L'Illustration n°4942 20 nov 1937
L'Illustration n°4942 20 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4942 de 20 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 52 Mo

  • Dans ce numéro : l'anniversaire de l'armistice.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L'ILLUSTRATION 20 NOVEMBRE 1937 Le président de la République, suivi des membres du gouvernement et des grands chefs militaires, passe devant la dalle sacrée, entre deux haies des drapeaux des unités combattantes dissoutes. 11 NOVEMBRE 1937 Il y a dix-neuf ans, dans l'immense joie, dans l'exaltant orgueil, dans le vaste espoir du jour de l'armistice, il semblait impossible que l'union française de ces heures sacrées dût jamais s'affaiblir dans le retour des conflits dissolvants. Du moins a-t-on réussi à faire chaque année revivre par la magie du souvenir ce temps béni où la nation n'avait qu'une âme. Comme lors des précédentes commémorations, le dix-neuvième anniversaire de l'armistice a recréé, par la ferveur des foules dans le rappel des héroïsmes et des sacrifices, cette atmosphère heureuse où le Français vit, parmi les autres Français, une vie fraternelle. L'union des croyances dans le souvenir de la victoire : trois aumôniers militaires, un protestant, un catholique et un israélite, disent des prières sur la tombe du Soldat inconnu. Au centre, M., Ch. Flaus, entre le pasteur Henri Monnier et le rabbin Maurice Zeitlin. L'Arc de Triomphe est redevenu, le 11 novembre, l'autel de la patrie. Sous les voûtes, des hampes gigantesques soutenaient d'immenses velums tricolores qui retombaient en longs plis de presque 30 mètres autour de la dalle du Soldat inconnu. Autour du monument, douze stèles portaient les noms des divers fronts de combat : Marne et Champagne, Oise et Aisne, Somme et Artois, Flandres, Yser, Verdun, Argonne, Alsace et Lorraine, Italie, Orient, mer et colonies. Dans une logette ménagée aux flancs de chacune de ces stèles avait été déposée, à la façon des reliques, de la terre, peut-être encore mêlée de cendres, que les anciens combattants avaient apportée des différents champs de bataille. Dans la matinée du 11 novembre, à 9 heures, un premier cortège composé des anciens combattants et des enfants des écoles défila devant la dalle sacrée tandis que des haut-parleurs diffusaient les hymnes patriotiques. Ce fut ensuite le spectacle, toujours magnifique, toujours créateur d'émotion, de l'essaim des drapeaux et des étendards des unités dissoutes remontant l'avenue des Champs-Elysées, précédés d'une musique militaire, encadrés (lu bataillon en armes qui leur faisait une garde (l'honneur. Acclamés frénétiquement par la foule, les glorieux emblèmes arrivèrent à l'Arc de Triomphe, devant lequel étaient groupées déjà des personnalités officielles, et ordonnèrent leur frondaison tricolore autour de la dalle symbolique. A 10 h. 50, des sonneries rie clairon annoncèrent l'arrivée du chef de l'Etat. M. Albert Lebrun, reçu par les ministres, le maréchal Pétain et le général Gouraud, le noble gouverneur militaire de Paris qui, au terme de ses fonctions, allait présider à sa dernière revue, fit à pied le tour de la place et s'inclina devant chacun des drapeaux des unités présentes. Suivi des ministres, il vint ensuite s'incliner et se recueillir devant la dalle. Un éclatement de bombe marqua le début de la minute de silence, que termina la sonnerie Aux Morts ! Et ce fut le défilé traditionnel, dans l'enthousiasme de la population massée aux entours de la
20 NOVEMBRE 1937 L'ILLUSTRATION No 4942 — 319 l'Etoile, la foule inunense, composée de toutes les catégories sociales, de tous les âges, de l'enfant au vieillard, a défilé avec un pieux recueillement et dans un ordre parfait devant le cénotaphe. La cérémonie annuellement organisée au Panthéon, le 11 novembre, par l'Association des écrivains combattants à la mémoire des 560 (l'entre eux qui furent tués à la guerre a été consacrée plus spécialement, cette année, à ceux qui naquirent il y a cinquante ans. D'autres cérémonies ont réuni les groupes des combattants alliés en résidence à Paris. L'église britannique anglicane de Saint-Georges, rue Auguste- Vacquerie, était remplie de fidèles qui, fleuris d'une rose rouge, suivirent l'office spécial du 11 novembre. La British Legion célébra, dans l'après-midi, à Notre-Dame sa cérémonie annuelle à la mémoire des combattants anglais morts à la guerre. Il y eut également, dans une autre église, une messe commémorative suivie par des volontaires arméniens de l'armée française. La fête natio- La cérémonie de l'armistice à Bruxelles, devant la colonne du Congrès où repose le Soldat inconnu. place : grandes écoles, corps spéciaux, fusiliers marins en guêtres blanches, génie, armée de l'air, infanterie de ligne, infanterie coloniale, artillerie, cavalerie, formations motorisées furent tour à t ut chaleureusement applaudis. La foule réserva un accueil d'une curiosité chaleureuse à ces deux nouveautés 1937 : les « chenillettes » et, dans ses camions blindés, la compagnie de parachutistes armés de fusils-mitrailleurs. La dislocation des troupes multiplia les défilés dans la ville où il semble bien que, cette année, les acclamations au passage des drapeaux furent particul ièrei t lent vibrantes. Après la cérémonie officielle, sur la place de L'incident pendant la cérémonie à Londres. On aperçoit, à droite, les policemen terrassant l'individu ; au premier plan, le roi demeuré impassible. A gauche, les ministres. A Londres : le roi George VI dépose une couronne au pied du Cénotaphe. LES CÉRÉMONIES DE L'ARMISTICE DANS DEUX PAYS ALLIÉS nale polonaise coïncidant avec l'anniversaire de l'armistice, une messe solennelle fut célébrée en l'église de l'Assomption, rue Saint-Honoré, les drapeaux polonais encadrant le choeur. Et d'autres nombreuses associations manifestèrent leur religion du souvenir. Il en fut de même partout, en province et dans nos colonies, particulièrement dans l'Afrique du Nord, en Tunisie, en Algérie, au Maroc. Et nos compatriotes à l'étranger mirent toute leur âme française dans cette commémoration qui les rapprochait de leur sol. Hors (le France, les peuples qui combattirent à nos côtés ont également évoqué avec grandeur le souvenir de la victoire commune. A Bruxelles, à Londres on a vu, comme chaque année, le souverain s'incliner devant la tombe du Soldat inconnu représentant l'héroïsme national. A Whitehall, le léger tumulte provoqué par un fou qui voulait rejoindre le groupe royal n'a troublé que pendant quelques secondes le recueillement de la cérémonie qui s'acheva dans un silence sacré.



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