La Gazette du Var n°26 15 avr 2017
La Gazette du Var n°26 15 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de 15 avr 2017

  • Périodicité : quinzomadaire

  • Editeur : ADIM

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : la Cigale, restaurant bistronomique et cuisine du marché.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 #26 - avril 2017 Actualités Jacques Politi  : « À Hyères, c’est le PLU du bétonnage » ! Selon l’ancien maire de Hyères  : « Le bétonnage amplifiera très fortement le problème d’imperméabilisation des sols. Mais au-delà des Rougières, ce n’est pas moins de 11 opérations d’aménagement qui sont prévues ! De plus il n’y a pas d’égalité de traitement quant à la mixité des logements ». Selon vous, le PLU est un document capital. Il engage donc la Ville pour son avenir. Qu’en pensez-vous ? Jacques Politi. L’élaboration d’un tel document, nous le savons, n’est pas simple, et je mesure tout le travail qu’il y a eu en amont pour en arriver là aujourd’hui. Je voudrais, d’ailleurs, souligner le professionnalisme des agents des services aménagement et urbanisme dont les compétences ne sont plus à démontrer. Pouvez-vous évoquer quelques points précis ? JP. Le projet des Rougières symbolise à lui seul le goût pour la construction irréfléchie. Ces terrains auraient dû pour le moment rester une réserve foncière, permettant la réalisation d’une Coulée Verte. Je m’oppose à une opération de bétonnage intensive qui va voir arriver plusieurs milliers d’habitants. Ces espaces sont inondables et l’eau affleure la surface. Le bétonnage amplifiera très fortement le problème d’imperméabilisation des sols. Mais au-delà des Rougières, ce n’est pas moins de 11 opérations d’aménagement qui sont prévues ! De plus il n’y a pas d’égalité de traitement quant à la mixité des logements. C’est un détournement de l’esprit de la loi. Avant de réaliser ce bétonnage forcé, il serait préférable de reconstruire la ville sur la ville et faire disparaître les dents creuses existantes en centre-ville et dans les quartiers. Hyères a encore un foncier préservé, ne le gaspillons pas ! La municipalité actuelle veut produire 8 500 logements. Si l’on prend en compte une occupation de 2 habitants par logement à minima, la population serait augmentée de 17 000 habitants et probablement d’autant de véhicules. Soit 80 000 habitants à l’horizon 2026. Quelles sont à vous yeux vos priorités ? JP. Ce qui fait le charme de la ville d’Hyères, c’est son patrimoine culturel et naturel. Hyères est le seul poumon vert et bleu de l’agglomération, il faut le conserver. Il est nécessaire de poursuivre le développement des pistes et bandes cyclables, cohérentes, connectées et sécurisées. L’inter-modalité des transports est une absolue nécessité et doit inclure mon projet repris depuis par le maire de pôle multimodal au quartier de la gare. Car, les transports contribuent à l’attractivité économique. À votre avis quelles sont les actions fortes sur le plan économique et touristique à privilégier ? JP. À mes yeux, elles sont au nombre de trois. Tout d’abord, les commerces et la place Clémenceau. Cette requalification est absolument nécessaire. C’était mon projet  : créer un parking souterrain de plusieurs centaines de places sous le parking Denis actuel, construire quelques commerces moyennes surfaces et enfin doubler la surface de l’espace vert actuel. La vente du terrain par la ville aurait permis de financer intégralement la requalification de la place Clemenceau. Ainsi nous apportions quelques enseignes locomotives sur le dernier espace disponible pour ce type de surface en centre-ville. Leur dynamisme aurait irrigué un vent frais sur le centre-ville et le quartier du Bon Puits. Et la place Clémenceau aurait été refaite sans un euro à la charge des hyérois. Le projet de la municipalité dirigée par Jean-Pierre Giran coûtera 7 millions d’euros entièrement payés par les hyérois. C’est un nouveau coup dur après l’annulation de l’hôtel que j’avais prévu dans le projet Joffre. Aujourd’hui, la municipalité réalise une opération immobilière sans plus-value économique pour notre centre-ville. Quelle serait la seconde action à mener immédiatement ? JP. En ce qui me concerne, j’agirai sur le tourisme et l’hôtellerie. Pour moi, l’écolodge aux Pesquiers est un non-sens. Le hameau des Pesquiers doit être réhabilité en centre de vie pour les Captois. Un cœur de village avec une mairie annexe, un bureau de poste, un lieu de vie et de rencontre, un hangar/atelier pour La Partègue avec son musée des vieux gréements. Il faut laisser ce site remarquable aux hyérois et non le privatiser. A l’inverse, il est pour le moins étonnant que l’aménagement du port ne figure pas dans le PLU. Cela aurait apporté une dimension économique importante pour les commerces du port et indirectement pour les commerces de la ville incluant la liaison Port-Ville. Hyères risque de payer cher ce manque de vision basique et fondamentale pour son développement touristique et économique. Quel est l’autre point sensible qui semble oublié, selon votre analyse, par l’actuelle majorité ? JP. Sans conteste, il s’agit de l’agriculture ! Une concertation avec les acteurs du monde agricole aurait permis de présenter un projet cohérent et consensuel. La consommation de 70 hectares d’espaces agricole à Sainte-Eulalie, dans les zones les plus fertiles, impactera fortement les aires AOC. On peut comprendre que la DDTM et l’INAO aient rendu un avis défavorable. La chambre d’agriculture, qui après avoir constaté une diminution du nombre d’exploitations agricoles, préconise la mise en valeur de l’agriculture hyéroise en la reconnaissant comme pôle économique majeur. Elle souhaite protéger les terres cultivées de la spéculation foncière. Une friche agricole ne doit pas être systématiquement une réserve foncière d’urbanisation. Nos agriculteurs et horticulteurs doivent rester dans leurs exploitations. Pour la rentabilité de celles-ci, il faut autoriser les constructions de salles de conditionnement, de caves et de bancs pour les ventes directes favorisant les circuits courts. Saint-Gervais doit prioritairement être destiné à l’aménagement d’une zone permettant la commercialisation de productions et de matériels agricoles, à proximité du Marché aux fleurs. Nous comprenons alors mieux l’avis défavorable émis par la chambre d’agriculture en date du 25 juillet 2016. Hyères doit rester la capitale de la fleur coupée et favoriser le re-développement du maraîchage à Hyères. Hyères a besoin d’air, pas de béton ! Cette municipalité va faire basculer notre commune, comme certaines de ses voisines, dans une destinée de cité dortoir. Les Hyéroises et les Hyérois ne supporteront jamais toujours plus d’habitants imposés, toujours plus de bouchons, toujours plus de pollution, toujours plus de bruit, toujours plus d’insécurité, toujours plus d’incivilités, toujours plus de taxes, toujours plus de charges… C’est le PLU du bétonnage ! Propos recueillis par Gilles Carvoyeur
la gazette u E- r de la porte de5 Maures à la Méditerranée avril 2017 OISE DE SAI OPEZ ! SUPPLEMENT SPECIAL MAURIN DES MAURES



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