La Gazette du Var n°57 15 jun 2018
La Gazette du Var n°57 15 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de 15 jun 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 24,8 Mo

  • Dans ce numéro : Hyères, à la reconquête du centre ancien.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 Jean-Louis Masson, 1 an de mandat Sécurité-justice-immigration « Pour la sécurité, c’est un retour dramatique aux années Jospin » En 2002, Lionel Jospin avait perdu toute crédibilité présidentielle après avoir avoué « sa naïveté angélique face aux délinquants ». Il semble que la politique d’Emmanuel Macron prenne le même chemin... En termes de sécurité, que peut-on attendre de la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ), menée par Gérard Collomb ? Jean-Louis Masson. C’est, carrément, un retour dramatique aux années Jospin et à sa police de proximité. L’issue sera la même  : l’échec ! Les policiers sont de bons professionnels. Ils ont besoin de moyens, d’une réforme de la procédure pénale, de respect et de confiance. La PSQ suppose qu’il faut renforcer le lien entre les policiers et le terrain. Or, ce n’est pas le problème, car c’est sur le lien Police-Justice qu’il faut travailler. Question d’actualité « Les quartiers prioritaires sont des terreaux favorables aux djihadistes radicaux » Juin 2018 - #57 Vous êtes intervenu à plusieurs reprises, au nom du groupe LR, sur la thématique de la justice. Quel est votre sentiment sur la politique pénale du Garde des Sceaux ? JLM. Tout d’abord, je remercie Christian Jacob et mes collègues pour leur confiance. Pour le groupe LR, le point noir concernant le pénal, c’est la perpétuation des lois Taubira. Ensuite, le sujet des prisons n’est pas traité avec suffisamment de volonté. La prison échoue dans ses rôles principaux  : punir et prévenir la récidive. Pire, aujourd’hui, elles sont reconnues comme des foyers de radicalisation. Les personnels pénitentiaires vivent mal cette impuissance et sont bien trop exposés personnellement. Le renoncement aux 15 000 places de prison supplémentaires et vitales augure d’une dégradation. « UNE LOI ANTI-TERRORISTE INSUFFISANTE » Vous avez dénoncé des insuffisances sur les lois antiterrorisme et asile-immigration ? JLM. Ce sont plus que des insuffisances. Ce sont des leurres et des fautes. La loi anti-terrorisme a inscrit dans le droit commun des mesures trop contraignantes pour les temps de paix et trop Je suis intervenu à l’Assemblée Nationale après l’attentat de Trèbes, près de Carcassonne (Aude) qui a coûté la vie au Colonel Arnaud Beltrame. Ma question s’adressait à Gérard Collomb, Ministre d’état, ministre de l’intérieur. « Je reviens, l’actualité le commande, sur l’attentat de Trèbes. Avec la plus grande solennité aussi, je veux rendre, à mon tour, un vibrant hommage à mon jeune frère d’arme, le lieutenant-colonel, bientôt colonel, Arnaud Beltrame qui, avec courage et abnégation, a offert sa vie pour en sauver une autre. J’exprime ma très profonde émotion face à ce drame et présente ma compassion et mes condoléances très attristées à ses proches et plus largement à la Gendarmerie nationale. J’ai également une pensée pour les 3 autres tués et les quinze blessés de ce nouvel épisode terroriste, aux familles qui sont dans la peine. Je ne doute pas un instant, que tous, ici, partagent ces sentiments profonds. Cela étant, l’émotion ne doit pas nous aveugler. Comme vous le savez fort bien, nos quartiers prioritaires constituent, malheureusement, un environnement favorable à ces djihadistes radicaux. Les lois de la république y sont peu ou pas appliquées. Les policiers, gendarmes ou pompiers, parfois les ambulanciers, médecins ou journalistes, y sont régulièrement agressés ou menacés. Ces quartiers périphériques sont la plupart du temps abandonnés à des organisations criminelles sur fond de trafic de drogue, d’armes et autres, lesquelles dictent leurs propres lois, règlent leurs comptes et prennent en otage d’innombrables familles impuissantes et contraintes à l’omerta pour éviter les représailles. Quant aux jeunes, au grand dam de leurs parents, ils sont à l’école du crime et exposés à l’influence des salafistes. Le sacrifice suprême du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous ramène à nos lâchetés, à nos renoncements. La meilleure manière de lui rendre l’hommage qu’il mérite est de réarmer l’état partout où cela est nécessaire, en rétablissant, au besoin, et à minima, l’état d’urgence dans tous les quartiers prioritaires. Alors, monsieur le ministre, l’arsenal législatif existe, le temps du verbe est révolu, la liste des laxistes pour des périodes dangereuses. C’est perdant-perdant ! Sur l’immigration, le pouvoir y est favorable. Le porte-parole du gouvernement réaffirme sa nécessité et ses bienfaits comme une évidence. Or, avons-nous des problèmes démographiques ? Non, nos statistiques sont les meilleures d’Europe. Manquons-nous de main d’œuvre ? Notre chômage structurellement élevé dit le contraire. Il faut réduire l’immigration, la concentrer sur les compétences et la recherche. En outre, les actes comme les paroles présidentiels montrent sa préférence pour le multiculturalisme. En atteste ses propos irresponsables sur « les mâles blancs ». Il reprend les termes du Parti des Indigènes. Je suis absolument contre ! Et sur le droit d’asile ? JLM. S’agissant du droit d’asile. Je n’ai aucun problème avec ce principe, profondément républicain, pourvu que la demande soit justifiée. Les enjeux étaient donc sur les délais d’instruction et les expulsions en cas de refus. Or, sur les délais nous gagnerons au mieux un mois. Quant aux expulsions, le ministre de l’intérieur n’aura pas les moyens de les conduire. victimes s’allonge ; presque un an après votre prise de fonction, vous ne pouvez plus vous réfugier derrière vos prédécesseurs. Quels sont les instructions que vous allez donner pour neutraliser les structures logistiques qui facilitent les passages à l’acte des islamistes radicaux » ? Mardi 27 mars 2018
