La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de 1er fév 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : déchets, un enjeu capital pour les Varois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 Dossier spécial Taux d'évolution annuel du nombre de nuitées (en%) 0 6.5 ou plus 0 de 4.0 à moins de 8.5 0 de 0,0 à moins de 4,0 0 de -1.0 à moins de 0.0 Nombre de nuitées (en milliers) 6 500 février 2018 - #47 UMIH Var et PACA Jean-Pierre Ghiribelli, président  : « Le tourisme a besoin d’un Var sans déchet sauvage » ! Ainsi, à titre d’exemple, l’UMIH a participé, largement, à la mise en place de la collecte des bio-déchets sur le territoire de la communauté de communes du golfe de Saint-Tropez. Toujours à la pointe de l’innovation, Jean- Pierre Ghiribelli, président de l’UMIH Var et PACA, a été l’un des premiers en France à qualifier le tourisme d’industrie du troisième millénaire. En effet, le tourisme est une industrie qui structure les territoires, notamment grâce aux 230 000 cafés, hôtels, restaurants et établissements de nuit présents sur tout le territoire français et qui emploient plus d’un million d’actifs. 2 200 Alpes-de-Haute- Provence À ce titre, Jean-Pierre Ghiribelli se félicite des résultats obtenus par l’industrie touristique dans le Var  : « En France, mais aussi dans le Var et dans notre région en général, la fréquentation touristique a battu des records en 2017, grâce au retour des visiteurs étrangers (+ 14%) et à la reprise du tourisme d’affaires. Et, la création du CAT (Comité des Acteurs du Tourisme) a montré que le gouvernement d’Édouard Philippe a prêté une oreille attentive à nos revendications ». Hautes- Alpes ETRE EXEMPLAIRE Le président du tourisme varois insiste  : « Pour continuer d’accueillir les touristes dans le Var, il faut aussi que le département soit exemplaire en termes de déchets. C’est à dire qu’on ne doit plus voir, ici et là, des décharges sauvages qui saccagent nos paysages et notre patrimoine culturel et agricole. Il faut que l’on cesse de stocker les déchets n’importe où ! Les particuliers et les entreprises doivent avoir une attitude beaucoup plus responsable et plus respectueuse de l’environnement. Sinon, on fera fuir les touristes et, c’est tout un pan de l’économie du Var, et au-delà de notre région, qui va en souffrir terriblement ». UNE DEMARCHE IRREPROCHABLE Pour mener son combat en faveur d’un tourisme exemplaire, Jean-Pierre Ghiribelli a installé une commission tourisme au niveau du MEDEF PACA. Il explique cette démarche  : « Nous avons créé une commission tourisme, dont j’assure la présidence. Elle travaille sur deux grands axes  : le sport et la culture. Notre objectif, c’est de faire venir les touristes pour permettre l’ouverture, tout au long de l’année, de nos établissements commerciaux et pour donner un attrait supplémentaire à notre département. Mais, nous ne réussirons ce challenge que si le département conserve un aspect virginal ! La gestion des déchets, au niveau des particuliers, voire des entreprises, doit être irréprochable. Sinon, nos efforts pour conserver le leadership en matière de tourisme seront vains ». Pour le président de l’UMIH Var et PACA, « économie touristique et propreté du département sont intimement liées. Si nous ne conservons pas un haut degré de propreté, nous perdrons une partie de notre clientèle, qui devient de plus en plus exigeante et qui réclame ces critères de protection de l’environnement, même durant ses séjours de vacances ». GISEMENT DE 2 000 EMPLOIS Selon une étude Protourisme, on compte près de 1 500 plages privées en France, dont environ 400 sur la Côte d’Azur qui concentre un tiers de l’offre nationale. Jean-Pierre Ghiribelli resitue les enjeux économiques de la filière touristique  : « Ces plages génèrent 1 milliard d’ € de chiffres d’affaires (restauration, location matelas parasols) et totalisent entre 8 et 10 000 emplois salariés. Si la réglementation était plus cohérente, ce sont au moins 2 000 emplois supplémentaires qui pourraient être créés. Comme vous le savez, j’ai personnellement toujours beaucoup œuvré pour la reconnaissance de cette profession d’exploitant de plage et les besoins d’obtenir une réglementation plus souple et plus adaptée. En 2007, nous sommes parvenus à un premier texte. Mais, ce texte n’est pas adapté ne prenant aucunement en considération, l’emploi, l’environnement ou la propreté des plages ». Dans le Var, l’économie balnéaire est, pourtant, un moteur de l’activité économique  : « À l’évidence, les exploitants de plages sont un maillon indispensable et incontournable de notre système économique varois, essentiellement littoral et balnéaire. Mais, au-delà de l’aspect économique, les acteurs doivent prendre conscience des impératifs environnementaux car la plage est un bien commun qu’on exploite, certes, à travers des concessions communales, mais qui doit rester un endroit le plus possible naturel, pour continuer d’attirer les touristes ». « Enfin, la professionnalisation des salariés est un axe stratégique capital du développement touristique et économique de la région PACA car, chez nous, le tourisme représente un enjeu très fort en termes d’emplois, d’insertion professionnelle des jeunes et de développement économique de notre région ». Il conclut  : « Pour préserver ce capital essentiel pour le département du Var, il faut opter pour des solutions de proximité afin de maintenir et développer une politique exemplaire et rigoureuse de la collecte et du traitement des déchets, qui ne peut souffrir d’aucun laxisme. Il faut impérativement trouver une solution de continuité entre la fin d’exploitation du Balançan et la mise en place de nouvelles structures ».
