La Gazette du Var n°63 15 sep 2018
La Gazette du Var n°63 15 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de 15 sep 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 24,9 Mo

  • Dans ce numéro : François de Canson, la clientèle internationale dope le tourisme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 Cahier Spécial Coordination Rurale - Gratuit Interview Élisabeth Venne, présidente de la CR06  : « La CR peut peser efficacement sur les décideurs » Élisabeth Venne est la nouvelle présidente de la Coordination Rurale des Alpes-Maritimes. Elle a une exploitation sur la commune de Castellar, dans le vallon du Careï, où elle y cultive des agrumes et essaye de réhabiliter une ancienne citronneraie, qui se situe dans un vallon agricole dédié à la culture de l’IGP Citron de Menton. Elle est également membre de l’association qui œuvre à sa promotion. Elle répond aux questions de La Gazette du Var. Pourquoi êtes-vous devenue agricultrice ? Élisabeth Venne. Le monde agricole m’est familier, car, comme beaucoup de Français, mes grands-parents étaient agriculteurs, jurassiens depuis des générations et producteurs de lait pour la fabrication du fromage «Le Comté«. J’ai travaillé dans plusieurs collectivités territoriales, au Parlement européen aussi, où j’ai toujours suivi les commissions de l’agriculture, et aussi celles de l’environnement. Je me suis installée dans les Alpes-Maritimes car j’aime les massifs montagneux et j’ai été séduite par le climat exceptionnel de Menton, subtropical et particulièrement favorable à la culture des agrumes. Ayant eu l’opportunité d’acquérir une citronneraie en friche, j’ai été tenté de relever le défi de replanter des agrumes sur mes parcelles. Il reste quelques citronniers et bigaradiers sur la propriété qui ont résisté au temps ! La mairie de Castellar souhaite, de son côté, avec le nouveau PLU, encourager les propriétaires de terres agricoles à replanter l’IGP Citron de Menton, mais avec quels moyens ? C’est la question... Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? EV. Les problèmes sont nombreux dans ce territoire très reculé, situé à la frontière italienne  : la concurrence des agrumes italiens, portés par une agriculture très dynamique qui, contrairement à ce qui se passe côté français, a réussi à ne jamais abandonner les terres, même situées sur les versants les plus inaccessibles et montagneux. Septembre 2018 - #63 La CR13 rencontre le Ministre de l’agriculture Représentant la Coordination Rurale des Bouches-du-Rhône, Franck Mourgues et Bernard Derbez ont pu échanger avec Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, lors de sa venue dans le département le 26 juillet dernier. Lors de la discussion, les représentants de la CR13 ont abordé le problème des dégâts de sangliers. Depuis le début des Le prix du foncier à cause de la spéculation immobilière, qui encourage les propriétaires de terres agricoles à les conserver sans les entretenir dans l’espoir de leur constructibilité… L’effondrement des restanques pas entretenues et le prix exorbitant de leur réhabilitation sont calqués sur le prix du foncier. Il y a également l’impossibilité d’acheter des plants de variété «IGP citron de Menton« et le prix exorbitant de ceux disponibles dans quelques jardineries... semis de maïs semence et tournesols, les agriculteurs ont rencontré, à cause des sangliers, de nombreuses et importantes nuisances sur leurs Quels projets pour la suite ? EV. Je me bats pour réhabiliter les restanques, remonter les murs et y planter des plants «citron de Menton« ainsi que tous les agrumes qui poussent très bien ici  : orangers, clémentiniers, mandariniers, pamplemoussiers, des oliviers aussi qui poussent naturellement sur cette terre. En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés particulières dans l’univers agricole ? EV. Non, je n’ai pas l’impression que l’univers cultures. Malgré l’étroite collaboration avec les lieutenants de louveterie, d’une efficacité et d’un dévouement remarquable, la situation ne s’améliore pas et devient de plus en plus alarmante. Les attaques de sangliers ne sont pas maîtrisées malgré une présence de jour comme de nuit sur les parcelles. Les cultures contractuelles, vente directe à la agricole soit fermé aux femmes. Par contre, il y a des efforts physiques qui compliquent le travail de la terre naturellement et nous sommes obligées de solliciter des hommes pour les travaux de force. Que représente le syndicalisme pour vous ? EV. Pour moi, le syndicalisme est un engagement aussi bien professionnel que civique. J’ai exercé des mandats publics ainsi qu’associatifs et j’aime l’engagement pour des causes d’intérêt général et des projets utiles dont on peut mesurer les résultats. Qu’est-ce que la CR peut apporter aux agriculteurs ? EV. S’engager à la Coordination Rurale c’est être plus fort pour réaliser ses projets de plantation et de développement agricole. C’est être moins seul pour surmonter les difficultés. C’est être accompagné de la force du collectif pour trouver des solutions et progresser dans ses entreprises, c’est partager les expériences et enrichir son métier. Je fais confiance à la CR pour être attentive à la situation des petits exploitants, à tous ceux qui gardent un lien avec l’agriculture et la font vivre dans sa grande diversité. La CR respecte et s’intéresse à toutes les activités des personnes qui ne peuvent pas être chef d’exploitation, mais qui, avec leur passion pour un secteur particulier, font vivre l’agriculture dans son immense diversité et témoignent ainsi du lien de beaucoup de citoyens avec la nature et ses richesses. La CR se montre très disponible pour accompagner les producteurs qui ont besoin de conseils sur les questions administratives, juridiques ou autres ? CV. En effet, les agriculteurs et agricultrices sont souvent des personnes passionnées par la terre et l’activité agricole à laquelle elles se consacrent à 100% au détriment, le plus souvent, de pouvoir consacrer du temps à défendre leurs intérêts professionnels. Elles ont besoin d’être épaulées par un syndicat comme la CR qui peut peser efficacement auprès des décideurs des politiques agricoles, nationales et européennes, pour faire entendre leurs besoins, remonter les idées et les projets et dénoncer aussi les dérives productivistes qui nuisent aux intérêts de la majorité des agriculteurs. ferme et maraîchage sont d’un intérêt économique crucial. Ces nombreux dégâts répétés vont contraindre les semenciers à ne plus accorder de contrats. Le ministre a été à l’écoute des demandes et restera vigilant sur l’avancée de ce dossier. La CR13 va donc demander un rendez-vous avec le préfet du département afin de trouver une solution rapide et intelligente.
