L'Illustration n°4941 13 nov 1937
L'Illustration n°4941 13 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4941 de 13 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'ouverture de la conférence de Bruxelles dans le palais des Académies.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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296 — N° .1941 L'ILLUSTRATION 13 NOVEMBRE 1937 °Cohrobr, Salam nque F pt Jayerre" • Bab„ SSébastierN__ tergos ce 1. MA Tag' Talavera • — , ONNE c, °Badajos CO Cordoue ampeen oiid Sarag Nue 16,0 • Séville »Vis:Arme ta Malaga Cadis ileatt arttingt Tang LES DEUX ESPAGNES 0 50 100 La carte ci-dessus montre la situation actuelle des deux Espagnes. Les trois cinquièmes de la Péninsule, pour le moins, sont entre les mains des nationalistes, qui contrôlent les côtes, sauf celles h la Méditerranée. de l'ouest d'Almeria à la frontière française. 1/eux grandes régions seulement demeurent en la possession des rouges : la Catalogne et le territoire compris entre Madrid, Valence et Almeria. Ces deux régions sont reliées entre elles par une bande de terrain, assez large encore, entre Teruel et la Méditerranée, et leurs deux centres, politiques et stratégiques, sont Barcelone et Valence. Madrid étant situé trop près du front pour servir de base. Tel est le résultat d'une conquête méthodique qui dure depuis juillet 1936 par le général Franco, et qui s'est poursuivie sans arrêt depuis seize mois. Dès h, début des opérations, les nationalistes, qui avaient au Maroc leur point (l'appui et leur réservoir (l'hommes, s'étaient, emparés (le l'Andalousie et ils ;1 valent vu, dans le Nord, la Navarre, l'Aragon, la Vieille Castille et, à l'extrême ouest, la Galice se rallier à leur mouvement. Ce qui importait (l'abord, c'était (l'opérer la jonction entre les éléments du Nord et ceux du Sud par une péné- Toulouse A 'N C( E Port Vend res — re Bou A Len— Parties du territoire espagnol sous la domination des nationalistes (en blanc) et des gouvernementaux (en grisé) après la conquête des Asturies. tration le long de la frontière portugaise. La prise de Badajoz assura cette jonction, dès le mois d'août 1936. Le général Franco entreprit alors de chasser les rouges (le la côte atlantique, en procédant d'est en ouest. Ce fut en septembre la prise d'Iran. puis celle de Saint-Sébastien. Mais un élément psychologique vint troubler ce programme : la marche sur Tolède pour délivrer les héroïques défenseurs de l' Alcazar. La prise de Tolède donna l'impression d'une désorganisation complète des rouges et 200 300 laissa croire que Madrid serait une proie facile. On ne s'attendait pas à la résistance de la capitale, pourvue de matériel russe et défendue par les brigades internationales. 'et te erreur psychologique devint une erreur in ilii;tire qui (levait retarder pour de longs mois la fin du conflit. En février 1937, l'effort, (les blancs se porta sur le Sud et Malaga fut prise. En mars, une nouvelle tentative contre Madrid s'avérait aussi infructueuse que la première. Ce fut seulement, au mois d'avril que la campagne interrompue depuis six mois dans le Nord put. recommencer. Bilbao, Santander et Gijon en étaient les objectifs. Il fallut trois mois pour s'emparer de Bilbao, le 19 juin, deux mois encore pour parvenir à Santander, le 25 août, et deux autres mois pour réaliser la dernière étape : celle (le Gijon, qui s'est rendu le 21 octobre. L'année 1937 — celle de Malaga, de Bilbao, de Santander et de Gijon — aura marqué la liquidation de tous les fronts secondaires. Les derniers nids de mineurs accrochés dans les montagnes des Asturies ont fait leur reddition, de sorte que toute la côte septentrionale d'Espagne est intégralement aux blancs, et il ne subsiste plus qu'un seul front, sinueux et continu, depuis la frontière française, au nord de Huesca, jusqu'à la Méditerranée. Cette situation stratégique commande les prochaines actions. Il semble que le général Franco, qui a toujours pris jusqu'ici les initiatives, soit