La Revue de la Science n°2 jui/aoû/sep 2015
La Revue de la Science n°2 jui/aoû/sep 2015
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°2 de jui/aoû/sep 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 123 Mo

  • Dans ce numéro : drones, l'invasion se confirme.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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le 11 Août 2015 Sommaire N°2 - Bimestriel - Juillet/Août 2015 Directeur de la publication et de la rédaction  : Robert Lafont - robert.lafont@lafontpresse.fr Secrétaire générale des rédactions  : Isabelle Jouanneau - Tél.  : 01 46 10 21 21 Isabelle.jouanneau@lafontpresse.fr Rédaction  : Valérie Loctin et les rédactions de Lafont presse ADMINISTRATION Directeur comptable  : Didier Delignou didier.delignou@lafontpresse.fr Comptables  : Mélanie Dubuget - Tél.  : 01 46 10 21 28 melanie.dubuget@lafontpresse.fr Diana Pereira - Tél.  : 01 46 10 21 03 diana.pereira@lafontpresse.fr PUBLICITÉ & PARTENARIATS Directeur  : Éric Roquebert - Tél.  : 01 46 10 21 06 eric.roquebert@lafontpresse.fr FABRICATION Maquette  : Jessica Hubner Impression  : Rotogaronne (14 Estillac) DIFFUSION PRESSE Isabelle Jouanneau - Tél.  : 01 46 10 21 21 Isabelle.jouanneau@lafontpresse.fr Distribution  : MLP ABONNEMENTS Dominique Bokey - dominique.bokey@lafontpresse.fr La Revue de la Science sont édités par Entreprendre, S.A. au capital de 246 617.28 € - RCS NANTERRE 403 216 617 - SIRET  : 403 216 617 000 23 - NAF  : 5814Z SA - 53 rue du Chemin Vert 92100 Boulogne-Billancourt - Tél.  : 01.46.10.21.21 - Fax  : 01.46.10.21.22 Toute reproduction, même partielle, des articles et iconographies publiés dans La Revue de la Science sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. 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Compter avec la lumière L’univers est plus âgé que prévu La séduction dans les pattes ! Les antibiotiques se heurtent aux bactéries multirésistantes L’étonnante capacité des cellules sanguines 16 Dossier/Drone l’invasion se confirme Ils surveillent, filment, cartographient... 28 Dossier/Alésia livre ses secrets Les secrets de la civilisation gauloise 35 Dossier/Les arts premiers En correspondance avec la Grotte Chauvet 38 Actualités/Brèves Comment l’évolution repeint les êtres vivants Un excès d’antimatière dans l’espace ? Les bébés doués de conscience ? Quand les animaux sont devenus terrestre Découverte du plus ancien marsupial européen Les joueurs pathologiques seraient trop optimistes ! D’où vient l’eau de la haute atmosphère de Jupiter ? Pourquoi chantez-vous faux ? Le rôle écologique des espèces rares est unique Découverte d’une nouvelle méthode pour détecter des cancers Pourquoi les Français sont si férus de sciences Un immence disque de galaxies naines Météo spatiale Comment tripler la durée de validité des aliments L’histoire des marsouins L’invisibilité en 3D peut aussi être acoustique Voitures éco-innovante Recharger sa voiture électrique Les sms représentent-ils réellement une menace pour l’orthographe ? 58 Dossier/Une épidémie mondiale Reconnaître les signes avant-coureurs 66 Actualités/Brèves Mesurer la décélération de l’expansion de l’univers Deux nouvelles colonies de manchots empereur en Antarctique Somnolence au volant Evolution et cancer Les éléphants communiquent de la même façon que les humains Révolution technologique pour l’énergie solaire Les hommes sont attirés par les femmes qui leur ressemblent Le champ magnétique terrestre va-t-il disparaître ? Obésité de l’enfant Doigts ou organes génitaux  : lesquels sont apparus en premier ? Skank 3  : un gène majeur pour l’autisme Des lunettes connectées pour les laboratoires Les bactéries dorment pour ne pas être tuées Le paysage ancien du centre-ville de Marseille Prédire les mutations à l’origine des épidémies Bionic bird, le premier oiseau au monde pilotable Un évènement exceptionnel à la ferme aux crocodiles Origine des continents Déchiffrage du génome d’un de nos ancrêtes Une canne pour non-voyants Un ver plat ouvre une voie inédite contre les bactéries Actualités/Brèves 10 La revue de la Science 9 La revue de la Science 11 La revue de la Science 12 ActuAlités Breves science magazine n°39 Le télescope spatial Planck, de l’Agence spatiale européenne, est à l’origine