Cahier Spécial Coordination Rurale - Gratuit 13 Point de vue Max Bauer  : « Le loup compromet l’équilibre de la biodiversité » Le 30 août, Max Bauer, président de la Coordination Rurale du Var (CR83), était présent lors de la venue de Stéphane Bouillon, préfet coordonnateur du plan loup au camp militaire de Canjuers. « Un mauvais comptage des loups est égal à des mauvaises décisions nationales ». C’est l’avis de Max Bauer, président de la Coordination Rurale Var et PACA. Lors de la visite du camp par les agents de l’ONCFS et après la découverte d’une carcasse de brebis attaquée par le loup dans la nuit, des questions sont posées sur le nombre de meutes et de loups présents sur le camp. « Le garde ne semblait pas connaître le nombre exact ce qui est inadmissible pour la CR83. En effet, comment mettre en place un plan loup efficace pour l’élevage si le nombre exact de loups n‘est pas connu », s’insurge le responsable syndical ! Il ajoute, non sans colère  : « La CR83 a demandé au préfet coordonnateur plus de transparence et elle souhaite qu’un protocole fiable soit défini et validé pour déterminer avec précision la population lupine en France. Pour améliorer les opérations de comptage, la CR83 souhaite que des éleveurs accompagnent les agents afin de conforter les données recueillies et d’apporter leurs connaissances du terrain ». Vie parlementaire La position de la CR83 sur la question écrite du député, Fabien Matras Lors de la venue de Stéphane Bouillon, préfet coordonnateur du plan loup, au camp militaire de Canjuers, le député, Fabien Matras, en a profité pour présenter une question au gouvernement sur la capture des loups. Cette démarche rentrerait dans le cadre de la protection des éleveurs, de la préservation du pastoralisme et de la biodiversité. Le député explique qu’il existerait des solutions annexes à l’abattage des loups et qui permettraient de répondre au plan loup. Constatant les limites des tirs de prélèvement, il propose la capture des loups et une fois relâchée ces loups n’attaqueraient plus les Selon les dernières informations disponibles  : « l’ONCFS envisagerait de faire une étude sur le comportement des meutes en fonction du nombre de loup, sauf qu’au vu de la littérature déjà existante et des informations venant de l’étranger, il n’y a pas de temps à perdre inutilement ». 30% D’ATTAQUES EN PLUS Par ailleurs, un protocole d’expérimentation sous la forme d’un laboratoire sur le camp militaire de Canjuers a été présenté. Ce protocole permettrait la ré-ouverture des milieux, le développement des équipements pastoraux favorisant la protection des troupeaux et la mise en place d’un système d’alerte à destination des éleveurs. Même si le préfet soutient le projet, les résultats de celui-ci doivent pouvoir être bénéfiques à l’échelle nationale. Pour Max Bauer  : « La CR83 trouve que c’est une bonne idée mais que, sous prétexte d’une expérimentation au sein de l’armée, cela ne doit pas constituer un frein aux décisions futures. Les attaques sont de plus en plus fréquentes et les pertes directes et indirectes sont lourdes. À trop attendre, il n’y aura plus d’éleveurs. Le stress troupeaux. Cela aurait été prouvée aux États- Unis et au Canada.La Coordination Rurale estime que les expérimentations, dont les efficacités réelles restent à trouver, doivent s’arrêter car, en attendant, les loups se multiplient et le nombre de victimes aussi. À faire trop d’expérimentation, le pastoralisme va disparaître. Même si le député explique que le camp militaire par la spécificité de son activité peut servir de laboratoire. subit par les troupeaux, suite à des attaques, est très important, tout comme pour les éleveurs qui sont énervés, fatigués et certains pensent même à s’arrêter. Il est plus qu’urgent de retrouver une sérénité sur le problème du loup. Il est intolérable que certains responsables d’associations pro-loup aient des propos diffamatoires et insultants à l’encontre des éleveurs ». LES LOUPS DE PLUS EN PLUS PROCHES DES VILLES Pour le syndicat agricole  : « Des décisions doivent être prises en urgence car les loups se rapprochent de plus en plus des villes et donc de la population. Si rien n’est fait, on risque de se confronter au même problème qu’avec le sanglier au niveau de la gestion. Pour finir, le préfet a souhaité préciser que l’élevage a entièrement sa place et cela a même été précisé dans le titre du plan loup  : « Plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage ». La CR83 a rappelé que la cohabitation entre les loups et l’élevage est impossible et que le pastoralisme est une activité qui permet un équilibre sur la biodiversité ». Septembre 2018 - #63



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