La Gazette du Var n°34 1er aoû 2017
La Gazette du Var n°34 1er aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de 1er aoû 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 56,8 Mo

  • Dans ce numéro : succès de la 3e édition du jazz zen et convivial à la Farlède.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Qu’elle fut la conduite de la Gendarmerie pendant cette période. Son rôle fût parfois très décrié. Pourtant, malgré les risques encourus, de nombreux gendarmes s’engagèrent très activement dans la résistance. Libération de la Provence août 2017 - #34 De nombreux gendarmes engagés dans la résistance.bt. luoutimp k, V P himatomuut Le lieutenant-colonel de Gendarmerie (ER) François Hyvernat, ancien adjoint du commandant de groupement du Var, a mené un travail de recherche précis sur le rôle joué par la gendarmerie du Var et a publié une très instructive plaquette. Puis, ce travail a été repris l’ACSPMG (Association des Collectionneurs pour la Sauvegarde du Patrimoine, de la Maréchaussée à la Gendarmerie) et présenté lors d’expositions, en partenariat des associations patriotiques et mémorielles, telles que le Souvenir Français, l’UNPRG... RENCONTRE AVEC LE LIEUTENANT-COLONEL (ER) HYVERNAT. Comment vous est venue l’idée de réaliser cette plaquette ? François Hyvernat. Très simplement, à l’occasion du 60ème anniversaire du débarquement, le colonel Pons, commandant le groupement de gendarmerie du Var, m’a demandé si je pouvais m’intéresser à l’action de la gendarmerie lors de ces événements, notre institution ayant parfois été décriée lors de cette période trouble de la seconde guerre mondiale. Qu’elles ont été les orientations de vos recherches ? FH. J’ai voulu faire un fascicule, court et illustré, pour une meilleure diffusion. Ensuite, je me suis tourné vers le service historique de la gendarmerie, à Vincennes, qui m’a bien aidé dans ce travail. Puis, j’ai glané le plus possible de renseignements dans les brigades de gendarmerie du Var. Enfin, Ils étaient sélectionnés au fil d’entraînements surhumains, triés sur le volet pour des aptitudes physiques, techniques et mentales de premier ordre... Ces hommes étaient violents et impulsifs, mais surtout sportifs de haut niveau, disciplinés jusqu’à savoir mourir sans se plaindre, pour ne pas risquer de faire échouer l’opération en cours. Ainsi, ils étaient aussi rompus à toutes les techniques d’infiltration, au combat rapproché, comme spécialisés dans la neutralisation silencieuse des sentinelles. j’ai été aidé par Dominique Logiacco, ancien président de l’ANCVR (association nationale des combattants volontaires de la résistance) pour le Var, que je remercie vivement. Il est décédé récemment. Il s’agissait de découvrir comment les unités, territoriales ou mobiles, de la gendarmerie du Var avaient réagi face aux bouleversements entraînés par le débarquement des alliés en Provence. Avez-vous pu rencontrer des gendarmes en poste à cette époque ? FH. Les gendarmes ayant participé à ces événements sont devenus rares et n’habitent pas forcément dans le Var. Malgré tout, j’ai réussi à en rencontrer deux et à voir la famille d’un troisième décédé. J’ai aussi eu la chance d’avoir des contacts avec Pierre Favre, ancien journaliste à Var-Matin, qui a écrit la biographie de son père qui commandait la gendarmerie du Var en 1944. Ce livre (« Histoire d’un militaire peu ordinaire », éditions L’Harmattan) est d’une grande richesse historique. Avez-vous quelques anecdotes à nous raconter ? FH. Il me vient à l’esprit NOTICE Pour être valable Cette carte don porter ne timbre de Cautorie qui Pa délle. et les pqnctures requises. de nu doe être ni raturée. ni Le titulaire doit rendre se tete qu'A cone tvere en fonce.. - en cas de perte.. avertir.. da : sa supérieur ber... sous'C.clIC:' « e'seertrre. — toutesn fa que cela tera Pétersa. les mes césarv. à et elf ec en ces tle changement d. résideece.. Le veld/té. la carte et la.,m... En cas de perce. elle sten remplacée par une reuvelle tee qul portera la mention DUPLICATA. 