‐service‐sanitaire‐pour‐les‐etudiantsen‐sante‐des‐la. [9] ISNAR IMG, ISNI, ANEMF, ISNCCA. Enquête santé mentale jeunes et futurs médecins (#ESMJM). 2017  : 12 p.En ligne  : http://www.sccahp.org/usrfile/Communication/267/r_sultats_enquete_sant_mentale.pdf.
Des interventions de prévention sont menées auprès des jeunes en milieu scolaire par des professionnels formés. « Démontrer qu’il existe des méthodes efficaces de prévention du suicide » Entretien avec Jean‐Pierre Kahn, professeur de psychiatrie à l’université de Lorraine. La Santé en action  : Quelles est votre implication dans le secteur de la santé mentale et de la prévention du suicide ? Jean‐Pierre Kahn  : Je suis professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’université de Lorraine et j’ai dirigé pendant plus de vingt ans le service de psychiatrie et de psychologie clinique du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy. J’ai récemment quitté mes fonctions pour prendre, à la demande de la Fondation Santé des Étudiants de France, le poste de médecin coordinateur de l’établissement soins‐études qu’elle a créé à Vitry‐le‐François (Marne). J’ai également participé au développement du réseau des Centres experts, devenu ensuite la Fondation FondaMental, et je me suis impliqué de longue date dans des programmes nationaux et régionaux de prévention du suicide. Lors d’un congrès, j’ai rencontré Danuta Wasserman, professeure de psychiatrie à l’Institut Karolinska de Stockholm et fondatrice du Centre national de recherche sur le suicide et la prévention des troubles mentaux en Suède. Alors qu’en Europe, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les 15‐25 ans, il n’y a pas de politique de prévention européenne durable. Or pour convaincre les autorités d’investir dans la prévention, il faut démontrer qu’il existe des méthodes efficaces. C’est ce qui a conduit en 2010 au programme de recherche Saving and Empowering Young Lives in Europe (Seyle) « Sauver et renforcer efficacement la vie des jeunes en Europe ». Sous la coordination de l’Institut Karolinska, l’étude a été déployée dans onze pays, auprès de 11 100 élèves de 14 à 16 ans, moment où l’identité se construit. Les études épidémiologiques montrent aussi que c’est la tranche d’âge où les comportements à risque augmentent. En France, l’étude s’est déroulée dans une vingtaine de lycées de Lorraine sous ma supervision. S. A.  : Quels sont les objectifs de l’étude Seyle, puis du dispositif Youth Aware of Mental health (YAM), « Jeunes conscients de leur santé mentale » ? J.‐P. K.  : Il s’agissait d’abord de constituer une base de données sur le bien‐être et la santé mentale des jeunes Européens à partir d’un questionnaire, puisqu’aucune enquête n’avait été réalisée en la matière. Le second objectif visait à prévenir les comportements suicidaires en mettant en avant des modèles DR VigilanS Bretagne 31 Dossier Prévenir le suicide  : connaissances et interventions LA SANTÉ EN ACTION – N o 450 – DÉCEmbre 2019



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