L'Illustration n°4940 6 nov 1937
L'Illustration n°4940 6 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4940 de 6 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... une délégation d'officiers de réserve français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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272 — No 4940 L'ILLUSTRATION 6 NOVEMBRE 1937 ais cherchent à établir entre la Russie et eux. Cependant, la conférence du Pacifique, qui devait s'ouvrir à Bruxelles le 30 octobre, a été ajournée au 3 novembre par suite de la crise ministérielle belge. Le Japon, comme on s'y attendait, a décliné l'invitation qui lui était faite de participer à cette réunion en sa qualité (le signataire du traité des neuf puissances de 1922. L'Allemagne, également invitée comme puissance intéressée aux événements d'Extretne-Orient, a refusé elle aussi, en alléguant qu'elle n'a p:1,, signé l'accord de 1922. La Russie, par contre, ;t accepté de se faire représenter et elle a même envoyé une délégation import ante composée de M. Lit vinoff el de M. Potemkine. La France a pour chef ale délégation M. ''von Delhos, l'Angleterre, M. Eden, Mai>, :tu dernier montent le comte (iano, que l'on espérait, a renoncé à présider la délégation it aucune. LA CRISE BELGE Un pâté de maisons du quartier chinois de Changhaï pulvérisé par la chute de quatre bombes japonaises tombées simultanément. OPÉRATIONS MILITAIRES EN CHINE ET NÉGOCIATIONS DIPLOMATIQUES La bataille de Changhaï — si l'on peut ainsi nommer la suite des combats qui, depuis le milieu du mois d'août, ne cessent de se dérouler avec des alternatives d'accalmie et de recrudescence dans toute la région située au nord-est et :tu nord de la grande cité — a pris, à la fin d'octobre, ute intensité nouvelle, par le fait d'une offensive générale que les .Japonais ont déclenche, le 24 au matin. Cote offensive a tourné à l'avaitlage des assaillants. (pli ont réalisé un gain considérable de terrain, obligeant leurs adversaires à la plraile sur d'autres positions et modifiant sensiblement le, differentes lignes du front. Les principaux épisodes de cet te lutte extrêmement sanglant e sont la prise (le Kiang Ouan et celle (le Tachang, qui ont det(?rminé le repli chinois. Le génera I chinois qui commandait à Tachang se serait d'ailleurs suicidé, pour ne pas survivre à sa défait(?. Continuant leur progression, les Japonais se sont unipares le 27 octobre (le la gare (lu Nord et du faubourg chinois de Chapei, et le 20 ils peuet 'aient it Tchen .fou. Le front se trouve ainsi raccourci el il descend presque en ligue droite depuis le Yang Tse Kiang. Culte situation fait peser 1:1 plus grave menace sur la concession internationale - déjà partiellement occupée par les Japonais et sur la concession franc aise, dont il est aise de voir qu'elles sont au ovur même de la bataille. C'est (tri bordure de ces concessions que les (lillois ont organisé leurs nouvelles lignes défensives. Lit question des réfugies est, (l'autre part, très angoissante. C'est par milliers qu'ils cherchent a forcer l'accès de la ville européenne, où un devoir d'humanité élémentaire a déjà fait accueillir, en dépit de toutes les difficultés que cela suscite, un grand nombre d'entre eux, exténués et affamés. Dans le Nord du, la Chine, les Japonais sont entièrement maitres des trois provinces du Teh:duit?, du Hopei et du ('.hantoung, ils tiennent une partie du S toi Yuan, avec sa capitale, Houei Soui, ()écimée le 15 octobre, et ils ont entamé la complète du ('kami, dont ils menacent la capitale, Taï Yuan Fou. Le long de la voie ferrée de Pékin à Hankeou, ils sont parvenus à 400 kilomètres au sud-ouest de Pékin. Leurs lignes, dans cette immense région, représentent un front 110 1.500 kilomètres, s'étendant sur cinq provinces, ut 200.000 kilomètres carrés de territoire chinois sont maintenant contrelés par eux. Leurs effectifs, pour tenir ce front, sont évalués à 300.000 hommes. Si l'on y ajoute les forces massées dans le Mandchoukouo et celles qui ont débarqué autour (le Changhaï, on arrive à un total d'un demi-million d'hommes. soit l'année japonaise la plus forte qui ait jamais franchi la mer. Politiquement, un fait considérable s'est produit, le 28 octobre : les Japonais ont proclamé, àa Kouei Soui, la reconstitution de la Mongolie intérieure. Manifestation grandiose à laquelle ont pris part 500 délégués, prétendant représenter 3 millions de Mongols et un demi-million de Chinois. Après une minute de silence à la mémoire (le Gengis Khan, le prince Teh Ouan, chef du mouvement autonome mongol, a déclaré que le peuple