L'Illustration n°4342 22 mai 1926
L'Illustration n°4342 22 mai 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4342 de 22 mai 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 103 Mo

  • Dans ce numéro : la fin de la grève en Angleterre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 — ANN. L'ILLUSTRATION 22 Mai 1926 UN MUSÉE DE L'ART DÉCORATIF MODERNE LA GALERIE EDGAR BRANDT L'entrée de la galerie Edgar Brandt, 27. boulevard Malesherbes, à Paris. Vers le milieu du boulevard Malesherbes, à gauche dans la direction de l'église Saint-Augustin toute proche et dominant de son dôme les têtes des arbres qui ombragent toutes les avenues de ce beau quartier de Paris, au no 27, une façade entre toutes appelle le regard. Elle se distingue par sa somptuosité simple et chaude. Elle semble recouverte, du sol au premier étage, d'un revêtement de bronze sombre rehaussé d'or mat. Des paons et des faons stylisés animent le fond du décor. Dans l'ample vitrine qu'elle encadre, des lampadaires élancés, des devants de feu qui semblent avoir été brodés à même le métal par une dentelière experte, des candélabres, des vases aux flancs harmonieux, toutes choses c•ffrant ce ton gris et doux d'argent pâle particulier au fer battu et domptée par le marteau, des grès et des porcelaines, des verreries étincelantes, des statuettes blondes ou blanches, de marbre ou de bronze clair, un choix nombreux et discret de parures d'intérieurs sollicitent le passant. A mi-hauteur de la glace, une enseigne mobile sur cristal renseigne avec une réserve élégante : « Galerie Edgar Brandt. » C'est là que le maître ferronnier a ouvert depuis quelques mois, depuis que la grande Exposition internationale de 1925 a fermé ses portes, un vivant musée permanent de l'Art décoratif moderne. Il aurait pu l'alimenter de sa seule production personnelle. Car la ferronnerie permet une variété inépuisable. Mais il y avait à éviter l'écueil de la satiété. Il y avait à se préoccuper de mettre à la disposition du public un ensemble dont la séduction ne souffrît aucune lacune. Il fallait que le visiteur trouvât aux dispositions préparées pour lui à la fois un plaisir artistique et un profit, c'est-à-dire qu'il reçût comme un enseignement de ce que l'aménagement harmonieux d'un logis peut ajouter de charme à l'existence de celui qui l'habite. Et c'est pourquoi Edgar Brandt a voulu appeler auprès de lui, boulevard Malesherbes, tous les décorateurs notoires de l'époque, tous ceux, comme il l'a dit, qui mènent à ses côtés la bataille pour l'art moderne, pour un art véritablement issu de la vie contemporaine et strictement harmonisé aux exigences précises de celle-ci. Voilà comment, dans la galerie du ferronnier, voisinent en ce moment les ivoires et les écailles des Bastard et des Lipchytz ; les sculptures, morceaux précieux ou grandes figures, des Joseph Bernard, des Blondat, des Dej ean, des Pompon ; les dinanderies, les laques, les saisissantes incrustations sur métaux faites parfois de coquilles d'oeuf, cette fragilité, incorporées à l'acier, le corps le plus dur, des Carrel et des Dunand ; les meubles de haut luxe et de plein confort des Bouchet, des Jallot, des Joubert, des Leleu, des Ruhlmann, des Sue et Mare ; les dentelles de Mme Chabert- Dupont ; les verreries ou les grès d'art des Daum, des Decceur, des Decorchemont, des Lalique ; les papiers peints de Gabriel ; les photographies artistiques de Mme Albin Guyot ; les belles reliures plaisantes aux bibliophiles des Pichon et des Kieffer ; les porcelaines décorées de Luce ; les médailles du graveur Navarre et l'opulente orfèvrerie de Puiforcat, et les tapisseries de Montagnac et jusqu'à l'étincelante joaillerie de Paul Brandt. Dans les salles, les tapis épais de Da Silva Bruhns mettent comme une mousse profonde sous les pas. La visite de la galerie Edgar Brandt, ouverte à tous, accessible à tous, où l'on est guidé avec la plus intelligente affabilité, si on le désire, par les représentants du maître ferronnier, où l'on peut, au contraire, errer librement si on le préfère, est une longue promenade fertile en sensations pour quiconque a le sentiment et le goût de l'art. Animée d'une vie continue, puisque la plupart de ses éléments sont régulièrement renouvelés de quinzaine en quinzaine, elle se compose d'une grande salle au rez-dechaussée et d'un premier étage divisé symétriquement par un hall central. En entrant, tout de suite, face à la porte, on est frappé par la séduction que dégage la baie de l'escalier où luisent doucement, dans le