La revue de l‘inspection générale n°5 décembre 2008
La revue de l‘inspection générale n°5 décembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de décembre 2008

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Inspection Générale

  • Format : (211 x 296) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'inspection générale à l'heure des changements.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
Inspecteurs généraux et savoirs sur l‘École : l’urgence d’un nouveau positionnement ROGER-FRANÇOIS GAUTHIER, inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche 26 Longtemps, les connaissances sur l’École n’eurent guère qu’un seul « client », qui était l’État, et un seul fournisseur, qui était encore l’État. Désormais, il y a et il y aura des clients plus nombreux : usagers, organisations internationales, collectivités locales, pilotes des différents niveaux et même acteurs des établissements scolaires, lorsque ceux-ci entreront dans des perspectives d’autoévaluation. Il y a et il y aura aussi des fournisseurs plus divers, variant selon le produit commandé : savoirs des différentes disciplines (notamment les sciences humaines) ou synthèses empruntant à divers champs ; savoirs plutôt spéculatifs ou plutôt orientés vers la recherche de l’efficacité ; savoirs issus de connaissances de terrain ou informés des expériences étrangères ; savoirs dont l’accès est public ou limité à ceux qui en financeront la production etc. L’objet de cet article est de se demander quelle est la place des inspections générales dans cette nouvelle configuration. Quel est le rapport entre l’exercice des fonctions d’inspecteur général et ces savoirs relatifs à l’École ou susceptibles de contribuer à son amélioration ? Comment ce rapport peut-il évoluer et comment l’apprécier ? Nous employons ici le terme de « savoirs » avec deux idées en tête. La première est qu’une question relative à des savoirs peut ne pas laisser totalement insensibles les acteurs de l’Éducation nationale ; la seconde que cette notion s’oppose, alors que chaque usager de l’École a sa besace pleine de certitudes, à d’autres ensembles comme l’opinion, les idéologies des corporations, des partis, des syndicats, des églises ou des lobbies ou encore le discours des médias, qui privilégie souvent le sensationnel et l’éphémère et se trouve souvent rejoint en cela par celui des politiques. Tous les inspecteurs s’accorderont peut-être au moins sur ce fait qu’il existe de meilleurs > L a r e v u e de l ‘ i n s p e c t i on g é n é r a l e n°5 > L’inspection générale à l’heure des changements
instruments pour appréhender l’École que l’opinion, le discours des syndicats ou des associations, les attendus des décideurs ou les argumentaires des médias et qu’ils sont interpellés en permanence, au coeur de leur métier, par cet écart entre les certitudes qui courent et les réalités qui résistent. Fonction ou onction ? Une certaine représentation des savoirs sur l’École Pour autant, demander quels sont les savoirs acquis par un inspecteur général pour assumer sa fonction, puis mobilisés et produits dans l’exercice de son métier peut paraître une question saugrenue. En quoi celui-ci se définirait-il par un champ spécifique de savoirs ? Par un rapport spécifique avec certains savoirs ? Poser ce type de question ne signifie-t-il pas d’abord que celui qui la risque n’a rien compris à une fonction qui s’exerce davantage à proximité du roi 1, c’est-à-dire aujourd’hui du ministre, que du philosophe ? On s’accordera pourtant facilement à considérer qu’un inspecteur général - à l’Éducation nationale qui plus est - ne peut pas ne pas avoir quelque réponse à la question de son rapport au savoir et aux savoirs qu’il mobilise. Même si la fonction officielle de contrôle, qui a été dominante depuis l’origine pour l’inspection, n’interrogeait pas vraiment sur cette question (on contrôle en effet à partir d’une norme, pas d’un savoir), il était toutefois plus ou moins sousentendu que l’inspecteur recruté avait eu antérieurement un parcours académique, puis avait progressivement gagné la confiance des responsables de l’institution, dans des conditions telles qu’on pouvait lui faire le crédit d’une expérience et d’une vue distanciée. Quasi-religieux, s’exerçant parfois dans des rituels qui tenaient plus du toucher des écrouelles que de modalités plus scientifiques, le pouvoir de l’inspecteur général tenait au fond de diverses « onctions » qui, quoique en partie issues de savoirs académiques, n’en constituaient pas pour autant une référence à tel ou tel savoir spécifique qui aurait désigné le corps. De plus, le rôle de personnage d’influence dont, à tort ou à raison, on l’a souvent crédité aussi ne l’a pas non plus prédisposé à une explicitation de ses savoirs de référence. Au fond, qu’il s’agisse du spécialiste d’un enseignement disciplinaire ou d’un expert en matière managériale, budgétaire ou comptable, on ne demandait traditionnellement et formellement pas à un inspecteur général d’avoir d’autres connaissances que celles d’un excellent professionnel du ou des métiers qu’il était censé contrôler : d’où la proximité « paternelle » des inspecteurs, pour éviter une épithète plus critique, vis-à-vis des corps professionnels en question, proximité dont on ne s’est jamais vraiment demandé si elle servait l’innovation et l’efficacité du système. Au-delà de la problématique de la seule inspection générale, nous sommes peut-être là en présence d’un des traits spécifiques de l’organisation des services d’Éducation nationale qu’on retrouve peu ou prou dans bien des pays. Parce qu’elle est chargée de la diffusion de savoirs, dont on oublie parfois de rappeler qu’il s’agit de la catégorie spécifique des savoirs « scolaires », l’Éducation nationale s’estime souvent quitte d’une réflexion sur les différentes modalités de rapport aux savoirs construites par les différents acteurs. L’ancienne et regrettée directrice du Bureau international de l’éducation de Genève, l’argentine Cecilia Braslavski, critiquait la recherche par les institutions éducatives de ce qu’elle appelait l’« homothétie » entre l’organisation des savoirs enseignés aux élèves et celle des savoirs des enseignants. Ne peut-on se demander si l’inspection générale a suffisamment ou explicitement veillé dans l’histoire à être autre chose qu’un étage de plus dans ces reflets homothétiques, qu’elle contribuait dès lors à construire en abyme ? N’at-elle pas fondé son activité et son pouvoir sur cette ambiguïté entre, d’une part, la parfaite maîtrise, tenue pour acquise, de savoirs banals, en tous cas partagés avec les corporations > L a r e v u e de l ‘ i n s p e c t i on g é n é r a l e n°5 > L’inspection générale à l’heure des changements 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 1La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 2-3La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 4-5La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 6-7La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 8-9La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 10-11La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 12-13La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 14-15La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 16-17La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 18-19La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 20-21La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 22-23La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 24-25La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 26-27La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 28-29La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 30-31La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 32-33La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 34-35La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 36-37La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 38-39La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 40-41La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 42-43La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 44-45La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 46-47La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 48-49La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 50-51La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 52-53La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 54-55La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 56-57La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 58-59La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 60-61La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 62-63La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 64-65La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 66-67La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 68-69La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 70-71La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 72-73La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 74-75La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 76-77La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 78-79La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 80-81La revue de l‘inspection générale numéro 5 décembre 2008 Page 82