La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de 1er fév 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : déchets, un enjeu capital pour les Varois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 Dossier spécial Mobilisation sans précédent Entre colère et inquiétude, les élus varois appellent le préfet à la raison La gestion des ordures ménagères est le premier poste de dépense des collectivités, avec des coûts en constante augmentation, ces dernières années. Pas étonnant que le sujet mobilise les élus et l’ensemble de la sphère économique varoise. Tous s’opposent à l’exportation des déchets. Une grave erreur selon eux. Réactions. De l’élimination à la valorisation multi-filières, la gestion des déchets pèse de plus en plus lourd sur le budget des collectivités, et par ricochet, sur celui du contribuable varois. Au fil des années, le volume des déchets a augmenté et les réglementations se sont intensifiées. La mise aux normes des décharges et des incinérateurs, le développement des collectes sélectives et du réseau des déchetteries ont induit une progression de la fiscalité locale. Pour bon nombre d’élus varois, l’exportation des déchets, défendue par le préfet, ne ferait qu’alourdir cette facture. Ils s’en expliquent. 1 JEAN-LOUIS MASSON, DÉPUTÉ LR DU VAR  : « Une solution non conforme » Dans un courrier adressé au président du Conseil régional, Renaud Muselier, le député du Var estime que parce que « la solution d’enfouir les déchets sur d’autres départements serait non conforme aux règles de proximité et engendrerait, automatiquement, des surcoûts significatifs pour les citoyens ». 2 ÉMILIE GUÉREL, DÉPUTÉE LREM DU VAR  : « Une solution viable peut être trouvée » « La gestion et le traitement des déchets sont devenus ces dernières années une réelle problématique varoise. La production de déchets dans le département ne cesse d’augmenter et a attaint, cette année, plus de 600 000 tonnes. Les installations de stockage, en particulier celle du Balançan, arrivent aujourd’hui à saturation. Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à la mise en œuvre d’un nouveau modèle, raisonné et durable, pour les 98 communes concernées. Je suis certaine qu’une solution viable peut être trouvée, mais un temps de concertation entre les différents acteurs concernés est absolument indispensable. Les craintes de Pizzorno doivent être écoutées et entendues. Si des emplois sont menacés, alors il faudra s’assurer qu’aucun salarié ne sera laissé pour compte. J’appelle donc à un temps d’échange et de dialogue apaisé entre Pizzorno, la municipalité du Cannet-des-Maures ainsi que la préfecture du Var, afin que soit trouvé un modèle durable pour tous, dans le cadre d’une concertation privilégiée ». 3 PHILIPPE VITEL  : « Un surcoût de 120 à 280 € par famille » Philippe Vitel, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, la solution de l’exportation « générera un surcoût compris entre 30 et 70 millions d’ € , février 2018 - #47 1 2 soit entre 30 et 70 € supplémentaires par habitant (120 à 280 € pour une famille de quatre personnes) ». L’ancien député du Var ne cache pas son étonnement  : « Si nous pouvons nous féliciter de la prise de conscience de tous, de l’urgence de mettre en place, le plus rapidement possible, des centres multi-fillières de valorisation et, en parallèle, de développer de nouvelles capacités et sites de stockage dans le Var, je pose, toutefois, une réserve sur le calendrier prévu qui semble à tous plus qu’optimiste ! Nous pensons, en effet, que les premières réalisations ne peuvent voir le jour au plus tôt que dans quatre ans, soit en 2022, et que la totalité de programmation ne pourra être réalisée que dans un délai d’environ 6 à 7 ans, soit en 2024- 2025. Ce qui n’est pas acceptable et même à mon sens irresponsable, est de vouloir exporter durant cette période très loin nos déchets ». Au-delà du coût, l’élu régional souligne volontiers le caractère polluant de l’exportation. « Cette solution est une insulte vis-à-vis de l’environnement et du changement climatique », poursuit 1 3 2 4 Philippe Vitel. « Elle me semble totalement en contradiction avec les mesures du Plan Climat régional et du Schéma régional climat Air Énergie qui visent à réduire le transport routier à l’origine des gaz à effet de serre et polluants. Ce sont, en effet, 12 000 camions par an générant au moins 5 000 tonnes de CO 2 supplémentaires qui amèneront 300 000 tonnes de déchets à une distance comprise entre 200 et 450 km, puisque les sites d’accueil possibles sont Bellegarde, Lyon et Toulouse » ! 4 FRANÇOIS DE CANSON  : « Des dizaines d’emplois sacrifiés » François de Canson, maire de La Londe-les- Maures et président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, pointe la position paradoxale de l’État sur la question. « Nous sommes face à un gouvernement qui entend diminuer la pression fiscale. Très bien ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parfait ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend combattre le chômage. Certes ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend sécuriser nos routes. Assurément ! Et, étonnamment, l’administration décentralisée de l’État nous propose, pour répondre au déficit de site susceptible d’accueillir nos déchets, de les exporter à plus de 400 kilomètres de là... ce qui engendrerait 160 millions d’euros de taxe supplémentaire pour les Varois, la production de 5 000 tonnes de CO 2 supplémentaires, des dizaines d’emplois sacrifiés, et 20 000 camions de plus sur nos routes... Il y a urgence à ce que l’État révise sa position, si nous ne voulons pas, qu’une fois de plus, les contribuables varois soient pris en otage » !
