La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
La Gazette du Var n°47 1er fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de 1er fév 2018

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : déchets, un enjeu capital pour les Varois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 Dossier spécial Près de 50 ans d’histoire de gestion des déchets Si la première poubelle date de la fin du XIX e siècle, ce n’est que vers les années 70 que s’organisent la collecte et le traitement des déchets dans les communes. Retour sur un demi-siècle d’évolution dans le domaine. Il y a seulement quelques décennies, les ordures s’amoncelaient dans des décharges sauvages aux abords des villes. On est dans la France d’après-guerre, qui se reconstruit et découvre la société de consommation, sans se préoccuper des questions environnementales. UNE LOI-CADRE SUR LA GESTION DES DECHETS En 1975, les données changent grâce à la promulgation de la loi-cadre sur la gestion des déchets. Désormais, chaque commune ou groupement de communes a obligation de collecter et d’éliminer les déchets des ménages, dont le volume ne fait qu’augmenter. Le Var a déjà anticipé ces démarches avec la création en 1974 du centre de traitement du Balançan, au Cannetdes-Maures. Dès 1975, les collectivités s’organisent pour le traitement des déchets. C’est ainsi qu’est mis en place, en 1979, le SIT- TOMAT (Syndicat mixte intercommunal de transport et de traitement des ordures ménagères de l’aire toulonnaise) qui regroupe, à l’époque, 18 villes (contre 26 aujourd’hui). Les déchetteries essaiment le pays, au début des années 80, pour limiter les dépôts sauvages. Certaines collectivités font le choix de l’enfouissement, comme à Pierrefeu-du-Var où est construit le centre d’enfouissement des déchets ultimes en 1981. D’autres optent pour l’incinération, une technique en forte progression dans les années 80. février 2018 - #47 En 1985, l’usine de valorisation énergétique voit le jour à Toulon, sur le site de l’Escaillon. Sa capacité de traitement est alors de 180 000 tonnes de déchets par an (285 000 aujourd’hui). PRIORITE AU TRI SELECTIF En 1992, une deuxième loi sur la gestion des déchets instaure de nouvelles règles et interdit la mise en décharge brute. On ne parle d’ailleurs plus de décharges mais de « Centres de stockage des déchets ultimes ». Désormais, le tri sélectif est obligatoire pour chaque ménage. La valorisation par le recyclage et le réemploi est mise en avant. Comme leurs voisins européens, les Français découvrent les bases du tri  : verre d’un côté, papier, carton, plastique de l’autre, déchets ménagers dans une troisième poubelle... Selon les communes, tous les types de collecte sélective sont proposées  : en porte-à-porte, en apport volontaire dans des conteneurs regroupés à différents endroits, en sacs plastiques transparents... À la suite de la collecte, les déchets sont envoyés dans des centres de tri où différentes opérations mécanisées et manuelles permettent d’optimiser leur transformation. C’est à cette même époque que sont créés l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et les éco-organismes, comme Écoemballage ou Écosystèmes. Ces derniers ont pour but de financer la collecte et le recyclage des produits et équipements en fin de vie. Pour cela, ils font payer aux fabricants une éco-taxe sur chaque produit mis en vente (emballages, appareils électroménagers, piles, meubles, pneumatiques, vêtements). Des plans départementaux définissent les grandes orientations de la gestion des déchets ménagers à l’échelle des départements. La France entre dans une nouvelle ère où les questions environnementales prennent toute leur importance. LES DECHETS, UNE SOURCE D’ENERGIE Au fil des ans, les déchets trouvent une seconde vie. Les techniques de valorisation évoluent. Les installations de stockage de déchets non dangereux produisent du biogaz, un gaz issu de la décomposition naturelle des déchets. Les déchets sont traités et valorisés pour produire de la chaleur, de l’électricité. Ainsi, à Toulon et à la Seyne-sur-Mer, plusieurs milliers de logements et établissements publics bénéficient de la chaleur et de l’électricité produites par le traitement thermique des déchets en Unité de Valorisation. Les déchets verts servent à alimenter la filière biomasse. Dans le Var, ce sont près de 150 000 tonnes de déchets verts qui sont traitées, chaque année, sur les 7 plateformes de compostage, permettant de produire du compost. Prochaine étape  : le zéro déchet. L’idée fait des émules auprès de la population mais aussi de quelques collectivités comme la Communauté de communes du Cœur du Var qui s’est engagée, récemment, dans le projet « Zéro déchet, zéro gaspillage ». Un exemple à suivre. EN CHIFFRES  : 200 kg d’ordures ménagers/hab/an en 1960 en France. 360 kg en 2016 (457 kg en PACA, 560 kg dans le Var). 477 déchetteries en 1992 en France, 4 500 en 2011. 600 000 tonnes de déchets gérés par an dans le Var (2016), 2/3 par les ménages, 1/3 par les entreprises.
