La Gazette du Var n°42 1er déc 2017
La Gazette du Var n°42 1er déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de 1er déc 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 47,8 Mo

  • Dans ce numéro : la nouvelle vie de Jean-Pierre Savelli.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 Supplément Coordination Rurale Portraits d’agricultrices Rencontre avec une éleveuse de chèvres et brebis Sabrina Latour, 38 ans, éleveuse de chèvres et de brebis dont la ferme se trouve à Ribiers, près de Sisteron (Hautes-Alpes). De combien d’animaux vous occupez vous ? Mon troupeau est composé de 70 brebis, 25 chèvres, 3 béliers et 1 bouc. J’élève également 50 agnelles et une dizaine de chevrettes. Je transforme toute la production de lait, que je commercialise sur des marchés. Actuellement, je suis agricultrice à Ribiers, mais cela va bientôt changer. novembre décembre 2017 - #42 IIMMBIZZIEMBUtd1 IIMIMMMIZINIMBB g.11.1111111 1 ».1131 C’est-à-dire ? J’ai débuté mon activité en janvier 2017 et je suis actuellement pré-installée. Mon parcours a été assez compliqué. Je dirais même semé d’embûches ! C’est une reconversion professionnelle  : j’étais conseillère financière au Crédit agricole mais je souhaitais m’installer en agriculture. J’avais débuté les démarches pour l’installation  : PAI, stage 21h, PPP et je devais réaliser un stage en exploitation de trois mois. En octobre 2016, une opportunité s’est présentée car une exploitation se libérait à Ribiers. Bâtiment, fromagerie, 20 hectares de terres… Bref, exactement ce que je recherchais. Il fallait une installation rapide, au premier janvier, d’autant qu’au même moment, j’avais trouvé le troupeau de brebis que je recherchais et qui n’allait pas tarder à m’être remis. Mais j’étais en poste jusqu’au 31 décembre 2016. Il m’était donc impossible de faire coïncider trois mois de stage et l’installation. Après de longues discussions avec la chambre d’agriculture et un changement de conseiller, nous avons trouvé une solution  : réaliser une pré-installation au 1er janvier et ramener le stage de 3 à 1 mois, afin que je puisse le réaliser en basse saison. Et à partir de là, tout a roulé ? Pas tout à fait ! J’ai réalisé ce stage, mais en mars, j’ai perdu ma mère et j’ai omis d’envoyer en temps et en heure l’attestation au CFPPA de Gap. J’ai cru un temps que ce retard allait invalider mon stage, ce qui m’aurait valu l’obligation de refaire un stage cet été, ce qui aurait été tout simplement impossible. La chambre d’agriculture a heureusement été compréhensive et validé le PPP, afin de permettre mon passage en commission le 22 juin dernier. Mais j’ai dû faire face à un second problème  : mon propriétaire a décidé de vendre les terres et bâtiments que j’occupe, et comme il demande un prix bien trop élevé, je n’ai eu pas d’autre choix que de quitter l’exploitation au 1er octobre. Si j’avais été mise au courant plus tôt, je n’aurais pas précipité une installation, c’est certain. Je pourrais aussi entamer une procédure dans la mesure où je dispose d’un bail, même s’il n’est que verbal. Mais je ne veux pas de ça. J’ai donc revu le projet et élaboré un nouveau PDE. J’ai monté un dossier PCAE. Je repars m’installer sur la commune de Ribeyret, où se trouve ma maison et quatre hectares que je possède, avec un projet moins coûteux. J’ai en projet la construction d’une petite fromagerie à côté de notre lieu d’habitation, et les animaux seront logés dans des serres d’élevage. Quelles seront les incidences de cette nouvelle implantation sur la commercialisation ? Pour des raisons administratives (obtention d’une norme spécifique pour une commercialisation à plus de 80 kilomètres du lieu de production), j’ai retardé le projet de commercialisation auprès d’affineurs. Je pense que