La Gazette du Var n°48 15 fév 2018
La Gazette du Var n°48 15 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de 15 fév 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : château Léoube, courage et efficacité face aux incendies.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Actualités février 2018 - #48 À Château Léoube, la guerre du feu est déjà lancée ! Cet été encore, les flammes nous ont rappelé combien nos forêts étaient fragiles. Le Var a été le plus touché avec plus de 3 660 hectares partis en fumée. Château Léoube, en prenant l’initiative de se doter de matériel contre les feux de forêts, a devancé de 24 heures, les annonces du président Muselier qui, le 9 février, a engagé la Région dans une véritable guerre du feu. TRISTE ANNIVERSAIRE « Le 8 février n’est pas une date choisie au hasard », a rappelé Jean Dubille, Directeur Général de la propriété. « C’est, en effet, un triste anniversaire que nous célébrons en mois de janvier 2018 puisqu’il y a exactement 6 mois, le département était gravement touché par des incendies violents ». Il a expliqué les enjeux de ces investissements  : « Notre initiative s’inscrit dans un contexte particulier. Il y a 6 mois, notre département était gravement touché par des feux violents. Plus de 3 700 hectares brûlés dans le Var et 60 communes touchées dont celles de Bormes-les-Mimosas et de La Londe-les-Maures. À Château Léoube, plus de 200 hectares sont partis en fumée dans l’incendie du 26 juillet et il s’en est fallu de peu que nous ne perdions notre outil de travail. Nos voisins et amis viticulteurs ou propriétaires peuvent aussi en témoigner. Nous sommes passés très près de la catastrophe ! Heureusement, l’essentiel a été sauvé mais la nature a subi de sérieux dommages dont elle gardera longtemps les stigmates ». Le Directeur Général a repris  : « J’en profite pour remercier les pompiers du département mais aussi les unités venues en renfort de la France entière. Nous saluons leur courage et leur dévouement et les remercions pour le sang-froid, la précision et la détermination dont ils ont fait preuve durant toute la durée de leur intervention. Face à l’ampleur et à la répétition de ces événements dramatiques, nous avons donc décidé d’agir ». DECLASSEMENT DES EBC Jean Dubille a insisté  : « D’abord, en nous associant à l’initiative portée par nos élus pour demander le déclassement des EBC et obtenir l’autorisation de planter des vignes et des oliviers qui sont de véritables pare-feux naturels. C’est le combat que les viticulteurs mènent depuis longtemps et qui n’a jamais pu aboutir. En faisant le choix d’équiper le domaine avec du matériel adapté, notre initiative s’inscrit dans une démarche solidaire. Il ne s’agit pas de nous substituer aux pompiers qui sont des professionnels avisés mais de pouvoir agir au plus vite et d’aider nos voisins si besoin. Je souhaiterais bien évidemment que nous n’ayons jamais à nous en servir mais je suis aussi malheureusement que ces événements ont tendance à se reproduire de manière de plus en fréquente et qu’il est de notre devoir, si nous étions sollicités ne serait-ce que pour un feu naissant, d’aller prêter mains forte aux viticulteurs et propriétaires forestiers qui sont souvent les plus menacés ». DETAXE DU CARBURANT POUR LES SAPEURS POMPIERS Pour Françoise Dumont, vice-présidente du Conseil Départemental et Présidente du Conseil d’Administration du SDIS du Var  : « Je constate qu’il s’agit d’une forme de sécurité privée qui se met en place. Je veux rappeler que la gestion des feux de forêts est confiée par la loi aux seuls sapeurs-pompiers, parce qu’ils possèdent la technicité pour venir à bout des feux de forêts. Nos pompiers pourront disposer leur conseils à ceux de Château Léoube mais la gestion des feux doit rester de la seule compétence des sapeurs-pompiers qui ont les moyens nécessaires et la technicité ». La président du CA du SDIS du Var a ajouté  : « C’est autant une affaire de moyens de secours que de matériel. À ce titre, je signale que je suis intervenue auprès du Ministre de l’Intérieur afin d’obtenir l’exonération de la TIPP (taxe sur le carburant) pour les véhicules des sapeurs-pompiers. Au niveau du SDIS du Var, cela représente une dépense de 1,2 M de litres de gas-oil, soit une somme de 1,2 M d’ €  ! J’ai demandé au Ministre que les sapeurs-pompiers bénéficient de l’exonération à l’instar des véhicules militaires, des taxis et des professionnels de la route. Je souhaite que tous les SDIS de France puissent bénéficier de cette détaxe qui pour le SDIS du Var représente une somme de 700 000  € . Si nous pouvons économiser cette somme, nous l’utiliserons pour acheter du matériel de lutte contre les incendies, des véhicules, des ambulances. J’ai confié ce dossier à Jean-Louis Masson, député du Var, qui le présentera devant l’Assemblée Nationale. À mes yeux, cela doit aller dans le sens d’une augmentation de la sécurité du territoire ». De son côté François de Canson, conseiller régional en charge des risques naturels, a repris  : « L’an dernier, dans le Var, on a comptabilisé 700 feux de forêts. Je salue la belle initiative de Château Léoube qui va bénéficier de personnels formés par nos sapeurs-pompiers. Je sais que le Domaine OTT ne vas pas tarder à