L'Illustration n°4941 13 nov 1937
L'Illustration n°4941 13 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4941 de 13 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'ouverture de la conférence de Bruxelles dans le palais des Académies.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
294 — No 4941 L'ILLUSTRATION 13 NOVEMBRE 1937 NOTRE AVENIR LA PRODUCTION FRANÇAISE ET LES LOIS SOCIALES Eu confiant à un comité composé de hauts fonctionnaires et d'éminentes personnalités des milieux patronaux et ouvriers le soin de conduire une enquête approfondie sur l'état présent de la production française, M. Camille Chautemps, président du Conseil. se proposait moins de recenser les ressources de réeonoinie nationale que de mesurer l'itn•idence des lois sociales sur cette dernière. Si l'on ne saurait contester en effet que ces lois marquent un progrès social évident, par contre on est en droit de douter sérieusement qu'elles aient engendré un progrès économique. Or, là où il n'y a pas de progrès économique, il ne saurait y avoir de progrès social persistant. L'interdépendance des deux phénomènes est absolue (.1 la suppression de l'un d'eux implique inéluctablement celle de l'autre. Par ailleurs, les statistiques internationales enseignent que partout dans le monde les productions accélèrent leur r.yt lime d'accroissement. Seule la France fait exception. Sans doute arguê-t-on qu'étant entrée la dernière dans la crise elle doit It0giquenxent être la dernière à en sortir. Mais cette explication n'est que partiellement valable, car la reprise (liez autrui est un fait déjà relativement ancien. Là où la crise a été conjurée en trois années, elle persiste encore dans notre pays après cinq ans d'épreuves. C'est done qu'aux facteurs généraux qui ont motivé la dépression mondiale des facteurs particuliers sont intervenus dans le cas de la France. Ceux-ci ne sont-ils pas synthétisés par le nouvel arsenal législatif' dont l'application, depuis juin 1936, a perturbé toute l'organisation du travail dans les industries françaises ? Sans préjuger les développements qne cette enquête comportera, on peut néanmoins, et d'ores et déjà, tenir pour solidement établie une vérité première, à savoir qu'on n'impose pas brusquement et sans préparation à des productions de caractère différent une charte de travail calquée sur un type unique. L'erreur des doctrinaires quels qu'ils soient est de n'apercevoir jamais que les êtres et les choses sont divers et souvent dissemblables. Ils schématisent et unifient et ainsi ils se trompent et désorganisent. La loi de quarante heures n'eût peut-être pas modifié l'équilibre d'une industrie déterminée travaillant dans des conditions déterminées. Mais, par contre, elle pouvait, être mortelle pour un autre groupe dont la situation de production et de vente était sans rapport avec celle de l'industrie précédente. En d'antres termes, une généralisation rigide constituait en soi une faute grave, une faute à ne pas commettre et que les gouvernants ont cependant commise. Aujourd'hui le problème se pose de savoir dans quelle mesure cette faute s'est répercutée sur la production nationale et aussi dans quelle mesure elle peut être corrigée. A en juger par certaines déclarations de représentants qualifiés du monde ouvrier, ces derniers ne seraient pas loin d'admettre l'erreur initiale et la nécessité d'en atténuer les effets. De son côté, M. Camille Chautemps n'a point celé que, si les résultats de l'enquête en einirs en démontraient la nécessité, il proposerait un assouplissement des lois sociales, sans pour cela toucher à leur principe. A cet égard les déclarations qu'il fit à Châteauroux tout récemment ne laissent subsister aucune équivoque, ni sur les difficultés que rencontrera l'enquête sur la production, ni sur celles qui ne manqueront pas de surgir lors de l'action réformatrice h entreprendre. « La vérité, a dit le président du Conseil, c'est que les résultats de l'enquête seront complexes et divers. Dans certaines industries ce n'est pas la main-d'oeuvre qui fait défaut, c'est le travail. Dans celles-là il faudra