La Gazette du Var n°58 1er jui 2018
La Gazette du Var n°58 1er jui 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de 1er jui 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 4

  • Taille du fichier PDF : 1,3 Mo

  • Dans ce numéro : Max Bauer, il faut rendre l'agriculture aux agriculteurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 cahier Juillet 2018 - #58 spécial COORDINATION RURALE LIN I P3-1011 Zoom sur l’UNIPHOR Max Bauer  : « Un syndicat indépendant au service de la filière horticole » L’UNIPHOR est un syndicat indépendant qui regroupe des professionnels de toute la France et qui défend les intérêts de la filière horticole depuis plus de trente ans. Pour l’UNIPHOR, « plusieurs combats ont été menés pour la défense collective des professionnels et le plus important est, probablement, la disparition de l’interprofession CNIH qui, par ses décisions, ruinait les exploitants au profit d’une minorité ». C’est pourquoi le syndicat agit, en ce moment, pour la transparence de l’étiquetage des produits horticoles, pour la préservation des terres agricoles en zone périurbaine... DERIVES DE L’INTERPROFESSION Max Bauer explique  : « Notre expérience nous amène à des constats plutôt sévères mais l’histoire (la petite en l’occurrence) nous prouve que nous avions raison. Nous ne nous étions pas trompés quand nous dénoncions les dérives d’une interprofession aveugle, idem lorsque en défendant le caractère agricole des serres nous pointions du doigt le bétonnage à outrance, idem lorsque nous protestions contre les avantages douaniers accordés à certains pays importateurs ». Il ajoute avec une forme d’impuissance  : « Malheureusement il en va de l’horticulture comme de l’agriculture. Les débats sont entre les mains d’une cogestion qui ne sert que les intérêts d’un nombre restreint d’horticulteurs. À cette dérive institutionnelle, il faut rajouter une nonchalance voire un mépris pour une filière qui bien qu’agricole ne produit rien de comestible, et qui de fait La Coordination Rurale des Alpes-Maritimes a vu le jour le 26 juin dernier. Le syndicat a la volonté de s’affirmer comme une force syndicale active et innovante. Les administrateurs de la structure souhaitent en faire une force de propositions. Une véritable alternative est maintenant en place, les membres souhaitent se pencher sur différents sujets touchant des agriculteurs. L’équipe motivée est fermement décidée à présenter une liste aux élections Chambre d’agriculture. est considérée par certains comme un hobby ». Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, voici un résumé des axes de travail de l’UNIPHOR. LA TRACABILITE Lorsque l’UNIPHOR demande plus de transparence et de proximité géographique sur l’origine des produits horticoles, ses adversaires affichent des sourires narquois. Désormais, ils ne jurent plus que par ces mots. « Savoir d’où viennent les végétaux achetés n’est pas un luxe. Certaines publications ont dénoncé les conditions de culture de plusieurs pays. La traçabilité permet de rappeler que les produits nationaux sont cultivés dans le respect des règles. Elle responsabilise le consommateur face à ses choix », assure le syndicat. Il ajoute  : « L’étiquetage indiquant la zone ou le pays de production est une nécessité. Cet étiquetage doit être du domaine de la loi, encadré par les règles qui s’appliquent pour les autres productions agricoles. Il ne doit pas devenir une source de revenu pour des pseudo structures de certification dont le seul mérite est d’exister ». DES VEGETAUX ADAPTES À L’ENVIRONNEMENT Respect des plantes, traçabilité, viabilité, tout cela implique des végétaux adaptés à l’environnement. « L’arrivée massive de végétaux, venus de l’autre bout du monde, ne profite ni aux consommateurs qui paient 20 à 30 fois le prix réel, ni aux producteurs locaux qui disparaissent les uns après les autres. Des végétaux cultivés ou choisis par des professionnels qui connaissent l’ensemble des contraintes géographiques d’un secteur. Il va de soi que la notion de proximité pour les végétaux d’ornement n’est pas celle des fruits et légumes », dénonce, avec force, le syndicat horticole indépendant. PROBLEMATIQUES PHYTOSANITAIRES La nature ne peut pas tout. Il est des ravageurs contre lesquels les plantes n’ont pas de moyens de défense. Aussi, soit on accepte de soigner les plantes, soit on assume leur disparition. L’UNIPHOR explique  : « Pour l’heure, les autorités et une part des intervenants fustigent les phytosanitaires mais