Dossier spécial 13 Les déchets, un enjeu environnemental et économique fort pour le département Fin 2018, les capacités de stockage de déchets arriveront à saturation dans le Var. Deux solutions sont entre les mains du préfet  : l’exportation ou le renouvellement des autorisations pour les installations existantes. Explications. Si la production d’ordures ménagères dans le Var est supérieure à la moyenne nationale et régionale (560 kg/hab/an contre 360 kg/hab/an en France et 457 kg/hab/an en PACA), le département peut se targuer d’avoir déjà atteint une partie des objectifs de la Loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015. Depuis 2010, il a en effet réduit de 34% les déchets stockés, alors que la loi exige une baisse de 30% d’ici 2020. Par rapport à ses voisins, il enregistre, également, la plus forte progression du taux de recyclage des déchets ménagers et assimilés (+7,2%) entre 2010 et 2014. Plusieurs facteurs ont favorisé l’augmentation constante de la valorisation des déchets  : un maillage territorial des réseaux de déchetteries, une politique de développement des collectes sélectives et la mise en place de filières professionnelles de recyclage et d’éco-organisme. DEFICIT DE CAPACITES DE STOCKAGE Malgré ces bons résultats, le Var affichera, d’ici quelques mois, un déficit de ses capacités de stockage. Aujourd’hui, l’Unité de Valorisation Énergétique de Toulon, modernisée en 2016, fonctionne à sa capacité maximale, avec 285 000 tonnes de déchets traités annuellement. L’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) de Ginasservis est fermée pour mise en conformité depuis mars 2017, sans date de réouverture connue à ce jour. L’ISDND de Bagnols-en-Forêt est quant à elle fermée depuis 2011. En raison de ces fermetures, l’ISDND du Cannet-des-Maures arrivera à saturation fin 2018. Enfin, l’ISDND de Pierrefeu-du-Var, dont l’autorisation d’exploiter s’achève fin novembre 2019, sera saturée dès le printemps 2019. À cette date, le Var ne disposera donc plus de capacités de stockage ni de solution de recours en cas de défaillance (arrêt technique de l’UVE ou événements climatiques exceptionnels). Des projets de stockage ont été déposés, ou annoncés  : la création de nouveaux casiers sur les sites en activité au Cannet-des-Maures, et à Pierrefeu-du-Var. Un redémarrage immédiat serait possible en 2018 pour l’un et en 2019 pour l’autre. À Bagnols-en-Forêt, le projet de création d’un nouveau casier de stockage a été Les objectifs de la Loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015  : réduire de 10% les déchets ménagers (2020). réduire de 30% les déchets admis en stockage en 2020 et de 50% en 2025. porter à 65% les tonnages orientés vers le recyclage ou la valorisation organique (2025). recycler 70% des déchets du BTP (2020) limiter le transport de déchets en quantité et en volume. demandé, pour une réouverture programmée en 2020. Enfin, la réouverture de Ginasservis devrait pouvoir porter sa capacité à 27000 tonnes par an. D’autres projets de valorisation multi-filières sans capacité de stockage sont également proposés  : au Cannet-des-Maures, à Brignoles, à Pierrefeu-du-Var, au Muy, à Bagnols-en-Forêt et à Cabasse. RECOURS À L’EXPORTATION ? Si ces installations nouvelles ou existantes ne sont pas acceptées, le département devra avoir recours à l’exportation de ses déchets vers les régions limitrophes, avec le surcoût que cela induit pour les contribuables varois et les conséquences néfastes