se manifester dans le même sens. Ces matériels pourront venir en aide aux voisins. Vous savez que Renaud Muselier va lancer la guerre du feu. Nous escomptons une bonne surprise car la volonté de la région, c’est de rapprocher les moyens aériens dans le Var, en les stationnant sur la base aéronavale de Hyères. L’État ne pourra pas se dérober » ! DES ESPACES NATURELS TAMPONS Le président de Méditerranée Porte des Maures a précisé  : « Avec François Arizzi, nous menons un combat pour remettre des terres agricoles dans les espaces boisés. Nous venons d’apprendre de l’administration centrale qu’elle est en train de reculer. C’est inadmissible ! Ça suffit ! Oui, il nous faut des moyens aériens et des zones tampons. C’est mon combat ! On ne lâcherons rien ! J’ai bon espoir d’y arriver » ! Pour François Arizzi, maire de Bormes-les-Mimosas  : « Effectivement, c’est une très belle initiative que prend Château Léoube. C’est très bien car on arrivera à mieux combattre et neutraliser les feux de forêts. Sur la commune, nous mettons en place un plan pour mieux protéger notre territoire. Mais, il ne faut pas oublier que ce sont, à chaque fois, des incendies criminels ! L’État revient sur les EBC. Sachez que nous répondrons favorablement aux demandes faites par les viticulteurs. Quel que soit la réponse de la DDTM, nous validerons les demandes. En aucun cas, nous les refuserons ». Enfin, également présent, Elie di Russo, maire adjoint de Hyères, en charge des questions agricoles, a conclu  : « Je m’associe et je soutiens l’initiative prise par Château Léoube. Elle s’ajoutera à l’action menée par la police nationale, les sapeurs-pompiers, les CCFF, la Protection Civile et la police municipale. Hyères a été impactée par les incendies de septembre dernier. J’ai pu voir l’efficacité des secours. En tant qu’élu de Hyères, je soutiens la démarche de Château Léoube, car des moyens supplémentaires sont toujours les bienvenus ». Gilles CARVOYEUR La réception officielle s’est déroulée en présence de  : Françoise DUMONT, Présidente du SDIS du Var, François de CANSON, Président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, Elie di RUSSO, adjoint au maire de Hyères en charge de l’agriculture et des forêts, François ARIZZI, maire de Bormes-les-Mimosas, des représentants de Sécurité Civile, des pompiers, des CCFF, du major Vincent PARIS, commandant la brigade de La Londe-les-Maures, et des viticulteurs de Bormes-les-Mimosas et de la Londe-les-Maures.
Actualités 11 Lutte contre les incendies de forêts François de Canson, le bras armé de la Région François de Canson, Maire de La Londe, Conseiller Régional, a été chargé par Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, de diriger le Comité de concertation des risques régionaux. UN DISPOSITIF « GUERRE DU FEU » Le Président de la Région Provence-Alpes- Côte d’Azur, Renaud Muselier, accompagné de François de Canson, conseiller régional délégué en charge des Risques Naturels Majeurs, a présenté le dispositif « Guerre du feu », le 9 février dernier, au lycée EREA Louis Aragon des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône). Objectif  : mettre en place une véritable politique volontariste de prévention, renforcer les moyens de lutte contre les incendies et aider les communes sinistrées à se reconstruire. Rencontre avec François de Canson, conseiller régional délégué en charge des Risques Naturels Majeurs. En quoi consiste ce dispositif « Guerre du Feu » ? François de Canson. Comme l’a rappelé Renaud Muselier, près de 15 000 hectares de forêts sont partis en fumée en 2017 en Provence- Alpes-Côte d’Azur. Nous avons donc souhaité que la Région devienne l’un des principaux acteurs de la guerre du feu que nous devons tous mener. Avec le dispositif « GUERRE DU FEU », la Région souhaite mettre en place une véritable force de frappe contre les incendies de forêt, complémentaire des actions déjà menées par l’ensemble des acteurs du territoire. Parmi les mesures phares figurent la création d’un comité de concertation des risques régionaux que j’aurai l’honneur de présider. Il s’agira également de créer une garde régionale forestière, d’inciter les communes à respecter leur obligatoire légale de débroussaillement, de renouveler la flotte de CANADAIRS, de renforcer les moyens des équipes au sol et d’accompagner les communes incendiées. Qu’en est-il du volet prévention ? FDC. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le débroussaillement et le maintien en état débroussaillé sont réglementés. Le maire est chargé du contrôle de l’exécution de ce débroussaillement chez les particuliers. Un dispositif de bonification ouvrant un accès facilité aux financements régionaux sera mis en place pour mettre en avant les politiques communales proactives et volontaristes d’organisation et de contrôle des obligations légales de débroussaillement. Il s’agira également de renforcer les moyens des Comités communaux des feux de forêts. Surveillance, prévention, mobilisation en cas d’incendie... les Comités communaux des feux de forêts jouent un rôle essentiel sur le terrain. Leur action permet de stopper de nombreux départs d’incendie. Leurs moyens seront renforcés, notamment par le financement de véhicules de patrouille et de moyens de communication. La Région s’engage à financer l’aménagement dans les massifs de pistes DFCI (défense de la forêt contre les incendies) et l’installation de sondes connectées pour avoir une vision en temps réel du niveau de stockage dans les réserves d’eau. Enfin, l’objectif est de tester et de généraliser des pratiques et des solutions innovantes pour la gestion des interfaces, la mise en œuvre des obligations de débroussaillement, l’utilisation de nouvelles technologies pour la surveillance et la prévention (drones, systèmes connectés, etc.)