des données qui permettent aujourd’hui la diffusion de la carte la plus détaillée encore jamais établie du rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence – le rayonnement fossile du Big Bang. Cette carte met en évidence des caractéristiques cosmiques remarquables qui bousculent les fondements de nos connaissances actuelles sur l’Univers. Cette image est basée sur les données des 15 premiers mois de fonctionnement de Planck. C’est la première image de cette mission qui montre sur l’ensemble du ciel la plus ancienne des émissions de lumière, qui a baigné notre jeune Univers quand il n’avait que 380 000 ans. L’Univers était alors rempli d’un magma brûlant de protons, d’électrons et de photons s’entremêlant à quelque 2700ºC. L’interaction entre protons et électrons qui a donné naissance aux atomes d’hydrogène a ensuite libéré la lumière. A la faveur de l’expansion de l’Univers, cette lumière a été étirée jusqu’à atteindre aujourd’hui des longueurs d’ondes hyperfréquences qui équivalent à une température de juste 2,7 degrés au-dessus du zéro absolu. Ce rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence – CMB – présente d’infimes fluctuations de température qui correspondent à des régions de densité légèrement différente aux époques proches de l’origine et portent en elles le germe de toutes les structures futures, ces étoiles et galaxies que nous connaissons aujourd’hui. Selon le modèle cosmologique standard, ces fluctuations se sont produites immédiatement après le Big Bang et ont été étirées sur de grandes échelles cosmologiques au cours d’une brève période d’expansion accélérée dite inflation. Planck a été conçu pour cartographier ces fluctuations sur l’intégralité du ciel avec une résolution et une sensibilité encore jamais atteintes. En analysant la nature et la répartition des germes de structures sur l’image du CMB obtenue grâce à Planck, nous pouvons déterminer la composition et l’évolution de l’Univers de sa naissance jusqu’au jour d’aujourd’hui. De façon générale, les informations extraites de la nouvelle carte de Planck confirment de façon éclatante et avec une précision inégalée le modèle cosmologique standard et constitueront une nouvelle référence pour notre inventaire du contenu de l’Univers. Mais la carte de Planck est si précise qu’elle fait également apparaître certaines caractéristiques énigmatiques qui ne pourront être expliquées que par de nouvelles avancées théoriques. L’une des constatations les plus surprenantes est que, sur de grandes échelles angulaires, les fluctuations des températures du CMB ne correspondent pas à celles que prévoit le modèle standard – leur signal n’est pas aussi fort que le laisserait prévoir la structure à plus petite échelle que Planck a mise en évidence. Une autre surprise réside dans l’asymétrie entre les températures moyennes des hémisphères opposés du ciel, qui est contraire aux prévisions du modèle standard selon lequel l’Univers devrait être similaire dans une large mesure quelle que soit la direction des observations. En outre, la tache froide repérée sur une partie du ciel est bien plus étendue qu’on ne l’escomptait. Cette asymétrie et cette tache froide avaient déjà été décelées par le prédécesseur de Planck, le satellite WMAP de la NASA, mais elles ont été peu étudiées, certains spécialistes doutant qu’elles aient une origine cosmique. L’une des hypothèses que l’on peut avancer est que l’Univers n’est pas homogène dans toutes les directions à une échelle supérieure à celle sur laquelle portent nos observations. Dans ce scénario, la lumière du rayonnement fossile pourrait avoir suivi à travers l’Univers un cheminement plus complexe qu’on ne le pensait jusqu’ici, qui aurait donné naissance à certaines des structures inhabituelles que nous observons aujourd’hui. On peut voir le cosmos à sa naissance Depuis sa découverte en 1965, le rayonnement fossile constitue une source de connaissance précieuse pour les cosmologistes, véritable « Pierre de Rosette » permettant de décrypter l’histoire de l’Univers depuis le Big Bang. Ce flux de photons détectable sur l’ensemble du ciel, dans la gamme des ondes radio, témoigne de l’état de l’Univers lors de sa prime jeunesse et recèle les traces des grandes structures qui se développeront