L'Illustration n°4940 6 nov 1937
L'Illustration n°4940 6 nov 1937
  • Prix facial : 5,50 F

  • Parution : n°4940 de 6 nov 1937

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... une délégation d'officiers de réserve français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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270 X" 1940 L'ILLUSTRATION NovEmintE 1937 LA CRISE MONDIALE ET LES ÉVÉNEMENTS D'ASIE L'article que voici. Ju docteur A. Legentlre.de l'opinion sur les affaires fait depuis longtemps oillorilr". oro;1 et Huns usait curolli: minci (piéclolcol le., ho,li7W, core 1" (.:".ne h 1"P" ),. -Von. le 1",hh."".' suit bcst,i d rien changer, cor sert (odeur, colonie OH le rurra dernières lignes. semblait annoncer les Ï, 1 ,(ulenients actuels. On qualifie souvent d'économique la crise qui frappe netuellement toutes les nations. Est-elle vraimant (le cet ordre, c'est-à-dire due surtout à des causes économiques N'est-elle pas, au contraire, avant tout (l'ordre social, psychique inme, les troubles éc(momiques n'étant guère qu'une suite, une résultante Depuis Vingt-cinq ans environ et surtout depuis la guerm, les Européens, et plus encore les Américains. se sont évertués inconsciemment à désorganiser, donc à ;Ilq:auvrir d'énormes naisses humaines, celles de l'Asie en particulier, clientèle de l'Europe, sous le prétexte de les émanciper, de les libérer d'un passé ancestral jugé par ces dogmatiques trop en retard sur leurs idéologies à eux, même les plus folles : croyance à une fraternité de tous les peuples, à une paix prochaine sans limite de durée ; 1;1 foi aussi dans le concept de l'égalité des races, de leur égalité de potentiel cérébral, et par suite (le leur rapacité d'évolution. ('es dogmes pour le moins imprudents ont été transposés sous la forme d'interventions (le toute sorte, de mesures d'ordre éducatif ou administratif qui ne pouvaient avoir d'autre résultat que (le détruire l'équilibre mental et social de ces masses. Et le désordre actuel dans le monde, la révolte grondant partout contra la suprématie de la race blanche proviennent de ce déséquilibre. (Ii, les troubles sociaux sont toujours générateurs de misère et, lun. suite, de sousconsommation. :Vais le plus étant,?' est que ces émancipateurs professionnels. ittopisi es d'Angleterre (1), de France et des Elats-Lnis, se sont imaginé qu'ils s'acheniiimient, par l'application de fornu11es Vailles, vers la paix universelle, sous l'éH(le de la Société des Nations. Le stems vontmun, sinon ln science, aurait dû pourtant leur révéler le danger d'une émancipation prématurée pour tant (le peuples, encore dans l'enfance ou cristallisés depuis des millénaires dans des traditions el des croyances d'une indiscutable valeur morale et sociale, freins puissants ayant fait leurs preuves, qu'il était de la dernière ingirudenee de vouloir détruire sous prétexte qu'ils stait archaïques on n'ont rien de démocratique. Les gouvernants ont laissé faire et la Société des Nations a favorisé cette politique d'aberration. L'o.:uval; DU « it;:DEmyrEun » AmfinevIN L'Américain a été particulièrement ardent dans cette WIIVre néfaste d'émnancipatiun ll z1 en eifet une curieuse tendance à s'imaginer que ses concepts politiques etsOelalIN. ses croyances inique, sont facilement assimilahless par tous les peuples, quel que soit leur ûge biologique et mètne quel que soit l'état de leur culture. \Vilson donna le branle avec le dogme (le la « self-di:terminafion l'e fut mie sorte de délire humanitaire, la croyance soudaine ti la possibilité d'une transformation magique des peuples attardés. Les plus ardents de ces nouveaux croisés, de ces « uplifters » (rédempteur), furent des groupes religieux de l'Amérique protesta nie. I )es années durant, ils ont chevauché les 'niées, cherché à réaliser L'irréalisable, en cette très vieille Cliine notiun- (1) J. O. P. Bland, dans son livre si instructif : China — lie pu) oJ ri. dénonce les lourdes fautes de ces utopistes. ment où ils ont prétendu transformer l'âme ancestrale. la faire évoluer au commandement. Et ainsi, traditions, croyances, vie familiale, autorité paternelle jugée trop absolue, tout