chercher des débouchés, assurer la trésorerie, moderniser l'outillage, rationaliser le travail. Dans d'autres les commandes affluent et il faudrait plus de travail pour y faire face. Quand les chômeurs auront été réembauchés, quand la main-d'œuvre étrangère aura été admise, s'il faut un effort supplémentaire, un coup de collier, nous le demanderons aux ouvriers, non pas contre la loi de 1936, niais selon ses prévisions, ‘‘t ils l'accepteront dans leur propre intérêt comme dans celui de la nation, dont ils sont solidaires. » LES LOIS SOCIALES FORMENT UN BLOC Dans l'arsenal des lois sociales on distingue volontiers et on effectue (les cloisonnements qui risquent (l'être arbitraires et de fausser la vision du problème d'ensemble. C'est ainsi qu'on isole fréquemment la loi de quarante heures des autres textes pour lui attribuer une responsabilité exclusive dans l'état présent de la production. C'est là particulariser à l'extrême et commettre en sens inverse la même erreur que celle suscitée par nue généralisation excessive. En effet, les diverses lois sociales forment un bloc inséparable. S'agit-il, par exemple, de l'aggravation des prix de revient 2 Comment ne pas reconnaître que ceux-ci sont affectés tant par la loi de quarante heures dans la mesure où elle peut réduire le quantum de production que par les accords Matignon proprement dits et par les textes régissant les congés payés ? Constate-t-on que la hausse des prix de vente, suscitée par eelle (les prix de revient, entraîne une régression de la consommation, nécessité est encore de reprendre l'arsenal législatif de 1936 tout entier pour établir un partage des responsabilités. S'aperçoit-on que les indices des prix montent dangereusement et automatiquement, alors la recherche (les causes devra s'aiguiller dans le sens de 1:1 loi de quarante heures et de l'échelle mobile des salaires. Pareillement, convenir que le problème unique consiste à accroître la production des industries et par cela même à modifier, dans le sens d'une amplification, la durée du temps de travail peut constituer une hérésie. La chose est exacte quand il s'agit d'entreprises ayant des débouchés auxquels elles ne peuvent satisfaire. Elle ne l'est plus s'il s'agit d'entreprises végétant faute de débouchés. Pour celles-ci, ce n'est plus le temps de travail qui importe, mais bien la compression des prix de revient. A quoi bon produire plus si cet excédent ne doit aboutir qu'à la constitution de stocks ? Ainsi donc il convient de se garder soigneusement de l'erreur qui consiste à faire porter à l'une quelconque des lois sociales, et en particulier à la loi de quarante heures, la responsabilité de la persistance dans un sens aggravé de la situation économique actuelle. Sans doute, dans l'échelle des responsabilités, celle-ci tientelle le premier rang. Mais prétendre effacer toutes les erreurs commises en la corrigeant seule n'équivaudrait qu'à ajouter une unité à une addition déjà trop lourde. DE QUELQU'ES DONNftS CONTRADICTOIRES Avant d'aller plus avant dans l'examen de l'état présent de la production française, il est quelques données contradictoires sur lesquelles il est nécessaire d'appeler l'attention. ("est ainsi que l'on est en droit de constater aujourd'hui que la loi de quarante heures, dont le but initial était de parer au chômage, ne l'a nullement atteint. Par conséquent, pour les développements à intervenir, cet objectif initial ne saurait être pris en considération. En effet, la loi instituant la semaine de quarante heures date du 21 juin 1930. Le premier décret d'application est du 25 septembre de la même année et sa mise en vigueur du 1" novembre. Un an, jour pour jour, après la promulgation de la loi, le 21 juin 1937, cette application était presque terminée. Or, les statistiques du chômage nous enseignent que le nombre des chômeurs secourus était de 465.000 en mars 1936. En octobre de la même année, alors que la loi de quarante heures n'est pas encore appliquée, il se réduit à 406.000, soit en chiffres ronds une diminution de 60.000 chômeurs. En juin 1937, il est de 321.000, alors que la