L'Illustration n°4942 20 nov 1937
L'Illustration n°4942 20 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4942 de 20 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 52 Mo

  • Dans ce numéro : l'anniversaire de l'armistice.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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340 — N0 4942 L'ILLUSTRATION 20 NOVEMBRE 1937 LA VISITE DES SOUVERAINS BULGARES Après le roi (le Grèce, les souverains bulgares ont été les botes de Paris. Le roi Boris et la reine Jeanne, qui est la troisième fille du roi d'Italie, s'étaient d'abord rendus à Londres. Ils sont revenus dans la capitale française le 12 novembre. La première visite du roi de Bulgarie a été pour la tombe du Soldat inconnu. Il a ensuit e parcouru l'Exposition et assisté, à l'Elysée, à un déjeuner donné en son honneur par le président de la République et auquel étaient conviées de nombreuses personnalités politiques. Le 15 novembre, les souverains ont été reçus à l'hôtel de ville par la municipalité parisienne, le préfet de la Seine et le préfet de police. De courtes allocutions ont été prononcées par le président du conseil municipal, M. René Failliot, et par le préfet de la Seine, M. Villey. Le roi Boris y a répondu en un français parfait, qu'il parle comme sa langue maternelle. D'ailleurs, ne l'est-elle pas tout au moins ataviquement, puisque le roi Boris est l'arrière-petit-fils (lu roi Louis-Philippe, dont le prince Auguste (le Saxe Cobourg-Gotha avait épousé la fille, la princesse Clémentine d'Orléans ? Vers la fin (h, l'agrès-midi, M. Avon Delbos rendu visite au roi Boris, avec lequel il a fait un tour (l'horizon politique. Pendant son bref séjour, le couple royal bulg:tre a charmé tous ceux qui l'ont approché par son affabilité et sa bonne grâce. Le roi Boris et la reine Jeanne de Bulgarie devant le pavillon bulgare à l'Exposition. UN NORVÉGIEN QUI FUT UN BON FRANÇAIS Le cardinal Tappouni, patriarche d'Antioche, célébrant la messe au pavillon pontifical de l'Exposi;ion. LE PATRIARCHE D'ANTIOCHE A PARIS Parmi les personnalités éminentes dont l'Exposition nuits a valu la visite se trouve le cardinal Tappouni, patriarche d'Antioche. L'auguste prélat, venant de Rome, est arrivé à Paris le 9 novembre. Il a été salué officiellement à sa descente du train par les représentants du gouvernement français, dont il est l'hôte, par M" Valerio Valeri, nonce apostolique, par S. Em. le cardinal Verdier, archevêque de Paris, et par de nombreux membres du haut clergé. Une compagnie (le gardes républicains rendait les honneurs. La veille de l'armistice, le cardinal Tappouni a fait un pieux pèlerinage au tombeau du Soldat inconnu, sur lequel il a déposé une gerbe (le fleurs. Le 14 novembre, le patriarche a célébré, selon le rite syrien, une (nesse solennelle au pavillon pontifical de l'Exposition. Au premier rang, on pouvait remarquer les conlinaux Verdier et. Baudrillart et Foitques-Duparc, chef (lu cabinet du ministre (les Affaires étrangères. Dans l'assistance se trouvaient en outra M. de Saint-Quentin, ambassadeur (le France à Rome, qui n'a pu, depuis un an, rejoindre son poste, le général Gouraud, le général et i\P" Weygand, l'amiral Lacaze, M. François Mauriac, ainsi qu'une délégation de chevaliers du Saint- Sépulcre en grand uniforme. Thorvald Greve, consul général honoraire de France à Bergen (à gauche), et son père (à droite) à bord de l'aviso français « Ibis ». Phot. L. Rudaux prise dans le port de Bergen, en 1906, Thorvald Greve, consul général honoraire de France à Bergen, mort tout récemment, a été un des plus actifs et des plus fidèles d'entre les nombreux amis que nous comptons parmi les Norvégiens. Pendant plus de trente ans, il s'est montré le protagoniste fervent de notre influence dans cette partie de la péninsule scandinave et l'agent aussi zélé qu'intelligent de notre gouvernement dans les conjonctures les plus délicates. Thorvald Greve avait d'ailleurs été à bonne école, son père ayant rempli les fonctions d'agent consulaire de France dans cette même ville de Bergen durant le dernier tiers du dix-neuvième siècle, avec une rare distinction. Lorsqu'en 1870 la nouvelle de nos désastres parvint en Norvège, ce fut le plus douloureux étonnement chez Greve comme chez presque tous les Norvégiens et, pour affirmer son intangible sympathie à l'égard de notre pays, il ouvrit une souscription en faveur de nos blessés. Elevé dans le culte (h, la France, son fils. dès qu'il fut appelé à l'agence consulaire de Bergen, s'attacha à poursuivre l'oeuvre paternelle. Nul de nos nationaux n'a jamais fait en vain appel à ses bons offices et grand est le nombre (le ceux qu'il a obligés. Admirateur de notre langue et de ses chefs-d'oeuvre, il a travaillé à en développer la connaissance parmi ses compatriotes en organisant notamment les triomphales tournées théâtrales de Lugné- Poe et de Suzanne Després en Norvège. En 1914, du fait de la guerre, Bergen acquit une importance considérable. La mer du Nord traversée, c'était le port de débarquement pour gagner Petrograd par rail à travers la Norvège, la Suède, la Finlande. Aussi chaque jour arrivaient des officiers habillés en civil, des diplomates, des courriers de cabinet ; auprès de tous Greve se prodiguait avec un zèle inlassable, n'hésitant même pas à se compromettre aux yeux du gouvernement de son propre pays, très attaché à la neutralité. Si éminents furent ses services que le Quai d'Orsay conféra à ce simple agent consulaire de nationalité norvégienne le titre de consul général honoraire et la cravate de commandeur (le la Légion (l'honneur. L'instantané ci-contre, pris en 1906 à Bergen, représente Thorvald Greve et son père, encore agent consulaire à cette date, en compagnie des officiers (le l'aviso Ibis qui exerçait dans les mers du Nord la surveillance de la pèche. Comme récompense posthume à ce Norvégien qui se montra excellent Français, puisse le ministère des Affaires étrangères appeler son fils à continuer les traditions de son père et de son grand-père i — CH. R.
