L'Illustration n°4341 15 mai 1926
L'Illustration n°4341 15 mai 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4341 de 15 mai 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 98,7 Mo

  • Dans ce numéro : la mort du prince Napoléon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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500 — N 0 434 .1 L'ILLUSTRATION 15 MAI 196 également fréquent dans la civilisation occidentale, il n'en est pas moins vrai qu'une telle opération aurait été, en Europe, entourée d'un plus grand nombre de précautions. Quoi qu'il en soit, avec le type de scaphandre qui ne met pas le corps humain à l'abri des formidables variations de pression d'une plongée et d'une remontée, le travail sous-marin dépend trop de la résistance physique de l'homme. Mais voici qu'approche le moment où ce genre de travail va se e mécaniser » et va permettre à l'homme d'atteindre les rra ndes profondeurs. UN SCAPHANDRE POUR LES GRANDES PROFONDEURS Mise à l'eau du scaphandre métallique Neufeldt et Kuhnke, type P-7. On distingue le visage du plongeur, à travers le verre épais de la fenêtre centrale. A droite et à gauche de cette fenêtre, les hublots latéraux. Un peu au-dessus, le hublot grillagé, à la drmte duquel on aperçoit le bouchon d'entrée du câble léger Contenant les fils téléphoniques et électriques. Il n'y a plus de tuyau d'amenée d'air. des accidents physiologiques qui peuvent survenir : d'abord, troubles censoriaux (cécité, surdité), puis troubles de la locomotion et de la sensibilité générale (paralysie des membres inférieurs), enfin troubles cérébraux (perte de connaissance, mort subite). Ce serait, d'après lui, l'azote qui, emmagasiné dans l'organisme, n'a pas le temps• de se dégager de ce qu'il appelle e les capillaires du système nerveux central ». On sait, en effet, que les gaz se dissolvent dans les liquides, dans le sang en particulier, en quantité d'autant plus grande qu'ils sont à une plus grande pression. Ainsi, l'azote de l'air se • dissout d'autant • plus dans le sang humain que le corps est:à une plus grande profondeur. Si la remontée est trop rapide, l'azote se remet en liberté sous forme de bulles trop nombreuses, qui n'ont pas le temps de se dégager assez vite et qui encombrent l'économie du corps. Aussi, pour remonter de 40 mètres de profondeur, faut-il prendre son temps et mettre au moins 40 minutes. Cette profondeur de 40 mètres est d'ailleurs la limite à laquelle le corps peut travailler, ne pouvant rester plus d'un quart d'heure dans une atmosphère aussi comprimée. Exceptionnellement, certains sujets robustes, comme les pêcheurs d"éponges et de corail des pays orientaux, ont pu aller jusqu'à 50 et même 60 mètres. Mais de tels excès ne peuvent se répéter. Ainsi le Journal de la Marine marchande du 14 janvier dernier raconte l'émouvant sauvetage entrepris par six plongeurs japonais, à Port-Saïd, par 60 mètres de fond, pour récupérer, à bord d'un navire nippon torpillé pendant la guerre, un trésor de plus de 10 millions de francs. L'opération dura 71 jours; la cadence des plongées était ainsi réglée : deux minutes pour la descente, dix minutes de travail et trois minutes et demie seulement pour la remontée, avec un arrêt d'une minute à 15 mètres de profondeur pour la décompression. Pour subir un tel régime, il fallait des sujets tout à fait exceptionnels. Malgré leur aptitude, sur les 6 plongeurs, trois tombèrent dangereusement malades et un autre, frappé de paralysie, succomba. Il faut avoir le singulier mépris de la mort qui caractérise l'âme japonaise pour affronter un tel risque. Si le courage professionnel est Les épaves sous-marines à rechercher et à explorer sont, en effet, très souvent à des profondeurs supérieures à 60 mètres. Ainsi le sous-marin M-1 et les grandes épaves du Lusitania et de l'Egypt se trouvent sur des fonda de 80 à 120 mètres. Pour atteindre de telles profondeurs, où règnent des Pressions analogues à celles auxquelles résistent nos chaudières de machines à vapeur, il faut évidemment des dispositifs tout autres que ceux employés jusqu'à ?résent. Le scaphandre ordinaire n'a pas seulement 'inconvénient d'obliger l'homme à travailler dans une atmosphère comprimée et, par suite, de limiter la profondeur à explorer, mais aussi celui de faire perdre !in temps considérable dans les descentes et surtout dans les montées, si l'on veut ménager la vie humaine. De plus, le long tuyau d'alimentation d'air comprimé est particulièrement encombrant ; le traîner continuellement derrière soi limite considérablement le liamp d'action et entrave sérieusement la pénétration à l'intérieur même des épaves. Enfin, dans son vêtement souple, l'homme reste trop vulnérable, sous certaines mers, aux terribles morsures des requins. La lutte contre des squales, qui atteignent parfois 