par la suite. Produit 380 000 ans après le Big Bang, au moment où se formèrent les premiers atomes, il nous arrive quasi inchangé et permet aux scientifiques d’accéder à l’image de ce que fut le cosmos à sa naissance, voici environ 13,8 milliards d’années. Confronter ces mesures aux modèles théoriques peut nous apporter de multiples informations  : non seulement sur l’évolution de l’Univers depuis l’apparition du rayonnement fossile, mais également sur des événements antérieurs qui en sont la cause et pour lesquels les astrophysiciens disposent de peu d’observations. Dans l’univers primitif, 380 000 ans après le Big Bang, les légères fluctuations de température correspondent à des régions de différentes densités, prémices des étoiles et des galaxies d’aujourd’hui.  : ESA and the Planck Collaboration l’univers est plus âgé que prévu 13 ActuAlités Breves science magazine n°39 … et dévoile une nouvelle recette cosmique ! Ces anomalies mises à part, les données de Planck corroborent toutefois de façon spectaculaire l’hypothèse d’un modèle d’Univers relativement simple, ce qui permet aux chercheurs d’extraire de ces données les valeurs les plus précises qui soient quant à ses composantes. La matière ordinaire qui constitue les étoiles et les galaxies représente seulement 4,9% de la masse/densité énergétique de l’Univers. La matière noire, dont l’existence n’a jusqu’ici été mise en évidence qu’indirectement, à travers l’influence gravitationnelle qu’elle exerce, en constitue 26,8%, soit près d’un cinquième de plus que ce que l’on estimait précédemment. Inversement, l’énergie noire, force mystérieuse que l’on croit être à l’origine de l’accélération de l’expansion de l’Univers, représente une proportion moindre que ce que l’on pensait auparavant. Enfin, les données de Planck ont conduit à réviser le taux d’expansion actuel de l’Univers, dit constante de Hubble, pour le fixer à 67,15 km/s/Mpc, ce qui est notablement inférieur à la valeur servant actuellement de référence en astronomie. Il en résulte que l’âge de l’Univers serait de 13,82 milliards d’années. « En nous permettant d’établir les cartes du rayonnement hyperfréquence les plus précises et les plus détaillées jamais réalisées à ce jour, Planck nous donne une nouvelle vision de l’Univers qui nous fait toucher du doigt les limites des théories cosmologiques actuelles, » explique Jan Tauber, responsable scientifique du projet Planck à l’ESA. « Nous observons une correspondance presque parfaite avec le modèle cosmologique standard mais certains traits énigmatiques nous contraignent à reconsidérer quelques-unes de nos hypothèses de base. C’est le début d’une nouvelle aventure et nous comptons bien résoudre une partie de l’énigme en poursuivant l’analyse des données de Planck. » Grâce à l’observatoire spatial Herschel de l’Agence Spatiale Européenne, une équipe internationale d’astronomes vient de découvrir une galaxie en train de subir une spectaculaire flambée de formation d’étoiles. Fait surprenant, cette galaxie si prolifique est observée alors que l’Univers était âgé de moins d’un milliard d’années, ce qui en fait un sujet d’étude très intéressant et rare pour les astronomes. Le taux de formation stellaire dans cette galaxie (baptisée HFLS3) est incroyablement grand. Il y naît l’équivalent de 3000 soleils par an, soit 2000 fois plus que dans notre galaxie, la Voie Lactée. Herschel découvre la galaxie la plus féconde en étoiles science magazine n°45 Drones  : l’invasion se confirme Utilisés tout d’abord à des fins militaires, les drones ont fait leur entrée dans la vie civile où leurs applications semblent innombrables. Surveillance de sites, maintenance d’équipements industriels, cartographie aérienne, suivis de chantiers et même livraison de colis... ces aéronefs sans pilote vont-ils devenir des collaborateurs omniprésents ? Redbird 36 DOssiER Drones  : l’invasion se confirme science magazine n°45 Drones  : l’invasion se confirme 37 DOssiER Dossier/Drones  : l’invasion se confirme 16 La revue de la Science 17 La revue de la Science 72 DOssieR alésia livre ses secrets science magazine n°39 Alésia livre les secrets de la civilisation gauloise Le Centre d’interprétation du MuséoParc Alésia 73 DOssieR alésia livre ses secrets science magazine n°39 