seul en mesure de les continuer et que les rouges .........I. La vie à Changhaï, au centre de la concession internationale, pendant les combats sino-japonais : seuls ces fortins de sacs à terre évoquent l'image de la guerre. se trouvent de plus en plus réduits à un rôle défensif. Mais que peut faire Franco '? Diverses possibilités s'offrent à lui : masser ses forces contre Madrid, pour faire tomber enfin la capitale qui lin résiste depuis un an, niais cette victoire attrait surtout un effet moral ; déclencher une offensive le long lie la frontière française des Pyrénées, de manière à isoler l'Espagne rouge de la France ; entreprendre une grande poussée sur le front d'Aragon, dans la région de Saragosse-Teruel, une marche à la mer destinée à couper les communications entre les provinces du levant et la Ca tdogue. Cette dernière hypothèse étant la plus plausible, le gouvernement de Valence ne s'est plus jugé en sécurité et il a, dès le début (le novembre, transporté son siège à Barcelone. Ainsi s'est opérée une union plus intime entre les deux éléments de la résistance aux blancs, mais cela n'a pas été sans émouvoir le nationalisme catalan, qui tient à son indépendance et ne veut pas passer sous la coupe (le M. Negrin. Cependant, le comité de Londres, poursuivant ses travaux en dépit des obstacles, est parvenu, le 4 novembre, à un résultat concret : il a accepte, à l'unanimité, une résolution relative au retrait des volontaires, selon les modalités à fixer par deux commissions d'enquète, et au rétablissement du contrôle aux frontières. Le président du comité a été chargé (l'entrer aussitôt en rapport avec Salamammy et Barcelone pour obtenir leur assentiment à cette procédure. Enfin, le gouvernement anglais, dont la politique est toujours réaliste, a décidé de nommer auprès du général Franco des représentants commerciaux, pour défendre les intérêts des sujets britanniques. Ce ne seront pas, à proprement parler, des représentants diplomatiques, mais la nuance est peu perceptible, et l'on peut considérer que l'Angleterre s'engage dans la voie d'une reconnaissance, sinon de jure, du moins de facto, de l'Espagne nationaliste. Cette attitude ne peut manquer d'influencer notre politique, solidaire dans une si large mesure de la politique anglaise. — R. L. LES OPÉRATIONS MILITAIRES EN EXTRÊME-ORIENT La bataille a continué à faire rage autour de Changhaï, où les combats les plus acharnés se sont livrés à l'ouest de la ville. Les Chinois, solidement retranchés sur leurs nouvelles positions, opposent une résistance opiniâtre et défendent le terrain pied à pied. Les Japonais se sont efforcés de franchir la rivière Sou Tchéou, niais leurs tentatives tint été repoussées et seuls des détachements peu importants a Va tent réussi, au début de la semaine, à prendre pied sur la rive droite. On signalait, (l'autre part, une concentration de vaisseaux (le guerre flippons — une quarantaine — en aval de Changhaï, à l'embouchure du Houang Pou, ce qui semblait présager une attaque contre Pou Toung, afin (l'en déloger les troupes chinoises. Les puissances étrangères, (le plus en plus inquiètes du sort de leurs concessions, ont négocié un accord d'après lequel une partie de Nantao a été démilitarisée et incluse dans la défense de la concession française. Les Japonais ont également, effectué un débarquement (le 500 hommes à Hang Tchéou, pour prendre à revers les Chinois qui tiennent Pou Toung. L'exode (les populations civiles se poursuit et les routes sont encombrées par de longues théories de réfugiés, au dénuement lamentable. Dans le Nord de la Chine, la progression japonaise est parvenue aux abords de Taï Umm, capil ;de du ('banni, et le quarl ier général des troupes chinoises lutt ant dans cette région s'est tratisr mrté. dans le Sud (le la province. Sur la ligne de chemin de fer (le Pékin à Hankéou, les Japonais ont pénétré dans le Honan. Ils sont à 500 kilomètres au sud de Pékin, à la hauteur de Ouang Teh, et poursuivent leur avance.