Pb NOVEMBRE .1907 L'ILLUSTRATION SUPPLEMENT — XIII LA NOUVELLE AÉROGARE PARIS LE BOURGET LE PROJET DE M. G. LABRO Notre bel aérodrome du Bourget possède aujourd'hui une gare aérienne digne de lui. C'est une véritable petite ville puisque l'on trouve, rassemblés sous le même toit, les services aussi divers que les messageries, les postes, un restaurant, un hôtel, la section de météorologie, les locaux administratifs, la salle de repos des pilotes... et l'on en passe. L'organisation est parfaite, au demeurant, et ce n'est pas ici que l'on pourra faire un jour le reproche d'avoir vu trop étroitement puisque non seulement l'aérogare est capable de répondre à une intensification considérable du trafic aérien, mais qu'au surplus l'extension des bâtiments est prévue sous la forme d'un prolongement de chacune des ailes Voici les directives principales qui ont présidé à l'élaboration du projet • tout d'abord, le développement maximum des bâtiments sur le front de la piste (22o metres environ) et une profondeur restreinte , en second lieu, l'utilisation de toute la hauteur permise par les reglements ; enfin, quelques considérations techniques et d'ordre esthétique telles que la réalisation d'une ossature en béton habillée de pierre dure et une architecture qui, par ses lignes sobres et légères, évoque celle des modernes paquebots. C'est la Société Nouvelle de Constructions et de Travaux qui a collaboré avec M. Georges Labro, architecte, grand prix de Rome, à l'établissement du projet de l'aérogare du Bourget classé premier au concours ouvert par le ministère de l'Air. Elle a réussi, grâce à une étude poussée du béton armé et à l'emploi judicieux de matériaux de choix, à résoudre le probleme technique posé par l'architecte et le probleme de prix posé par l'administration. Chargée de l'exécution des travaux comme entrepreneur général, elle a pu, dans des circonstances particulièrement difficiles et grâce au concours dévoué de tous ses collaborateurs, réaliser la construction dans les délais normaux et avec le plus grand soin d'exécution. Ce souci du travail soigné, allié à une technique très sûre dans l'emploi des matériaux modernes, a toujours guidé cette entreprise, dont l'activité ne se limite pas d'ailleurs aux oeuvres architecturales. C'est ainsi qu'on citera, parmi les ouvrages d'art, k pont Pasteur sur le Rhône à Lyon ; parmi les constructions industrielles, les grandes Centrales électriques de la C. P. D. E. à Saint- Ouen et Issy-les-Moulineaux et une partie de la Centrale de l'Union d'Electricité à Vitry-sur- Seine ; parmi les édifices publics, le bureau de poste de Paris XVIIIe et le Central téléphonique Ornano et enfin l'aérogare du Bourget. En outre cette Société s'est acquis une notoriété justifiée dans la technique des grands abattoirs modernes par la construction des abattoirs de Rouen et de Bordeaux. Tous ces ouvrages, remarquablement menés à bien, ont valu à la Société Nouvelle de Constructions et de Travaux d'être placée parmi les premières grandes entreprises françaises dans toutes les branches du génie civil. FERRONNERIES D'ART L'aérogare du Bourget doit au talent vigoureux et original de Raymond Subes une belle décoration de rampes en fer forgé et de grilles artistiques. Dans tous ces ornements, le ferronnier a adopté, en manière de leitmotiv, un câble torsadé de forte section dont les noeuds et les boucles enserrent ou embrassent les supports verticaux. La rampe de l'escalier d'honneur est à double révolution. Elle comprend cinq « lisses » qui courent de bas en haut, dont un groupe de trois fers méplats à la partie médiane qu'encadrent deux câbles puissants. Au droit des paliers intermédiaires, les balustrades sont symétriquement ornées de macarons circulaires en fer forgé ; rehaussés d'or, ils figurent des aigles en plein vol et une rose des vents. Les autres décorations de ferronnerie: rampe d'ascenseur du restaurant, grilles du bureau des postes et des bagages, portillon d'accès à l'aire de départ et d'arrivée, reprennent toutes le motif de cordages et de fers méplats alternés. La belle unité qui naît de ces ensembles, le style à la fois très moderne et d'une originalité mesurée mériteraient une description plus complète. D'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'aucun détail de cette aérogare n'échappera aux visiteurs étrangers qu'elle