c’est plus raisonnable en début d’activité. J’ai débuté la commercialisation de l’intégralité de ma production sur des marchés de producteurs. Je travaille avec mon compagnon et nous avons décidé de nous concentrer sur les marchés de soirée, qui se déroulent chez nous de 16h à 20h, plutôt que sur les marchés hebdomadaires qui ont lieu le matin. Ils ont aussi l’avantage d’être plus étalés sur la saison. Je ne peux pas me permettre de tout miser sur deux mois de ventes ! Cela nous permet de nous occuper de la traite et de la transformation le matin, pour ensuite partir vendre nos fromages. Nous avons déjà une bonne clientèle, surtout sur nos marchés des Hautes-Alpes et du Vaucluse. Dans notre département, cela marche moins bien, peut-être parce que ce que nous produisons est plus facilement accessible en vente à la ferme. Et votre intégration dans le milieu agricole ? Même si je ne suis pas issue du milieu agricole, elle s’est plutôt bien passée à Ribiers, notamment avec nos voisins à qui nous achetons du foin. Sur Ribeyret, cela risque d’être plus compliqué. C’est un secteur où les agriculteurs ont besoin de davantage de terres car ils font un élevage orienté viande. L’accès au foncier y est beaucoup plus compliqué que dans la Drôme ou le Vaucluse. Comment vous êtes-vous rapprochée de la CR ? C’était pendant mes démarches d’installation. J’avais besoin d’un soutien, et le président de la CR05 a répondu à mes demandes. Aujourd’hui, je me consacre entièrement à la réalisation de mon projet. Heureusement que je reste motivée, sinon avec toutes les épreuves traversées et sans le soutien de la CR05, il y a un moment que j’aurais laissé tomber… Rencontre avec une éleveuse de chevaux et de poneys de sport Vice-présidente de la Coordination Rurale du Var, présidente du SEMIME PACA, syndicat d’éleveur de chevaux, juge nationale selles français, anglo-arabe et poneys, Isabelle Durnerin-Degouve est éleveuse de chevaux et de poneys de sport et d’ânes de Provence à Puget-sur-Argens. Comment êtes-vous devenue agricultrice ? Je suis devenue éleveuse par passion. J’ai pris la suite de mon compagnon qui était éleveur d’ânes à titre secondaire. Il m’a offert notre première poulinière, une jument Camargue, qui nous a donné 10 poulains. La demande étant importante, je me suis lancée dans l’élevage de poneys de sport avec deux juments issues d’une jument de CSO junior. Depuis 1993, nous avons fait naître plus de 50 poulains en chevaux et poneys de sport et à peu près autant en ânes de Provence. En parallèle, j’ai monté une pension de chevaux dans des bâtiments prêtés par mon compagnon. Ces pensions servent à la bonne conduite de l’élevage et les clients des écuries ont pour beaucoup acheté des produits. J’ai également reçu beaucoup d’aide des haras nationaux d’Uzès pour m’orienter vers de bons étalons. J’ai augmenté petit à petit le nombre de poulinières (6 ou 8 selon les années) avec en moyenne 5 naissances par an. J’ai connu des périodes florissantes, lorsque la conjoncture était propice au développement de la filière équine. Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Il y en a eu plusieurs et notamment les moyens financiers des éventuels acheteurs qui ont diminué ou la multiplication de petites structures à moitié sauvages n’ayant ni charges ni TVA. Sans compter l’augmentation de la TVA, des aliments et des fourrages. Il faut aussi évoquer les charges salariales qui ne permettent plus de rémunérer un salarié en CDI. En outre, être seule et n’avoir personne à qui parler le soir, est vraiment difficile. Ainsi, j’ai vécu une année 2016 difficile et 2017 l’était encore plus. Je rencontre de grandes difficultés à faire valoir la qualité de ce que nous produisons. La qualité a un coût que l’on n’arrive plus à faire