13 NOVEMBRE 1937 L'ILLUSTRATION No 4941 — 297 LE « PACTE A TROIS » CONTRE LE COMMUNISME Lorsque le comte Ciano, à la fin d'octobre 1936, s'était rendu en Allemagne pou• préparer les voies à la nouvelle alliance germano-italienne que la visite de M. Mussolini au chancelier Hitler, en septembre dernier, a consacrée, un des points sur lesquels l'accord s'était immédiatement fait était. la lutte contre le communisme international. Peu après, le 25 novembre 1936, le Reich signait avec le Japon une convention par laquelle les deux Etats s'engageaient, à mener ensemble cette lutte antibolchev igue et à se consulter, toutes les fois qu'il serait nécessaire, au sujet des mesures à prendre. Il était donc naturel que l'Italie, à son tour, adhérât à cette entente. C'est ce qu'elle a fait, transformant ainsi le pacte germano-japonais en « pacte à trois ». Les signatures ont été échangées avec quelque solennité dans la salle de la Victoire, au palais Chigi, le 6 novembre. M. von Ribbentrop, représentant le Führer, était tout spécialement venu à Ruine à cette occasion. Il a signé avec le comte Ciano et l'ambassadeur du Japon, M. Hotta. Le protocole, très bref, se borne à enregistrer la participation de l'Italie, connue « signataire originale », à l'acte diplomatique du 25 novembre 1936, lequel est valable pour cinq ans, jusqu'en 1941, et se réfère, pour le reste, au texte dudit accord et à l'annexe l'accompagnant. Ce qui, dans la pratique, mérite le plus d'être retenu. c'est l'article 2, ainsi rédigé : Les hautes partie, contractantes inviteront en commun les Etats tiers dont la paix intérieure est menacée par le travail de décomposition de l'Internationale communiste à prendre toutes mesures de défense dans l'esprit de cet accord, ou bien à adhérer à celui-ci. Quand l'Allemagne et le Japon étaient seuls en cause, on pouvait penser que cet article visait surtout la Chine. Mais l'entrée de l'Italie dans la combinaison laisse entrevoir l'éventualité d'une application européenne du principe ainsi édicté. Les contractants s'arrogent un droit de regard dans la politique intérieure d'autres pays. Tout dépend de la manière dont 1' « invitation » serait formulée. Si elle prenait un ton impératif, on imagine facilement les conséquences qui pourraient en découler : par exemple, si l'Allemagne et l'Italie mettaient la Tchécoslovaquie en demeure de combattre la propagande soviétique. Sans aller jusqu'à cette hypothèse, il est certain que la signature du protocole de Rome, intervenant au moment même où siège la conférence du Pacifique, apporte au Japon une sorte d'assistance morale fort précieuse : à la réprobation des démocraties il peut désormais opposer l'amitié des dictatures. POLITIQUE ET DIPLOMATIE LES CONGRÈS l'OLITIQUES Il est, de tradition qu'avant la rentrée des Chambres les grands partis politiques tiennent leur congrès annuel. Aussitôt après le parti radicalsocialiste, à Lille, c'est l'Alliance démocratique qui s'est réunie, à Nice, du 5 au 7 novembre. (les trois journées ont été occupées par de nombreux rapports, exposés et discours, notamment (le MM. Jean Fabry, Louis Rollin, Pierre-Etienne Flandin, président de l'alliance, qui a adressé un pathétique appel à l'union des Français. « S'unir ou mourir ! » a-t-il déclaré. La motion finale, qui a été votée à l'unanimité, s'inspire de la même pensée pour condamner la scission du pays en deux blocs. Dans le même temps, le conseil national du parti socialiste S. F. I. 0. siégeait à Paris. A une très forte majorité — 3.498 mandats contre 909 — il s'est prononcé pour le maintien de la formule gouvernementale actuelle. LA CRISE POLITIQUE BELGE Après l'échec de M. de Man, M. Pierlot, sénateur catholique, a dû lui aussi renoncer à la mission de former le nouveau cabinet belge, et le roi a fait appel à une troisième personnalité : M. Spaak, qui était le ministre des Affaires étrangères du cabinet Van Zeeland. Socialiste comme M. de Man, M. Spaak, (le tendances modérées. jouit (le grandes sympathies personnelles parmi les libéraux et les conservateurs catholiques, ce qui a facilité ses pourparlers. Les trois partis de la coalition l'ont assuré (le leur concours, mais il a été assez délicat (le négocier le dosage des portefeuilles et leur attribution. Lundi