9 et 10 mètres de long, est par trop inégale. Déjà, il est vrai, pendant la guerre, la lutte sousmarine avait provoqué, dans l'organisation du scaphandre ordinaire, certaines améliorations. C'est ainsi qu'il avait été reconnu que, lorsque le sous-marin s'étant posé au fond de la mer, certains travaux extérieurs étaient nécessaires, il y avait le plus grand intérêt à rendre le scaphandrier plus indépendant dans ses mouvements autour du navire. On a donc cherché à rompre l'attache qui l'entravait et à remplacer le tuyau d'arrivée d'air comprimé par un dispositif autonome et à régénération d'air. C'est ainsi que le système Boutan a prévu — à l'intérieur du casque — un dégagement gazeux provenant d'une bouteille d'oxygène et d'air comprimés à 150 kilogr. par centimètre carré. Ce dégagement produisait en même temps une aspiration de l'air vicié et un retour dans le casque de cet air débarrassé de l'aCide carbonique par un lavage dans une solution de potasse caustique. Une bouteille d'air comprimé à 200 kilogr. permettait au scaphandrier de gonfler, en cas de nécessité, son vêtement pour remonter à la surface comme un ludion. C'est cette idée de l'autonomie du plongeur et de la régénération automatique de son air qui vient d'être reprise par la Société Neufeldt et Kuhnke, de Kiel. Mais à cette idée est venue se joindre celle de la substitution du vêtement rigide, métallique, au vêtement souple du scaphandre ordinaire, idée qu'en décembre 1914 un ingénieur américain, Chester E. Macduffee, avait essayé de réaliser. L'Illustration du 3 janvier 1920 a donné une photographie de ce scaphandre entièrement métallique, sorte d'armure moyenageuse, parfaitement étanche et par conséquent isolant complètement le corps humain de la pression hydraulique, lui permettant, dès lors, de plonger plus profondément et plus longtemps, et de supporter de rapides variations de l'immersion. C'est, en somme, la réalisation d'une cloche sousmarine articulée. La difficulté principale était évidemment de rendre étanches, sous de fortes pressions, des articulations aussi importantes. Macduffee laissait couler, par les jointures, les fuites inévitables; il voyait, par elles, un moyen de lubrifier l'articulation. Mais, par une petite pompe, actionnée à l'air comprimé et fixée sur le dos du scaphandre, il reprenait cette eau qui s'accumulait dans les pieds et, au moyen de deux petits tuyaux plongeant jusque-là, la rejetait à l'extérieur. Nos photographies donnent une idée d'ensemble du nouvel appareil de plongée conçu par la maison de Kiel. Le scaphandre comprend une carapace, en un alliage d'aluminium extrêmement résistant, percée d'une fenêtre en verre très épais (7 centimètres et demi) et de trois hublots. Les jambes et les bras sont en segments articulés. Le plongeur, très à l'aise à l'intérieur, peut dégager ses bras de leurs enveloppes métalliques articulées pour pouvoir, en toute liberté, manipuler les soupapes ou les leviers de commande. A l'extrémité de ces bras métalliques, il peut manier, à travers l'enve-
15 MM 1926 /...)/LLUStRATION No 4341 — 501 loppe, des outils : cisailles, pinces, crochets, etc. Les mains n'ont pas à entrer en contact avec l'eau et l'isolement de la pression extérieure est ainsi complet. La coupe ci-dessous de l'appareil montre, à l'intérieur, le masque au travers duquel se fait la respiration du plongeur. Ce masque communique avec un récipient contenant un produit chimique absorbant l'acide carbonique. On voit, de plus, sur le dos de la carapace, des bouteilles d'acier contenant de l'air et de l'oxygène comprimés à 150 kilogr., de façon à pouvoir toujours renouveler l'atmosphère intérieure et à pouvoir refouler, hors des waterballasts — qu'on aperçoit sur le dos, audessus des bouteilles — le lest liquide lorsque le moment est venu de remonter à la surface, à la façon Câble de descente Arrivée du câble téléphonique hublot 4rilla9é Téléphones Manomètre de profondeur Masque nasal Fenêtre en verre épais Sonnerie Batterie pour lumière electrique Comas ,-Déclenchement du câble Echappement d'air Thermomètre Ba rom etre Water-ballast Manomètres d'a i r Bouteille en acier d'air et d'oxygène comprimés Arrivée d'air dans le scaphandre Aussi les récentes recherches du sous-marin M-1 ontelles été une véritable révélation. Dans des conditions atmosphériques médiocreinent favorables et au milieu d'un courant sous-marin de- 2 kilomètres à l'heure, les scaphandriers allemands ont pu effectuer trois plongées. Deux fois ils ont atteint le fond de la mer, à 82-mètres, et chaque fois ils ont pu y séjourner plus d'unelenre. S'ils n'ont pas retrouvé le sous-marin, c'est que le point où gît l'épave n'avait pas été préalablement repéré. A une de ces..plongées, le câble de descente s'étant détaché, le scaphandrier est très facilement remonté par