La Gazette du Var n°29 30 mai 2017
La Gazette du Var n°29 30 mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de 30 mai 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 54,8 Mo

  • Dans ce numéro : résidence Beach à Cavalaire, profitez d'un romantisme actif !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Supplément coordination rurale Mai/Juin 2017 - #29 Histoire d’eau « Ne pas sacrifier nos terres au prétexte de l’intérêt général » Pour clarifier une situation qui semblait peu précise dans certains secteurs, une ministre a eu la Royal(e) idée de réviser cette cartographie des cours d’eau pour mieux encadrer leur entretien. Une définition précise d’un cours d’eau a été établie en trois points  : la présence et la permanence d’un lit, naturel à l’origine, l’alimentation par une source, un débit suffisant une majeure partie de l’année. Entretien avec Christian Rastello, céréalier et viticulteur à Pourrières. Quelles sont les conséquences de cette révision dans le Var ? Christian Rastello. Dans le Var, et plus généralement dans les zones méditerranéennes, les rivières peuvent sécher en été. A titre d’exemple, l’Issole n’a pas coulé pendant une partie de l’été 2016. Pour autant, ce type de constats n’arrête pas la volonté de nos technocrates  : ils ont établi, pour pallier ce problème, un logigramme d’interprétation des écoulements. Qu’estce qu’un logigramme ? Tout simplement un « fabuleux » tableau à plusieurs entrées - mais avec peu de sorties différentes - grâce auquel même un ruisseau qui ne coule que trois jours par an est classé comme un cours d’eau… Une première ébauche de carte a été réalisée par interprétation informatique et beaucoup, mais vraiment beaucoup de ruisseaux, fossés, etc. ont été classés en cours d’eau. S’appliquent alors les réglementations inhérentes à ce classement. Elles sont extrêmement contraignantes. Qui réalise la carte des cours d’eau ? CR. Pour confronter cette carte aux réalités du terrain, la maîtrise d’oeuvre revient à la Direction départementale du territoire et de la mer, plus communément appelée DDTM. Dans le Var, cette mission a été confiée à la directrice adjointe du service de l’Eau et des milieux aquatiques, Mme Canal (ça ne s’invente pas). Son travail est gigantesque. Elle doit vérifier un à un les plus de 7 000 « tronçons hydrauliques », tels qu’ils sont - al4t, kei.im.s g.ernehl.s La cartographie des cours d'eau relevant de la Police de l'eau a pour objectif de servir de référence à tous les usagers (propriétaires et exploitants riverains, collectivités, entreprises) pour vérifier les obligations réglementaires qui s'appliquent Vie politique Nouveau président, nouvelle politique agricole ? La Coordination Rurale PACA félicite Emmanuel Macron, porté le 7 mai dernier par les Français à la Présidence de la République. Elle espère que le nouveau chef de l’État a pris la juste mesure de la profonde crise qui frappe les agriculteurs. Elle souhaite le rencontrer dès que possible appelés, situés en zones agricoles. La chambre d’agriculture du Var a apporté fin 2015 sa contribution en organisant dix réunions sur tout le territoire varois. Au vu des enjeux, c’est peu voire très peu. A l’issue de ces réunions, beaucoup d’incohérences ont tout de même été signalées et une modification a été demandée. Mais c’était sans compter sur la sacrosainte Police de l’eau, qui veille et qui a souvent du mal à accepter que de simples agriculteurs, des hommes et femmes de terrains, contestent sa vision des choses. Ces contestations ont-elles donné lieu à modification du projet ? CR. Sur quelques communes, des expertises pour lui faire part de sa vision et de ses propositions pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier, et non sous perfusions d’aides publiques, mais toujours au sein du périmètre européen. La CR est apolitique  : elle travaillera librement et en toute indépendance avec le nouvel exécutif comme elle l’a fait jusqu’ici avec les précédents. Le nouveau président a répété à de nombreuses reprises vouloir renouveler la manière de faire de la politique. « Espérons qu’il aura le courage de mettre un coup d’arrêt à la cogestion mortifère dont l’agriculture est la victime depuis trop d’années et qu’il saura profiter de la pluralité de pensée et d’expression dans