L'Illustration n°4345 12 jun 1926
L'Illustration n°4345 12 jun 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4345 de 12 jun 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution militaire en Portugal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L'ILLUSTRATION Le graveur en medaille,i à l'Académie de France imbu de ces détestables préjugés que tant d'honnêtes gens partagent avec vous, si vous vous êtes imaginé par exemple que, pendant tout le temps qu'a duré votre visite, nous étions en classe. sous la férule de quelque maitre impitoyable. apprenant par coeur les canons de Polyclète ou copiant d'après l'antique des têtes casquées, des bras armés de glaives et des jambes aux belles cnémides. Croyez qu'il n'en est rien et que, pour être les successeurs de Galilée à la Villa Médicis, nous n'en sommes point les prisonniers : que la guerite que vous avez vue à l'entrée de la porta Pinciana n'abrite aucun factionnaire, même la nuit, et que, pendant les trois ans que dure notre pension, nous sommes les maîtres absolus de notre temps et de nos pinceaux ou de nos ciseaux, à la seule condition de nous conformer au règlement. Ce règlement, dont il serait trop long et rare fastidieux d'énumérer les articles, n'a rien, du reste, d'excessif, et il n'est, en tout pie. pas de nature à étouffer notre génie, si par hasard nous en avons, Il va d'ailleurs s'élargissant de jour en jour, et si les pensionnaires, ainsi que je vous l'ai dit, trouvent pourtant encore à le discuter, al faut avouer que c'est, le plus souvent, par principe et, d'ailleurs, sans grande conviction. Il n'y aurait donc pas la plus légère ombre au bonheur des pensionnaires, n'était cette campagne perfide et tenace que l'on mène loin d'eux, loin de Rome, contre eux et contre leur Villa. Ah ! ces articles injustes et méchants où l'envie (Mairie° quia quiescunt) essaie de se masquer du voile de la pitié, où l'on crie à la faillite du Prix de Rome, parce que la destinée s'est montrée cruelle pour un ancien pensionnaire, où l'on agite le fantôme des déconvenues qui nous attendent peut-être quand nous ne demandons qu'à jouir en paix du bénéfice indiscutable de l'effort que nous avons fourni. Ah ! ce reproche que l'on adresse si souvent à notre pauvre Villa de n'avoir rien produit, quand elle n'a. pour l'étayer et pour ne parler que de ces quelques là : Fragonard, David, Ingres, Regnault, David d'Angers, Rude, Carpeaux. Garnier, Berlioz, Gounod, Bizet et Debussy... Assez, tout au moins... pour excuser l'oeuvre de Colbert. Rome, ro avril 1926. R.-M. C.
12 JUIN 1926 L'ILLUSTRATION N° 43e, — 605 le trésor, qui consiste en une importante somme en pièces d'or destinée aux serviteurs des sanctuaires de la Mecque et de Médine. Il envoie, en outre, pour les habitants de la Ville sainte, d'énormes quantités de céréales. A 10 heures précises, vingt et un coups de canon signalent l'arrivée de S. M. le roi Fouad I'', dans un magnifique attelage à huit chevaux, vêtu en costume d'officier de la garde et ayant à sa gauche le président du Conseil des minstres, Ahmed Ziwer pacha. L'attelage royal est précédé et suivi d'une belle escorte de lanciers de la garde, tous beaux types d'Egyptiens de tenue impeccable. Des janissaires, pieds nus, courent près des chevaux. Le roi descend lestement de voiture, salue aimablement les personnes présentes et, précédé du grand chambellan, Said Zulficar pacha, s'assied sur le fauteuil installé dans la salle de réception. Sur un signal du grand chambellan, la caravane du Tapis sacré se met en mouvement, saluée par la musique militaire, puis, lentemeLt, fait trois fois le tour de la piste, au milieu des acclamations papulaires. En tête de la caravane, vient le chameau "portant le hodag monumental, puis cinq ou six autres chameaux de plus petite taille, couverts de rouge et sur lesquels sont installés des musiciens, en riches costumes orientaux, jouant du fifre et du tambour. Les trois tours accomplis, l'émir El-Hag vient présenter au roi une miniature du Tapis sacré et la caravane continue son chemin vers la capitale, joyeusement acclamée et saluée par le peuple. Le roi passe ensuite en revue Sous le dais royal, devant la citadelle du Caire : le roi Fouad, encadré par Ziwer pacha, président du Conseil (à sa gauche), et Zulficar pacha, grand chambellan (à sa droite), assiste à la cérémonie du Tapis sacré. LA CÉRÉMONIE DU TAPIS SACRÉ AU CAIRE La cérémonie du Tapis sacré, qui a lieu annuellement, à l'occasion du départ pour la Mecque du pèlerinage officiel égyptien, fut renouvelée le 15 mai au Caire, après trois ans d'interruption. En 1923, le