Dossier spécial 19 L’interview Olivier Audibert-Troin  : « Fermer le Balançan serait un non-sens environnemental » Le Président de la Communauté d’Agglomération Dracénoise répond aux questions de La Gazette du Var. plus de 1,2% sauf à encourir des pénalités financières par l’État. Inutile de dire qu’avec l’exportation de nos déchets à des centaines de kilomètres, cette maîtrise de nos dépenses de fonctionnement est absolument impossible. Ce serait, donc, la double peine pour des collectivités qui, contrairement aux dires des services de l’État, ont énormément progressé, et de façon vertueuse, dans la gestion de leurs déchets. Grâce à leurs investissements extrêmement lourds, les collectivités flirtent ou ont dépassé les 40% de déchets valorisés, ce qui a très nettement diminué les tonnages enfouis. Le 20 décembre, le préfet du Var a organisé une réunion d’information destinée aux élus concernant la situation des ordures ménagères dans le Var. Qu’en avez-vous retenu ? Olivier Audibert-Troin. D’abord que cette affaire ne concerne pas que le Var, puisque le nouveau schéma régional des déchets, présenté par la Région, divise celle-ci en bassins. L’Est du département du Var est rattaché à l’Ouest des Alpes-Maritimes. Concrètement, qu’est-ce que ça change ? OAT. Beaucoup de choses ! Et, tout est lié avec une éventuelle fermeture du site d’enfouissement du Balançan, puisque dans ce cas, bon nombre de communes du Var seraient obligées d’exporter leurs déchets ultimes bien loin du Var avec à la clef une explosion du coût du transport comme l’ont confirmé les services de la DREAL en séance (sans même parler de la contradiction majeure que le trafic routier induit aurait avec les objectifs de la transition énergétique au niveau national), alors que dans le même temps les communes de l’Ouest des Alpes-Maritimes seraient autorisées à venir enfouir leurs déchets ultimes dans le Var ! Dans ce cas, nous serions face à une vraie injustice qui tendrait à pénaliser les communes varoises face à celles des Alpes-Maritimes. Je rappelle qu’à partir de cette année nos dépenses de fonctionnement ne doivent pas évoluer de Il y a donc déjà eu des efforts des collectivités ? OAT. Mais bien sûr ! Et, les éco-organismes (CITEO…) sont là pour en témoigner ! Prenez l’exemple de la CAD. Nous avons maillé notre territoire d’une dizaine de déchetteries. 5 supplémentaires vont être construites d’ici à 2020. Nous avons installé plus de 200 Points d’Apport Volontaire (PAV) supplémentaires. C’est un effort sans précédent. Toutes les collectivités sont dans ce même effort financier. Alors, selon vous, que faut-il faire ? OAT. Par rapport à la dernière demande d’exploitation du Balançan il y a une dizaine d’année, les choses ont beaucoup évolué. À cette époque-là, les solutions alternatives n’existaient pas. Depuis lors, et c’est là que les choses ont changé, de gros investissements ont été lancés, de lourds dossiers et demandes d’exploitation sont, aujourd’hui, instruits par les services de l’État avec des délais extrêmement longs auxquels les élus sont confrontés et ne peuvent rien faire. Mais les solutions sont avancées et en passe d’être réalisées. Il faut bien comprendre que ces dossiers sont très longs de par les procédures administratives imposées et par les financements très lourds (plusieurs dizaines de millions d’euros). L’État doit tenir compte de la volonté des élus, des performances déjà réalisées en termes de valorisation et de bonnes pratiques. L’État, qui impose des réductions drastiques des dépenses des collectivités, ne peut ignorer les difficultés de financement que celles-ci rencontrent. Il faut, à mon sens, que les services de l’État aident les collectivités à voir aboutir les projets actuels, les encouragent. À mon avis donc, si la fermeture du site de Balançan devait se faire, il est impératif, au vu des arguments exposés ci-dessus, que celle-ci ne