loi de quarante heures est appliquée dans la presque totalité des entreprises, notamment dans les chemins de fer, où 60.000 ouvriers et employés nouveaux ont dû être embauchés. Ainsi done, d'une part, une régression de 60.000 du nombre des chômeurs secourus avant la mise en pratique de la loi et, d'autre part, une régression nouvelle de 85.000 depuis celle-ci. Comment, dans ces conditions, soutenir raisonnablement que la loi de quarante heures a eu, dans ce domaine, la portée qu'on prétendait lui attribuer ? Comment ne pas remarquer que les 60.000 hommes recrutés par les réseaux signifient plus un déplacement de main-d'oeuvre qu'un recours aux chômeurs ? S'il en était autrement, nécessité serait en effet d'admettre que, si la part de l'industrie ferroviaire dans la résorption du chômage est de 60.000 unités, la part totale de toutes les autres industries françaises ne serait que de 25.000. Si absurde est un tel raisonnement qu'il :s'élimine de lui-même, comme s'élimine l'argument selon lequel la loi d quarante heures a atteint le but pour lequel ell a été créée. Par ailleurs, à la suite des récentes déclarations de M. Camille Chautemps, certains paraissent croire que les baisses de rendement subies par les industries pourraient être compensées par l'adoption (l'un matériel nouveau, essentiellement moderne. Cette opinion n'est pas totalement dénuée de fondement, ainsi que l'atteste le tableau (i-dessous : Récupération Baisse de la perte INDUSTRIES du rendement par l'adoption hebdomadaire. d'un matériel nouveau. Soieries, bonneteries, filatures 20 à 23 % 0 Faïenceries 22 à 23 % 0 Fonderie et travail des métaux 6 à 38 % 1 à 1,5 % Verrerie (soufi].) Moy. 12,6% 0 à 1,5% Verrerie (glacerie) 0 à 50 % Max. 24 % Moy. 8,3% Pâtes alimentaires 16,6 à 35 % 0 à 20 % Biscuits 6 à 20 % 1 à 9% En aucun cas donc la récupération de la perte engendrée par une baisse de rendement grâce à l'adoption d'un matériel nouveau ne saurait être totale. Par conséquent, il serait vain de chercher dans cette voie un remède à la situation présente. En outre, il convient de ne pas se dissimuler que les entreprises sont, dans leur grande majorité, incapables d'un effort de financement important, effort qui, du reste, tendrait à crée,. des investissements nouveaux et à accroît. charges financières, c'est-à-dire à aggr prix de revient. Mais ce n'est pas tout. L'op', s ralisée que l'élévation des salaires n uva qu'accroître la consommation. Par êr les industries ne devaient plus coi . c de crise de débouchés, ces derniers s'étendant ou se créant au fur et à mesure que les pouvoirs d'achat des différentes catégories de salariés iraient en augmentant. Or, pratiquement, il n'en est rien, ou plutôt c'est le contraire qui se produit. On a bien assisté à des augmentations de salaires considérables : de 20 à 95 % dans la soierie, la bonneterie, les filatures ; de 60 % dans l'industrie du bois ; de 48 à 62 % dans la faïencerie ; de 15 à 80 clans la verrerie; de 40 à 100 % dans la glacerie ; de 42 à 85 % dans les pâtes alimentaires, etc. Mais, en regard de cette ascension des salaires, aucune augmentation de la consommation ne s'est produite. Bien au contraire, celle-ci est en voie de régression, ajoutant encore à la crise des débouchés. De cet état de fait, l'explication est aisée. Lt salariés de l'industrie et du commerce ne représentent qu'une fraction de la consommation. Leur nombre n'excède pas, en effet, 5 millions. Or, si les lois sociales de 1K1 les ont considérablement avantagés, les dévalua ois, la hausse des prix, la persistance de la c,ise ont, par contre, notablement désavantagé tous les autres éléments de la population. Et ce désavantage a été d'une importance telle que la réduction du pouvoir d'achat qu'il a impliquée l'a emporté, et de très loin, sur les moyens nouveaux offerts aux salariés. Voilà donc trois exemples de faits dont les conséquences contredisent les objets. Si nous nous y sommes attardé, c'est que leur connaissance était nécessaire à l'intelligence des développements qui vont suivre. Ceux-ci révèlent, en effet, une situation inextricable tant les catis( 3 qui sont en jeu sont diverses et de port variable. D'ores et déjà on est en droit de pos que le redressement de la production frarcai ne peut être assuré que par des réformes «