Un an de mandat « Le pouvoir Macron oppose au lieu de rassembler » « À mes yeux, nous sommes très loin de la bienveillance, de l’esprit participatif, de l’ambition de réparer la France prônés par le candidat Macron. Ce pouvoir oppose au lieu de rassembler. Il ne cherche pas à faire de consensus constructifs ». Après un an de mandat à l’Assemblée Nationale, comment définissez-vous votre action en tant que député ? Jean-Louis Masson. Je l’exerce dans le même état d’esprit que mes mandats précédents. Les sujets changent, ma méthode et mes préoccupations, non. Mon engagement est total. Les territoires, les citoyens, l’intérêt général me guident. J’ai déposé plusieurs propositions de loi dont la principale, sur le logement, a pour but de nous sortir des impasses et des quotas absurdes des lois ALUR et SRU. Et, comment jugez-vous l’action de la présidence Macron ? JLM. Ultra-technocratique, cassante voire méprisante, symbolisée par son expression sur les gens « qui ne sont rien ». Nous sommes très loin de la bienveillance, de l’esprit participatif, de l’ambition de réparer la France prônés par le candidat Macron. Ce pouvoir oppose au lieu de rassembler. Il ne cherche pas à faire de consensus constructifs. C’est pourtant ce qui distingue le plus la démocratie des autres régimes… Emmanuel Macron assume, totalement, la verticalité de sa présidence... JLM. La verticalité se vit toujours plus facilement quand vous êtes en haut, non ? Je préfère, pour ma part, l’idée d’autorité car elle suppose davantage de respect de la part de celui qui l’exerce. « TROP DE DIFFÉRENCES ENTRE L’AFFICHAGE ET LES ACTES » Donc, vous ne lui reconnaissez rien de positif ? JLM. Je suis dans une opposition résolue mais pas bornée. Donc je ne dirai pas ça. Toutefois, compte tenu de la situation, nous ne pouvons pas nous contenter de « choses qui vont dans le bon sens «. Il y a trop de différence entre l’affichage et les textes réellement votés. Du coup, malheureusement, les résultats ne sont et ne devraient pas être au rendez-vous. Par ailleurs, je désapprouve le déséquilibre entre l’obsession économique, au profit d’un trop petit nombre, et le quasi néant sur les autres sujets  : laïcité, santé, famille, jeunesse, vieillissement, justice… Tout ce qui fait la pâte humaine d’une société. Sinon, je lui reconnais une action internationale volontariste bien qu’elle soit en échec total et que je sois pour une Europe protectrice des peuples et des Nations plutôt qu’une Europe à tendance ouverte et fédéraliste comme lui. À condition qu’elle soit sérieuse, je soutiendrai aussi la politique anti-drogue annoncée. À votre avis, le clivage droite-gauche est-il définitivement enterré ? JLM. Il faut se garder de conclusion hâtive à ce sujet. Peut-être est-il fini sur le mode que nous avons connu et encore… Dans tous les cas, la France et les Français n’ont rien à gagner à ce qu’il soit remplacé par un débat tripartite entre un centre gauche libéral et deux extrêmes caricaturaux. 15 « LR EST UNE ALTERNANCE SERIEUSE » Où en sont « Les Républicains «, après l’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti ? JLM. Laurent Wauquiez bénéficie d’une base solide. Sa mission est difficile. Il a eu le courage de relever le défi de reconstruire après de terribles échecs. Nous travaillons. Nous réfléchissons. LR exerce encore de nombreuses responsabilités dans les territoires. Il y a beaucoup de talents entre des anciens solides et des jeunes talentueux. Nous devons proposer une alternance sérieuse et ne pas nous contenter d’attendre que le pouvoir trébuche. Aujourd’hui, nous sommes la seule opposition de gouvernement. Nous pâtissons certainement de la complicité des médias dans la mise en scène théâtrale du spectacle Macron-Le Pen- Mélenchon. Quel est votre avis sur la réforme des institutions ? JLM. Cette réforme aura-t-elle le moindre effet sur les défis que doit relever notre pays ? La réponse est clairement non ! Donc, elle n’est pas prioritaire ! Les institutions empêchentelles la mise en place de la politique voulue par l’exécutif ? Sous la 5ème République, c’est exactement l’inverse ! Il faut simplement y voir une tactique. En cognant les élus, le président espère flatter de bas instincts populistes. S’y ajoute une vision hégémonique du pouvoir. L’exécutif veut affaiblir, par tous les moyens, les contre-pouvoirs, en l’occurrence le pouvoir législatif. Quels commentaires ferait-on si Poutine, Erdogan, Trump faisaient la même chose ? On crierait, à juste titre, à la dictature ! Et si le pouvoir bascule à terme du côté des extrêmes ? La réforme Macron leur laisserait toutes les latitudes ! 3ème circonscription - Carqueiranne, Hyères, La Crau, La Garde, La Londe, Le Pradet



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