La revue de l‘inspection générale n°4 octobre 2007
La revue de l‘inspection générale n°4 octobre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de octobre 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Inspection Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 1 Mo

  • Dans ce numéro : entre lycée et enseignement supérieur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Faidherbe par exemple, ce sont des élèves de première scientifique qui ont été choisis ; ce sont de bons élèves, ayant des talents dans plusieurs disciplines, issus de couches sociales peu favorisées : ils seront accompagnés pendant deux ans par leurs tuteurs, vers la classe préparatoire, voire un peu au-delà. Le tutorat ne consiste pas à aider les élèves sur les thèmes et exercices du programme, mais à explorer avec eux d’autres champs, ce dont l’efficacité se mesure en particulier pour les Travaux Personnels Encadrés. L’intérêt pour les sciences va au-delà de la maîtrise du programme et le parrainage donne en quelque sorte plus d’ampleur et de sens au travail en ouvrant les perspectives, vers la poursuite des études mais aussi vers une appréhension intellectuellement excitante de ce qui est étudié. Ce débordement est intéressant, dans la mesure où des relations se créent là encore entre ce qui est au programme de la classe et un au-delà du programme, un dehors qui suscite le désir et met ainsi en mouvement une progression plus vive, impliquant l’élève dans une sorte d’aventure intellectuelle qui redynamise le cursus scolaire. La posture de l’élève, son attitude sont transformées. Par ailleurs, les effets induits sur l’ensemble des élèves sont intéressants : ce qu’on pourrait appeler le mur symbolique qui existe entre le lycée et les classes préparatoires tombe et on parle beaucoup, dans l’établissement, des CPGE et de l’ENS : tout cela devient plus proche. La relation avec l’ENS-Ulm confère en quelque sorte au discours tenu par les professeurs et par le proviseur sur les voies d’excellence et sur l’accessibilité des classes préparatoires un supplément de légitimité ou du moins de crédibilité auprès des parents ou auprès des CIO. Au lycée Fénelon de Lille enfin, qui participe à l’opération de parrainage de certains élèves par des normaliens d’Ulm, c’est la série L qui est concernée. Les relations entre les élèves et leurs tuteurs sont du même ordre que celles qui existent à Faidherbe, mais ce tutorat entre pour ainsi dire en résonance avec une organisation de l’emploi du temps propre à l’établissement, qui permettra de rassembler une demi-journée par semaine les élèves des premièresL, deux heures étant consacrées aux TPE, sous la responsabilité du professeur de lettres et du professeur d’histoire et les deux autres heures permettant alternativement une initiation aux langues anciennes et à la culture antique et à la philosophie. L’effort particulier fait dans l’établissement pour l’enseignement des langues anciennes se manifeste aussi par le choix des sujets de TPE et par l’accent mis sur le caractère interdisciplinaire de ces thèmes qui sont en relation avec l’Antiquité. Se greffe sur cette organisation un programme de sorties au cinéma, au théâtre et à l’Opéra de Lille et une sortie de trois jours à Paris, pour l’ensemble de la classe, qui sera organisée en collaboration avec les tuteurs normaliens et permettra d’étendre à la classe entière le bénéfice d’une relation motivante. On le voit, on retrouve ici les éléments repérés dans les autres exemples : interdisciplinarité, interventions d’acteurs du niveau supérieur, étudiants ou, à l’occasion, enseignants, effort pour déborder le cadre strict des programmes et de leurs divisions, motivation par l’ouverture, en termes de perspectives d’études et en matière de représentation des disciplines et de leurs liaisons, mise en œuvre d’une logique de projet ; traits qui sont, dans l’esprit, très proches de certaines des préconisations du récent rapport de l’inspection générale sur la sérieL. Un « tuilage » entre secondaire et supérieur Ces exemples de dispositifs montrent que le tuilage entre secondaire et supérieur est possible et témoignent de ce que le besoin se fait sentir d’une articulation qui trouve son attache dans les lycées. Il s’agit de réduire autant que possible l’écart qui sépare les deux niveaux, non pas en faisant d’avance ce qui correspond au travail plus spécialisé de l’université, mais en permettant aux élèves de prendre du champ par rapport au programme de la classe stricto sensu, en favorisant l’établissement de liens entre les connaissances et entre > La revue de l‘inspection générale n°4 > Entre lycée et enseignement supérieur
les disciplines et en ouvrant l’enseignement dispensé dans le secondaire à une représentation plus complète des disciplines et de leurs enjeux, et par ailleurs, en indiquant pour les études engagées au lycée une suite possible. Institutionnellement et intellectuellement, il s’agit en quelque sorte de faciliter pour les élèves la représentation du sens de ce qu’ils font. Le supplément que représentent souvent ces dispositifs est aussi une manière de sortir du cadre et donne, pour ainsi dire, l’image et l’occasion de ce qu’on peut appeler un débordement nécessaire, d’un élan sans lequel le saut ne pourra se faire. Ce n’est donc pas par hasard que c’est le plus souvent vers les classes préparatoires que tend cette préparation à l’enseignement supérieur : parce qu’elles sont présentes dans les lycées, parce que la continuité en matière d’organisation matérielle et pédagogique permet d’accompagner avec un certain succès le franchissement du seuil qui sépare les deux niveaux, les classes préparatoires permettent, on l’a vu, d’assurer le pas. Mais elles préparent bien aussi au sens où, sans s’astreindre à une spécialisation trop précoce, elles visent à constituer un socle de connaissances, de capacités et d’attitudes qui vaillent pour les différentes spécialités que la plupart des étudiants qui en sortent aborderont dans la suite de leurs études. Ceci dit, cet effet secondaire n’est possible que dans la mesure où la préparation des concours définit un niveau d’exigence élevé, et pour tout dire déraisonnable. Ce débordement qu’impose la perspective des concours, quand bien même il a pour beaucoup quelque chose d’irréaliste, est un élément essentiel de la règle du jeu. Il s’agit de viser au-delà de ce qu’on peut raisonnablement espérer, de croire un peu à l’impossible et, pour travailler assez, de travailler trop. Les deux ou trois ans passés, beaucoup auront pris goût à cette espèce de surrégime et d’investissement pour ainsi dire existentiel dans le travail et, changeant de focale, trouveront peut-être dans la rencontre avec un auteur, une œuvre, une question l’occasion de faire de bonnes recherches. L’élan souvent leur aura été donné dans ces années préparatoires. C’est ainsi qu’on peut espérer sans doute de ces classes un effet en amont et en aval : en amont parce qu’elles peuvent peut-être, par l’importance accordée à la construction d’une culture littéraire générale, par le souci des liens et du sens, par l’attention portée à l’étagement et à la structuration des connaissances, modéliser une certaine conception du travail à l’intérieur des disciplines et entre elles ; en aval, dans la mesure où elles proposent, pour les deux premières années des études supérieures, une sorte de socle et constituent le moment et la structure où peuvent se construire, avant spécialisation, des connaissances, des capacités et des attitudes fondamentales. Amont ou aval, elles offrent l’image d’un débordement nécessaire et, c’est du moins le souvenir que nous en gardons, d’une heureuse et vive dépense. > La revue de l‘inspection générale n°4 > Entre lycée et enseignement supérieur 17



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