sur l’environnement du fait de l’augmentation du trafic des camions et des émissions de gaz à effet de serre. Une solution doit être trouvée sans tarder. L’interview Christine Leuthy-Molina  : « Le geste de tri est un levier très important pour lutter contre l’enfouissement » La directrice régionale sud-est de CITEO répond aux questions de La Gazette du Var. Comment se positionne la région PACA, et particulièrement le Var, en matière de tri sélectif ? Christine Leuthy-Molina. Pour le tri des emballages et des papiers, selon nos chiffres consolidés de 2016, la région PACA se situe à 33,4 kg/hab/an d’emballages ménagers recyclés, ce qui lui laisse une marge de progression face à la moyenne nationale qui est à 47,6 kg. Le Var se rapproche de la moyenne nationale, avec 43,6 kg/hab/an. Il faut savoir qu’un habitant varois produit en moyenne 560 kg d’ordures ménagères par an, alors que la moyenne française se situe à 360 kg. Cette différence est d’abord due au fort impact touristique du département. La PACA, sur ces trois dernières années, affiche, tout de même, une augmentation de 7% de la collecte sélective, avec notamment une belle amélioration sur le tri du verre. C’est extrêmement important car le verre coûte très cher dans la collecte des ordures ménagères, est totalement recyclable et crée de l’emploi. Le Var a augmenté de près de 5% sa collecte sélective. Autour du SITTOMAT, dans l’agglomération toulonnaise, un plan de relance soutenu par CITEO a été mis en place de 2015 à 2017, ce qui a permis d’améliorer de 8% le tonnage de verre. C’est d’autant moins de verre dans les ordures ménagères et d’autant moins à enfouir. Pour cela, le SITTOMAT a maillé le territoire de 230 conteneurs à verre supplémentaires, dispositif couplé à un plan de communication pour donner du sens au geste de tri. La Communauté d’agglomération de Draguignan (CAD) a déployé 355 nouveaux conteneurs à la fois sur le verre et sur les emballages. Résultats  : + de 10% de collecte sélective, et jusqu’à - 11% d’ordures ménagères. Comment améliorer encore cette dynamique ? CLM. Un des vrais leviers pour gérer une crise des ordures ménagères est de faire trier les habitants. Et pour cela, il faut leur faciliter le geste  : multiplier les conteneurs, mieux les identifier. Autre levier  : étendre les consignes de tri à tous les plastiques. D’ici 2022, tous les Français devront trier tous les emballages plastiques. C’est, déjà, le cas pour la moitié des Varois, grâce à la modernisation du centre du tri du Muy. Nous nous attaquons avec les collectivités à l’amélioration du centre de tri de l’agglomération toulonnaise, pour que l’autre moitié de la population varoise puisse avoir accès à ce geste de tri simplifié. C’est un moyen pour mieux lutter contre l’enfouissement et pour mieux gérer les ordures ménagères. Avez-vous le sentiment d’une prise de conscience de la part des habitants sur l’importance du tri ? CLM. La prise de conscience est, en effet, de plus en plus forte. Quand on crée le réflexe du tri des plastiques, cela entraîne d’autres réflexes. Et c’est un cercle vertueux, car, chez CITEO, plus les habitants trient, plus nous aidons les collectivités pour qu’elles investissent, qu’elles achètent des colonnes de tri, fassent des plans de communication, etc. Le petit geste de tri systématique, qui prend trois secondes, a un impact fort pour la préservation de notre environnement. février 2018 - #47



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