refusent d’en assumer les conséquences. L’exemple frappant est celui du charançon rouge. Durant la période pendant laquelle l’insecte a ravagé le sud de la France, tous les traitements proposés ont été rejetés ou ont vu leur application lourdement retardée. Au final, l’insecte devenu maître du terrain est désormais déclassé et passe de « ravageur » à « simple élément de la faune locale ». Le respect dû aux plantes passe également par la possibilité de les protéger le cas échéant. Voilà pourquoi nous affirmons que la disparition d’un produit phytosanitaire n’est possible qu’à la condition qu’il puisse être immédiatement remplacé par un produit bio de même efficacité. Voilà pourquoi nous demandons que les AMM du maraîchage soient automatiquement transposées à l’horticulture lorsque le ravageur est identique ». AGIR CONTRE LA DISPARITION DES TERRES AGRICOLES « Le bétonnage est une réalité et tous les Varois peuvent le constater. Cette expansion sans limite des zones urbaines provoque deux conséquences. D’une part, l’imperméabilisation des sols facilite les inondations. D’autre part, elle oblige les agriculteurs de proximité (maraîchers, horticulteurs, producteurs de petits fruits…) à s’éloigner toujours plus. Pour les zones périurbaines, nous tentons de faire admettre un nouveau type de relation entre propriétaires de terres agricoles et locataire, afin d’éviter la disparition des parcelles. Nous souhaitons également protéger ces terrains, gage d’une meilleure absorption des eaux de pluie », propose l’UNIPHOR. LUTTE CONTRE LE TRAVAIL ILLEGAL « Le travail illégal profite à une minorité au détriment du plus grand nombre. Il génère une concurrence déloyale vis-à-vis de ceux qui respectent le droit. Il fragilise la protection sociale et l’emploi. En paysage comme en agriculture, l’action des pouvoirs publics repose sur un long travail de vérification. Les services en charge des contrôles peuvent disposer d’un outil simple et efficace  : la carte professionnelle. Indispensable pour le secteur du paysage qui souffre de maux particuliers (exercice illégal des auto-entrepreneurs, amalgame entre les petits travaux de jardinage et professions du paysage). Nous souhaitons qu’une carte professionnelle soit mise en œuvre dans les secteurs de l’agriculture et du paysage », conclut, en forme de proposition, le syndicat horticole. La Coordination Rurale des Alpes-Maritimes est née !
Zones défavorisées dans le Var Le Var, victime d’une carte invraisemblable ! Membre de la Coordination Rurale du Var (CR83), Christian Rastello participait à la réunion sur les zones défavorisées, le 5 juin dernier. Vincent Chery, directeur adjoint de la DDTM du Var, n’a pas caché qu’il était déçu par la tournure de ce dossier et le sacrifice du Var malgré, tous les efforts de la DDTM et de la DRAAF pour sauver un maximum de communes. En effet, le département du Var est la victime collatérale des critères nationaux, alors que le département des Bouches-du-Rhône est gagnant sans avoir rien demandé. La cartographie n’a que peu bougé vis-à-vis de la cartographie initiale. ACCOMPAGNER LES EXPLOITATIONS TOUCHEES Pour le directeur adjoint de la DDTM du Var  : « Le résultat n’est pas à la hauteur des espérances et je souhaite que l’on puisse accompagner au mieux les exploitations touchées ». Ainsi, chaque fois que le Var a proposé un critère pour sauver des communes, l’impact collatéral de ce même critère au niveau national faisait qu’il devenait inapplicable. D’où l’incompréhension de la Coordination Rurale qui s’exprimait par la voix de Christian Rastello  : « La DDTM a présenté la carte quasi-définitive des communes avec ses invraisemblances  : Vinon-sur-Verdon est maintenue, Signes est sortie, Plan d’Aups est maintenue en zone de plaine, alors que toutes les communes des Bouches-du-Rhône limitrophes avec le Var sont ajoutées. Concrètement, dans le Var, 26 communes sortent, alors que 21 rentrent, ce qui fait sortir théoriquement 15 exploitations et en fait rentrer 11 potentiellement éligibles à l’ICHN ». LE VAR PERD 100 000 € D’AIDES La DDTM a quantifié le nombre d’exploitations touchées et dans quelle mesure (totalement, partiellement, etc.). Il y a aussi des impacts sur des communes qui ne sortent pas car les exploitations sont à cheval sur plusieurs communes. Christian Rastello a fait les comptes  : « Dans le détail, 28 exploitations sont touchées, dont 15 perdent la totalité de l’ICHN, 16 exploitations voient leur montant d’ICHN augmenter, 6 exploitations