La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de 1er fév 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : déchets, un enjeu capital pour les Varois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 Dossier spécial Des efforts et des résultats significatifs Non, le Var n’a pas démérité depuis 20 ans, et pourtant… février 2018 - #47 i Le département fait figure de bon élève en matière de gestion et de valorisation des déchets. Une situation qui s’explique par la cohérence de ses politiques. Un « grain de sable » pourrait pourtant réduire à néant tous ses efforts.C’est un fait  : bien que méritants en matière de valorisation et traitement des déchets, les Varois vont se voir imposer l’exportation de leurs déchets. Pourtant les objectifs fixés par la Loi de Transition Énergétique pour 2020 concernant le stockage sont déjà atteints. Ce résultat est la concrétisation de nombreuses politiques et initiatives menées par les collectivités et les opérateurs, notamment le développement des collectes sélectives, le maillage territorial des réseaux de déchetteries, les installations de valorisation et de traitement toujours plus performantes, L’interview Frédéric Devalle  : « Des milliers de camions supplémentaires sur la route, une solution facile et aberrante » Le directeur-général de Pizzorno Environnement répond aux questions de La Gazette du Var Le département du Var a prouvé depuis vingt ans son engagement dans l’économie circulaire et dans la transition énergétique. Comment l’expliquez-vous ? Frédéric Devalle. En vingt ans, le département s’est doté de nombreuses installations de valorisation et de traitement qui affichent d’excellentes performances. D’un point de vue industriel, le centre de tri du Muy compte parmi les plus performants de France, il a été précurseur dans les extensions de consignes de tri et dans la valorisation des emballages plastiques. Après 80 millions d’euros d’investissements, l’UVE de Toulon a augmenté sa capacité de traitement et amélioré ses performances énergétiques et environnementales. Elle est aujourd’hui le 1er producteur d’énergies renouvelables du département. Notre Groupe à lui seul a investi sur les 5 dernières années plus de 100 millions d’euros au service du département au profit de la valorisation. Les résultats du tri de la collecte sélective sont encourageants et parmi les meilleurs de la région. Les tonnages triés et valorisés sont en constante évolution, ils concernent aussi bien la valorisation matière, que la valorisation organique et énergétique. Je suis très confiant dans l’avenir du Var pour encore améliorer ses résultats. C’est une obligation, mais c’est avant tout une nécessité et je crois que les Varois l’ont compris. Si les technologies sont en constante évolution, elles ne permettent cependant pas de valoriser l’ensemble des déchets… FD. Bien que les technologies aient fortement évolué, le stockage reste encore indispensable  : en France 33% des déchets sont encore traités par ce moyen. Le Var n’échappe pas à cette situation, le plan départemental évalue d’ailleurs le besoin en stockage à 250 000 tonnes par an or, les 2 installations en activité arrivent très prochainement à saturation… 2018 sera une année cruciale. Le préfet laisse entendre que l’exportation des déchets semble inévitable. Cette position vous inquiète-telle ? FD. Cette décision reviendrait à réduire à néant les efforts conjoints des collectivités, de leurs habitants et des professionnels du secteur. Il faut savoir qu’entre 2010 et 2017, près de 500 000 tonnes de déchets ont été détournées du stockage au profit de la valorisation. La Préfecture laisse entendre que cette exportation serait provisoire, environ deux ans, le temps que des projets de valorisation voient le jour… C’est une erreur ! Compte tenu de notre expérience d’industriel, il est évident qu’au minimum 5 ans seront nécessaires à la mise en service de nouvelles installations pour franchir les obstacles de l’ensemble des démarches administratives. C’est pourquoi nous croyons en l’utilité du Balançan  : la poursuite de son exploitation permettra d’accompagner sereinement la mise en service de ces projets d’installations