La revue de l‘inspection générale n°4 octobre 2007
La revue de l‘inspection générale n°4 octobre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de octobre 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Inspection Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 1 Mo

  • Dans ce numéro : entre lycée et enseignement supérieur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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60 comme un facteur significativement positif de réussite au DEUG 4. Dans une réponse à un appel d’offres du Commissariat au plan et de la DEPP, Georges Felouzis constate également, pour certains sites et dans certaines disciplines, un effet favorable aux petits sites (Pau ou Bayonne vs Bordeaux). Et les statistiques, par universités, de réussite au DEUG, incluant la « valeur ajoutée » de l’établissement, sont favorables aux universités de proximité. Il est difficile de faire une interprétation, dans la mesure où il faudrait suivre les résultats ou l’insertion de ces élèves après leL, ce que ne permet pas, en raison d’effectifs insuffisants, le panel. Georges Felouzis affirme l’hypothèse d’un comportement classique de « school-mix », qui ferait que les exigences seraient moindres dans les petits sites, compte-tenu de la composition différente de la population étudiante. J’y verrai pour ma part un effet « pygmalion », dû à l’investissement des promoteurs de ces petits sites et sans doute aussi à de meilleures conditions d’accueil des nouveaux étudiants. C’est en tout cas la conclusion du rapport de l’IGAENR consacré à l’accueil et à l’orientation des nouveaux étudiants des universités. Les universités de proximité étudiées dans l’enquête 5 se caractérisent généralement par une bonne liaison secondaire-supérieur, un suivi et un encadrement réels des étudiants et une professionnalisation des formations : « Les universités de proximité, souvent décriées pour leur absence de taille critique en matière de recherche, peuvent trouver sur le créneau de l’accueil, de l’orientation des nouveaux étudiants, un domaine d’excellence favorisé par leur proximité ». Comment améliorer le pilotage et l’optimisation de la carte universitaire ? Depuis une quinzaine d’années, de manière plus ou moins explicite, le ministère s’est attaché à la définition d’une politique territoriale de l’enseignement supérieur : schéma université 2000, avec une priorité pour les implantations d’IUT en villes moyennes plutôt que pour les antennes universitaires ; plan U3M, avec le schéma de services collectifs et sa typologie des sites universitaires ; politique de site affichée à travers la politique contractuelle et les instruments territoriaux du pacte pour la recherche (PRES). Cette politique, suivant les périodes, a pris plus ou moins en compte la question de l’ensemble des formations post-baccalauréat. Cette prise en compte n’est pas aisée : l’ensemble de ces formations ne relève pas du même niveau de décision et y interviennent parfois les politiques des collectivités territoriales, dont la Région. Enfin, les impératifs de proximité qu’implique la massification de l’enseignement supérieur peuvent être orthogonaux avec les impératifs de concentration qu’implique la recherche ou avec les priorités thématiques de celle-ci. Rendre cohérent le niveau de décision sur les formations de niveau L Alors que les STS et les IUT ont des objectifs communs (formations courtes avec insertion professionnelle, accueil en principe privilégié des bacheliers technologiques), les décisions qui les concernent sont prises à des échelons différents. La création d’une STS dépend du recteur, en coordination avec la Région, dans son double rôle de financeur des lycées et de planificateur de l’offre de formation professionnelle. La création d’un département d’IUT, même si elle est quasiment toujours décidée dans le cadre de contrats de plan Etat-Région (CPER), dépend au niveau national de la direction générale de l’enseignement supérieur. Des décisions, extrêmement peu cohérentes ; peuvent donc être prises de créer des STS là ou existe un département d’IUT avec des spécialités proches ou de créer un département d’IUT sans fermer des STS lorsque le vivier global est restreint 6. La mise en place de la LOLF n’a pas résolu le problème puisque, pour des raisons autant politiques que techniques, il n’a pu être créé un programme LOLF réunissant l’ensemble des formations du niveau L et que les STS sont restées rattachées au programme « enseignement secondaire public 7 ». Par ailleurs, les flux de > La revue de l‘inspection générale n°4 > Entre lycée et enseignement supérieur