Alésia livre les secrets de la civilisation gauloise 52 avant Jésus-Christ, fin de l’été. Menacé presque partout en Gaule, Jules César décide de battre en retraite après avoir été repoussé devant Gergovie. A peine ses troupes sont-elles réunies entre la Loire et l’Yonne qu’il est attaqué par Vercingétorix. Mais le général romain ne s’en laisse pas conter, et le chef gaulois doit se replier sur l’oppidum d’Alésia – l’actuelle Alise-Sainte-Reine –, une place forte située à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Dijon. César engage aussitôt de gigantesques travaux  : en quelques semaines, deux lignes fortifiées de 15 et 21 km, dotées de pièges très élaborés, et une trentaine de camps encerclent des Gaulois qui ne parviennent pas à prendre le dessus. L’arrivée d’une impressionnante armée de secours ne change rien  : au terme d’un ultime combat qui oppose plusieurs centaines de milliers d’hommes, les Gaulois, malgré leur courage, sont contraints de s’incliner. Vercingétorix se rend à César et, même si d’autres batailles sont encore à venir, la Gaule s’apprête à devenir romaine… Du siège de 52 av. J.-C., des combats opposant plusieurs centaines de milliers de Gaulois à des dizaines de milliers de Romains, des fortifications dont César était si fier, rien ne semble aujourd’hui subsister sur le site bourguignon. Pourtant, depuis un siècle et demi, des générations d’archéologues ont réuni des milliers d’objets et de multiples indices qui témoignent de l’ampleur de l’événement…  : Christian Richters 29 La revue de la Science 28 La revue de la Science Dossier/Alésia livre ses secrets Dossier/Les arts premiers 36 La revue de la Science 37 La revue de la Science 82 DOssieR les arts premiers dialoguent avec la grotte chauvet science magazine n°39 Les esprits qui président aux forces surnaturelles sont invoqués ou repoussés pour agir sur le monde réel. Ils sont intimement mêlés au monde des Ancêtres qui continuent, dans l’au-delà, à gérer les activités humaines en les favorisant ou en leur nuisant selon qu’ils sont honorés ou pas. Les sculptures sont donc des réceptacles où peuvent s’échanger les forces vitales, souffles ou autres énergies, vecteurs de relations entre les vivants et les Ancêtres. Interrogés, ils peuvent indiquer la conduite à tenir pour une chasse ou une guerre. Les chamanes et sorciers sont supposés avoir accès à ces mondes inhumains, inframonde ou supra-monde. Ils confectionnent des dispositifs pour capter et fixer les forces et les esprits positifs ou négatifs. A l’aide de ces objets ou instruments, ils peuvent les chasser au profit des humains, parfois même contre d’autres sorciers utilisant des magies noires. Le sorcier, comme le chamane sibérien, rejoint l’infra-monde et se transforme en gibier pour en approcher les esprits. Le cerf, dont il revêt la peau, est un animal psychopompe, c’est-à-dire qui accompagne les esprits des morts dans l’audelà. Au Congo, le sorcier « envoie » dans l’au-delà un chien recouvert de clous. La croyance en un autre monde serait ainsi parcourue de prédateurs et de proies, affrontés en des chasses invisibles. Armes, outils de chasses et sculptures croisent au fil de l’exposition les fétiches, trophées et autres masques zoomorphes. Château de Vogüé (Ardèche) 07200 Vogüé - Tél.  : 33 (0)4 75 37 01 95 www.chateaudevogue.net - www.expo2013.fr chasse dans l’invisible  : musée du quai Branly, photo Claude Germain Le haut est composé d’une boule de rotang à claire-voie sur laquelle viennent s’accrocher des dents de félin et des dents fossiles de poissons montées sur de baguettes de bois. Le manche représente une tête de « lasara » la gueule ouverte. Sabre de cérémonie des coupeurs de têtes (Ile de Nias - Asie) La Grotte Chauvet Pont-d’Arc  : trésor de l’humanité Découverte le 18 décembre 1994 à Vallon-Pont-d’Arc par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire, La Grotte Chauvet Pont-d’Arc constitue, avec des peintures anciennes de 36 000 ans, l’un des plus anciens joyaux paléolithiques de l’art pariétal connu à ce jour dans le monde. Le bestiaire de la grotte ardéchoise est également le plus important de toutes les grottes ornées du monde avec 425 représentations animales (14 espèces représentées). Enfin, les peintres aurignaciens de La Grotte