mongol se place désormais sous la gar(h? du Japon et, que, si la Mongolie extérieure a succombe nionientanement aux nianœuvres soviétiques, la Mongolie intérieure doit fonder une nouvelle nation qui. aidera l'Asie à se débarrasser du Colt mitinisme. Après la création du Mandchoukouo, c'est un nouvel Etat-tampon que les Japo- L'action des « brigades de choc » japonaises dans les combats de Changhaï. Les troupes japonaises comportent des éléments composés de volontaires ayant fait le sacrifice de leur vie et reconnaissables à des écharpes blanches qu'ils portent par-dessus leur veste. Ici on voit quelques-uns de ces volontaires se lancer à l'assaut d'une maison de Changhaï d'où un bombardement intensif n'avait pu déloger les derniers défenseurs. Le premier ministre belge, M. Van Zeeland, que son état de santé avait obligé à aller prendre quelque repos sur 1;t Cède d'Azur, est rentré à Bruxelles le 21 octobre pour donner au roi, qui l'a acceptée, sil démission et celle de tous ses collaborateurs. Cette crise politique pst la conséquence des nouveaux développements pris par l'affaire de la Banque nationale, qui a été exposée ici même le 11 septembre. On se souvient qu'à cette époque le parlement belge avait été convoqué en session extraordinaire pour entendre les explications de M. de Man, vice-président du Conseil, au nom dut gouvernement, et (le 'AI. Zeeland lui-mènw, en son nom personnel. Le débat s'était terminé par un vote de confiance à la très forte majorité? (le 134 voix contre 34 et 21 abstentions à la Chambre, et de 121 voix contre 6 et 17 ;tbstentions au Settat. M. Vaut Zeeland avait etc mis hors de cause clans les irregularités ou les imprudences commises par les dirigeants( de l'institut d'émission, et sa parfaite intégrité avait été proclamée. Malgré cela, il apparaissait que le gouvu‘nument était ébranlé. L'opposition intensifia sa campagne, et quelques nouveaux éléments apportes par l'empiète judiciaire ont convaincu le Premier qu'il n'avait plus l'autorité nécessaire pour conserver ses fonctions. ('e grave épisode de la vie publique belge est comme une revanche de la politique sur un homme qui avait toujours voulu se tenir en dehors d'elle. Car M. Van Zeeland n'a jamais cté un politicien. Il n'était milite pas députe quand sa compétence technique de financier el d'économiste lui fit offrir un poste de ministre d'Et:it dans un cabinet de Brocqueville, en juin 1031. puis, en mars 1935, à tin montent de complet désarroi, le désigna pour prendre 1;1 direction du gouvernement. Tous les partis, faisant trêve à leurs querelles, lui avaient promis leur concours. Il effectua une dévaluation monétaire qui devint une source (le prospérité, remit le budget en équilibre, rendit a 1;1 Belgique une balance commerciale positive, reconstitua les réserves (l'or, accomplit des réformes sociales hardies avec une prudence qui évita les perturbations et les désordres que, dans des circonstances analogues, la France a malheureusenu?nt. connus. Mais, pour mener à bien son oeuvre de reconstruction, M. Van Zeeland avait peut-être trop négligé les contingences parlementaires. La campagne rexiste le contraignit, le 11 avril dernier, à se présenter u•ondne candidat à une élection législative partielle contre M. Léon Degrelle. La victoire triomphale qu'il remporta sur son adversaire ne le nid pas à l'abri des attaques et des intrigues. Le inalaisi s'accroissait. La politique extérieure du gons ermment troublait les milieux .wallons, sa politique intérieure lui aliénait les conservateurs. Les extrémistes de gauche et de droite en profitèrent pour user le régime aux yeux de l'opinion. Le « scandale » de la Banque nationale fit le reste. La crise se produit dans un montent très difficile. La Belgique a plus que jamais besoin d'union nationale, et la coalition tripartite des catholiques, des socialistes et des libéraux semble la seule formule viable. Alois quel homme est en mesure de la présider'' Après de laborieuses consultations et le refus du? M. Vandervelde, leader socialiste, le roi a fait appel, le 28 octobre, à M. du? Man, un autre socialiste, aux tendances souvent hétérodoxes et dont la personnalité a soulevé tant de résistance parmi les libéraux qu'il a dû renoncer à sa mission. Le souverain s'est alors retourne vers les catholiques : M. Van Overberghe, ministre d'Etat, president du groupe sénatorial de la droite, s'est récusé, pour raisons de santé, mais M. Pierlot, sénateur conservateur et ministre de l'Agriculture de M. Van Zeeland, a accepté, et au début de cette semaine il poursuivait ses négociations. — R. L.