a mission de recev Dir ; il était bon que la technique architecturale française se ménageât la collaboration d'un artiste afin de bien marquer que notre tradition d'élégance et de goût se reflète en toutes choses. COLLABORATIONS DIVERSES CHOIX DU CIMENT La Société Nouvelle de Constructions et de Travaux a chargé la Société Anonyme des ciments Portland Artificiels de Frangey d'assurer la fourniture du ciment Portland Artificiel nécessaire aux travaux de construction de l'aérogare du Bourget. Ce liant, en provenance de la nouvelle usine de Frangey, a été livré sous la marque « Sphinx » admise par la ville de Paris et les grandes administrations. Créée en 1932 avec le concours technique et fit-lancier de la Compagnie Nouvelle des ciments du Boulonnais et dotée des appareils les plus perfectionnés, cette nouvelle usine a eté substituée à l'ancienne cimenterie de la Société de Frangey dont l'origine remonte à 1868. LE PROBLÈME DU CHAUFFAGE Les installations de chauffage, signées J. Zell, bénéficient des tout derniers perfectionnements techniques. Elles s'étendent aux bureaux, services annexes et locaux administratits qui sont équipés de radiateurs à vapeur basse pression; au grand hall chauffé par air chaud pulsé et distribué au moyen de gaines et carnaux, enfin à l'hôtel dont une chaudière indépendante alimente les radiateurs à eau chaude. QUELQUES MOTS SUR LES CARRELAGES 4.500 metres carrés de surfaces carrelées déploient dans les vastes halls de l'aérogare leurs surfaces gris porphyre qu'égaie un alignement de larges dalles noires disposées en semis. S'alliant à merveille avec la sobre élégance des vastes galeries, des rampes en fer forgé et des colonnes décoratives, ce sol présente, en outre, l'avantage de défier toute usure. Les carreaux en grès « cérame fin vitrifié » possèdent en effet les meilleures qualités au point de vue résistance, inaltérabilité, facilité d'entretien, etc. D'ou le choix pleinement justifié de ce matériau qu'aucun autre ne peut égaler. La fourniture est due à la Cérabati (usine de Paray-le-Monial) et l'entreprise générale de pose a été confiée à la Société Sorevari, à Paris. PLOMBERIE SANITAIRE En ce qui concerne les installations de plomberie, on signalera de nombreux groupes sanitaires destinés au public et au personnel des services administratifs. En outre, huit salles de bains munies de tout le confort moderne ont été prévues dans l'hôtel. Ce sont les Etablissements J. Zell qui ont procédé à l'ensemble de ces aménagements. RETOUR AU « BOIS ›, On pouvait craindre que l'emploi du ciment armé et des poutrelles d'acier dans les charpentes n'ait relégué le bois au rang de matériau secondairle. I n'en est heureusement rien. L'entreprise Bernard, à Vincennes, a exécuté en bois, et avec une belle maîtrise, toute la menuiserie intérieure de la tres moderne aérogare du Bourget et, à l'Exposition, les charpentes de la Coopérative fruitière et de son hall de dégustation qui couvrent 1.800 metres carrés. LA TECHNIQUE DES PEINTURES Une longue spécialisation a valu à la maison A. Leveugle, à Paris, d'assumer l'ensemble des travaux de peinture et de vitrerie de l'aérogare du Bourget. Dans le palmarès de cette entreprise française, ne releve-t-on pas, en effet, les importantes collaborations suivantes Grandes Centrales électriques de Gennevilliers et Arrighi à Vitry-sur-Seine ; usines Solvay à Tavaux (Jura), et Cité de Tavaux ; Papeteries Sonopa à Grand-Couronne, etc. EMPLOI DU LINOLÉUM Les sols en ciment des bureaux, du restaurant et des chambres d'hôtel sont recouverts d'un beau linoléum de teinte unie havane. La maison Chedal, à Paris, chargée de la fourniture et de la pose, a réalisé ainsi des surfaces nettes, d'un entretien aisé et qui s'harmonisent avec la sobriété de l'ensemble. AMÉNAGEMENTS EXTÉRIEURS L'Entreprise Henri Coutant (Ivry-sur-Seine), en dehors de ses livraisons de sables et graviers a exécuté les terrassements antérieurs à l'édification de l'aérogare et plusieurs routes qui desservent les diverses entrées. On notera que les importants travaux de terrassement du nouveau ministère des P. T. T. ont été confiés à cette même entreprise. Ci-dessous le hall d'honneur (Phot. Baranger) Dans le médaillon l'un des macarons de la rampe dessinée par M. R. Subes (Phot. Marius Gravot). 2



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