puisse intervenir qu’une fois l’ensemble des dossiers en cours soit réalisés et exploitables. C’est l’affaire de 3 à 5 ans maximum. Fermer le Balançan, aujourd’hui, alors que bon nombre de solutions alternatives sont sur le point de voir le jour, serait une vraie injustice pour nombre de communes varoises et un non sens environnemental en faisant circuler des centaines de camions quotidiennement sur nos routes déjà surchargées. PATRICK MARTINELLI  : « Il y a urgence… » Patrick Martinelli, maire de Pierrefeu-du-Var et vice-président de la Communauté de communes Méditerranée Portes des Maures, s’exprime clairement  : « Il y a urgence ». Il rappelle  : « Les deux centres principaux de stockage des déchets du Var arrivent à saturation prochainement  : au dernier semestre 2018 pour le Balançan, situé au Cannet-des-Maures et au premier semestre 2019, pour Roumagayrol, situé à Pierrefeu-du-Var. Concernant le centre d’enfouissement de Roumagayrol, le 6 décembre 2016, le conseil municipal a autorisé une extension du site sous deux conditions  : la réalisation du contournement Nord de la commune et la création d’une usine de tri-valorisation avant enfouissement. Dans les prochains mois, la Cour Administrative d’Appel devrait rendre son arrêt sur la réalisation de la voie de circulation qui conditionnera la suite ou la fin du projet. La question des déchets dans le Var est suspendue à l’avenir de certains sites et aux projets en cours, et il semble plus probable qu’à court terme nous nous voyons contraints à exporter nos déchets à plus de 400 kilomètres. Je vous laisse imaginer le coût. De plus, n’est-ce pas là un véritable enjeu environnemental que d’éviter tout ce trafic routier ? Il y a urgence, ne faudrait-il pas envisager d’autres solutions comme la poursuite temporaire de l’exploitation du Balançan... » ? YANNICK SIMON  : « Faisons perdurer les installations existantes » Yannick Simon, maire de Cabasse, loue les bonnes performances des installations locales. « Il serait plus judicieux de suivre les préconisations du plan départemental et de faire perdurer les installations existantes. Ceci afin de permettre l’émergence de projets de valorisation Réactions multi-filières qui certes, ont pris du retard, mais qui ont l’avantage de développer l’économie locale et de ne pas impacter le bilan carbone dû au transport », argumente-t-il. « Ma commune a, par exemple, la chance d’avoir un centre de traitement des déchets verts performant en adéquation avec la principale activité, la viticulture notamment ». ROBERT MICHEL  : « L’exportation n’est pas recevable » L’exportation des déchets, Robert Michel, maire de Pignans, ne veut pas en entendre parler. « Ça ne nous semble pas recevable », assuret-il. « Cela va entraîner 160 millions d’euros de transport directement imputables aux Varois, une dépense qui va à l’inverse du combat que livrent quotidiennement les élus locaux pour ne pas augmenter la fiscalité des administrés, dans un contexte politique décidé à réduire drastiquement les dotations aux collectivités. En outre, ces 160 millions d’ € ne pourront pas être consacrés au développement de nouvelles solutions de traitement et de valorisation des déchets ». ANDRÉ GUIOL  : « Je suis contre l’exportation des déchets » André Guiol, président du SIVED NG (Syndicat intercommunal varois d’élimination des déchets) préconise le maintien du Balançan sur une période de trois à cinq ans. « Je suis contre l’exportation des déchets, pour des raisons économiques et écologiques. Il serait préférable d’accepter le projet d’intérêt général pour le cinquième casier d’enfouissement des déchets sur le site du Balançan, sur une courte période, le temps de construire le projet industriel TechnoVar, qui permettrait d’enfouir seulement 20% des déchets du territoire tout en produisant de l’énergie ». février 2018 - #47



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