Chauvet Pont-d’Arc ont été les premiers à utiliser les techniques de l’estompe et de la perspective. La réalisation d’un espace de restitution, où seront fidèlement reproduites les principales peintures et oeuvres des artistes de La Grotte Chauvet Pont-d’Arc, permettra au plus grand nombre de s’approprier ce trésor de l’humanité. Porté par la Région Rhône-Alpes et le Conseil général de l’Ardèche avec l’appui de l’État et de l’Europe, ce site culturel ouvrira fin 2014 à Vallon-Pont-d’Arc. Le 24 janvier 2013, La Grotte Chauvet-Pont d’Arc a franchi une étape décisive. En effet, elle est l’un des deux sites que la France a choisi de présenter à l’inscription sur la liste du Patrimoine de l’Unesco. Pour en savoir plus  : www.lagrottechauvetpontdarc.org  : musée du quai Branly, photo Claude Germain Objet cultuel composite (Mali) 81 DOssieR les arts premiers dialoguent avec la grotte chauvet les arts premiers dialoguent avec la grotte chauvet science magazine n°39 Les chasseurs entretiennent des rapports intimes et secrets avec leurs proies. Ils doivent les atteindre et s’en protéger. Le versement du sang les met en danger et les déshumanise. Les esprits des chasseurs entrent en communication avec ceux des animaux. Il faut les amadouer, se les approprier. Le chasseur a ses stratégies partagées ou secrètes. Il s’entoure de talismans et de protections. Des petits objets dissimulés, des matières issues des prises convoitées ou des techniques partagées avec d’autres chasseurs font partie des rituels mis en oeuvre pour assurer la réussite de la chasse. La société de chasse, le clan, sont des organisations très anciennes autant en Europe que sur les autres continents. Elles ont déterminé l’organisation sociale, les initiations, les interdits et tabous, les totems. Les animaux chassés sont entrés dans la symbolique générale. Il se retrouvent très souvent acteurs des mythes fondateurs des clans et des sociétés. Les chasses aux têtes furent pratiquées principalement en Mélanésie, en Asie du Sud-Est et en Amazonie. Très réfléchies et organisées conceptuellement, elles réunissent des pratiques rituelles, religieuses et politiques. Elles composent un système complexe d’agressions, de réparations et d’échanges entre les communautés. Souvent rapprochées de l’appropriation d’énergie, elles étaient assimilées à la fertilité du groupe et des cultures agraires. Alors que la cible était repérée, contrairement à la chasse à l’animal sauvage, le raid mettait les chasseurs en danger de dépersonnalisation. Quittant leur état humain, ils assumaient la souillure de l’animalité et du meurtre et restaient impurs pendant de longues semaines. Vues comme des transmissions d’énergie, les chasses aux têtes étaient une composante fondamentale des rites d’initiation notamment chez les Asmat d’Irian Jaya, où le jeune initié était emmené lors des expéditions.  : musée du quai Branly, photo Claude Germain Utilisés au cours de la chasse aux têtes, ces boucliers sont sculptés par des artistes spécialisés et servent de prélude à un raid de revanche destiné à venger l’ancêtre ou « Kave » dont le bouclier porte le nom. Magies chasses aux têtes  : musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado Tunique (Côte d’Ivoire) Bouclier (Papouasie) science magazine n°45 Une épiDémie monDiale 44 DOssiER Une épiDémie monDiale Une épidémie mondiale Première cause de mortalité dans le monde, les maladies cardiovasculaires tuent chaque année 147 000 Français. Responsables de situations d’invalidité et de diminution de la qualité de vie, leur poids économique est considérable  : elles sont à l’origine de 10% des séjours hospitaliers et constituent environ 30% des affections de longue durée prises en charge par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Selon les prévisions de l’OMS, le nombre de morts des suites de maladies cardiovasculaires dans le monde pourrait atteindre 23,4 millions en 2030. Face à ce constat alarmant, la Fédération Française de Cardiologie tirait dès 2009 la sonnette d’alarme en lançant une pétition « Pour un Plan Coeur ». Aujourd’hui elle interpelle les pouvoirs publics sur l’urgence de la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre ces maladies. science magazine n°45 45 DOssiER Une épiDémie monDiale Une