La Revue du Design n°2 mars 2011
La Revue du Design n°2 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Alexandre Cocco

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Adrien Haas.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RdD n°02 | Mars 2011 du bureau de conseil en innovation et création NellyRodi SA assure également la présidence pour la région Ile-de-France. La mission du réseau ? « Proposer aux acteurs économiques et industries de la création un arsenal d’actions concrètes centrées sur la valeur ajoutée de l’immatériel pour l’industrie. (…) Le « i » supplémentaire de l’immatériel replace le consommateur au cœur des préoccupations des industries créatives. Par l’intégration des dimensions de marque, de design, de services, de process, l’immatériel offre aux entreprises des opportunités stratégiques de créer et de recréer de la « valeur d’innovation », au sens le plus large du terme. » Une action nécessaire, si on s’en réfère aux résultats du rapport sur l’Economie du Design(2), réalisé à la demande du ministère de l’Economie de l’Industrie et de l’Emploi (DGCIS) par L’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI), la Cité du design et l’IFM en 2010 : le taux d’utilisation du design au sein des entreprises françaises, atteignant difficilement 40%, est parmi les plus faibles d’Europe. « En design, la France est un peu frileuse » (3) : la petite phrase lâchée par Inga Sempé fin janvier, tandis que débutait la grand messe Maison&Objet, épingle une certaine lenteur de la prise de conscience des entreprises. Mais l’aide récente du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie pourrait s’avérer incitatrice. Pour Elizabeth Ducottet, « le clair soutien des pouvoirs publics (et de la distribution) pour l’immatériel et le design » est à considérer comme un « signal fort ». « Le design est partout, les entreprises ne peuvent pas se contenter de l’innovation purement technologique […]. Il faut désormais l’inscrire en amont de la conception des produits. » Un précepte doctement appliqué par les binômes du programme Tech & Design. Elodie Palasse-Leroux, journaliste, est également rédactrice de Sleek design. – Notes : (1) Membre du Conseil général de la Banque de France, membre élu de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) et du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Elisabeth Ducottet est également Administrateur du Lieu du Design (CCIP), de l’IFM (Institut Français de la Mode), de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC), Président du Conseil d’Orientation de l’ESIV (Ecole supérieure des industries du vêtement – CCIP), et Administrateur de l’Ecole de la 2ème Chance – EC2 (CCIP92). (2) L’intégralité du rapport sur l’Economie du design (septembre 2010) est à découvrir ici. (3) Inga Sempé, interviewée dans Rue89 le 21 janvier 32 | www.larevuedudesign.com Quelques vues de l’exposition : Photos droits réservés IFM_PARIS. Vous trouverez davantage de photos de l’exposition dans la galerie Flickr de l’IFM.
R3iLab, Tech & Design – Rencontre avec Isabelle de Bussac Par Elodie Palasse-Leroux. Consultante auprès de PME, chargée de mission marketing & distribution, Isabelle de Bussac est la caution « marché » du programme Tech & Design. « En entreprise, il n’est pas toujours évident de parler de design. » Elle est la « nouvelle venue » du programme Tech & Design : à l’initiative de Stanislas Vandier, Isabelle de Bussac accompagne depuis octobre 2010 les chefs d’entreprise afin de les guider dans leurs choix stratégiques, optimisant les chances d’industrialisation et de commercialisation des objets imaginés en collaboration avec les designers. « Le premier pas ? Il faut bien cerner l’entreprise, son savoir-faire, son marché potentiel. Il n’est pas toujours évident de parler de design, d’identité graphique de la marque, de sa communication, de marketing. Beaucoup n’y voient pas la priorité. Certains industriels sont très éloignés du client final. En régions, plus particulièrement, d’où l’importance du soutien et de l’accompagnement dans la politique de changement. » Il s’agit donc, pas à pas, de les amener à valoriser leur savoir-faire. « Maîtriser une technique ne suffit pas : il faut savoir la vendre, la bousculer, aller vers de nouveaux