La Gazette du Var n°42 1er déc 2017
La Gazette du Var n°42 1er déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de 1er déc 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 47,8 Mo

  • Dans ce numéro : la nouvelle vie de Jean-Pierre Savelli.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Supplément Coordination Rurale novembre décembre 2017 - #42 Dégâts de gibier « Il faut rétablir le droit d’affût » ! Dans un article paru dans L’Agriculteur provençal, le 4 août dernier, Jean- Pierre Grosso, élu responsable des dégâts de gibier à la chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, a indiqué que davantage de sangliers devraient être abattus pour limiter les dégâts. Son discours est marqué par une certaine incohérence. S’il ne se prononçait qu’à titre personnel, il n’y aurait rien à redire. Or, ses propos, du fait de ses responsabilités, engagent également la chambre d’agriculture. Représentée par Bernard Derbez, Tristan Arlaud et Jean-Dominique Dedominici, la Coordination Rurale des Bouches-du-Rhône (CR13) a abordé ces incohérences lors d’une rencontre avec Nicolas Chomard, chef du service mer, eau et environnement à la DDTM, le 13 octobre dernier. La CR13 lui a remis un courrier contenant certaines constatations et des propositions pour limiter les dégâts aux cultures. MOINS DE SANGLIERS ABATTUS Ainsi, en mai-juin, pendant trois semaines, les lieutenants de louveterie étaient présents toutes les nuits. Mais, à partir du moment où les agriculteurs avaient besoin de leur présence, il n’y avait plus personne. Des rumeurs persistantes indiquent que des menaces auraient été lancées par des chasseurs contre les louvetiers pour que très peu de sangliers soient abattus aux abords des cultures. La raison ? Il y a un commerce illégal autour de la viande de sanglier et la demande étant faible en été, des sociétés de chasse estiment qu’il n’y a aucun intérêt à organiser des battues. Un véritable business s’organise autour de la viande de sanglier et un élevage extensif est mis en place. Le nourrissage des sangliers est interdit mais certaines sociétés de chasse le pratique quand même. La DDTM est prête à intervenir sur ces problèmes afin de les régler au plus vite. DEGATS SOUS-ESTIMES Lors de la venue d’un expert, les pertes sur les cultures sont sous-estimées dans la plupart des cas (-30% environ). Elle entraîne l’obtention de données erronées sur l’ensemble du département et la mise en place de mesures qui ne correspondent pas à la réalité du terrain. Il faudrait que pour chaque expertise, des vidéos et/ou photos soient faites et Sécheresse en 2017 Les conséquences dans la région L’année 2017 est marquée par des conditions climatiques difficiles dans la région. HAUTES-ALPES Cette année, les troupeaux sont mis en bergerie avec deux mois d’avance vu qu’il n’y a plus d’herbe à pâturer. Les récoltes de fourrage étant faibles, les stocks sont en baisse de moitié comparés à une année classique. BOUCHES-DU-RHONE Au sud du département, en viticulture, la sécheresse et les fortes chaleurs auront eu raison de la récolte puisque la baisse de rendement est estimée à 45%. Le rouge est plus touché que le blanc. Pour le maraîchage, la chaleur précoce et tardive a décalé les cultures ainsi que leur précocité. Tout s’est rejoint en même temps. Il a été difficile de bien vendre avec une météo aussi compliquée. VAR En viticulture, la sécheresse a occasionné de grosses pertes, entre 20 et 50% pour la majeure partie du département. Sur le secteur de Pourrières, 10 à 20% de récolte en moins dû uniquement à la sécheresse ; point positif  : la qualité est bonne. En grandes cultures, quelques problèmes sur les puissent servir pour comparer avec le constat de l’expert en cas de litige. Pour diminuer les dégâts, la DDTM soutient la mise en place de cages pièges et s’engage à signer autant d’arrêtés que nécessaire. Il s’avère que ce dispositif est efficace pour réduire les populations de sanglier, ce que soutient la CR13. Pour la CR13, il faudrait délimiter des zones où les battues protégeront les cultures. De plus, il faut être très réactif et être présent lorsqu’on