La Gazette du Var n°36 1er sep 2017
La Gazette du Var n°36 1er sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de 1er sep 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 53,8 Mo

  • Dans ce numéro : la grande plaisance est en péril.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 Post - Incendies septembre 2017 - #36 Exclusif Jean-Luc Videlaine, préfet  : « Pas de souplesse mais plutôt une vision globale » À la suite de l’incendie qui a touché la commune de Bormes-les-Mimosas, Jean-Louis Masson a obtenu une réunion avec le Préfet du Var. Aussi, Jean-Luc Videlaine décrypte, pour La Gazette du Var, les principaux points évoqués avec les élus, les responsables institutionnels et administratifs et les propriétaires des domaines viticoles. Les premières décisions, attendues par les élus, devraient être effectives d’ici à fin décembre 2017. UN ORDRE DU JOUR CHARGE Gestion de la crise, fonds de péréquation, parefeu naturels, point par point, Jean-Luc Videlaine revient sur l’ordre du jour de cette réunion exceptionnelle, s’expliquant sur la genèse de cette réunion  : « J’ai reçu une lettre du député Jean- Louis Masson. Il est intervenu auprès de moi après avoir, lui-même, effectué une visite sur le terrain, début août, au cours de laquelle il a rencontré des viticulteurs impactés par l’incendie et les maires des deux communes concernées ainsi que le président de la Chambre d’Agriculture du Var. J’ai aussitôt donné mon accord pour l’organisation d’une réunion qui a été programmée le jeudi 24 août dans mon bureau ». LA GESTION DE LA CRISE « Comme pour beaucoup de crises, l’après-crise est souvent plus délicat que la crise elle-même. J’estime que la crise a été plutôt bien gérée. Ce n’est pas de l’autosatisfaction puisque l’essentiel de la crise a été gérée par les communes de La Londe et Bormes. J’ai constaté un sang-froid et un savoir-faire des maires. Ainsi, ce sont les deux maires qui ont géré les évacuations des 12 000 personnes. Dans un cas comme celui-ci, le maire se retrouve en première ligne, notamment dans le cadre du Plan Communale de Sauvegarde (PCS). Visiblement, les deux élus étaient habitués, sans doute après leur expérience des inondations. L’après-crise, c’est maintenant ». LE FONDS DE PEREQUATION EN QUESTION « Jean-Louis Masson, en tant que député du Var, s’est fait l’écho des demandes de MM. François de Canson et François Arizzi, respectivement maires de La Londe-les-Maures et de Bormes-les-Mimosas, élus qui participaient également à cette réunion. Elle concernait la révision des règles de fonctionnement du fonds de péréquation. (NB  : Ce fonds permet aux communes dites riches d’apporter leur aide aux communes dites pauvres). Même si une évolution du système est toujours possible, elle suppose une évolution législative. Pour 2018, le système est déjà en route et ne peut être modifié. A mon avis, techniquement, une modification des règles me semble compliquée ». LA QUESTION DES PARE FEUX NATURELS « La question qui se pose c’est  : que peut-on faire pour éviter qu’une telle crise ne se reproduise ? Cela peut être de créer des pare-feu naturels à partir de la plantation de vignes ou d’oliviers. L’État a l’obligation d’explorer cette piste. Sur un plan technique, cela ne va pas être simple. Car, l’expansion de la vigne ne pourra se faire que sur des terrains favorables. C’est pourquoi, j’ai programmé une réunion, d’ici fin septembre, avec les sapeurs-pompiers et la DDTM, pour identifier les endroits où de telles plantations seraient possibles. Les endroits où il serait géologiquement possible et économique rentable de le faire. Mais, si ces plantations ne devront pas avoir pour vocation d’augmenter la rentabilité des exploitations et ne devront être destinées qu’à un simple rôle de pare feu. Si tel est le cas, cela simplifiera l’acceptation du dossier ». UNE VISION INTERCOMMUNALE « J’ai insisté pour les propositions soient mises en œuvre dans une démarche globale et intercommunale. Pour convaincre la commissions des sites, cela serait plus pertinent. J’espère que l’extension de la vigne ne soit pas un prétexte à une nouvelle urbanisation des communes concernées. Je sais que le Var est confronté à une hausse de sa démographie. Mais, l’État est également là pour protéger les sites naturels. On en peut pas faire n’importe quoi avec l’utilisation des sols ». PAS DE SOUPLESSE Mais, pas question pour le Préfet de faire preuve de souplesse dans ce dossier des incendies  : « La souplesse sous-entend que l’on s’arrange. Il n’en est pas question. Je n’ai pas le droit de faire preuve de souplesse. Mais, je suis prêt à regarder le dossier avec une vision globale, en fonction des procédures en vigueur ». Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR Solidarité avec les sinistrés François de Canson  : « On ne vous laissera jamais tomber » ! À la suite de l’incendie de fin juillet, François de Canson a lancé une opération de solidarité, en concertation avec les responsables de Château Léoube. Au total, une somme de 12 000 € a été récoltée. C’était un moment chargé d’une très grande émotion qui a réuni les deux familles londaises touchées par l’incendie et les généreux donateurs (propriétaires de campings, élus de la ville et Château Léoube). Autour de Jérôme Massolini, de Marion Manent et de Stéphane Pomares, gardien du port de la Reine Jeanne, une vingtaine de personnes était réunie pour témoigner son soutien. TOUTE UNE VIE DETRUITE François de Canson n’a pas manqué de rappeler que La Londe est une ville qui a du cœur. S’adressant à Jérôme Massolini, il a insisté  : « Jérôme, c’est toute ta vie qui a été détruite ! Tes amis sont venus spontanément t’apporter leur aide. Ils ont tous répondu présents ! Tous t’aiment beaucoup car ils savent que tu donnes toujours le maximum de toi ». Le maire a ajouté  : « On sera à tes côtés pour la reconstruction de ton outil de travail. Le 4 septembre, nous avons une première réunion avec la DDTM. On va vous défendre. On t’aidera à reconstruire. Bravo pour ton courage » ! Jérôme Massolini a répondu  : « Sans ce soutien, on aurait déjà baisser les bras ! Je remercie tous ceux qui m’ont apporté leur soutien et qui m’ont donné envie de continuer à me battre ». AIDER NOS AMIS SINISTRES EST UN DEVOIR ! Pour Virginie Dubille, qui représentait Château Léoube  : « Ce geste de solidarité nous semble parfaitement naturel car, sans solidarité, il n’y a pas de performances durables ni honorables. Parce qu’il n’y a pas de petit geste et qu’aider nos voisins sinistrés est non seulement une évidence mais un devoir ! Merci à Jérôme, Marion et Stéphane pour la belle leçon de courage qu’ils nous donnent au quotidien ». Le mot de la fin et de l’espoir est revenu à François de Canson  : « Jérôme, lors de ces terribles événements, je t’ai vu verser des larmes. Et cela ne me plaît pas de te voir pleurer ! Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est un petit geste. Mais, saches qu’on ne vous laissera jamais tomber ! J’espère que l’an prochain, on pourra inaugurer l’entreprise de Jérôme ». Gilles Carvoyeur LES DONATEURS CAMPING DU PANSARD CAMPING LES MOULIERES CAMPING LA BRULADE CAMPING LA PASCALINETTE CAMPING VAL ROSE CHATEAU LEOUBE
..-519N EIR r Expert en solution Hygiène Retrouvez-nous le 22 septembre 2017 au salon des Maires de Mandelieu CLUB PME WWF Certification NELIS SCUTENONS NuerinemenNle LE PACTE NONNINL Post - Incendies 29 François Arizzi  : « Bormes a bien géré cette nouvelle catastrophe naturelle » Après les inondations de 2014 et 2015, puis le terrible incendie de fin juillet, François Arizzi, le maire de Bormes-les-Mimosas, n’a pas été épargné par les événements depuis qu’il est à la tête de la commune. Son sang-froid et son professionnalisme lui ont permis de réagir, avec beaucoup de sérénité, à cette nouvelle crise. Au terme de cette troisième crise d’importance, François Arizzi en tire une expérience qui viendra s’ajouter à l’expérience déjà acquise lors des précédents événements. « J’ai apprécié la solidarité naturelle des habitants envers les touristes. Des améliorations sont toujours possibles et, lors de nos débriefings, nous avons tenu compte des remarques qui nous ont été faites. Ceci dit, il y a souvent un décalage entre le ressenti des gens, qui ont une vision partielle de la situation, et la situation globale que j’ai vécu à la direction de la cellule de crise ». Ainsi, tenant compte de cet épisode qui a touché la commune fin juillet, sa première décision a été de geler le PLU. REVISION IMMEDIATE DU PLU Le premier magistrat explique cette prise de position  : « J’ai décidé de retravailler, avec les services de l’État et la préfecture, le dossier du PLU, avant de le présenter en conseil municipal. Cela va nous permettre de voir ce qu’il n’est plus possible de faire et d’axer le document du PLU sur les zones agricoles. Dans mon esprit, il s’agit de voir comment étendre les zones agricoles, en plantant de la vigne et de l’olivier, pour protéger les biens et les personnes. C’est un dossier que nous mènerons, au cas par cas, et les modifications ne se feront qu’à la marge. Il s’agit de conduire ce dossier dans l’intérêt général tout en demandant aux viticulteurs de nous faire leurs propositions ». Pour l’élu local, « Il s’agit d’éviter la propagation du feu en évitant qu’il n’atteigne les zones