épiDémie monDiale Une épidémie mondiale 58 La revue de la Science 59 La revue de la Science Dossier/Une épidémie mondiale 67 La revue de la Science 66 La revue de la Science 22 ActuAlités Breves science magazine n°37 Des astrophysiciens du projet SDSS-III (Sloan Digital Sky Survey), composé en grande partie de chercheurs français*, ont effectué la première mesure du taux de l’expansion de l’Univers jeune, âgé de seulement trois milliards d’années, alors que la gravité freinait encore son expansion, avant sa phase actuelle d’expansion accélérée par l’Énergie Noire. Ils ont utilisé pour cela une nouvelle technique permettant de dresser une carte en trois dimensions de l’Univers lointain. Hubble et Lemaître ont mis en évidence l’expansion de l’Univers dans les années 1920 en procédant à deux types de mesures pour un même ensemble de galaxies  : la distance entre ces galaxies et nous, ainsi que la vitesse de ces galaxies (en utilisant l’effet Doppler sur les raies de leurs spectres). Leurs observations sont à l’origine du modèle « standard » actuel de la cosmologie. Au début de l’histoire de l’Univers, cette expansion s’est ralentie continûment, sous l’effet de la gravitation de matière et de la radiation. Mais depuis 5 milliards d’années, ce comportement s’est inversé  : l’expansion s’est mise à accélérer, sous l’effet d’une mystérieuse force répulsive produite par « l’énergie sombre ». Des expériences en cosmologie ont permis d’observer cette période d’accélération récente, mais jusqu’ici pas la décélération primitive de l’Univers. Réussir à mesurer cette décélération exige de remonter aux premiers milliards d’années de son histoire, de remonter loin dans le temps, donc d’observer loin dans l’espace. Pour cela, des galaxies ne suffisent plus  : à des distances aussi élevées, leur luminosité devient trop faible. Pour contourner le problème, les astrophysiciens du Sloan Digital Sky Survey se sont donc intéressés aux quasars, des astres lointains et extrêmement brillants. Lorsqu’on mesure le spectre d’un quasar, on voit non seulement sa lumière mais aussi l’absorption résiduelle du gaz intergalactique entre le quasar et nous. Les astrophysiciens ont pu ainsi étudier la distribution du gaz intergalactique et y détecter des nuages d’hydrogène, pour reproduire sur eux une expérience similaire à celle d’Hubble et Lemaître sur les galaxies. Pour appliquer efficacement cette technique de mesure innovante, dite de la « forêt Lyman-alpha », encore fallait-il pouvoir disposer d’un très grand nombre de quasars, et dresser ainsi une carte de l’univers lointain et en trois dimensions. C’est le groupe français de SDSS, en partie financé par l’ANR, qui s’est principalement spécialisé dans la recherche, l’étude et la sélection des quasars à observer. Le premier catalogue de la collaboration a été publié mi-octobre et contient 89 000 quasars. L’étude a porté ensuite sur 50 000 de ces quasars. Au delà de ce résultat important, SDSS-III va continuer à améliorer notre connaissance de l’énergie noire  : à la fin du relevé, en 2014, il aura mesuré plus d’un million et demi de galaxies, et plus de 160 000 quasars. Il aura aussi permis de démontrer que la technique de mesure de la « forêt Lymanalpha » n’est plus un pari risqué, mais une méthode standard pour explorer l’Univers lointain. * Laboratoire Astroparticule et Cosmologie, Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers, Institut d’Astrophysique de Paris, Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, Centre de physique des particules de Marseille et Institut Utinam. Mesurer la décélération de l’expansion de l’univers L’ESA va développer, avec cinq partenaires industriels européens en Espagne, France et Suisse, un nouveau radar expérimental pour tester de nouvelles techniques de suivi des débris spatiaux. L’objectif  : aider les opérateurs de satellites européens à écarter des risques de collision et améliorer ainsi la sûreté en orbite terrestre, un domaine dans lequel la France dispose d’une expertise reconnue. La détection précoce des débris est cruciale pour alerter les opérateurs de satellites et leur permettre de réaliser les manœuvres d’évitement nécessaires. Eviter les collisions dans l’espace 23 ActuAlités Breves science magazine n°37 Alors que