La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
La Santé en Action n°450 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°450 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : prévention et interventions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Ci‐dessus  : présentation simplifiée du dispositif VigilanS. En janvier 2015, dans la lignée de plusieurs décennies de travaux scientifiques basés sur le maintien du contact, « naissait un dispositif novateur en prévention du suicide  : VigilanS. Pour assurer ce lien, le choix a été fait de constituer une équipe composée, à parts égales, d’infirmiers et de psychologues, installés au sein même de la régulation médicale » (voir ci‐dessus la partie VigilanS, c’est NOUS). À présent, ces derniers sont désignés sous l’appellation de « VigilanSeur »  : « une entité originale qui souligne l’émergence de ce nouveau métier situé au carrefour de plusieurs disciplines ». Source  : « VigilanSeu.r.se »  : un nouveau métier ? C. Debien, E. Cleva, M. Lalova, T. Astier, A. Germe, A. Lamotte, B. Blockelet. Dispositif VigilanS Nord‐Pas‐de‐Calais, CHU de Lille, France, L’Encéphale, janvier 2019.
VigilanS est un dispositif de suivi et d’accompagnement des personnes ayant fait une tentative de suicide, afin d’éviter les récidives. « Être à l’écoute, adaptables, réactifs pour orienter aux mieux les patients à risque suicidaire » Entretien avec Nathalie Haberkorn, cadre de santé du dispositif VigilanS Jura au centre hospitalier spécialisé (CHS) Saint‐Ylie Jura, Nicolas Thiriet, infirmier et « vigilanseur ». La Santé en action  : Quelle est la composition de l’équipe du dispositif VigilanS Jura ? Nathalie Haberkorn  : L’équipe VigilanS est composée d’un médecin psychiatre responsable une demi‐journée par semaine ; d’un médecin psychiatre coordonnateur ; d’un cadre de santé un jour et demi par semaine ; de quatre « vigilanseurs », deux psychologues à mi‐temps et deux infirmiers à mi‐temps ; d’une secrétaire à mi‐temps ; d’une psychologue, à raison d’une demi‐journée par mois pour de la supervision. L’équipe travaille du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures, sauf le mardi de 10 heures à 18 heures. En dehors de ces créneaux, un répondeur indique aux personnes le numéro des urgences, joignables 24 heures sur 24. Dans l’idéal, les « vigilanseurs » travaillent en binôme composé d’un infirmier et d’un psychologue. S. A.  : Comment ce dispositif fonctionne‐t‐il ? N. H.  : Le dispositif VigilanS est proposé à toutes les personnes ayant fait une tentative de suicide. Elles ont le choix d’accepter ou de refuser. Nous notons que la très large majorité accepte. Une carte‐ressource avec un Numéro Vert  : 0800 39 39 39, ainsi qu’une note explicative du fonctionnement du dispositif VigilanS leur sont données. Un fax d’adhésion au dispositif avec des renseignements valides (numéro de téléphone, adresse…) nous est envoyé, afin de pouvoir débuter le protocole. Un premier appel est passé 10 jours après la tentative de suicide ; c’est en général la fin de l’hospitalisation, un moment identifié comme à fort risque. Son objet est d’évaluer où en est le patient dans la crise suicidaire. Le but est de maintenir un lien avec la personne, en attendant la mise en place d’un suivi. Un deuxième appel a lieu à J + 20. Puis un troisième est effectué trois mois après – auparavant, cet appel avait lieu six mois après la tentative de suicide. Cette durée nous paraît plus pertinente après avoir posé un double constat  : nous avions du mal à joindre les gens, et lorsque nous y parvenions, beaucoup n’avaient plus envie d’évoquer cette période de vie difficile. De plus, si les patients inclus dans le dispositif ne répondent pas aux deux premières sollicitations, une carte postale rédigée par les « vigilanseurs » leur est envoyée chaque mois pendant trois mois. Nous avons la possibilité d’effectuer des appels supplémentaires lorsque les personnes doivent affronter des événements difficiles, qui peuvent engendrer un passage à l’acte, par exemple la date d’un jugement pour la garde d’enfants, la date anniversaire du décès d’un proche. Si les personnes vont bien à J + 90, elles sortent de la veille ; si une récidive suicidaire a été réalisée pendant la veille, la personne est réintégrée dans le dispositif. S. A.  : Comment est accueilli ce dispositif notamment par les professionnels de santé ? N. H.  : VigilanS est bien perçu, en particulier par les médecins généralistes qui se sentaient parfois seuls face à ce problème. Ils se disent satisfaits de l’existence d’une équipe spécialisée dans la prévention de la récidive, qui apporte une prise en charge complémentaire. Les « vigilanseurs » sont des ressources en matière de conseils et d’orientation vers les soins. Ils peuvent intervenir auprès d’un praticien pour avancer un rendez‐vous ; la pénurie de psychiatres fait que les délais d’attente atteignent plusieurs mois. S. A.  : Quelles évolutions avez‐vous constatées depuis le début de l’expérimentation en avril 2016 ? N. H.  : Nous observons avant tout une augmentation du nombre de patients dans la file active, grâce au développement du réseau. Nous accompagnons environ 250 personnes de plus chaque année, soit près de 800 depuis trois ans. Le dispositif est maintenant connu et reconnu, ce qui a un impact sur les appels reçus, de plus en plus fréquents  : de la part des patients qui, auparavant, se tournaient vers les urgences psychiatriques dans un moment de crise, et aussi de la part des professionnels. Par exemple, les infirmières qui travaillent au contact d’adolescents dans les structures éducatives n’hésitent pas à faire appel aux compétences de VigilanS. Je vois aussi évoluer le métier des « vigilanseurs ». Ils ont gagné en expérience et en confiance dans leur pratique, grâce en particulier à des formations reçues, 19 Dossier Prévenir le suicide  : connaissances et interventions LA SANTÉ EN ACTION – N o 450 – DÉCEmbre 2019



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