urbanisées ». Afin de finaliser ce nouveau PLU, le maire se donne de 8 à 10 mois de travail complémentaire pour intégrer ces nouveaux éléments. Le maire se félicite  : « J’ai le sentiment que les services de l’État sont prêts à jouer le jeu, à condition, bien sûr, d’avoir des arguments à leur présenter ». OBLIGATION DE DEBROUSSAILLEMENT Reconsidérer le PLU est l’une des premières mesures qui entrera en vigueur. Mais, ce n’est pas la seule leçon que le maire de Bormes-les-Mimosas souhaite tirer. Il évoque également le cas du débroussaillement dans la zone des 100 mètres autour des habitations. « Beaucoup d’habitants ne savent pas quelles sont leurs obligations en matière de débroussaillement. A Bormes, nous le faisons dans le cadre du PRIF (plan de prévention des risques incendies de forêts). Même si le terrain est non constructible ou qu’il ne leur appartient pas, les riverains doivent prendre en charge le débroussaillement dans un périmètre de 100 mètres autour de leur propriété ». Le maire avance une solution  : « créer une déduction fiscale pour inciter les propriétaires à débroussailler. La ville passe son temps à contrôler la réalité du travail effectué, en rappelant constamment les règles. Mais, souvent, ce sont ceux qui doivent le réaliser qui n’ont pas les moyens financiers de le faire. Il faut donc trouver un moyen d’alléger cette charge financière ». FONDS DE PEREQUATION A REVOIR Autre point que François Arizzi souhaite aborder avec les plus hautes autorités de l’État  : la question du fond de péréquation pour lequel les communes dites « riches » versent de l’argent à un fond censé les redistribuer à des communes dites « pauvres ». « En 2017, la commune a versé 250 000 € contre 80 000 € en 2014, année des inondations. Multiplier notre cotisation par plus de 3 alors que notre commune est frappée par les catastrophes naturelles n’est pas le meilleur moyen de nous aider. J’ai écrit au 1er Ministre et au Ministre de l’Intérieur pour que l’État revoit les règles de ce fonds. Mais, franchement, je ne crois pas que cette procédure puisse aboutir rapidement car c’est, avant tout, une question législative. Il faut revoir la loi ». La population locale s’interroge également sur la mise en œuvre des secours au moment du début de l’incendie qui a démarré sur une parcelle, située à Londe-les-Maures. Puis, il s’est propagé à la commune de Bormes-les-Mimosas. Pour François Arizzi, « plutôt de polémiquer sur la mise en œuvre des moyens de secours, la bonne question est de savoir comment le feu a démarré » ? Car, à ses yeux, la gestion de la crise a été parfaitement maîtrisée par les différents commandants des sapeurs-pompiers. Il note, également, le bon fonctionnement des services municipaux  : « J’ai pu, tout au long de cette crise, m’appuyer sur des équipes solides notamment celles qui ont travaillé en lien avec le Plan Communal de Sauvegarde, employés ou élus municipaux. J’ai noté également le profond engagement des équipes installées dans les différents centres d’accueil des sinistrés qu’il s’agisse des employés communaux ou des élus de mon équipe. Partout, j’ai noté une solidarité enrichissante ». CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTALES Ce qui est le plus important à ses yeux, en tant que premier magistrat de la commune, ce sont les conséquences économiques immédiates ou environnementales qui vont toucher la ville. « Par chance, nous avons connu une fin de saison touristique de bonne tenue, même si le mois de juillet a été plus calme que les années précédentes. Le déclenchement de l’incendie n’a pas eu de conséquences importantes sur l’activité touristique de la ville. Maintenant, il faut penser à la reconstruction économique et environnementale, notamment en aidant l’entreprise qui a été dévastée par l’incendie, à la suite de l’explosion des bonbonnes de gaz ainsi que les viticulteurs qui ont été directement impactés. Le propriétaire du caravaning se bat déjà avec les assurances pour obtenir ses indemnisations ! Il faut penser également aux conséquences sur l’environnement. La ville va piloter une mission d’évaluation des dégâts en liaison avec le Conseil Régional, le Conseil Départemental, l’Intercommunalité Méditerranée Porte des Maures, le Parc National de Port-Cros, l’ONF, le syndicat mixte des Maures et les associations de génie écologique ». Mais le maire prévient  : « Si d’ici la fin de l’année, l’État n’autorise aucun travaux, après il sera trop tard » ! Propos recueillis par Gilles Carvoyeur SAL Eânon N des MAIRES, des ELUS LOCAUX et des W DECIDEURS PUBLICS * des ALPES-MARITIMES septembre 2017 - #36



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