ses propres moyens à la façon du ludion. Mais actuellement c'est sous 120 mètre d'eau et au milieu de courants sous-marins assez forts qu'il faut pénétrer à. l'intérieur de l'épave de 1".F.gypt et faire sortir une à une les 1.20q- caisses de lingots d'or et. d'argent qui constituent un:trésor de 150 millions. Le grand paquebot Egypi, de la c Pedfnsular and Oriental C° », était en route pour Bombay, en mai 1922, lorsqu'à 22 milles du -phare, d'Arfeen et à 26 milles au Sud-Ouest d'Ouessant il—entra en collision, par un épais brouillard, avec le vapeur Seine, armé pour le Havre. Le choc fut tel que le paquebot sombra très rapidement. Néanmoins le vapeur put sauver et ramener à Brest de nombreux passagers. On retrouva bien une vingtaine de cadavres, mais le nombre des morts fut estimé à 96. Une société française, l'Union d'entreprises sousmarines, entreprend, en ce moment, au nom des assureurs anglais et avec le concours de la Société allemande Neufeldt et Kuhnke, le sauvetage du trésor. L'épave avait déjà été retrouvée, en 1923, par la Gothenburg Salvage and Towage C° », en faisant traîner sur le fond de la mer de lourds grappins munis de crochets traînés par trois bateaux et en opérant autour du lieu présumé de la catastrophe une marche Circulaire à orbes décroissants. Mais, pour identifier l'épave 'ainsi accrochée, -on était arrivé, à l'aide d'appareils spéciaux, à prélever sur elle des traces de peinture .ae coque dont l'analyse révéla bien la présence de 1"gep.t. Le point fut ainsi établi à 48°10' de latitude et à 5°30' de longitude, et, pour le retrouver avec une approximation de 1.500 mètres environ, il fut relevé par radiogoniométrie. L'opération de dragage pour retrouver l'épave va être renouvelée par deux remorqueurs. Quatre coffres Pinces Jambe articu.de Coupe du scaphandre métallique. du ludion. C'est le procédé couramment employé pour revenir du fond, puisque, par suite de son isolement complet de la pression extérieure, le plongeur n'a plus à risquer les accidents physiologiques des variations trop brusques de cette pression : l'atmosphère intérieure, dans laquelle il travaille, reste à la pression ordinaire. Non seulement l'inconvénient des pertes de temps à la montée et à la descente est automatiquement sup.., primé, mais encore la durée de séjour sous l'eau, oousi-- dérab'ement augmentée, est devenue indépendànte de la profondeur. Le scaphandrier dispose d'une réserve d'air de quatre à cinq heures. L'appareil a été prévu pour une utilisation à 150 mètres ,de profondeur, mais la solidité de l'enveloppe est telle ,qu'elle pourrait résister à la pression de 450 mètres de profondeur. La régénération automatique de l'air réduit la liaison de l'appareil Avec la surface au seul câble de descente, lequel peut, en cas d'accrochage dans le fond, être facilement débouclé par un autre scaphandrier, et au câble iéger contenant la ligne téléphonique et la ligne électrique d'éclairage. En effet, la lumière solaire est rapidement absorbée par les couches liquides (1). Il résulte des expériences océanographiques du prince de Monaco qu'un objet cesse d'être visible sous l'eau, même très transparente, à une distance de 50 mètres, quand la profondeur atteint une quarantaine de mètres. Par conséquent, un appareil qui peut descendre jusqu'à 150 mètres doit prévoir un puissant éclairage. Outre l'éclairage intérieiir nécessaire au maniement des appareils et à la lecture des manomètres et thermomètre, il comprend un fort projecteur monté à l'extérieur et capable de percer les ténèbres jusqu'à 8 mètres. LA TENTATIVE DE SAUVETAGE DU TRÉSOR DE L' C EGYPT Cet appareil a déjà permis à l'homme d'atteindre des profondeurs de 140 et même 160 mètres et d'y travailler pendant plusieurs heures. Mais c'était en eau douce, en eau calme, au cours d'essais et dans un lac de Bavière. Tout autre est son utilisation en pleine mer, sous les vagues, et au milieu de courants parfois assez forts. (n) jusqu'à 20 et même 3o mètres de profondeur, les objets environnants sont visibles d'assez loin. On a seulement la sensation d'être plongé dans un liquide bleuâtre, un peu flou. Ce qui cause aux novices une impression de malaise indéfinissable, c'est l'aspect bleuâtre des lointains liquides quand on regarde droit devant soi ; il semble qu'on soit dans l'état -l'un homme qui, en rêve, croit tomber dans un abîme. Le scaphandre métallique au moment où il va disparere sous l'eau. Seuls apparaissent, sur le sommet du scaphandre, la corde qui le retient à la descente et le petit câble légei des fils téléphoniques et électrique, dont on voit encore le bouchon d'entrée, à côté du hublot supérieur grillagé déjà recouvert d'eau. Sur la carapace, derrière le câble, on distingue aussi le trou d'échappement d'air.



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