L'Illustration n°4940 6 nov 1937
L'Illustration n°4940 6 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4940 de 6 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... une délégation d'officiers de réserve français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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286 — N° 4940 L'ILLUSTRATION 6 NOVEMBRE 1937 Départ de jeunes recrues canariennes pour la Péninsule. geance, ses patrons l'avaient dénoncé aux autorités comme un militant révolutionnaire dangereux. Envoyé à Gando, il y demeura trois mois. Enfin, son cas fut examiné. Il put prouver son innocence et les véritables motifs de la dénonciation. Ses persécuteurs furent condamnés à lui verser une forte indemnité, à payer une amende de 10.000 pesetas chacun, et le ;dus coupable vint prendre sa place au carnp de concentration. Naturellement, l'histoire a fait le tour (les îles et, tontine elle n'est pas la seule de ce genre, elle a fourni utile sujet de réflexion à tout le monde dans un pays où, malheureusement, peu de gens paraissent avoir eu l'esprit social tant que la plus cruelle des nécessités ne s'est pas chargée (le bousculer les égoïsmes. Les champions (lu nouveau régime ne veulent à aucun prix que le rétablissement de l'ordre soit compris comme un simple retour en arrière. Ils sont, très fiers (le pouvoir (lire que jamais les lois en faveur (les travailleurs n'ont été plus rigoureusement appliquées, jamais les infractions commises par les employeurs n'ont été sanctionnées par des amendes plus lourdes, même sous le règne des syndicats ouvriers extrémistes. C'est de la surenchère si l'on veut. mais ce sont les classes laborieuses qui en bénéficient. Non seulement des chantiers ont été ouverts partout pour lutter contre le chômage, mais des oeuvres de toute sorte s'ingénient à porter secours à la misère, aggravée par la baisse croissante des exportations. Coopératives gérées directement par les membres des nouveaux syndicats, rus' aunti tt populaires, logements à bon niarché, dispensaires; toutes ces créations font d'autant plus d'effet qu'elles partent de zéro. Avant le mouvement., il n'existait rien ou à peu près rien de ce genre, n'ému dans les deux capitales. Les politicienr, avaient fait miroiter de grands projets. Pratiquement, leur activités'était bornée, sous prétexte de laïcisat ion, à contl):0 tee ou à fermer les portes des quelques (ouvres cal holiques existantes. Est-ce à dire que tout est, pour le mieux dans le meilleur des mondes' . Certes non. Le fait seul que toutes ces innovations datent de si peu de temps et qu'il ait fallu un tel cataclysme pour les faire fleurir donne une idée de leur fragilité, de leur carnet ère improvisé et, en quelque sorte, artificiel. Ce n'est pas du jour au lendemain, même en employant les grands moyens, qu'on peut changer la mentalité d'une population, faire comprendre aux luis qu'ils doivent aider les autres, que c'est un devoir absolu et que la façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne ; et à ceux qui reçoivent (le l'aide qu'ils n'ont, pas à se croire humiliés pour cela, ni à conclure que ce qu'ils reçoivent n'est qu'une mesquine restitution faite à contre-cour et bien négligeable en comparaison (le celle à laquelle ils auraient droit et qu'ils auraient pu obtenir revolver au poing. Bien entendu, toutes ces oeuvres coûtent cher. Leur budget s'ajoute à celui de la guerre qui déjà est lourd. Il est assuré par des contributions qui, en principe, sont toutes volontaires et par mille procédés ingénieux qui drainent l'argent indispensable : vignettes qu'il faut payer chaque fois qu'on prend un paquet de cigarettes, ou un billet de cinéma, ou un verre au café, quêtes de toute sorte, ramassage de l'or, des bijoux, timbres de surtaxe, loteries et galas patriotiques. Et puis, il y a chaque semaine un jour sans dessert, un autre jour à plat unique. Il y a les impôts — toujours volontaires — sur les salaires : un jour de paie par mois pour les personnes gagnant moins de 333 pesetas, deux jours pour celles qui gagnent davantage. Dans les deux cas, l'employeur est tenu de verser une contribution « volontaire » égale. Toutes ces souscriptions et contributions sont-elles vraiment aussi volontaires qu'on me l'a affirmé ? Ce serait vraiment trop beau, et pour le croire il ne faudrait pas lire des annonces dans le genre de celle-ci : « M"'" X... (ici le nom (l'un richard quelconque), s'étant signalée par son égoïsme et n'ayant pas contribué clans la mesure de ses moyens à notre mouvement sauveur, est condamnée à une amende (le... milliers de pesetas. » Ou, plus souvent, dans les gazettes locales, il ne faudrait pas voir s'allonger de belles listes précédées de ce préambule : « Liste des amendes infligées par