fut sapé, miné, sous le fallacieux prétexte de « » à notre image. Y a-t-il moyen plus radical (le détruira l'ordre établi ? La femme chinoise fut spécialement visée : il t'allait la libérer de ce que les « uplifters » qualifiaient de « servage familial ». Libérée, elle l'est (le plus en plus, niais à quel prix ! Jamais la moralité publique ou familiale n'est tombée aussi bas. Aussi tout l'édifice social et économique s'en trouve-1-il ébranlé, disloqué. ("est un écroulement. C'était inévitable. Notre morale, -notre système familial, qui devaient faire merveille, ne peuvent remplacer les traditions, les vieilles disciplines : elle est trop limite, trop abstraite pour eux. cette morale, et notre discipline familiale, trou lâche. Aussi nos concepts incompris prêtent-ils à toutes les licences, poussent-ils aux pires désordres surtout chez les jeunes, les étudiants. Toute évolution psychique ne se réalise que lentement, graduellement : c'est une loi de nature, rien ne saurait prévaloir contra elle. A la violer, on n'aboutit qu'a exalter les instincts, les tares organiques. Dans le tréfonds (le son :lie, l'éducateur étranger a voulu être un bienfaiteur. un rédempteur, et dans la dure réalité il n'a réussi qu'à se révélir un naufrageur social. Il a même détruit la piété filiale en Chine, cette piété qui a été la suprême force, la clef de Vnîd e de l'édifice social depuis les temps les plus reculés. « A bas la famille ! » clame aujourd'Imi l'étudiant. S'il est, en la patrie de Confucius, tille parole sacrilège, c'est bien cellelà. Pour qui connaît l'ancien empire, son respect mystique de la famille, cette odieuse condamnation de la cellule sociale est un grave signe des temps et une brutale réponse à ces éducateurs européens et américains qui nient la possibilité d'une bolehevisation de la Chine. L'ACTION DU « RÉDEMPTEUR » MOSCOVITE Si l'Inde et l'Indochine sont moins atteintes que la Chine, elles le doivent à la présence de leurs protecteurs, jusqu'ici vigilants, et le nui] y est pourtant déjà grand. D'autimt plus que l'action (le Moscou est venue s'allaiter l'omvre de dissolution trop bien commencée par les humanitaires, les « uplifters > professionnels ; et cette action n'a fait wu( s'amplifier depuis 19'25 par l'inertie des gouvernants. Jamais, peut-on dire, pareil flot d'illusions et de mensones n'avait encore battu en brèche les positions de la race blanche en Asie, menacé son r0le nécessaire de p ionnier et de tuteur. Moscou y apparaît connue le « rédempteur », le ilouveau Messie pour d'énormes niasses humaines, pour SOO millions d'Asiatiques si pauvres dans l'ensemble. Il suggère des espoirs insensés, je ne sais quel âge d'or. Il flatte tous les instincts, tons les appétits des niasses, leurs Artilleurs chinois communistes. vagues aspirations aussi, par la promesse (le l'égalité avec le riche, le puissant, suprême flatterie pour l'Asiatique dont l'orgueil est sans bornes, qu'il soit coolie ou inaialarin. Examinons maintenant, du pond de vue politique et économique, les effets des deux grandes influences mises en jeu : d'action démocratique et d'action moscoutaire. LA MILITARISATION DE LA CHINE La Chine s'arme rapidement, devient un:' nation militaire. Le gouvernement de Nankin, en 1933, a décrété la conscription pour toute la Chiite. Or, elle possède déjà plus de 2 millions de mercenaires, sans compter les brigands organisés et l'armée communiste des « Jacques ». Le toukhni 'Tchang Eai Chek (plaide à lui seul (100.(100 reîtres ti sa solde, qu'il qualifie « soldats nationaux ». Pour donner toute efficacité au système de la conscription, l'instruction militaire a été déclarée obligatoire dans chaque école, collège ou université(l La connaissance des principes de l'art de la guerre figurera même sur le programme d'admission aux grandes écoles. Bref, ce pays, dans son ensemble, est 110\1'11U la proie du militarisme et non moins du communisme. Mai, qu'on songe à l'énormité des armées qui peuvent être mobilisées, armées que couve Moscou et qu'elle a déjà tant l'ont l'ibn(' à organiser en 15)25 et plus tard. Vorochilof aime h les appeler ses « troupes de chou » contre le Japon. Il y a