horizons. L’intégration du design peut ouvrir de nouveaux marchés et permettre de réaliser de nouveaux produits. » Isabelle de Bussac est convaincue de ce qu’elle professe, parcours oblige. Après avoir fourbi ses armes chez Publicis, elle a posé ses valises en Pologne, pour y développer la branche locale de la firme Crypton. Le lin, une importance ressource du pays, lui donne l’idée de fonder Les Ailes du Biloba. Ses créations textiles connaissent un franc succès, puis la petite entreprise devient Les Ailes du Biloba Consulting, spécialisée dans le soutien aux PME en développement, dès 2008. C’est à Frédéric Pellerin qu’échoit le rôle délicat de la formation des binômes : à lui de déterminer quel designer serait susceptible d’accompagner tel ou tel industriel, qui serait le plus à même de réfléchir à la problématique de l’entreprise. Ce dernier accompagne ensuite les deux parties dans les prémices de la collaboration. « Cela passe par la découverte de l’entreprise : son histoire, ses produits, la découverte de ses attentes. Une discussion s’établit, un brief se dessine. C’est une étape primordiale. » Isabelle de Bussac étudie ensuite le positionnement des produits, identifie les marchés porteurs, délimite le cadre très concret des débouchés. « Je fais de la sensibilisation au design, tout en évitant le spectaculaire : Tech & Design n’a pas pour vocation de créer de buzz, pour regarder ensuite retomber le soufflé : au final, chaque produit fini doit être commercialisable. » RdD n°02 | Mars 2011 Le design, vecteur d’ouverture des marchés et de la sauvegarde des savoir-faire D’un binôme à l’autre, le rôle à endosser diffère : « Pour Brodeurs de France et Maroussia Rebecq, le travail a été initié très en amont. Mêler la broderie traditionnelle et l’outdoor marquait une évolution sensible : il fallait « creuser » autour du marché du camping, du secteur de la décoration en extérieur – un marché à très fort potentiel, en plein boom ». Les objets ainsi ornés, transats, toiles d’ombrage, apportent en effet un coup de jeune au secteur : « L’intérêt des consommateurs comme des distributeurs est en éveil. Il fallait identifier des entreprises à fort potentiel, ainsi qu’un réseau de distribution. » La Chaiserie landaise, spécialiste du mobilier d’extérieur connu pour ses chiliennes et chaises longues, Robert le Héros ou encore Abritez-vous chez nous, fabricant de tentes de réception (« Jusqu’aux chapiteaux de cirque, aux couvertures de stade, ils fabriquent d’énormes structure métallo-textiles : un vrai challenge. ») se laissent séduire, comme le mythique Pare gabia (« Un très bon réseau, une image forte, et l’habitude de la relation avec les stylistes. »). Dans le cas de Peltex, spécialiste de la fausse fourrure, Isabelle de Bussac a accompagné la réflexion stratégique. « Sam Baron a rapidement imaginé son mobilier, et proposé une ligne Peltex Maison, avec une première collection signée de son nom. Directeur du design à la Fabrica du groupe Benetton, il est plutôt à l’aise avec la notion de stratégie de marque. » Pour Guille/Collégien, spécialiste du tricotage circulaire, et la designer Mathilde Brétillot, il s’agissait essentiellement d’identifier des boutiques et concept stores autour de l’univers de l’enfant, comme Balouga, Serendipity, Not so big, circuit précédemment exploré avec Les Ailes du Biloba. Du binôme formé de l’ennoblisseur Beyrand et de Félicie Bajard, Isabelle de Bussac loue « l’excellent travail, ce mariage très réussi de la porcelaine et du cuir. Il y a une très bonne entente, Pierre Beyrand et Félicie Bajard avaient déjà été en relation par le biais du Centre technique du cuir. Qui plus est, il y a une logique dans la collaboration. J’ai donc réfléchi avec eux à une éventuelle évolution des gammes, vers un marché plus abordable, ou bien à la création de déclinaisons autour de l’image d’une maison de thé, d’une épicerie fine, d’une maison de champagne… » Pierre Beyrand, à la tête de cette « Entreprise du patrimoine vivant » centenaire, se montre « enthousiaste, porte le projet, révèle un véritable appétit de se repenser et d’aller vers de nouveaux univers. La phase de réflexion est dynamique : on « vit » vraiment le projet ». www.larevuedudesign.com | 33



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