clair-obscur, les lignes parallèles de la main-courante de bronze doré reproduisant une mouluration cannelée d'une finesse inexprimable. Dans la salle même, l'attention, sollicitée de toutes parts, a peine à se fixer. Une ample table de fer bronzé et de marbre gris, dont le plateau repose sur un faisceau de volutes développées en corolle comme les pétales d'une fleur, supporte un marbre pur de Max Blondat l'Amour endormi. Au fond, encadrant des vitrines, deux curieuses, deux amusantes petites consoles de marbre et de fer forgé solipèdes assurent leur équilibre sur un pied central joliment cintré. Des lustres, de dessins divers, pendent du plafond comme de grands bouquets On s'arrête, on s'attarde devant une puissante porte d'intérieur de fer argenté, De cette pièce monumentale se dégage une pénétrante grandeur, une extraordinaire ampleur de mouvement. Cette oeuvre admirable, un des chefs-d'oeuvre de Brandt, est formée de fleurs et de feuillages que relient de grandes volutes tout entières forgées au marteau et qui donnent une impression de force émouvante. Une autre porte similaire, d'un autre cachet, est exposée dans la grande salle du premier étage. Celle-ci est de fer et de 1 ronze, à deux vantaux ouvrant, avec fronton. Rehaussée d'un or dont la patine a été délicatement obtenue par une usure artificielle, elle est formée d'écussons reliés par de légères volutes et où des danseurs en relief obéissent sans fin à un rythme gracieux. On ne quitte pas cette salle sans donner un coup d'oeil, parmi les précieuses choses qu'elle renferme, aux magnifiques vases de Sèvres qui en parent le fond et, dans le hall central du même étage, avant de redescendre, on revient encore, après les avoir une première fois vues, aux deux grandes consoles surmontées de glaces, aux délicieuses petites tables de ferronnerie, aux grandes amphores de fer forgé, aux torches-appliques de fer d'un art vigoureux qui le décorent. C'est au premier étage encore, au fond du hall, à droite, que se trouve la salle des lustres. Portet-elle, au fait, réellement ce nom ? 11 lui suffit de le justifier. A son plafond s'allume, comme une constellation nombreuse, la plus curieuse collection de lustres que ferronnier ait jamais réunie, sortie de ses mains. Il en est de légers, de mignards, avec des élancements de lis. Il en est de massifs, d'une lourdeur voulue, exprimant la richesse et la puissance. D'autres tirent leur caractère de leur rude simplicité. Et il en est, au cadre de fer plat, enserrant du verre de vitrail, qui ressuscitent ces grandes lanternes rustiques, aujourd'hui si évocatrices, que le vent balançait jadis, pour la joie du voyageur attardé, au pignon des auberges accueillantes du bon vieux temps. Le bon vieux temps qu'Edgar Brandt, artiste cultivé, apprécie pour ses traditions heureuses et pour tout ce que son héritage garde de précieux aux observateurs et aux chercheurs ! En réalisant sa galerie du boulevard Malesherbes, confron- L'escalier menant au premier étage. tation permanente de la production artistique décorative à la critique du grand public, c'est-à-dire source incomparable d'échanges d'idées mutuellement fécondes, le maître ferronnier n'a pas seulement témoigné d'un prévoyant et haut esprit d'initiative. Par les principes de coopération et d'union confraternelles qu'il a donnée pour assises à cette création, il a institué pour tous les producteurs français une expressive leçon de choses. PIERRE SEN. Quelques vues d'intérieur de la galerie Edgar Brandt — Photographies F Harand.
CAN 15 AVENUE DE LA GRANDE-ARMEE .P 18 22 MAI 1926 L'ILLUSTRATION A xxorTrEs — 29 Produits de qualité -incontestée 111111111111,111110 I iiiiiii 11 11111111111111111 nioaminal 11111111111111111 11111111111111111 mHIIIIIlnary IuiiinHinuq MI111111111111 11111111111111111f 11111111111111111 11111111111101 1111 Ls AvENuE o 1011111111111111( I 111111111111111 PALIERS A BILLES A ROTULE , 7 (machines pour le travaildu bois .des metaux,de la pier re; pompes,ventilateurs,es soreuses; broyeurs .pulvérisateurs.conc asseurs,désa grégateurs;appareils de le- vage et de manutention mécanique:matériel de mines etde la métallurgie matériel textile, de l'industrie papetière:matériel électrique. hydraulique:machine à tra outchouc; vvays . etc__ automobile etc-- ).aviation,chernins vailler la Pegu de fer le cuir, et tram- le ca- x..re. Lm/AMOR TISSEUR elEeb" Fabriqués par cala , I5,Avenue de la 331° P C 128841 n.1 olp95 e Grande Armée _PARIS ceepi 15 AVENUE DE Le



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