aussi l'Allemand devenu l'instructeur des rut-rues de Tchang Kai Chek. Quelle réserve de hordes inépuisable ! L'EXPÉRIENCE DU K((1 (1 MING TANK ais d'où dérive cette régression de la Chine, ce retour à la féodalité ? De l'expérience politique extravagante qu'en 15)11 a. tentée le parti Kouo Ming Tang sous la poussée ardetile d'émancipateurs ail lais et américains. ('e parti n'a-t-il pas prétendu passer brusqueinent de pOriare«1 à rikn, Wnweralique, faisant donc fi des lois do l'évolution humaine ! L'expérience est eoncluante depuis l'année 11925 où, les Etats-Unis ayant reconnu le clan (lit « nationaliste », toute une presse pacifiste dont on ne compte plus les dupes en Europe proclama bruyamment l'apparition d'une ère maivelle en Chine : la stabilité dans l'unité et enfin le bonheur pour le pé siaa ou peuple Chinois. La réalité, 011 la (quittait : la guerre civile, l'anarchie solidement établie et la famine devenue chronique, annuelle ; une tyrannie plus lourde qu'a aucune époque. Toute une énorme masse _humaine révèle au monde sa poignante détresse, clame son meroisse sous le talon brutal de millions de reîtres et de bandits. Dans son désespoir, elle ne souhaite, ardemment, ni plus In moins que l'intervention de l'étranger, des grandes nations, pour la débarrasser de ses tyrans. Dans le Nord, dans les cités et les campagnes qui furent occupées ou surveillées en 1900, lors de la révolte des Boxers, par le corps expéditionnaire des grandes puissances, dans (ps provinces une question anxieuse est posée par le peuple aux Européens : « Est-ce que les étrangers ne vont pas revenir mettre l'ordre dans notre pays ? La paix régnait si complète sous leur loi ! » Bien mieux, l'Armée du Salut, étant allée s'établir en Chine ces dernières années, reçut aussit(51 des demandes pressantes de diverses régions, demandes d'une vigoureuse action. Ces pauvres Chinois prenaient l'Armée du Salut pour une armée de secours européenne ! UN ÉTAT SOVIÉTIQUE DANS L'i.:TAT CHINOIS Mais, dans la situation présente, il est un fait nouveau d'une dangereuse portée, c'est l'existence d'un véritable Etat soviétique dans l'Etat chinois. S'il s'est créé et développé, c'est par la faute du régime, (lit « républicain », de Nankin, si odieux que des millions de
6 NovENIBRE 1937 L'ILLUSTRATION N0 4940 -- 271 paysans se sont jetés dans une folle aventure par haine du Kouo Ming Tang.. Cet Etat soviétique est fortement organisé : il a son drapeau, le drapeau rouge (h, Moscou ; il bat monnaie à l'effigie de Karl Marx et de Lenine. II possède surtout une armée véritalile dont les cadres ont été éduqués à l'Académie militaire de Berlin ou (le Moscou. ('es officiers sont pleins de ferveur soviétique et supérieurs à veux (le l'armée de Nankin ; c'est une force redoutable, d'autant plus que Moscou actionne tous les rouages de la machine administrative et militaire, prévoit et prépare une nouvelle poussée : l'invasion et la contamination de toutes les régions vitales de la Chine propre, en dehors de la Mongolie et du Turkestan déjà soviétisés. Cette poussée a d'autant plus de champs (le succès que la jeunesse lettrée chinoise a des tendances nettement révolutionnaires. Les socialistes d'Europe et même les libéraux, avec la Société des Nations, se refusent à voir dans l'agitation bolchevisante et xénophobe de l'étudiant chinois Indre chose que la manifestation d'un née-patriotisme. Mais la xénophobie a toujours été et reste la forme spécifique du nationalisme chinois : il serait bon de ne pas l'oublier, étant donné surtout que ce prétendu nationalisme revendique l'Indochine et les colonies anglaises du Pacifique. LA RESPONSABILITÉ DE L'INTERVENTION F.TRANCkRE Mais, en dernière analyse, à qui incombe la responsabilité première de la situation présente en Extrême-Orient ? Elle incombe, hélas ! comme nous l'avons dit plus haut, à une action étrangère imprudente qui a brisé l'unité de la Chine et en a fait l'épave actuelle. L'organisation politique et sociale de ce grand pays était si forte, si solidement étayée sur des traditions millénaires qu'il a fallu pour la saper, et par suite amener la chute (lu régime mandchou, toute