reconnaître. Du coup, je vends à l’étranger mais tout en restant sur des prix, plus faibles que le prix réel, mais puisqu’il n’y a pas de TVA, c’est toujours plus intéressant que de vendre en France ! Enfin, l’équarrissage est devenu payant alors qu’avant c’était un service gratuit pour les élevages. Élever ses chevaux jusqu’au bout à un coût. Quels sont vos projets pour la suite ? J’aimerais bien monter une structure d’insémination sur place. Depuis la fermeture de l’étalonnage publique, dans le secteur Var-Est, nous avons beaucoup de kilomètres à parcourir pour faire inséminer nos juments. En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés particulières dans l’univers agricole ? Je n’ai pas eu de problème en tant que femme, j’ai une bonne réputation et je suis prise au sérieux. Selon vous, quel est l’intérêt de s’engager à la CR ? Qu’est-ce que cela vous apporte personnellement et qu’est-ce que la CR peut apporter aux agricultrices et agriculteurs ? J’étais anti-syndicats avant de connaître la CR. Jusqu’alors, je percevais les syndicats comme des piquets de grève et anti-progrès ou avancements. Un jour, le président de la filière équine PACA, invité à l’Assemblée Générale de la CR83, m’a demandé de m’y rendre à sa place. J’y suis allée et j’ai été conquise par le bon sens des intervenants et la chaleur humaine qui se dégageait. La CR redonne confiance en soi. D’autres professionnels équins ont connu des moments difficiles et la CR a cherché à les défendre. Il ne faut pas craindre de parler, une solution peut toujours être trouvée.
Supplément Coordination Rurale Debriefing de l’action #balancetonPORT ! La CR dénonce les importations de soja OGM Venus de Bretagne, Pays de la Loire, Centre, Nouvelle Aquitaine, Hauts-de- France, voire du Grand Est, ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement, mardi 21 novembre, pour défendre leur profession. Dans le viseur de la CR  : Les importations massives de soja OGM qui, en plus de ruiner les agriculteurs européens, sont en totale contradiction avec les règles qui nous sont imposées (la culture OGM étant interdite en France). Pourtant, la Commission européenne ferme les yeux sur ces importations et n’a jusqu’à maintenant jamais osé prendre de décision ferme et proposer une alternative sérieuse… ESCALE N°1 AU PORT DE LORIENT Dès 7h30, près de 300 agriculteurs faisaient le pied de grue devant les grilles du port de Lorient. Visiblement au courant de cette action, le port avait pris ses dispositions pour verrouiller les différentes entrées. Après avoir négocié et essuyé plusieurs refus pour y pénétrer pacifiquement, la CR a finalement décidé de forcer le passage. Une fois à l’intérieur, nouveau barrage  : impossible de procéder à un prélèvement ! Loin d’être découragés par plusieurs heures de négociations infructueuses, les agriculteurs ont forcé les choses en procédant, sous contrôle d’huissier, à un prélèvement de soja. Alors que la Coordination Rurale met un point d’honneur à mener des actions pacifiques, elle n’a pas eu d’autre choix que de hausser le ton. « Nous sommes des agriculteurs responsables, nous ne sommes pas venus ici pour voler du soja ! Nous avons essayé de faire les choses dans les règles en expliquant nos motivations à la direction du port, mais sans résultat. Il était hors de question de repartir les mains dans les poches ! Nous voulons dénoncer ces importations massives qui ne respectent pas nos propres règles de production et qui nous font crever », s’insurge Bernard Lannes, président national de la CR. ESCALE N°2 A MONTOIR SAINT NAZAIRE L’action s’est poursuivie au port de Montoir (Loire-Atlantique) où, là encore, les militants de la CR étaient également attendus. En effet, une centaine de dockers étaient présents pour bloquer l’accès