réorientation sont non négligeables entre les différentes composantes du niveauL. Ces raisons et la nécessité d’avoir un interlocuteur unique de la Région dans ses travaux sur les schémas de développement de la formation initiale pourraient amener, comme l’a fait le rapport sur « l’autonomie des universités » de l’IGAENR, à déconcentrer le niveau de décision concernant le L ou tout au moins à renforcer le rôle du recteur. Un tel schéma - niveau national pour les formations M et D, niveau régional pour le L - aurait sa logique, mais pourrait être interprété comme le signe de la création de collèges universitaires. Vers un modèle d’université régionale ? Lorsqu‘on combine les constatations faites précédemment sur les universités de proximité et les tendances qui se dessinent dans certaines régions lors de la mise en place des PRES, on peut se demander si on ne se rapproche pas, au fond, de la typologie des sites telle que la définit le schéma de services collectifs de l’enseignement supérieur et de la recherche 8 : large éventail au niveau de la recherche et des masters dans la métropole universitaire avec une coloration thématique apportée par exemple par un RTRA ; vaste palette de formations de niveau L avec des créneaux d’excellence en recherche ou dans des masters professionnels dans les autres villes universitaires ; autres sites principalement dédiés aux formations professionnelles courtes et au transfert de technologie vis-à-vis des PME. C’est ce modèle qui apparaît en filigrane à travers les projets de PRES de Bretagne « Université européenne de Bretagne » ou de la région Nord Pas-de-Calais « Lille Nord de France Université », modèle de coordination et de régulation et non de compétition entre les différents sites. On peut même, mutantis mutandis, dresser une analogie avec le modèle des universités américaines publiques que décrit Bernard Belloc à propos de l’université de Californie. L’université d’Etat de Californie ou celle du Wisconsin ont plusieurs campus, dont seulement certains sont des campus de recherche. Une telle structuration, jointe à un recours plus important à des agrégés dans les filières L des universités, est sans doute à même de remédier aux contradictions du système : intérêt d’universités de proximité pour l’entrée dans le supérieur, mobilité des étudiants après leL, rationalisation de la carte des formations en évitant les doublons au niveauM, conciliation des besoins de la recherche et de ceux de l’enseignement. (1) Le Havre, Saint-Etienne, Toulon, Valenciennes notamment. L’indicateur est imparfait, à la fois par la qualité des données et par son caractère parfois non significatif. Si l’on prend l’université de Savoie, bipolaire, dont le siège est à Chambéry, la part des originaires du département de la Savoie ne dépasse pas 45%, mais, si l’on ajoutait la Haute-Savoie, le recrutement de proximité serait beaucoup plus important. (2) Les universités nouvelles parisiennes font exception. D’une manière générale, les universités d’Ile-de-France ont peu de boursiers, même celles qui accueillent des publics a priori défavorisés. Une des raisons tient au fort pourcentage d’étrangers, qui ne sont pas boursiers. Notons que les universités littéraires de province accueillent également une forte proportion de boursiers, à l’opposé des universités scientifiques et médicales. (3) Claude Grignon (dir), « les conditions de vie des étudiants », enquête OVE, PUF 2000, p.393-433. Il est dommage que le panel d’étudiants de la DEPP, qui permet de suivre les parcours des bacheliers en fonction de différentes variables, dont celles de la localisation, ne soit pas plus utilisé dans une logique d’aide à la décision en matière de carte universitaire. (4) Au grand désappointement du directeur de l’époque ! (5) Marne- la-Vallée, Littoral Côte d’Opale, Artois, Bretagne- Sud, Valenciennes, Mulhouse, notamment. (6) L’Université de Dijon a été ainsi contrainte de rapatrier sur Dijon son département de Nevers, lorsque le rectorat a créé une STS dans une spécialité proche à Decize (7) Sur ce point cf. Jean-Richard Cytermann « l’architecture de la LOLF, choix politiques ou choix techniques ? » R.F.A.P, n°117. (8) Typologie reprise par le précédent DGES, Jean-Marc Monteil, dans diverses déclarations sur la politique de site > La revue de l‘inspection générale n°4 > Entre lycée et enseignement supérieur 61



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