dernier, néanmoins, la combinaison était virtuellement sur pied, avec un cabinet de seize membres au lieu de quinze, dont, six socialistes, six catholiques, trois libéraux et un technicien, le général Denis, ministre de la Guerre. M. Spaak, qui n'est âgé que de trente-huit ans, sera le plus jeune de tous les La signature du pacte anticommuniste au palais Chigi. premiers ministres belges. Il sera aussi le premier socialiste appelé à cette haute fonction, qui depuis 1884 a toujours été dévolue à un catholique. LA CAMPAGNE ALLEMANDE CONTRE LA TCHÉCOSLOVAQUIE Périodiquement la presse allemande reprend sa campagne contre la Tchécoslovaquie. Elle vient (le s'y livrer à nouveau, avec une violence accrue, à la suite de divers incidents provoqués notamment à Teplice-Chanov par la préparation des élections municipales qui devaient avoir lieu vers la mi-novembre dans 500 communes environ, dont un tiers de population allemande. Le parti germanique (les Sudètes en avait profité pour se livrer à des démonstrations hostiles et le gouvernement tchécoslovaque a jugé nécessaire d'ajourner les élections. Ce qui doit retenir l'attention, c'est la persistance de l'animosité du Troisième Reich contre la Tchécoslovaquie. Toute la politique allemande tend à avoir les mains libres dans l'Est européen pour des desseins que Mein Kampf a exposés avec une brutale franchise. Cette liberté d'action, l'Allemagne pense la posséder davantage aujourd'hui qu'elle s'est assuré pratiquement la neutralité belge et qu'elle peut espérer que la Belgique ne laisserait pas passer par son territoire une armée française qui se porterait nu secours d'un allié oriental de la France victime (l'une agression. UN DIFFÉREND SUD-AMÉRICAIN Sans invoquer aucun article (lu pacte et à titre de simple information, le Nicaragua vient de porter à la connaissance du secrétariat de la Société des Nations que plusieurs de ses ressortissants auraient été assassinés avec la complicité des autorités du Honditras. Il a annulé, d'autre part, de façon unilatérale, une décision arbitrale rendue naguère par le roi Alphonse XIII sur une frontière litigieuse. C'est cette contestation territoriale qui a rebondi et qui provoque les incidents actuels. Il est assez piquant (le constater que le Nicaragua et le Honduras, entrés imsemble à la Société (les Nations en novembre 1920, sont, tous deux, depuis juin et novembre 1936, en instance de démission. Mais les deux Etats sont signataires (lu pacte Briand-Kellogg (pacte de Paris) de non- IWOUIS à la guerre. Ils se sont déjà combattus en 1891 et en 1907. — R. L. LE ROI DE GRÈCE A PARIS (Voir noire gravure de première pag,. Le roi de Grèce et le général Gouraud à l'Arc de Triomphe. Le roi de Grèce, qui, depuis deux ans qu'il est remonté sur le trône (le son pays, n'avait jamais fait encore aucun voyage à l'étranger, est arrivé à Paris incognito le 1 novembre. Il y est descendu chez son oncle, le prince Georges, et il a consacré son bref séjour à visiter l'Exposition, niais aussi à (les réceptions et à des entretiens oit (les sujets politiques ont. (.videnunent été abordés. déjeuner a été offert (m son honneur à l'Elysée, et le lendemain, c'est lui qui avait pour hôtes, à la légation de Grèce, M. Albert Lebrun, M. Camille Chautemps, M. Yvon Delbos, spécialement revenu de Bruxelles dans la matinée, et plusieurs autres personnalités. Le souverain a quitté Paris le 7 novembre, se rendant à Londres. Ce voyage n'a pas, en soi, de signification particulière. Néanmoins, il souligne le fait que la Grèce, après les multiples tribulations qu'elle a traversées en ces dernières années, a repris un équilibre et une tranquillité intérieure. Sans doute le régime établi par M. Metaxas est-il un régime autoritaire, mais ce n'est pas, à proprement parler, lit dictature fasciste ou nationale-socialiste, et. il s'inspire plutôt (le l'esprit de ce (-lui a été réalisé au Portugal par M. Salazar. Tout porte à croire, au surplus, que ce n'est là qu'un réginte (le transition devant permettre de surmonter les difficultés (le l'heure et de préparer la voie à un retour à un ordre constitutionnel et parlementaire normal, conforme à l'idéal libéral auquel le roi Georges a hautement affirmé son attachement.



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