Mahmal, c'est-à-dire le cortège officiel du pèlerinage, avait atteint Djeddah quand un différend surgit avec le chérif Hussein, alors roi du Hedjaz. Celui-ci prétendait interdire l'accès des Lieux saints à l'escorte militaire et aux missions médicales qui accompagnent traditionnellement le Mahmal, sous prétexte que leur présence constituait une atteinte à l'indépendance et à la souveraineté du Hedjaz. Devant l'impossibilité de faire entendre raison au chérif Hussein, l'émir El-Hag, le chef du pèlerinage égyptien, se conformant aux instructions du gouvernement du Caire, rebroussa chemin avec tous les présents qu'il devait distribuer dans la Ville sainte. Cette retraite était d'autant plus grave pour le Hedjaz que la population de ce pays vit presque exclusivement des libéralités des pèlerins et, plus spécialement, des pèlerins égyptiens. Pour les mêmes raisons et aussi à cause de la guerre qui sévissait au Hedjaz entre Ibn el Séoud. sultan du Nedj et chef des Wahabites, et le chérif Hussein, le pèlerinage officiel égyptien fut interrompu en 1924 et en 1925. Cette année, Ibn et Séoud ayant définitivement établi son autorité au Hedjaz, après que le chérif Hussein et son fils, le chérif Aly, eussent successivement abdiqué, tint à être agréable à l'Egypte. Il fit tous ses efforts pour que la tradition du pèlerinage officiel fût reprise. Obligé cependant de ménager les susceptibilités de ses adeptes wahabites qui forment, comme l'on sait, une secte musulmane très sévère en matière de pratiques religieuses, il pria le gouvernement égyptien : en premier lieu, de renoncer à son habitude de faire accompagner d'une musique l'escorte militaire du Mahmal et, en second lieu, de prévenir les pèlerins que l'usage du tabac est interdit en Terre sainte. L'origine de la cérémonie du Tapis sacré remonte au treizième siècle de l'ère chrétienne, septième siècle de l'Hégire. Elle fut instituée par Chagaret el Dor, la dernière reine de la dynastie des Ayoubites, renommée pour sa piété. Le tapis est une grande pièce de soie toute couverte de broderies en fil d'argent et d'or représentant des versets du Coran. Il est destiné à recouvrir la pierre noire de la Kaaba et est accompagné de quatre frises également en so:e et brodées de la même manière, que l'on suspend aux parois de la Kaaba. C'est un travail magnifique. Le gouvernement égyptien a établi. un service spécial comprenant les artisans les plus habiles du pays qui préparent toute l'année ces riches tentures. La veille de la cérémonie. le Tapis sacré est exposé à l'admiration du public. Le 15, au matin, de très bonne heure, la place que domine la citadelle du Caire avait été envahie par la foule accourue de tous les coins de la capitale pour assister à la cérémonie. Au pied des grandes murailles de l'historique citadelle, on avait installé le dais royal : tapis somptueux, riches tentures arabes, drapeaux verts, oriflammes multicolores formaient un coup d'oeil splendide. Dès 9 heures, les troupes égyptiennes, représentant toutes les armes, étaient venues en très bon ordre se ranger autour de la place. A 9 h. 30 arrivèrent les hauts personnages, les dignitaires de la Cour, les ministres et sous-secrétaires d'Etat, pachas aux riches uniformes brodés d'or et chamarrés de grands cordons et de décorations, les grands ulémas de l'Azhar, les officiers supérieurs de l'armée, de la police et de la garde royale, les hauts fonctionnaires de l'Etat. En face du dais et au milieu de la place, le Tapis sacré, ou Kesswa, et ses accessoires. Plus loin, le chameau, magnifiquement caparaçonné, ayant sur le dos le hodag, une sorte de pagode dans laquelle le Tapis sacré sera placé. Jadis, ce chameau faisait le voyage jusqu'à la Mecque, aussi le choisissait-on très beau, très grand et de bonne constitution; maintenant, après l'établissement du chemin de fer et l'invention des automobiles, il n'est plus qu'un symbole. Avec le Tapis sacré, le gouvernement égyptien envoie chaque année aux Lieux saints la Sorra, c'est-à-dire Le roi Fouad' remontant en voiture. les troupes égyptiennes, puis regagne le palais d'Abdine, chaleureusement applaudi tout le long de la route. Il y a lieu d'ajouter, en terminant, que les préparatifs du départ du Mahmal durent huit jours. Le nombre des pèlerins égyptiens est évalué cette année à près de 25.000. Le pèlerinage prendra fin par le Courban Bairam, ou fête du Sacrifice, que les pèlerins célébreront à la Mecque le 20 juin prochain. JOSÉE MAUER-SÉKALY. La « hodag ». renfermant le Tapis sacré. promené processionnellement à dos de chameau.



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