Dossier spécial 21 L’avis des associations environnementales L’exportation des déchets, elles n’en veulent surtout pas ! Qu’elles soient pour ou contre la fermeture du Balançan, les associations locales de protection de l’environnement affichent toutes leur opposition à l’exportation des déchets et proposent leurs solutions. Elles sont nombreuses à s’exprimer sur le sujet et à défendre leur point de vue. Pour Jacqueline Herbreteau, présidente de l’association Les Amis de la Terre, la solution de l’exportation est une « fausse bonne idée ». « Nous ne cautionnons pas le stockage, pourtant, le pragmatisme de notre association nous amène à penser qu’une solution locale et de stockage temporaire, contrôlée et surveillée, est toujours préférable à l’exportation qui générera une augmentation dramatique du trafic routier, une augmentation de la pollution atmosphérique, une contradiction aux ambitions du président de Région de faire de celle-ci un modèle environnemental. La facilité de mettre nos déchets chez les autres n’est pas une solution ». o Les Amis de la Terre Paul Garcia, président d’Ethique Environnement, refuse, lui aussi, l’exportation en dehors du département, qui risque de coûter trop cher au contribuable. Il est contre le maintien du site du Balançan, au Cannet-des-Maures. « C’est une installation qui existe depuis plus de quarante ans, saturée, dans laquelle 16 millions de tonnes d’ordures ont été déposés. D’autres structures de stockage sont en attente de réouverture, les solutions sont là, à proximité ». MIEUX EXPLIQUER LE TRI Des arguments que Marcel Barbero, professeur émérite et membre honoraire de la Commission de l’Unesco, sciences de l’environnement, réfute. « L’exploitant, propriétaire de 107 hectares au Balançan, où l’exploitation industrielle occupe 38 hectares environ, a toujours appliqué le principe de complémentarité intégré dans la loi du 8 août 2016 de Reconquête de la Biodiversité et la Nature. À l’intérieur de la clôture grillagée du site, les milieux naturels sont très riches et abritent plus d’une centaine d’espèces protégées de la flore et de la faune. La diversité biologique du site industriel a engagé la Région à inscrire les zones humides dans la Charte Régionale Biodiversité ». Pour l’Association Bagnolaise d’Information (ABI), l’exportation est « totalement absurde ». « Elle sera inévitable si les élus et les représentants de l’État ne font rien et ne prennent pas de vraie décision », assure William Dumont, président de l’association. « Or, même les pays importateurs de déchets comme la Chine n’en Marcel Barbero veulent plus. L’exportation n’est pas une solution envisageable. Il faut s’attaquer au véritable problème qu’est le tri des déchets. S’il était correctement réalisé, il permettrait de limiter les volumes de stockage. 90% des déchets ménagers peuvent être valorisés. Chaque famille devrait avoir un bac à compost pour transformer les déchets biodégradables. Il faut accompagner les explications sur le tri sélectif d’une taxe incitative (je pollue moins, je paye moins), qui réduira sensiblement le coût de la taxe d’ordures ménagères et des nuisances environnementales. Il y a encore du chemin à parcourir mais nous devons tous y participer » ! De son côté, l’association Environnement Méditerranée qualifie l’exportation des déchets de « décision stupide à bien des égards », selon son président Robert Durand. « Outre le coût pour le contribuable varois, cette solution va à l’encontre de la volonté du gouvernement de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Le préfet doit prendre une décision logique et responsable sur ce dossier ». Selon lui, la meilleure solution serait de conserver le site du Balançan et de mettre en place une unité d’incinération-méthanisation à Brignoles ou au Cannet-des-Maures. « Celle-ci aurait l’avantage d’être conjuguée avec l’unité du SIT- TOMAT à travers une mutualisation des moyens. Cela lui permettrait d’assurer un traitement correct des déchets à un coût économique acceptable. Cette nouvelle unité pourrait aussi traiter une partie des ordures ménagères de la partie Ouest des Alpes-Maritimes, ce qui lui offrirait un surplus de recette et diminuerait le coût pour les usagers varois et azuréens ». 1 i MÉDITERRANÉE ENVIRONNEMENT février 2018 - #47



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