multi-filières. Pourquoi aller stocker nos déchets à plusieurs centaines de kilomètres hors de la région alors que des solutions locales existent ? Nous avons conscience que le stockage n’est pas la solution d’avenir, mais il demeure aujourd’hui une solution de proximité nécessaire. Mettre sur les routes des milliers de camions supplémentaires n’est pas une solution pragmatique  : cela ne favorise ni l’environnement, avec un bilan carbone dégradé, ni les usagers, qui devront assumer le surcoût lié à l’exportation des déchets hors de la région. Il faut également savoir que ce secteur représente plusieurs centaines d’emplois locaux  : exporter les déchets reviendrait à délocaliser, voir détruire ces emplois. la mise en place des filières professionnelles de recyclage et d’éco-organismes ainsi que l’adhésion des citoyens. DECHETS TRANSFORMES EN ENERGIE On le sait, à chaque type de déchet correspond un processus de gestion. Quelques explications sont nécessaires pour les moins initiés. Dans le Var, les ordures ménagères sont transformées en énergie à l’Usine de Valorisation Énergétique de Toulon. Elles sont brûlées dans des fours à 850/1000°C. La chaleur produite est transformée en électricité ou en vapeur d’eau, utilisée ensuite pour chauffer plus de 4000 logements. En 2013, environ 54% du total des déchets des ménages ont été valorisés sous forme d’énergie grâce à l’usine. Cette énergie sert aussi au fonctionnement de l’installation, le surplus étant réinjecté sur le réseau ERDF. Cela représente environ 100 000 MWh soit l’équivalent de la consommation électrique d’une ville de 40 000 habitants (hors chauffage). Le SITTOMAT, maître d’ouvrage de l’UVE, devient ainsi l’un des principaux producteurs autonomes d’électricité du Var. VALORISATION DE LA MATIERE La valorisation de la matière a lieu en centre de tri, au Muy et à la Seyne-sur-Mer. Le site du Muy accueille chaque année près de 120 000 tonnes de déchets recyclables par an (papiers, plastiques, cartons, multi-matériaux) issus des collectes sélectives des ménages et des industries. À la Seyne-sur-Mer, le centre gère annuellement 50 000 tonnes de déchets, principalement du bois, des déchets industriels ou issus de la collecte sélective. Le département compte également sept plateformes de compostage, à Cuers, La Crau, Signes, La Mole, Cabasse, Fréjus et Sainte-Maxime. Elles reçoivent boues, végétaux, bois, biodéchets, déchets verts, algues, souches et végétaux broyés qui seront transformés en compost. Les déchets qui ne peuvent être valorisés sous forme de matière ou d’énergie sont stockés dans les Installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). Il en existe trois dans le Var  : celles du Balançan au Cannet-des-Maures, de Pierrefeu-du-Var et de Ginasservis (actuellement fermée depuis novembre 2016 pour mise en conformité). L’exportation des déchets… plus qu’un grain de sable, un caillou dans la chaussure des élus varois !
Dossier spécial 15 L’interview Stéphane Bonifay  : « Chaque professionnel doit bénéficier du même service » Le président de la société ECORECEPT répond aux questions de La Gazette du Var. Acteur majeur dans le négoce de matériaux de construction dans le Var depuis plus de 70 ans, le groupe BONIFAY est fortement investi dans le retraitement des déchets via ECORECEPT. Quelle ambition porte ECORECEPT ? Stéphane Bonifay. La déchetterie professionnelle ECORECEPT adossée à un négoce de matériaux de construction a de l’avenir et le groupe BONIFAY compte la développer dans l’ensemble de ses agences varoises. Pourquoi un réseau ? Même si ses agences n’ont pas toutes le même potentiel, certains de ses clients s’approvisionnent dans les agences en fonction de la localisation de leurs chantiers. C’est à dire ? SB. À mes yeux, chaque professionnel doit pouvoir bénéficier du même service quel que soit le lieu de son chantier. Le réseau est constitué d’agences situées dans un rayon de 10 km des lieux de chantier. 