S. E. le gouverneur civil aux personnes qui n'ont rien donné, ou dont les contributions ne sont pas en rapport avec les ressources, à l'oeuvre : « Jour du plat unique », de telle à telle date (à suivre)... » Ces défaillances dans un pays dont l'économie traverse une crise aiguë sont trop naturelles pour faire oublier les manifestations spontanées d'une extrême bonne volonté qui apparaît dans toutes les classes de la société. Les îles ont fourni de Deux phalangistes en tournée de surveillance. grand coeur l'effort qu'on leur demande. J'en ai eu la n mineure preuve en observant. h's jeunes soldats canariens et lems familles au départ (l'un important contingent. J'ai passé avec eux en mer cinq jours et cinq nuits dans des conditions d'inconfort qui auraient pu excuser quelques plaintes. Leur bonne humeur, leur docilité ont fait mon admiration. J'ai donc pu quitter les îles parfaitement fixé sur leur soi-disant agitation, sur la soidisant terreur qui y régnerait. Sur ces deux premiers points de mon enquête, l'image qui résume le mieux, symboliquement, mes impressions est celle (l'un phalangiste canarien que j'ai vu un beau soir de juillet montant la garde devant la mairie de son village : il était en pyjama ! Dans cet accoutrement, avec son gros fusil, il ne lui manquait plus que le classique casque à mèche pour entrer tout vif dans un nouveau chapitre de l'immortel Don Quichotte. INFLUENCES ÉTRANGÈRES AUX CANARIES Mais je n'ai pas été envoyé aux Canaries uniquement pour m'assurer qu'on ne s'y égorgeait pas à l'ombre des bananiers. Au point de vue strictement français, il importait beaucoup plus de savoir ce qu'il pouvait y avoir de vrai dans certaines . rumeurs. Dans l'état présent de tension internationale, et quel qu'en pût être le motif avoué, l'installation de bases navales et aériennes dans l'archipel par des nations étrangères ne pouvait faire bon effet. Et c'est pourquoi certains se sont ingéniés à en répandre la nouvelle, pourquoi je suis heureux de pouvoir la démentir sans hésitation. Il n'y a pour ainsi dire pas d'Italiens, mais il y a toujours beaucoup d'Allemands aux Canaries. Leur colonie demeure la plus nombreuse avec la colonie anglaise. Elle n'a pas augmenté depuis un an. Tout au contraire, elle a diminué. La crise économique a contraint les autorités à expulser tous les étrangers dont les contrats de travail n'étaient pas en règle, et parmi eux nombre d'Allemands. Beaucoup de ceux-ci étaient des réfugiés politiques, notamment des Juifs qui avaient fui le régime hitlérien. Quelques-uns avaient pris part aux troubles qui précédèrent le mouvement. Ils ont été renvoyés en Allemagne. Ceux qui demeurent se tiennent cois ou emboîtent. le pas sans se mêler à la politique locale, tout au moins directement. Il y a des observateurs, il n'y a pas, il n'y a jamais eu de militaires étrangers dans l'archipel. Il n'y a pas, il n'y a jamais eu (le bases militaires, aériennes ou navales étrangères installées, ni avions, ni hydravions, ni sous-marins. ni bateaux de guerre quelconques pouvant en quoi que ce soit modifier sa valeur stratégique ou le rôle qu'il pourrait être appelé à jouer en cas de drame international soudain déclenché. Il n'y a pas même, comme dans la Péninsule, d'instructeurs étrangers chargés de former officiers et sousofficiers. Les seuls aviateurs étrangers, les seuls avions non espagnols appartiennent à la Lufthansa, compagnie postale allemande qui assure la liaison Europe-Amérique du Sud (*). Tout le monde sait que les sous-marins allemands, pendant la grande guerre, ont profité dans la mesure du possible des occasions qu'ils avaient de venir furtivement s'abriter et embarquer des vivres frais dans les criques tranquilles qui ne manquent pas plus aux Canaries que dans le reste du monde. Cela leur a coûté cher parfois. et ce précédent n'est. pas une raison suffisante pour qu'on en déduise qu'aujourd'hui s'installent à loisir des dépôts redoutables, bien compromettants, difficiles à. tenir secrets et, :tu surplus, parfaitement inutiles. Les Canaries. habitées par tant d'étrangers, ne sont pas des îles écartées, faciles à rendre inaccessibles aux curieux, comme les trop mystérieuses Bissagos. S'il n'est pas question de préparatifs inquiétants et secrets aux Canaries. là comme dans la Péninsule apparaissent les effets de certaines propagandes politiques étrangères qui inspirent le mouvement phalangiste. La croix gammée hitlérienne et le faisceau italien encadrent les trois flèches, les nationalistes fascistes Sc donnent la inain face aux internationalistes révolutionnaires. Les chemises bleues espagnoles copient les chemises brunes et noires. Reste à savoir dans quelle mesure (*) Nous croyons bon de noter que l'enquête de notre collaborateur date de juillet-août.