6 NOVEMBRE 1937 L'ILLUSTRATION N() 4940 -- 273 Miss Jean Batten portée en triomphe à son arrivée à Croydon. LES VOYAGES DE MISS JEAN BATTEN Miss Jean Batten, que les avert i,sements de ses pairs n'ont pas détournée (les voyages rapides en avion léger sur les grandes routes du monde, vient d'ajouter à ses « records de parcours » celui de l'itinéraire « Port-Darwin (Australie)-Angleterre ». ("est en 5 j. 18 h. 15 m., battant de 14 heures le temps de son rival Broadbent, que la jeune aviatrice néo-zélandaise a en effet couvert les 15.400 kilomètres d'une route difficile. Cette route est même indiscutablement dangereuse pour un petit avion terrestre, sans poste de T. S. F. ni dispositif auxiliaire de flottaison, et dont les seules armes sont : la qualité du pilote, le rayon d'action et la vitesse. Toujours seule à bord de son Pereival-Gull à moteur de 200 ('V, capable de franchir jusqu'à 3.800 kilomètres par vent nul à 250 km.-h. de vitesse de croisière, miss Batten a fait escale le premier jintr à Batavia, le second à Alor-Star et Rangoon, le troisième à All:thabad et Karachi, le quatrième à. Bassorah et Damas, le cinquième à Athènes et Naples, le sixième à Marseille et Lympnit, avant de toucher Londres-Croydon. Elle subit de terribles orages en Méditerranée ; elle arriva épuisée au but, niais — alors qu'on la portait en triomphe — elle pria qu'on la remît à terre pour qu'elle pût, aller fermer elle-même à clé, ce qu'elle avait négligé de faire, la porte de son avion. 5.780 KILOMÈTRES SANS ESCALE EN HYDRAVION En 34 h. 40 m., du 25 au 26 octobre, le grand hydravion Latécoère-521 Lieutenant-de- Vai,semt-Puri, est allé de Port-Lyautey (Maroc) à Maceio (Brésil), portant de 5.280 à 5.780 kilomètres le record de la distance en ligne droite pour cette catégorie d'aéronefs. La vitesse moyenne, d'ailleurs un peu réduite (les vents contraires, est ainsi de 166 km.-h. les tables actuelles de la F. A. I. montrent e l'hydravion militaire italien trimoteur a récemment couvert à 308 km.-h., avec 1.000 kilos de charge, 5.200 kilo' ,êtres en circuit fermé ; par ailleurs, les grands hydravions modernes de transport à vaste cabine, comme les Sikorsky américains et les Short anglais des services d'essai transatlantiquCW où -comme le. nouveau Lion' et Olivier H-216, concilient avec la forte charge et de grands rayons (l'action une vitesse de croisière de 240 à 270 km.-h. La performance du Latécoère-521 correspond donc à une technique dépassée, et rien n'est plus naturel puisque l'hydravion — longuement décrit ici il y a plus de deux ans -- est de conception plus ancienne encore. Il reste que ce gigantesque appareil, le plus grand encore (le ceux qui volent, doit à ses dimensions mêmes et. à sa capacité de charge — il vient de décoller au poids de 41 tonnes — (le pouvoir établir ou battre un certain nombre (le records. Nous serions cependant peu sensible à sa remise en service s'il ne devait en résulter rien (le plus qu'un prestige techniquement disent able pour notre aéronautique, soudainement accusée d'avoir laissé fuir trop de records. Bien plus valablement la mise en oeuvre de ce très grand hydravion, remis au point sous la direction (lu capitaine de corvette Bonnot et confié à la compagnie Air France - Transatlantique, permet l'entraînement des équipages d'élite auxquels incombera, (lès 1938, la responsabilité de voyages d'études sur l'Atlantique-Nord. On imagine mal, n effet, tous les problèmes d'adaptation que posent la complexité des circulations d'essence et d'huile, des connexions et des commandes, la technique spéciale des manoeuvres et des liaisons sur l'eau ou en vol pour des machines volantes de cette taille, nécessairement actionnées par 4 à 6 moteurs: dans le cas du Lieutenmtt-de-Voi.sseau-Paris, 6 Hispano-Suiza de 650 CV. Cette complexité d'équipement impose une rigoureuse division du travail l'équipage. Pour le vol record que nous avons rapporté, cet équipage avait une particularité assez saisissante : les six hommes qui étaient à bord ont, à eux tous, franchi 224 fois l'Atlantique-Sud par la voie des airs. Le radiotélégraphiste Néri comptait, au 2f octobre, 75 traversées ; le navigateur Cornet, 74 ; le chef pilote Guillaumet commandant de bord, 57. — H. B. LES