700 hommes triés sur le volet IMPROVISATION ET ADAPTATION Ces combattants étaient également instruits au maniement de tous types d’armes. Et, constants dans l’effort et toujours aussi impitoyables à tuer qu’ils se montrent touchants, lorsqu’ils recueillent le dernier souffle du compagnon tombé à leur côté. Ces hommes étaient capables de prendre tous les risques. De tous les dévouements. Disciplinés…jusque dans l’indiscipline. Pour des missions qui exigent l’improvisation et l’adaptation de chaque instant. Car à la guerre, « rien de ce qui est préparé, n’arrive » ! Alors oui, soldats extraordinaires. Qui défilent derrière leur mascotte… cet impressionnant bouc, dont les exploits affectifs les amusent tant ! Cette unité de choc décrite dans les « Démons de l’Aube » n’a qu’une seule devise qui en résume la détermination  : « Sans pitié ». PRENEURS DE FORTERESSES Ces preneurs de forteresses et de postes, ces troupes d’infiltration, sont experts en close-combat, en maniement d’explosifs, en sabotage, en parachutisme, en alpinisme comme en opération amphibies. Ils excellent en toutes disciplines, grâce à un sens inné de la ruse, à l’usage de la souplesse, qu’ils savent allier à la brutalité, à l’intelligence et à la débrouille. Ces hommes, ce sont ceux-là même qui aujourd’hui présentent l’apparence de paisibles retraités. deux anecdotes, mais pas directement sur la libération du Var. L’un des gendarmes rencontrés et, qui était en brigade dans le Var en 1944, m’a raconté son vécu  : Fait prisonnier dans les Vosges en 1940, il s’évada du stalag où il avait été envoyé en 1941 et s’engagea dans la gendarmerie. Sa brigade passa, avec armes et bagages, dans le maquis, après avoir longuement hésité. Les résistants eux-mêmes expliquaient que les gendarmes étaient plus utiles dans leur unité qu’au maquis ! Propos recueillis par Nicolas Tudort'ÉTAT FRANÇAIS LE CHF E DU GOUVERNEMENT LA/SSEZ PASSER ET CIRCULER LIBREMENT L E TITULAIRE DE LA PRÉSENTE CARTE Ne vous y fiez pas, ils sont capables de se diriger de nuit en terrain hostile, sans appui arrière ni communication, de se fondre dans le paysage, de tirer avec la précision d’un tireur d’élite. Ils n’ont qu’une seule tactique  : rechercher les trous dans les défenses ennemies, exploiter le moindre défaut dans la cuirasse, frapper vite et fort, à l’endroit le plus improbable, par surprise et infliger le maximum de pertes à l’ennemi. Car ils ne font de prisonniers que lorsqu’il leur faut trouver du renseignement. Sinon, ils neutralisent. Ils tuent. Claude Gritti
MERCREDI11°,.6 AOÛT de PIERREFEU-OU-VAR rézérnante pat zteree I Hôtel de ville - place urbain sénés 83390 Pierrefeu-du-Var Tél  : 04.94.13.53.13 - mairie@pierrefeu-du-var.fr - www.pierrefeu-du-var.fr Libération de la Provence 19 Le rôle actif de la gendarmerie du Var dans le Débarquement Une majorité de gendarmes soutenait et protégeait la résistance, d’une manière souvent discrète pour leurrer l’occupant. Parfois, les gendarmes ont même organisé et encadré la résistance ! Dans le Var, la compagnie de gendarmerie était forte de près de 500 hommes, effectif gonflé par l’enrôlement de nombreux jeunes qui évitaient ainsi le STO (Service travail Obligatoire). Dans les heures qui suivent le débarquement, des gendarmes sont tués, d’autres blessés lors des combats contre l’occupant. Le 2 juin. Alors que les 6 gendarmes de la brigade de Collobrières, ainsi que le maire de la commune, sont emprisonnés depuis 5 mois par la Gestapo aux Baumettes à Marseille, le commandant de