perdent plus de 50% des aides totales, dont 2 plus de 80%, 16 exploitations perdent de 25 à 50%, 6 exploitations perdent moins de 25%. Au final, Var perd 230 000 € d’ICHN, en gagne 133 000 € , soit une perte de 100 000 € sur un montant global de 2 300 000 € . Les exploitations caprines sont les plus touchées car elles ont moins de surface ». COMMENT FAIRE POUR LES AGRICULTEURS EXCLUS ? L’État propose un accompagnement pour les agriculteurs recalés avec un maintien de 80% des aides sur une référence encore floue en 2019 et 20% en 2020. Christian Rastello ajoute  : « Pour les exclus, il est possible de faire une MAEC Systèmes herbagées et pastoraux pour laquelle ils étaient jusqu’à présent exclus. En résumé, le bilan est moins catastrophique que ce que l’on aurait pu penser, mais il y a au minimum 15 exploitants qui restent au bord de la route ». De son côté, Max Bauer, président de la CR PACA et Var explique  : « La CR83 a proposé un accompagnement par la Chambre d’agriculture pour les agriculteurs exclus, et surtout ceux qui sont touchés partiellement. Avec une analyse et une optimisation de leur exploitation, ils pourraient réintégrer le système. En effet, la DDTM a annoncé que quelques exploitations se trouvaient exclues pour des problèmes de ratios (surface en défavorisées/surfaces en plaines) et qu’une légère modification de la SAU, entre autres, pourrait les réintégrer ». QUEL AVENIR POUR LES AGRICULTEURS SANCTIONNES ? Le président ajoute  : « La CR83 a aussi demandé que les exploitants concernés soit rapidement informés, pour qu’ils aient le temps d’ici 2019 de faire des choix de gestion. La DRAAF va solliciter le CERPAM qui possède une bonne connaissance des dossiers élevages et la SAFER pour essayer de rendre prioritaire des agriculteurs exclus du système et qui auraient besoin de quelques surfaces pour y entrer de nouveau. Quid du financement de ces accompagnements ? La CR83 a affirmé qu’on ne peut pas demander aux agriculteurs sanctionnés de payer pour s’en 13 Cerise Les producteurs français encore sacrifiés par le gouvernement Dans un arrêté du 5 mai 2018, le gouvernement français autorise les importations de cerises fraîches en provenance de Turquie. Toutefois, l’utilisation du diméthoate – qui était pourtant à l’origine de la clause de sauvegarde justifiant cet arrêté – est toujours possible dans ce pays. Alors que la campagne de commercialisation vient de débuter pour les cerises françaises, les producteurs sont mécontents et très inquiets par cette évolution réglementaire. En effet, la Turquie produit plus de 800 000 tonnes de cerises par an (20 fois plus que la France) avec des normes différentes des standards européens et avec l’utilisation du diméthoate. Jean-Louis Ogier, président de la section Fruits et Légumes de la Coordination Rurale, est furieux  : « il y a deux ans, on interdit aux producteurs de lutter efficacement contre Drosophila suzukii en supprimant le diméthoate. Derrière, l’ANSES autorise quatre produits bien plus chers et moins efficaces et le gouvernement sortir. La Chambre d’agriculture n’a pas de budget et c’est impossible pour la DDTM. La DRAAF va étudier quelles sont les possibilités avec la région PACA. La CR83 a proposé que les Parcs naturels régionaux (Verdon et Sainte-Baume), directement liés à la région, soient éventuellement porteurs de l’accompagnement ». De son côté, la Confédération paysanne a proposé la participation des syndicats d’éleveurs. En conclusion, il se dégage une réelle volonté de la DDTM, mais aussi de la DRAAF de faire au mieux pour atténuer les impacts de cette réforme. « Cela reste quand même un gâchis, et encore une réforme qui passe à côté de ses objectifs initiaux  : faire en sorte que le zonage colle mieux à la réalité du terrain pour aider les agriculteurs qui en ont réellement besoin », conclut, très remonté, Max Bauer. nous fait miroiter une protection (économique) en déclenchant une clause de sauvegarde vis-à-vis des pays utilisant encore le diméthoate. Deux ans plus tard, tout est oublié ! C’est vraiment nous prendre pour des idiots et les consommateurs avec » ! La Coordination Rurale dénonce, une nouvelle fois, la politique commerciale du gouvernement, laquelle privilégie une multiplication et une libéralisation des échanges extérieurs (après la signature des nombreux accords de libre-échange) au détriment de l’agriculture nationale et de la santé des consommateurs. Juillet 2018 - #58

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