6 NOVEMBRE 1937 L'ILLUSTRATION N" 4940 — '287 les écoliers écoutent les leçons de leurs maîtres, pendant combien de temps ils voudront bien se considérer comme des écoliers. Ce qui convient aux guerriers disciplinés de la Germanie, à leur instinct grégaire, ce qui peut galvaniser les fils de la Louve n'est pas forcément ce qui peut le mieux convenir aux Espagnols individualistes et davantage portés à se déchirer entre petits clans qu'à entreprendre une longue tâche collective. Ils se lasseront vite de toutes les tutelles, trouvent tous, quels qu'ils soient, qu'on se mêle beaucoup trop de leurs affaires et sont bien trop fins pour ne pas se demander ce que coûtent les collaborations les plus désintéressées en principe. Aucun Espagnol ne peut supporter sans peine d'être commandé par un officier russe, italien ou allemand ou de quelque nationalité que ce soit. Quand on lui met entre les mains un bréviaire politique étranger, il peut le trouver très intéressant, cela ne l'empêchera pas de demeurer lui-même. Les parades, les uniformes, les grandes organisations qui étouffent l'individu et l'empêchent de goûter comme il l'entend la douceur de vivre — tout ce qui caractérise les régimes totalitaires — ne paraissent guère de nature à lui plaire longtemps. Le plus tôt il le Pourra, le plus tôt il se livrera à une véritable réaction qui sera à coup sûr xénophobe. Ceux qui l'observent en ce moment peuvent déjà remarquer que, sur les champs de bataille, il apprend à juger beaucoup plus qu'à aimer et est imer ses alliés. Surtout lorsqu'ils ont commis l'imprudence de froisser son amour-propre très sensible en arrivant comme des matamores et en prétendant lui apprendre à guerroyer. D'autre part, lui-même les exaspère facilement par ses défauts et ils ne peuvent s'empêcher de le lui laisser sentir. Pour toutes ces raisons, l'Espagne restera l'Espagne. Elle ne se laissera jamais prendre en remorque. A une condition toutefois, c'est qu'après la saignée qu'elle subit il lui reste assez de forces pour réagir. Tout ce qui peut être échafaudé en ce moment n'a qu'un caractère d'essai. Ne sont définitives que les destructions et c'est ici qu'il faut voir la menace de l'avenir. L'Espagne, après une longue période d'engourdissement, puis d'anarchie, était dès avant cette guerre un pays qui, du haut en bas de l'échelle sociale, manquait d'hommes instruits, utiles, dévoués à la collectivité. Le peu qu'elle en avait est en train (le se faire tuer. La guerre dévore comme toujours les individus les plus énergiques, les plus désintéressés, les plus braves et les plus jeunes. Elle mobilise dans toutes les branches de l'activité les spécialistes les plus compétents. En France, lorsque la guerre a demandé le sacrifice des meilleurs, nous avons vu quel vide ils ont laissé. L'aprèsguerre a été pour nous un drame. Elle promet d'en être un beaucoup plus grave encore pour la malheureuse Espagne. moralement, intellectuellement, aussi bien sinon davantage qu'économiquement. Quel que soit le vainqueur, il trouvera un sol empoisonné par des haines inexpiables dont ma conversation avec un vieux Basque a pu donner une faible idée. Il devra demander hors (les frontières les crédits, les cadres qui lui manqueront. Ce sera une nouvelle occasion pour faire de la Péninsule un objet de rivalités internationales. Pour le moment abcès de fixation au flanc de la vieille Europe enfiévrée, même si médecins et chirurgiens parviennent à circonscrire le niai l'Espagne promet de leur donner pendant longtemps encore de terribles soucis. LES FRANÇAIS AUX CANARIES La colonie française y est très peu nombreuse. Depuis le début du mouvement, nos compatriotes font tout ce qu'ils peuvent pour « tenir », niais je (lois dire que je les ai laissés dans un état d'esprit voisin de celui que j'ai signalé chez les colons de notre Afrique du Nord. Ils se sentaient abandonnés à leurs propres forces, sacrifiés, comme s'ils devaient expier la faute d'avoir essayé de faire quelque chose hors de France. Ils renon- Le retour de trois médecins canariens, parmi lesquels un père et son fils tués dans une salle de l'hôpital de Cordoue par une bombe d'avion. Autour des cercueils, des phalangistes montent une garde d'honneur. çaient à comprendre une politique sentimentale dont la vanité leur apparaissait trop clairement et dont ils étaient les premiers à faire les frais. On aimerait dans certains milieux à faire croire qu'en Espagne nationaliste tous nos compatriotes ont à subir les effets d'une francophobie systématique et déclarée. La vérité est qu'en Espagne