... Le renouvellement de la flotte des CANA- DAIRS et le repositionnement du réseau aéroportuaire spécialisé dans l’accueil des avions bombardiers d’eau avec une base de sécurité civile dans le Var est semble-t-il au cœur de vos préoccupations. Pouvez-vous nous en dire plus ? FDC. Concernant le renouvellement de la flotte existante de CANADAIRS, cette question doit être intégrée dans le programme européen RESCUE permettant de renforcer les moyens de prévention et les moyens opérationnels (budget  : 280 M € ). La France doit tenir ses engagements comme annoncé le 6 octobre 2017. La création d’une force européenne de protection civile semble un moyen indispensable pour lutter contre les incendies. La Région Sud s’engage en cas d’immobilisme de l’État et de l’Europe à s’équiper de ses propres moyens de lutte contre les incendies. Concernant le repositionnement des avions bombardiers d’eau, dont la base nationale d’avions de la sécurité civile se trouve à Nîmes, il s’agit d’une question cruciale ? FDC. En effet, cette position géographique nouvelle pénalise l’accès rapide aux avions de lutte contre les feux de forêt en région Provence- Alpes-Côte d’Azur. La Région souhaite s’engager fortement dans la modernisation d’installations aéroportuaires aux côtés des départements afin d’assurer l’accueil opérationnel des avions DASH, TRACKER et CANADAIR en période estivale à haut risque. Réhabiliter certaines voies de roulement et de stationnement, mettre en service un dispositif de remplissage moderne et performant, afin de mieux prendre en compte les enjeux et l’évolution de la flotte vers de gros porteurs comme les DASH et réaliser une infrastructure d’accueil pour les pilotes. La position centrale du Var (Hyères) dans la sensibilité régionale face à l’incendie semble toute indiquée, dans un choix stratégique qui interviendra en partenariat étroit avec le Préfet de zone, la Sécurité Civile et le Ministère de la Défense (puisqu’il s’agit d’un terrain militaire). Ce dossier pourrait voir son aboutissement en 2019. Le Président Renaud Muselier vous a confié la présidence du Comité de Concertation des Risques Régionaux. Pouvez-vous nous dire quelles sont ses missions ? FDC. L’objectif est de pouvoir, au travers d’une approche de l’ensemble des risques naturels (inondation, mouvements de terrain, chutes de blocs, avalanches, séisme, feux de forêts…) et également dans une approche multirisque, prendre en considération l’ensemble de la chaîne de gestion du risque depuis la prévention jusqu’au retour d’expérience de la gestion de la crise. Le Comité de concertation régionale sur les risques sera donc  : Un lieu de dialogue permanent, de concertation, d’échanges, permettant le renforcement, la circulation, la diffusion de l’information, la sensibilisation, la prévention et l’aide, facilitant l’échange et la mutualisation d’expériences et favorisant une approche prospective ; Un lieu de ressources, au sein duquel les acteurs proposeront une adaptation et une coordination des interventions publiques prenant en compte les évolutions de contextes climatique et socio-économiques à la fois sur les process techniques, financiers mais également réglementaires de prévention et gestion des risques dans un objectif d’efficacité des politiques publiques ; Un lieu à partir duquel sera proposé un porter à connaissance global ainsi que la définition d’orientations et d’un programme d’actions. Il est de notre devoir de la faire évoluer pour prendre en compte les éléments de constat et l’émergence de nouveaux enjeux et besoins, dans le respect de la réglementation, en agissant avec tous les acteurs concernés pour réduire la vulnérabilité des territoires. En effet, au vu des catastrophes vécues dans la région ces dernières années qui se multiplient, prennent de l’ampleur et engendrent des dégâts de plus en plus importants en termes humains et économiques, il est nécessaire de se doter d’outils d’évaluation des politiques publiques pour proposer d’éventuelles évolutions. Ce comité rassemblera l’ensemble des acteurs de la prévention, de l’aménagement et de la lutte contre les risques naturels majeurs. L’une de ses premières missions consistera à élaborer un Livre Blanc comprenant un diagnostic et des propositions d’évolution des politiques publiques dans ce domaine. La Commission Incendie sera la première à se réunir pour partager les retours d’expériences, les préoccupations et perspectives, travailler à la mise en œuvre du dispositif « GUERRE DU FEU » et à la prise en compte du risque incendie dans l’élaboration du Plan régional forêt bois. Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR février 2018 - #48



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