au port. Seule une petite délégation a pu pénétrer dans l’enceinte pour récupérer des bordereaux de livraison attestant que la marchandise était bien du soja OGM. A tour de rôle, des responsables de la CR, dont Bernard Lannes, ont pris la parole pour appeler à « interpeller une nouvelle fois les politiques sur ces aberrations qui détruisent notre agriculture » et à « exiger une exception agri-culturelle pour protéger ce secteur économique clé ». Vendanges 2017 Une baisse de rendements notoire Le gel et la sécheresse ont fortement impacté les vignobles de la Provence- Alpes-Côte d’Azur. D’une façon générale, les vignerons observent une baisse des rendements, quel que soit le secteur géographique. DANS LE SUD DES BOUCHES-DU-RHONE La sécheresse et les fortes chaleurs auront eu raison de la récolte puisque la baisse de rendements est estimée à 45%. Le rouge est plus touché que le blanc. DANS LE VAR Le gel a été très important cette année dans le secteur Saint-Maximin, Brignoles, Carces, Montfort, Cotignac, etc. Dans l’ensemble du Var, la récolte est inférieure de 20 à 70% suivant les secteurs. Près de Brignoles, moins 70%, uniquement en raison des épisodes de gel. La sécheresse a occasionné de grosses pertes, entre 20 et 50% pour la majeure partie du département. Seule une partie de la Sainte-Victoire a bien résisté. Sur le secteur de Pourcieux, la récolte est similaire à celle de 2016 (quantité correcte et belle qualité). Enfin sur le secteur de Pourrières, on constate 10 à 20% de récolte en moins dû uniquement à la sécheresse mais la qualité est bonne. DANS LE VAUCLUSE Pour les vignobles Côtes du Rhône Centre, la baisse de rendement est de 30 à 50% mais la qualité est excellente. Pour l’ensemble des trois terroirs Vallée du Rhône, Ventoux, Luberon, les rendements sont de 17 STOP AU SOJA OGM ! Grâce aux analyses qui menées sur les prélèvements de soja effectués, la Coordination Rurale entend prouver qu’il s’agit de soja OGM…Mais pas seulement ! « Nous voulons montrer la vérité sur ce que les consommateurs retrouvent dans leurs assiettes. En France, nous ne traitons pas les cultures au glyphosate, nous traitons seulement les mauvaises herbes, ce qui n’est pas le cas du Brésil, d’où provient une partie du soja importé », reprend Bernard Lannes. Nicolas Jaquet, président de l’OPG, poursuit  : « Alors que l’on projette d’interdire aux agriculteurs européens l’utilisation du glyphosate entre 2 cultures, donc sans risque de résidu dans les récoltes, le soja importé est pulvérisé 2 à 3 fois en végétation avec du ROUNDUP (nom commercial), car les variétés OGM sont résistantes à cet herbicide. Et, si cela expliquait l’origine des résidus décelés sur des graines ingérées chez nous ». Enfin, le 27 novembre, l’Union européenne devait se prononcer sur l’avenir de cet herbicide. Dans l’hypothèse où il serait interdit en Europe, la Coordination Rurale se battra pour que toutes les importations de soja, maïs, colza et coton OGM (utilisé pour produire des gazes stériles, des tampons hygiéniques…) soient interdites et pour qu’une alternative aussi efficace et peu coûteuse soit proposée aux agriculteurs ! Hors de question d’accepter une nouvelle distorsion de concurrence ; hors de question de devenir une nouvelle fois la vache à lait des industriels ! moins 40% avec des taux de degré inférieurs, surtout en grenache. Les variétés clairette n’ont pas subi le phénomène de la coulure mais les degrés sont également inférieurs. Contrairement à l’année dernière, aucun phénomène de pourriture n’est à déplorer. Coordination Rurale des Hautes-Alpes Le Village - 05150 RIBEYRET 04 67 47 52 30 Mail  : paca@coordinationrurale.fr Site  : www.crprovence.fr novembre décembre 2017 - #42



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