la construction de sa politique agricole » déclare Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale. Le plus gros enjeu du quinquennat à venir est, sans nul doute, la négociation de la La cartographie des cours d’eau relevant de la Police de l’eau a pour objectif de servir de référence à tous les usagers (propriétaires et exploitants riverains, collectivités, entreprises) pour vérifier les obligations réglementaires qui s’appliquent. contradictoires ont eu lieu en présence de la DDTM, de la chambre d’agriculture, de responsables agricoles et de la Police de l’eau. La copie a été revue à la marge, et la carte corrigée mais à la marge également. Il y a quelques semaines, la chambre d’agriculture a transmis un lien Internet pour que chaque agriculteur et/ou propriétaire puisse examiner et éventuellement apporter des remarques sur la nouvelle cartographie (qui n’est toujours pas à jour). Tout agriculteur ou propriétaire peut donc solliciter des modifications du projet de cartographie ? CR. Le choc de simplification étant passé par là, la procédure est « très simple », et très moderne (sourire)  : il faut remplir manuellement, sur papier, une fiche navette, mentionnant les références du déclarant et les coordonnées GPS du tronçon, devant se trouver sur la dite carte. Mais le logiciel n’ayant pas référencé tous les tronçons, il faut tout simplement faire une capture d’écran et la joindre à la déclaration. Et ceci autant de foi qu’il y a de tronçons. Ayant l’impression, pour ne pas dire la certitude, que l’on se fout de nous, la Coordination Rurale du Var demande des comptes à la DDTM. Celle-ci tarde à répondre aux mails et semble traîner des pieds pour mettre en ligne une carte corrigée. Officieusement, on nous affirme qu’une carte doit être mise en ligne pour les environs du 15 mai 2017, mais il n’y aurait donc plus que 15 jours pour faire des modifications ; C’est proprement infaisable. Et du coup, un grand doute commence à planer sur cette affaire. A qui profite-t-elle ? En effet, pourquoi semble-t-il si compliqué d’établir une carte des cours d’eau du département, et surtout pourquoi une multitude de fossés et de petits ruisseaux seraient-ils à tout prix classés en cours d’eau ? CR. La réponse n’est en aucun cas officielle. Pour autant, connaissant les arcanes de la logique technocratique et politique qui nous gouverne, il nous paraît vraisemblable que tous les écoulements d’eau (ruisseaux, fossés, etc.) qui n’ont pas le statut de cours d’eau puissent être entretenus quasiment comme bon lui semble par chaque propriétaire ou agriculteur. L’eau peut donc s’y écouler librement. En revanche, l’entretien d’un cours d’eau classé comme tel est très réglementé et soumis, notamment dès qu’il y a des travaux conséquents, à l’autorisation de notre sacro-sainte Police de l’Eau. Malheur à celui qui tenterait de trop faciliter l’écoulement rapide de l’eau. Ainsi, plus il y aura de ruisseaux classés en cours d’eau dans les zones agricoles en amont des zones urbanisées, plus il sera difficile aux agriculteurs de les entretenir, et plus l’eau sera freinée, plus les terres agricoles s’inonderont, et serviront de bassins de rétention – gratuits il va de soi – pour protéger les zones urbanisées en aval. En somme, sous couvert d’actions bénéfiques pour les écosystèmes et à moindre coût pour le contribuable, notre administration est en train de transformer nos terres agricoles en zones de rétention des crues. Ces enjeux dépassent le simple cadre agricole. Tous les propriétaires fonciers, tous les citoyens résidant sur notre territoire doivent s’impliquer dans ce processus pour que nos terres ne soient pas sacrifiées, supposément au nom de l’intérêt général. A la Coordination Rurale, nous restons vigilants. Il nous paraît très important de ramener du bon sens dans ce dossier et de rationaliser les conséquences de cette nouvelle cartographie. prochaine réforme de la politique agricole commune. Il est vital que la France défende l’exception agri-culturelle pour permettre une PAC protectrice et régulatrice, avec l’aide d’autres États membres. Enfin, puisse le Président Macron être fidèle à son engagement de ne plus sur-transposer la législation européenne en droit français, et d’aborder l’écologie avec intelligence et pragmatisme.