légion réussi à les faire relâcher. Le 8 juin. Deux jours après le débarquement de Normandie, le commandement de la gendarmerie reçoit l’ordre du gouvernement de regrouper les brigades en chef-lieux de section. Beaucoup de gendarmes en profitent pour rejoindre le maquis. Dans le Var, ils sont une soixantaine environ. Le 6 août. Le gendarme Focard, de la brigade de Toulon, est tué au cours d’un bombardement aérien. Le 15 août. La caserne de gendarmerie de Toulon est perquisitionnée par les allemands. Le lendemain, un groupe de résistant s’y installe. Les gendarmes Graziani, Baron et Guilmeau prennent part à des opérations avec des unités de chars (5ème chasseurs) qu’ils guident au cours d’attaques de positions allemandes. Le 17 août. Une voiture de la gendarmerie de la section de Fréjus est récupérée. Dans la soirée, le commandant de la section, avec quelques gendarmes sûrs, et malgré la présence des occupants sur la place de la gendarmerie, libère les 8 prisonniers politiques, otages des allemands. Pour réussir cette mission, les gendarmes brisent les serrures des cellules. Des leur sortie, ces personnes ont peur et ne veulent plus quitter la gendarmerie. L’officier et les gendarmes présents se donnent pour mission de sauvegarder leur vie. NOTICE Peur être valable Cette carte doit porter le timbre de l'autorité qui l'a délivrée et les signatures requises. Elle nedoit etre ni raturée, ni surchargé a. titkdoire doit — randre sa carte dès qu'Il cesse cl'ét, en fonctions. — en cas de perte, en avertirsans délai son supérieur hiérarchique sous peine d'être rendu responsable des conséquences de cette perte. — compléter, toutes les fols que cela sera nécessaire, les cases réservées à cet effet en cas de changement de résidence. ZR La validité de la carte est indéterminée. En cas de perte. elle sera remplacée par une nouvelle carte qui portera la mention DUPLICATA. sure. C11.11...1./V10X1.6 er sic, 91.9171. — ta.00me. Le 19 août. Vers 6 heures, le commandant de la section envoie un gendarme en reconnaissance, lequel revient avec les premières patrouilles américaines qui, à sa suite, pénètrent dans la rue principale de Brignoles. Des 7 heures, la gendarmerie maintient l’ordre dans la ville, garde les dépôts et matériels, empêche le pillage. À Fréjus, le lieutenant Beauvie, chef de section, est mis en garde à vue par les allemands car ces derniers ne trouvent plus d’essence dans la caserne ! Comme partout, les gendarmes se voient confisquer leurs armes (sauf un pistolet par militaire) et leurs véhicules. Ils reçoivent pour ordre d’éviter à tout prix d’être faits prisonniers par les allemands qui ne leur font pas confiance. ëiMl i'eeANÇALS _E CHEF DU GOUVERNIIENT GENDARMERIE LAISSEZ PASSER ET CIRCULER LIBREMENT EN TOUTES CIRCONSTANCES LE TITULAIRE DE LA PRÉSENTE CAPTE, QUI EST AUTORISÉ A REQUÉRIR L'Asec,1FOkEPUBLIQUE efC s81eS°g SEI - Le 20 août. Le gendarme Pierre, de la brigade de La Seyne-sur-Mer, est tué par des pillards, alors qu’il protégeait des habitations abandonnées. Le gendarme Lions, de la brigade de La Valette-du-Var, resté à l’unité, est grièvement atteint aux reins et aux jambes par l’exposition d’un obus allemand alors qu’il est en train d’évacuer une personne infirme de 80 ans d’un immeuble bombardé. Pour cet acte courageux, il a reçu la Croix de guerre. Le 21 août. À Toulon, les gendarmes Rabateau et Drot de la brigade de Hyères sont grièvement blessés. À 12 heures, la ville est libérée par les troupes françaises. Les deux gendarmes se rendent sur place. Alors qu’ils regagnent leur caserne, un obus allemand éclate. Les 2 militaires sont grièvement atteints. Le gendarmer Rabateau décède le lendemain. Synthèse par Nicolas TUDORT août 2017 - #34



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