nationaliste tout Français est a priori suspect aux yeux de ceux qui reprochent au gouvernement français de Front populaire d'avoir fourni des hommes, du matériel, toutes sortes (l'aides au Frente popular. Mais eux - mêmes ont les meilleures raisons de savoir que tous les citoyens d'un pays ne sont pas responsables de l'attitude d'un parti au pouvoir, et tous ceux qui sont allés au front savent que, s'il y a des Français parmi les miliciens internationaux qui défendent Madrid, dans les rangs de ceux qui combattent au service des idées traditionnelles il y a également d'autres Français. La présence de ces compatriotes corrige les effets de la propagande antifrançaise alimentée par les agences étrangères qui se plaisent à exagérer toutes choses qui peuvent nous être nuisibles et à représenter la France comme entièrement acquise au marxisme, à la veille d'être à son tour en proie à la guerre civile. Tous les quotidiens ont raconté les incidents qui ont marqué la dernière escale du vapeur Maréchal-Lyautey à Las Palmas en juillet dernier. J'en ai été témoin, j'ai vu quelle impression déplorable ils ont produite. La loi internationale condamnait formellement l'équipage qui les avait provoqués, les autorités locales s'étaient montrées très patientes et conciliantes. Néanmoins, en appareillant, les coupables avaient annoncé qu'à dater de ce jour aucune ligne régulière française ne relâcherait plus aux Canaries et leur décision a été ratifiée à Paris. C'est tant pis pour le pres- tige, le commerce de notre pays, c'est tant mieux pour nos rivaux. Le commerce français avec les Canaries n'était plus très florissant. Mais notre trafic d'exportation est-il tellement en hausse que nous puissions d'un coeur léger abandonner un marché qui nous prenait tout de même quelques bons millions de marchandises ? Plus de bateaux français à Las Palmas et à Ténérife, cela veut dire un coin du monde qui nous oublie, des liens précieux qui se dénouent, quelques milliers de paysans, d'ouvriers, d'artisans français qui ne vendront plus leur paille, leurs vins, leurs parfums, leurs articles de luxe. Autant de gagné pour les marins, les marchands allemands, pour l'influence allemande. Si nous avons quelque chose à craindre de sa part, est-ce vraiment le meilleur moyen de lutter contre elle que de lui céder volontairement les positions acquises ? J'ai rencontré aux Canaries comme dans le reste de la Péninsule de vrais amis de la France, connaissant, aimant notre pays, nos ressources, notre langue, désireux de cultiver nos affinités latines. Avec tous les membres de notre colonie, ils m'ont raconté comment depuis un an ils (levaient lutter, s'ingénier pour maintenir le contact. Leur situation financière oblige les nationalistes espagnols à contrôler très strictement les importations, à éviter tout achat sans contre-partie. Si on le voulait, ceci n'empêcherait pas le maintien d'un certain trafic qui, au moins, permettrait à nos commerçants de se cramponner en attendant des jours meilleurs. Ils font pour cela des efforts désespérés ; par exemple, la seule maison étrangère qui, actuellement, dans l'archipel consente à signer des contrats stipulés en pesetas « franquistes » est une maison française. Pourquoi semble-t-on chez nous préférer ignorer ou contrarier par principe ces efforts ? Est-il normal et profitable que nos commerçants installés en territoire nationaliste soient obligés d'user de ruses compliquées et coûteuses pour faire entrer ou sortir leurs marchandises en échappant au contrôle exercé dans nos ports par les dockers qui se refusent à charger ou décharger toute cargaison à destination ou en provenance des ports « fascistes » ? Ne peut-on pas faire comprendre à nos marins qu'un bateau à l'étranger est toujours plus ou moins une ambassade flottante ? Son équipage fait juger le pays auquel il appartient. Quand le courrier de France n'arrive plus à cause de grèves, quand les cambusiers prennent la place du capitaine et soulèvent des incidents ridicules, quand les moutons crèvent ou que les primeurs pourrissent sur les quais d'Afrique parce que le désordre règne dans notre marine marchande, les Français d'outre-mer se sentent plus seuls, moins fiers. Ils ont le coeur douloureusement serré, et il y a quelques millions d'individus de plus qui sont tentés de croire ceux qui leur répètent avec une joie féroce qu'il y a quelque chose de détraqué en France... Habitations à bon marché construites depuis un an à Santa Cruz de Ténérife. JEAN-A. DUCROT.



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