sait que les sangliers vont être présents (les jours d’arrosage par exemple). Les tirs doivent être autorisés la nuit, car en journée, les sangliers sont cachés. Ne rien faire, c’est prendre le risque de pousser certaines personnes à se mettre dans l’illégalité. RETABLIR LE DROIT D’AFFUT Jusqu’en 1969, les agriculteurs pouvaient défendre librement leurs cultures contre les sangliers. C’est ce qu’on appelait « le droit d’affût », qui était inscrit dans le Code rural. De jour comme de nuit, tout au long de l’année, lorsqu’un sanglier était sur le point de commettre des dégâts, les agriculteurs pouvaient tirer en toute légalité et ainsi protéger leurs cultures. Le droit d’affût a été supprimé par l’article 14 de la Loi de finances de 1969 et un fonds dédié a été mis en place pour indemniser les pertes aux agriculteurs. À partir de là, les populations de sangliers ont commencé à augmenter et l’élevage et la commercialisation de sangliers ont vu le jour. 40 ans après, les sangliers sont très, et même trop, nombreux. Les chasseurs se font de plus en plus rares et les dégâts constatés sur les cultures sont chaque année plus considérables ! Dans ces cas-là, pourquoi ne pas rendre aux agriculteurs le droit d’affût ? La vocation des agriculteurs est de nourrir les hommes. Pas les sangliers… secteurs tardifs où la fin de cycle a été très compliquée et a entraîné des problèmes qualitatifs, mais cela semble globalement assez localisé. Pour les fourrages, la récolte a été moindre et de qualité moyenne. Il va manquer du foin aux éleveurs puisque l’automne sec que nous subissons les oblige à consommer déjà une partie de leur stock. Pour la partie fourrage, destiné au négoce et à la nourriture des chevaux de loisirs, des problèmes d’approvisionnement risquent d’apparaître au cours de l’hiver, car les stocks locaux et régionaux sont au plus bas. Il manque du foin dans les granges de la région et les prix s’envolent.
Supplément Coordination Rurale Gestion du loup La balade des gens (et des ministres) heureux ! Après plusieurs hésitations et annulations des réunions de travail, les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie continuent leur balade comme des gens heureux ! Alors que le monde agricole est en proie aux crocs du loup et ne sait plus comment se défendre ! La fin d’année 2017 reste sans réponse au principe de défense du troupeau. Et, personne ne semble en mesure d’apporter une quelconque réponse aux éleveurs. Pour Max Bauer, président de la CR PACA  : « La cohabitation est impossible avec ce prédateur ! la CR poursuivra son travail pour que la façon d’appréhender la présence du loup sur le territoire national soit modifiée en profondeur, et sera très vigilante à la mise sous condition des indemnisations. La Coordination Rurale souhaite notamment que la gestion du loup en France se fasse sur le même principe que dans d’autres États membres ». LES CRIS DE DESESPOIR DES AGRICULTEURS En effet, une dizaine de pays de l’Union européenne (dont l’Espagne, la Bulgarie, la Grèce et la Pologne) ont refusé de ratifier la convention de Berne et la directive Habitat dans leur intégralité. Ainsi, leurs populations ne sont pas inscrites en annexe V de la DHFF, ce qui implique une protection moins absolue, permettant ainsi une plus grande latitude pour prendre des mesures de contrôle des populations. Il ajoute  : « La CR réclame également que les territoires accordés au loup soient exempts d’activité humaine et pastorale. Il convient de prendre au sérieux les cris de désespoir des éleveurs qui ont la responsabilité de leurs troupeaux. Le Code rural leur demande de garantir le bien-être de leurs animaux, il est donc urgent de leur accorder des moyens appropriés pour le faire correctement » ! L’ESPOIR VIENT DE L’EUROPE En réalité, pour la protection du loup, l’espoir vient de l’Europe ! Après une campagne particulièrement meurtrière partout en Europe, notamment en France avec plus de 10 000 victimes, le parlement européen vient de reconnaître le préjudice causé par les loups sur le développement durable des écosystèmes et des zones rurales et notamment sur le pastoralisme. D’où la satisfaction de Max Bauer  : « La Coordination Rurale se réjouit que l’instance européenne ouvre enfin une porte pour la réévaluation de la protection du loup, et préconise ainsi une modification de la directive « habitats » qui a largement joué son rôle de conservation des espèces protégées à tel point qu’aujourd’hui certaines d’entre elles sont devenues des menaces pour d’autres espèces et les animaux d’élevage en particulier. La Coordination Rurale souhaite maintenant que le gouvernement français se saisisse de cette XXIVE CONGRÈS NATIONAL DE LA COORDINATION RURALE Jeudi décembre a partir tlr 9113.) 2017 Théâtre municipal de MENDE Und 19 opportunité et demande la modification du statut du loup afin de rejoindre la dizaine de pays ayant prévu une protection simple non absolue pour le prédateur ». Il conclut  : « Le plan loup 2018-2023 étant en cours de rédaction, il est urgent de s’engager dans cette démarche car les éleveurs ne comprendraient pas toute forme de tergiversation, tant les autorités françaises se sont cachées derrière l’Union européenne depuis la réapparition du loup ». Opération baguettes La CR livre les baguettes à l’Assemblée nationale ! Interdire la revente à perte dans le commerce mais laisser faire la vente à perte en agriculture… C’est une aberration de plus à laquelle doivent faire face les agriculteurs. Dans un contexte de crise grave et d’États généraux de l’alimentation, la Coordination Rurale a souhaité alerter les députés sur une multitude d’aberrations dont la plus évidente  : les agriculteurs ne vivent plus de leur métier… Mercredi 4 octobre, une délégation d’une cinquantaine d’agriculteurs de la Coordination Rurale a investi, dès 9h, la place Édouard Herriot, située à quelques pas seulement de l’Assemblée nationale. En quelques minutes, la baguette gonflable de 4 mètres de haut trônait au milieu de la place, proposant à la vue de tous son slogan  : « Vous (les consommateurs) la payez 1 € , on me (l’agriculteur) paie 0,03  €  » … Et il est bien là le problème  : aujourd’hui, sur une baguette de pain, le coût de revient de l’agriculteur est en moyenne de 0,05  € . Soit, une perte de 0,02  € sur chaque baguette. LE PAIN COMME EXEMPLE Malgré les apparences, cette baguette ne symbolise pas uniquement la situation des céréaliers mais bien celle de toutes les productions et de tous les agriculteurs ! Pourquoi prendre le pain comme exemple ? Tout simplement parce que c’est un symbole de la gastronomie française, une denrée qui fait notre renommée au niveau international mais qui ne permet plus à ses agriculteurs de vivre. Aujourd’hui chaque Français sait combien coûte une baguette mais si peu d’entre eux savent que celui qui produit la matière première touche moins de 350  € par mois… C’est pourquoi, les premiers Français que la Coordination Rurale a souhaité interpeller sur le sujet sont nos politiques et plus particulièrement nos députés ; ceux qui peuvent défendre des propositions de loi destinées à changer la donne ! Et pour les sensibiliser, les agriculteurs de la CR ont souhaité leur offrir une baguette à chacun  : 577 baguettes fabriquées à partir de blé payé en dessous de son coût de production. LE BILAN DE L’ACTION Plus de 55 députés, de tous bords, ont fait le déplacement et ont échangé de manière constructive avec les agriculteurs présents. Des élus conscients que la situation actuelle ne peut plus durer et visiblement très intéressés par les propositions de la Coordination Rurale – en matière d’exception agri-culturelle, de TVA sociale… – ayant pour principal objectif des prix rémunérateurs ! Une prise de conscience semble donc avoir opéré et c’est une première victoire pour la Coordination Rurale qui compte bien évidemment ne pas en rester là tant il existe d’aberrations à pointer du doigt et à solutionner. Estimant que l’agriculture française ne pourra se redresser que si des mesures fortes sont prises, la CR a adressé à l’ensemble des députés des propositions de modifications législatives et réglementaires. novembre décembre 2017 - #42



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