10 km n’est pas un chiffre pris au hasard. Il correspond à la distance moyenne qu’un artisan est prêt à parcourir pour se défaire de ses déchets. Le réseau couvre ainsi au moins 80% de la population varoise. Certaines zones couvertes sont dépourvues de déchetteries professionnelles privées, comme le Cœur du Var. Le couplage du réseau de déchetteries à des services de collecte de déchets diffus sur les chantiers, avec des big-bags ou des petites bennes, permettra de mieux répondre aux besoins du marché. L’ensemble du système améliorera la collecte des déchets et réduira les nuisances environnementales. Votre souci de préserver l’environnement s’est renforcé… SB. ECORECEPT veut contribuer de manière forte à la réduction des nuisances environnementales et à l’atteinte des objectifs réglementaires en matière de prévention et de gestion des déchets du BTP. ECORECEPT repose sur une stratégie de tri à la source en un maximum de flux. Pour les déchetteries les plus importantes, il est prévu de collecter jusqu’à 7 flux valorisables de manière séparée  : gravats, terres, plâtre, bois, métaux, cartons/papiers, films plastiques. Il est prévu aussi de collecter des déchets qui seront triés manuellement ou mécaniquement comme les déchets non dangereux ou les déchets industriels souillés. Enfin, les déchets dangereux seront collectés en petites quantités et éliminés conformément à la réglementation. Pour toutes ces filières, les meilleurs exutoires ont été identifiés. Union Patronale du Var Gérard Cerruti, président  : Exporter n’est pas une option sérieuse » « La seule solution viable, et la moins onéreuse, me semble être la prolongation de l’autorisation de l’unité de stockage du Balançan. D’autres solutions seront peut-être envisageables à l’avenir, mais pour le moment, il est nécessaire de conserver des sites de stockage de proximité. Exporter les déchets en dehors du département ne peut être une option sérieuse, ne serait-ce que pour son coût et pour ses conséquences environnementales. De plus, la fermeture des sites du Cannet des Maures et de Pierrefeu aurait, bien évidemment, un impact sur l’emploi. Nous sommes conscients et soucieux des enjeux environnementaux pour notre département mais aussi conscients que la réalité et les nécessités économiques imposent parfois des solutions intermédiaires qui permettent de préserver au mieux les intérêts à la fois économiques et environnementaux de notre écosystème. Nous avons écrit un courrier dans ce sens au préfet, qui nous a répondu de façon plutôt ambiguë, sans donner d’éléments de réponses concrets ». Vous répondez, donc, largement à plusieurs objectifs de la Loi de Transition énergétique pour la Croissance Verte… SB. Dès à présent, le taux de valorisation matière de la déchetterie sera supérieur à 70% en poids, et ce en favorisant les modes de traitement les plus respectueux de l’environnement (réemploi, réutilisation, valorisation matière, valorisation énergétique). En dernier recours, les déchets seront éliminés mais il s’agit bien de détourner les déchets des installations de stockage et de réduire de 50% les quantités de déchets non dangereux non inertes admis en installation de stockage en 2025 par rapport à 2010. D’un point de vue logistique, ECORECEPT s’appuie sur une approche en double fret. Au niveau de la première rupture de charge, le client n’a plus à parcourir des kilomètres pour se défaire de ses déchets. La réduction des gaz à effet de serre sera de ce fait très importante. Une fois massifiés dans les déchetteries professionnelles, les déchets seront évacués de manière optimisée. Dans un premier temps, les papiers/cartons et films seront compactés, afin de limiter les volumes transportés et de réduire les rotations de bennes inutiles. Puis, les gravats et les terres seront acheminés vers la carrière d’où sont extraits les granulats naturels. Quel est votre objectif ? SB. Pour le groupe, cela ne s’arrête pas à une gestion des déchets plus respectueuse de l’environnement. Il va jusqu’à la production de matière première secondaire se substituant aux matières couramment utilisées. ECORECEPT ambitionne de transformer les gravats de démolition ou les matières rocheuses d’excavation même souillés en granulats recyclés. Des études sont en cours pour définir les meilleurs équipements permettant de produire un granulat de qualité à partir des déchets. février 2018 - #47



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