l'aetion tenace, incessante de l'Européen et de l'Américain, leur infiltration, leur intervention constantes dans tous les domaines, mémo familial et éducatif. Si, au contraire, la dynastie mandchoue était restée au pouvoir, la Chine eût évolué graduellement, eût pros nssé en améliorant ses institutions, dans le respect toutefois de ses traditions vitales, de (Piles qui avaient fait sa force, qui avaient permis sa durée à travers les vicissitudes de son histoire. Tout le peuple chinois aujourd'hui a le profond regret de la disparition de la dynastie. Or, les doctrinaires étrangers, loin de reconnaître la nocivité de leur ouvre, l'étendent à d'autres domaines : ils travaillent aussi, à la grande joie de Moscou, à « libérer » l'Annamite, le Javanais et l'Indien comme le Chinois. Et, comme la Chine, l'Inde et l'Indochine sont des clientes de l'Europe, il résulte de ce désordre, de ce chaos, que les marchés de ces vastes territoires se rétrécissent de plus en plus puisque le pouvoir d'achat de ces masses asiatiques se réduit chaque année. Etonnez-vous donc qu'il y ait tant de chômeurs en Europe et en Amérique ! Mais. comme si la pauvreté grandissante de ces peuples n'était pas suffisante, la politique de l'étalon-or est venue accroître le gaeliis politique par le déclin brutal de l'activité industrielle et eoninwreiale dans presque toute l'Asie. Je fais ici allusion à la chute profonde du métal-argent: plus de la moitié de sa valeur intrinsèque. C'est un désastre que cette moins-value pour des niasses humaines très pauvres en général et déjà si touchées dans leurs maigres réserves par des années de crise. La finance internationale a donc singulièrement aggravé l'oeuvre néfaste des doctrinaires sociaux, en réduisant l'actif de centaines de millions d'êtres ; d'où Etudiantes chinoises prêtant serment, devant les autorités réunies à Nankin, de défendre jusqu'à la mort la Chine contre l'invasion japonaise. — Phot. Mauricio Fresco. l'énorme sous-eow:ommtion existant en Asie et la force du Japon qui a su adapter ses prix de vente à cette pauvreté. LES ENI Quels sont les remèdes à la situation présente dans le monde, h ce désordre général et à la misère qui en dérive I t'abord, revenir en arrière, respecter les traditions, les croyances des vieux peuples et surtout se garder de briser l'armature ancestrale. L'assimilation sociale entre races très différentes, préconisée par des coloniaux en chambre, est pure fantaisie ; elle n'est pas réalisable : la biologie s'y oppose. Certains concepts qui nous sont si familiers sont tout à fait incompris de l'Asiatique. Ainsi les termes « démocratie, liberté, égalité » sont pour l'Indien, le Chinois ou l'Annamite vides de sens et n'évoquent aucune réalité, même pour les classes cultivées. Ecoutez cet Hindou, Tagore, pandit de la plus haute culture : « L'Inde, dit-il, a été la triste victime, ces dernières années, de l'illusion du progrès par la démocratie. » Même réaction au Japon qui revient aux traditions du shintoïsme, sa grande force sociale. En pareille crise, certains conseilleront de se tourner vers la Société des Nations. Mais quelle confiance lui accorder ? Ses erreurs sont multiples autant que ses carences. En 1933, elle a voulu sauver son prestige, niais n'a-t-elle pas jeté ses principes par-dessus les moulins en se rangeant du côté de l'anarchie chinoise contre l'ordre En outre, la Société des Nations n'at-elle pas laissé domestiquer, asservir, sans protestation aucune, 150 millions de Russes dont la misère aggrave la crise mondiale ? Il est aussi une politique dite de « conciliation », de « good will », à laquelle il n'est que temps de renoncer. L'Allemand, par exemple, ne nous prouve que trop ce qu'elle vaut. Dès 1926. .j'écrivais que l'Allemagne, sitôt relevée par mis soins, ne pourrait qu'être impérialiste et qu'une « pax germanisa » ne serait jamais qu'une réplique de la « pax romana », soit le repos du guerrier dans l'hégémonie réalisée. Dès 1930, j'expliquais par des raisons d'ordre historique et surtout biologique que le projet de Pan-Europe ne pouvait aboutir qu'à la création d'une Pan-Germanie. Même politique, dite de « conciliation », à l'égard de la Jeune-Chine : celle-ci y a répondu par la violation de tout traité international et la volonté de nous imposer un régime juridique qui serait celui de la jungle. Cette politique étrange de paix à tout prix ne peut donc qu'aggraver la crise mondiale et porter l'atteinte la plus grave à notre prestige, cette grande force, faite de droiture et d'humanité, qui si longtemps nous a permis d'assurer la paix en Asie et en Afrique. Bref, il n'est que temps de reconnaître -que gouvernants et cénacles pacifistes, trop souvent mus par la I l' Internationale et par des mirages sociaux, n'ont abouti qu'à une rég ress politique et sociale, avec l'appauvrissement rapide, depuis dix ans, de l'humanité entière. Sait-on ce que la révolution a coûté à la Chine l 25 millions de sa population disparus par le fer et par la blini depuis 1911 jusqu'à ce jour. Ce sont les peuples, hélas ! qui paient de leur sang. les erreurs des visionnaires sociaux. Ces visionnaires, du point de vue économique, n'ont aussi que trop bien réussi à jeter le trouble ailleurs et même en Europe. Elle n'est que trop réelle, cette vague de misère, de détresse qui s'enfle, déferle partout, malgré la surabondance de certains produits, de céréales en particulier. S'il en est un exemple frappant, douloureux même, c'est bien celui de la Chine où des millions de paysans sont morts de faim, ces dernières années, pendant que nlmérique regorgeait de blé el le brédail. Mais ce blé était inabordable, ' trop cher pour le pauvre Chinois. En ce qui regarde l'avenir, profitons au mullas de l'enseignement des faits, de réalités poignantes ! On lieus parle de paix. Ecoutez ce qu'un jour a dit la Malaria, étalant sans vergogne les buts de la Ill' Internationale : Lorsque les tambours de la grande armée rouge battront, résonneront en large et au loin, lorsque nos baïonnettes et nos avions rouges porteront dans le inonde le signal de la révolution communiste, de l'élmincipation des peuples, alors luira le jour du jugeaient, de l'expiation pour les impérialistes. ('e sera l'heure de la délivrance pour l'Inde, pour la t'hine, pour toutes les races oppriiné(s el tort urées. C'est l'étendard de la libération pour M'inanité entière que nous levons et la volonté (l'aboutir est notre suprême loi. Et ce sont les mêmes gens qui prêchent la paix, la veulent « indivisible », la « pax sovietica » sans doute, c'est-h-dire, pour l'humanité, le servage « indivisible » dans la misère chronique. Cependant, depuis le dernier coligrès du Komintern, le Bolchevik a changé de tactique, est devenu conciliant : il prêche même le nationalisme, le patriotisme. Et lui, l'ennemi av(itté de toute religion, tend la main aux catholiques comme aux bouddhistes ou aux musulmans. Sous le fallacieux prétexte d'une réconciliation dans l'intérêt général il a même contribué à regrouper des partis politiques dans les démocraties. Le pharisaïsme politique s'est-il jamais élevé aussi haut Et c'est mie manueuvr. de grande envergure puisqu'elle s'étend jusqu'à la Chine. Le jeu oblique des Soviets pour soulever la Chine contre le Japon a été révélé récemment (lors de l'affaire des deux Tchang : la capture et la libération de Tchang «Rai Chek par Tchang Sue Liang), mais Moscou s'est d'autant plus vite dérobé que des interventions puissantes ont eu lieu, eu particulier celle de l'Angleterre qui redoute tant un conflit en Asie. Moscou est donc relit ré dans l'ombre, mais le drame continue. Les Soviets possèdent, en effet, un nouveau puissant moyen d'action : ils ont réussi à constituer en Chine un « Front » de leur façon, lequel, naturellement, réclame le pouvoir et, jouant du patriotisme, dénonce chaque jour le Japon. Ce « Front » est en voie de créer un vrai foyer de guerre. Le feu va couver jusqu'au jour choisi par Moscou pour une grande flambée en Asie si, en Europe, on n'aboutit pas à déclencher un conflit. Or, nous sommes si occupés en Europe que nous ne pensons guère à l'Asie et à la terrible surprise qui peut en surgir soudainement. Finira-t-on par comprendre où Moscou mène les peuples ? Dm:71'mi A. LEGENDRB.



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