.4rieefieres R49.4.ter4 ut Me BONDIGUEL Avocat Supplément coordination rurale 17 Météo Le gel a frappé durement dans la région Les épisodes de gel survenus mi-avril ont lourdement endommagé les cultures précoces sur une large partie de la région. La gelée noire a touché notre région mais également l’ensemble de la France et une bonne partie de l’Europe. La Coordination Rurale du Var a adressé un courrier au préfet pour lui demander la reconnaissance en calamité agricole. Michel d’Espagnet fait le point sur la situation. Est-il vrai que la viticulture a été très touchée dans le Var ? Michel d’Espagnet. Oui. Le gel a frappé plusieurs centaines d’hectares de vignes alors que les bourgeons étaient sortis, si bien que très peu de viticulteurs peuvent se déclarer indemnes de cet aléa climatique. Des dégâts ont été observés sur de nombreux secteurs du département, avec des fréquences et intensités variables, parfois très importantes. A l’exception du secteur de la Sainte-Victoire, l’ensemble des Côtes de Provence et des coteaux varois ont subi des pertes variant de 10 et 70%, selon les zones. ".4 Les autres départements ont-ils été épargnés ? ME. Quelques zones ont été moins touchées mais il serait faux de dire qu’elles n’ont pas été touchées. Les nombreux arboriculteurs et maraîchers que la région peut s’enorgueillir d’avoir ont, eux aussi, subi de nombreux dommages suite à ces épisodes de gel. Dans les Alpes, Michel André, un collègue arboriculteur, m’indiquait qu’ils avaient anticipé ces épisodes. Malgré les protections mises en place, leurs pommes ont fortement souffert et des chutes physiologiques sont malheureusement à prévoir. Certains collègues m’ont parlé de pertes totales de récoltes. 100% de pertes, vous imaginez ! Pourquoi insistez-vous autant sur l’urgence de la reconnaissance en calamités agricoles ? ME. La politique agricole dans laquelle sont enfermés les agriculteurs ne leur autorise plus aucune marge de manœuvre. Les aides compensatoires ont tardé à être versées, sans compter quelques situations particulières pour certaines productions, notamment les producteurs de cerises qui n’ont toujours pas reçu le moindre centime de l’indemnisation prévue voilà six mois. De nombreux agriculteurs sont dans des situations très précaires et les faire attendre serait les condamner Raymond Bondiguel symbolisait la résistance au prêt à penser Durant la rédaction de ce journal, nous avons appris le décès de Me Raymond Bondiguel. C’est l’une des figures de notre mouvement et de nos combats qui s’est éteinte, en ce début du mois de mai. Comme le rappelle Max Bauer, président de la CR PACA et Var, « difficile de résumer en quelques mots, non seulement la personnalité mais également le travail de Raymond Bondiguel. Ceux qui l’ont rencontré, au cours des diverses manifestations de notre syndicat, gardent l’image d’un homme attentif, humain, professionnel et compétent. Un homme qui s’intéressait tout autant aux métiers qu’à ceux qui l’exercent ». Max Bauer ajoute  : « Il était à la fois le conseiller, l’avocat et le compagnon de l’UNIPHOR. Au-delà de ces compétences juridiques indéniables, ils avaient pris le temps d’écouter et de comprendre les enjeux et les demandes des professionnels. Ce sont ses qualités humaines d’écoute de partage que nous garderons en mémoire. De même, nous n’oublierons pas la conviction et le courage avec lesquelles il a porté haut le combat de nos valeurs. Il n’a manqué d’aucun des deux durant ces 25 années pendant lesquelles, il nous a appuyé, conseillé, et défendu face aux divers montages interprofessionnels. Pendant ces combats il n’a jamais abandonné les horticulteurs, même durant les pires tempêtes. Il a également pris le temps de s’intéresser à des dossiers moins « prestigieux » mais tout aussi importants pour lui comme pour nous. Des dossiers, qu’il a traité avec la même rigueur et la même détermination ». Le président de la CR PACA et Var conclut  : « Avec Me Marie Véronique Poirier Jouan, il a permis à notre filière de ne pas sombrer dans les affres des mécaniques inhumaines, voulues par quelques individus. Pour les anciens de l’UNIPHOR, comme pour les adhérents présents, Raymond Bondiguel, restera l’un des rouages essentiels de l’indépendance et de la résistance au prêt à penser. Enfin, plus qu’autre chose nous gardons en mémoire sa volonté de ne jamais laisser quiconque sur le bord du chemin. Comme il aimait à le répéter  : « Nous ne vous laisserons pas seuls ». Cette phrase nous l’avons entendu à maintes reprises, et hélas nous ne l’entendrons plus jamais ». Mai/Juin 2017 - #29



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