la colonie de manchots empereurs de Dumont d’Urville, en Terre Adélie, compte à ce jour environ 2500 couples reproducteurs, deux nouvelles colonies de plus de 6000 poussins au total, soit au moins 12000 reproducteurs, viennent d’être observées à environ 250 km de la base française Antarctique par les chercheurs André Ancel et Yvon Le Maho, de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg. Comme un couple ne peut élever qu’un seul poussin par année de reproduction, cela porte la population de manchots empereurs à au moins 8500 couples dans ce secteur de l’Antarctique, soit 3 fois plus que la dernière estimation. Ces deux nouvelles colonies ont été repérées les 1er et 2 novembre 2012, au cours de la première rotation vers Dumont d’Urville de l’Astrolabe, le navire ravitailleur de la P&O maritime services affrété par l’Institut polaire français Paul-Emile Victor et les Terres australes et antarctiques françaises. Elles sont situées sur la glace de mer hivernale, qui emprisonne des vestiges du glacier Mertz. Une grande muraille de glace de 80 km de long sur 40 km de large et 300 à 400 m d’épaisseur s’en est détachée en février 2010. Les deux colonies sont probablement issues d’une colonie initiale de manchots empereurs qui, à la suite de la rupture du glacier Mertz, essaient de trouver de nouveaux sites adéquats pour se reproduire. André Ancel soupçonnait l’existence d’une telle colonie depuis 1999, année au cours de laquelle, avec Barbara Wienecke (Australian Antarctic Division), ils ont observé depuis la langue glaciaire du Mertz des allers et venues de milliers manchots empereurs très loin de la colonie de Dumont d’Urville. Les observations satellitaires de 2009 et 2012 menées par Peter Fretwell et Phil Trathan (British Antarctic Survey) ont confirmé la présence de cette colonie aux abords du Mertz. Mais la rupture de la langue du glacier Mertz en 2010 a posé la question du devenir de cette colonie. Les difficultés liées aux contraintes hivernales (l’hiver étant la période à laquelle se reproduisent les manchots empereurs), ainsi qu’à la disparition en été de la glace de mer sur laquelle les manchots établissent leurs colonies ont longtemps empêché l’accès à ce site de reproduction. En 2012, toutes les conditions humaines et logistiques ont enfin été réunies. L’Institut polaire français (IPEV) a alors décidé de dévier la route normale de l’Astrolabe pour permettre à André Ancel et Yvon Le Maho de se rendre sur place. Une bonne fenêtre météorologique, associée à la parfaite connaissance des équipes logistiques de l’IPEV de cet environnement polaire ainsi qu’aux prouesses de la navigation dans les glaces de l’équipage, avec l’appui héliporté indispensable dans cette région, ont permis de confirmer la présence de manchots. La rupture du glacier Mertz ayant complètement modifié la configuration des lieux, les chercheurs français ont découvert que la colonie, initialement localisée par les chercheurs britanniques, est en fait éclatée sur deux sites distants d’une quinzaine de kilomètres. Le premier, géo référencé par les anglais, comprend près de 2000 poussins, le second, découvert lors d’un vol scientifique depuis l’Astrolabe, près de 4000. Directeur de recherche au CNRS, membre de l’Académie des Sciences et responsable du programme de recherche de l’Institut polaire français dans le cadre duquel ces découvertes ont été réalisées sur les axes de recherche de l’Institut d’écologie et environnement du CNRS, Yvon Le Maho a déclaré  : « ce succès récompense les longs efforts et la ténacité d’André Ancel. Il fait suite à un travail collectif, impliquant une coopération nationale et internationale », comme avec le Centre d’études biologiques de Chizé et le Centre scientifique de Monaco, ou bien encore avec le Royaume Uni et l’Australie, nations largement investies dans les recherches scientifiques en Antarctique. En 2012, toutes les conditions humaines et logistiques ont enfin été réunies. L’Institut polaire français (IPEV) a alors décidé de dévier la route normale de l’Astrolabe pour permettre à André Ancel et Yvon Le Maho de se rendre sur place. Une bonne fenêtre Deux nouvelles colonies de manchots empereurs en Antarctique Actualités/Brèves



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