OFFICIERS DE RÉSERVE FRANÇAIS EN YOUGOSLAVIE (Voir notre gravure de couverture.) Au mois d'avril dernier, au 17° congrès de l'Union nationale des officiers de réserve à Nice, M. Stopadinovitch, vice-président de l'Association (les officiers de réserve yougoslave, avait lancé à ses camarades français un appel pour qu'ils vinssent en Yougoslavie. Répondant à cette invitation, un groupe de 80 officiers de réserve français vient d'accomplir, du 22 au 30 octobre, un voyage à travers les provinces yougoslaves. Conduits par le président de l'association, le commandant. Désiré Ferry, ancien ministre, auquel s'i'ttait joint le président des Poilus d'Orient, M. Henri Plontz, ils furent les hûtes de l'organisation des officiers de réserve yougoslaves que préside le colonel Bogdanovitch. Dès l'instant où ils eurent franchi la frontière. L'hydravion français hexamoteur Lieutenant-de-Vaisseau-Paris quelques instants avant son départ. au cours de leur voyage triomphal à travers la Yougoslavie, à Bled, à, Ljubljana, à Zagreb, à Belgrade, à Skoplje, à Serajevo, à Monastir, les officiers de réserve français ont été partout l'objet de manifestations spontanées. Le cri de « Vive la France » les a escortés, mais nulle part mieux Glue devant le monument de la Reconnaissance à la. France mots n'avons pu voir s'exprimer d'une façon plus vibrante le sentiment d'indéfectible affection de la foule anonyme groupée autour de l'olivet de Mestrovit ch. Le discours enflammé du vint-président des officiers de réserve, Stopadinovitch, ét:dt sans et-se interrompu par les cris (l'enthousiasme dont les échos parvenaient jusqu'au chêne de Barthou et jusqu'à la blanche légation toute proche. C'était le rappel de l'amitié séculaire entre les deux pays, l'évocat ion des cloches de Notre-Danaé sonnant pour la Serbie, I hommage aux grands hommes français qui ont ilefendu par la plume ou par l'épée la cause (le ce pays, le tribut de reconnaissance de la ville de Belgrade « chevalier de 1:1 Légion d'honneur ». Mit s'en fallut, au retour (lu INlaleinegdan, que l'ordre du défilé ne fût troublé par des excès d'explosion du sentiment populaire tant la foule était entraînée par un mouvement irrésistible d'enthousiasme. Ce furent là des minutes int enses et rares. En ces jours les coturs des combattants français et yougoslave, ont battu à l'unisson ; on a vu briller sur la poitrine des Yougoslaves l'insigne (les officiers de réserve français, le casque (lu soldat surmontant la devise « France d'abord ». On a vu unanimement se mouiller de larmes les yeux des pèlerins français et de leurs camarades yougoslaves, devant la tombe du roi Alexandre, Les deux présidents des associations yougoslave et française des officiers de réserve, MM. Bogdanovitch et Désiré Ferry, déposant des couronnes devant le monument du cimetière français à Belgrade. — Phot. comm. par Al ," Simone au moment où retentissaient les accents déchirants de la liturgie orthodoxe, pendant l'office funèbre dans la crypte sombre du mausolée d'Oplenatz. Dans le silence poignant coupé seulement par quelques sanglots de femmes, à la lueur tremblante des veilleuses et des cierges de cire brune, on a vu le commandant Ferry se baisser sur la dalle de marbre et déposer une urne renfermant de la terre de Verdun, « symbole de la résistance française ». Depuis la guerre bien des années se sont écoulées, bien des événements fortuits, parfois tragiques, sont venus mettre à l'épreuve cette :moitié franco-yougoslave qu'on avait pu même un instant croire ébranlée. Pourtant, tout est venu démenti: ces insinuations plus ou moins perfides. Hier, le président du Conseil yougoslave, M. Stoymlinovitch, venait à Paris renouveler le pacte d'amitié qui unit les deux pays ; aujourd'hui, (les officiers (le réserve français de toutes les régions et de toutes les armes sont venus fournir un témoignage éclatant de fraternité aux anciens combattants yougoslaves. Cette amitié indéracinable, que nous avons vue s'exprimer partout vivante et fidèle, c'est le sentiment. c'est la conviction qui s'imposent, à tous ceux qui suivirent le voyage des officiers de réserve français à travers la Yougoslavie. SIMONE MISSIRLITCH.



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