13 NOVMEBRE 1937 L'ILLUSTRATION No 4941 — 295 trées. Et l'éternelle cascade recommence : perte de temps, perte d'argent, accroissement des charges, c'est-à-dire des prix, et ralentissement de l'activité. Mais, ainsi qu'on le voit par ce premier aperçu, ce n'est pas la loi de quarante heures seule qui doit être mise en cause. C'est en fait l'arsenal tout entier, tel qu'il a été construit et appliqué. Sans doute la chambre de commerce de Bordeaux s'est-elle prononcée pour un assouplissement de la loi de quarante heures, en fait pour l'adoption de la semaine de quant nt e- cinq heures réparties sur cinq jours de travail. L'adoption effective d'un tel voeu serait une excellente chose. Seulement elle ne résoudrait pas toutes les difficultés dans lesquelles se débattent les administrations et les entreprises des grands ports français, difficultés dont piitit cruellement un domaine important de l'activité nationale. LA M A RI N E SOUS LES CHARGES Un des quais du port de Bordeaux. L'admirable outillage de manutention des marchandises voit son rendement affecté par les nouvelles formules de statut du travail. geant profondément les modalités d'application des lois sociales. LA GRANDE PITIÉ.; DES PORTS FRANÇAIS 'toutes les nations qui sont importatrices de r .tières premières sont obligées d'avoir un e m,mene "xtériear act i f. La France n'échappe p.• à c( obligation. Seulement les lois sociales l'ampêchent de la remplir convenablement. Nous ne reviendrons pas sur les statistiques des imputations et des exportations tant de fois commentées iri, car tel n'est pas notre objet, la difficile situation faite aux grands ports français suffisant à expliquer, dans une grande proportion, l'état fficheux de la balance commerciale. Considérons un grand port comme celui de Bordeaux, port complet, si l'on ose dire, en ce sens qu'il comporte la fois un important mouvement de passagers et un fort trafic de marchandises. Comment supporte-t-il l'incidence des lois sociales S'il s'agit des passagers, la répercussion directe est nulle. Par contre, la répercussion indirecte est grande. En effet, tant à l'embartement qu'au débarquement, les passager; ppréhendent si fort la poussée subite d'une agitation locale qu'ils n'ont qu'un souci : gagner dans 1-s délais les plus brefs leur destination définitive. La conséqueitue de ce désir est qu'ils ne séjo- ..ent plus dans la cité bordelaise. D'où un ma. ne à gagner pour le commerce local et pour l'hôtellerie. D'où encore une plus mauvaise répartition des frais généraux et une accentuation de la crise. S'agit-il maintenant des marchandises ? Ici la situation est plus grave. La loi de quarante heures, l'élévation des salaires, les tarifs des heures supplémentaires et surtout des heures de nuit font que les entreprises de chargement et de déchargement hésitent à se créer des frais nouveaux et permanents, frais qui seront peutêtre consentis en pure perte. C'est qu'en effet 1,• trafic maritime est un trafic irrégulier et eh rgé d'imprévus. Il a ses moments de pointe. 1V' is il a aussi ses heures creuses. Et l'on ne Phot. 1. Clair-Guyot. sait jamais très exactement la masse de travail à effectuer dans une journée déterminée, si proche fût-elle. Dès lors, les entreprises qui se gardent de maintenir en permanence un personnel dispendieux suffisant pour faire face à tous les aléas se trouvent parfois démunies quand se produit inopinément une recrudescence d'arrivées et de départs. Par cela même, les opérations de manutention supportent un temps de décalage, lequel signifie pour les armateurs un séjour plus prolongé dans le port et des dépenses supplémentaires. Autre point : dans les contrats conclus entre employeurs et ouvriers des ports figurent des dispositions ayant pour effet de réduire de façon permanente le rendement des outillages de chargement et de déchargement (1). Ces dispositions engendrent toute une cascade de conséquences : le rendement moindre des outillages augmente le coût de leur amortissement, d'où une aggravation des charges financières pour les administrations des ports ; elles prolongent la durée des opérations et par cela même aggravent la situation des armateurs ; enfin, elles créent des situations qui sont en contradiction formelle avec le progrès économique en général et avec l'intérêt bien entendu des ports eux-mêmes. Mais ce n'est pas tout. La loi de quarante heures ainsi que les conventions collectives liant employeurs et salariés varient, dans leurs modalités d'application, avec les corporations. Or, dans un port. toutes les eut reprises ruminerenfles, industrielles, tous les -erg ires publics sont appelés à collaborer étroitement. Il s'ensuit que, lorsque les horaires de travail ne coïncident pas, et le cas est général, des pertes de temps extrêmement préjudielables à tous sont enregis- (1) Cette constatation, rendue du reste publique par l'Association des Grands Ports français, fait un contraste saisissant avec les déclarations faites par M. Chautemps devant la commission d'enquête sur la production comme avec la déclaration gouvernementale de Rambouillet, en date du 2 octobre dernier, assurant la « nécessité d'accélérer la production, soit par une rationalisation des entreprises, soit par un aménagement du régime du travail ». Quand Clemenceau institua la loi de huit heures, loi qui ne fut pas appliquée internationalement, la marine marchande française manqua périr sous Ic fardeau qui l'aceablait. Pour s'en remettre, dix ans furent nécessaires, et cette loi pèse toujours lourdement sur le fret français. C'est ainsi qu'avant l'avènement des lois sociales un cargo de 8.000 tonnes comportait un équipage de 43 hommes s'il naviguait sous pavillon français, alors qu'il ne nécessitait que 39 hommes sous pavillon britannique, 35 hommes sous pavillon italien et 31 hommes sous pavillon danois. Comme de bien entendu les dépenses étaient en proportion de l'importance de la main-d'oeuvre employée. Mais aujourd'hui la situation est infiniment plus grave, et là encore tout concourt pour la rendre telle. Les hausses des salaires revisés par la procédure d'arbitrage, et revisés dans le sens d'une aggravation, ont alourdi dans des proportions atteignant jusqu'à 72 % les charges financières. La loi de quarante heures, pratiquement inapplicable à la nier, se traduit par un congé payé de trente jours par an, lequel s'ajoute aux quinze jours accordés par la loi sur les congés obligatoires. Le marin est done en fait mis en disponibilité quarante-e n q jours dans l'année. Sous peine de cesser le trafic durant un même laps de temps, il est done nécessaire d'embaucher du personnel de rechange. Ici les choses se compliquent. Le service de la mer exige une main-d'oeuvm spécialisée. Or, il existe une crise d'ouvriers techniciens possédant un métier et sachant l'exereer. Sans doute Inuiton puiser dans les réserves que constituent les professionnels, chômeurs de la marine. Mais ces derniers sont en nombre si limité qu'en aucun cas ils ne sauraient compenser le déficit de main-d'oeuvre occasionné par l'application des lois sociales. Si à cet ensemble on ajoute l'action revendicatrice des syndicats maritimes, action qui fait bon marché des intérêts de la pridession en général, on arrive à un total de facteurs dont l'accumulation suffit à expliquer la situation redoutable dans laquelle se débat l'armement libre français. En fait donc, les premiers résultats enregistrés témoignent, d'une part, de la complexité du problème pissé à l'attention du gouvernement et, d'autre part. de la difficulté d'apporter, en raison de cet te complexité même, une solution d'ensemble à la position difficile de la production française. Au fur et à mesure que nous développerons les différents thèmes de cette enquête, cette double impression initiale se renforcera, faisant ainsi apparaître toutes les difficultés auxquelles se heurtera l'action gouvernementale si elle veut être résolument réformatrice. (A suivre.) R. CHENEVIER.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :