L'Illustration n°4336 10 avr 1926
L'Illustration n°4336 10 avr 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4336 de 10 avr 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 96,5 Mo

  • Dans ce numéro : les opérations militaires en Syrie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L'ILLUSTRATION A Slonta : bas-reliefs libyques sculptés en plein roc. Ales, yle" Am. • ' • • • 4,-;1' >C. i r • ji " i t / A Morazig : tombe dorique surmontée d'un fronton et percée de petites niches. VESTIGES DE CIVILISATIONS DISPARUES EN CYRÉNAÏQUE
10 AVRIL 1926 L'ILLUSTRATION No 433e -- 343 exploration archéologique de toute la colonie, dirigea plus particulièrement ses recherches sur la ville de Cyrène. Devant la source d'Apollon, justement réputée dans les chroniques anciennes, s'étend une large place, une sorte d'esplanade où se trouvaient sans doute les Les vestiges de la vieille basilique chrétienne d'Apollonia, tels que les ont trouvés les archéologues. (Vue prise en regardant vers là terre.) Statue polychrome de divinité orientale. sanctuaires les plus sacrés des colons théréens. C'est là que fut découverte la célèbre statue de Vénus Anadyomène, ce chef-d'oeuvre de finesse et de pureté artistique que l'on peut admirer aujourd'hui au Musée national des Thermes à Rome. Après la très heureuse trouvaille de cette oeuvre magnifique, les fouilles, activement poursuivies, mirent au jour des thermes à disposition romaine, formés d'une grande salle rectangulaire et de différentes pis7 vines. Vénus Anadyomène en ornait vraisemblablement la salle centrale, dignement entourée de belles sculptures : entre autres, une gracieuse statue d'Eros tendant l'arc, un Alexandre le Grand, puissant dans toutes ses formes, colossal dans ses dimensions, Mercure, Dionysos, un Satyre avec Bacchus enfant, et deux groupes des Trois Grâces. A l'angle Est de ces thermes, on en trouva d'autres du cinquième ou sixième siècle après J.-C., bâtis probablement lorsque les précédents eurent été détruits par le violent tremblement de terre qui dévasta la Cyrénaïque à la fin du quatrième siècle. Ce sont de modestes bains de l'ère byzantine, mais quelques-unes des salles sont carrelées de larges dalles qui appartenaient à des édifices plus importants, au temple grec d'Apollon entre autres. Ces dalles portent des inscriptions se rapportant à l'histoire de Cyrène et présentent un intérêt exceptionnel. Au centre de l'esplanade s'élevaient la niasse majestueuse du temple d'Apollon, entouré d'autres édifices plus petits, un temple d'Artémis, différents autels qui portent le nom des divinités auxquelles ils étaient consacrés et un temple d'Isis. On a découvert là une exquise statue d'Artémis chasseresse et tri Apollon « Citharède » encore à sa place, sur un piédestal, dans un petit édifice. C'est en cet endroit qu'ont été orientées les recherches de la dernière campagne archéologique dirigée par les professeurs L. Pernier et C. Anti. Ces fouilles, conduites avec goût et sûreté, ordonnent les ruines de Cyrène, qui présentaient un amas incroyable de restes de monuments divers. Les colonnes sont en partie relevées, couronnées à nouveau de leurs chapiteaux; les dalles précieuses s'étalent à la lumière; les inscriptions et les frises sont reconstituées. Sur la colline occidentale de Cyrène et ailleurs encore s'élevaient d'autres monuments, mais, après l'esplanade des sources d'Apollon, c'est très certainement l'Agora, vaste place pavée, entourée primitivement de portiques et de temples, qui suscite la plus vive curiosité, le plus grand intérêt. Les fouilles commencèrent à l'Agora après la découverte fortuite d'une statue de Jupiter, qui amena bientôt la mise au jour d'un temple de ce dieu, lequel était peut-être le Jupiter capitolin de Cyrène : c'est pourquoi, sans doute, l'on parle du Capitole de cette ville. Les portiques, qui, à l'origine, entouraient l'Agora, furent plus tard fermés, murés et transformés en habitations et en boutiques. A l'angle Ouest de la place, on découvrit, sur un soubassement de blocs calcaires, une statue colossale de Déméter assise, les bustes de Marc- Aurèle et d'Antonin et un édifice de marbre qui, sur ses façades latérales, porte gravés les tarifs du marché grec de Cyrène au quatrième et au troisième siècle avant J.-C. Sur la place même et sous les grands portiques, des autels étaient édifiés, consacrés à différentes divinités, dont on a retrouvé les statues ainsi que des sculptures fragmentaires, torses et bustes de femmes. Avant d'arriver à Cyrène, tout près de la route antique qui y conduit, s'étendent des ruines remarquables et impressionnantes : celles de la nécropole. La plus grande partie des roches qui forment la structure des collines de Cyrène sont assez peu compactes et riches en mollusques fossiles. Ce calcaire relativement tendre a permis de tailler sans grande difficulté de nombreux tombeaux dans le sol même du pays. Et la nécropole, disposée en gradins au flanc de la colline, présente un aspect vraiment majestueux. On y trouve réunis des tombeaux semblables à ceux que l'on peut voir isolés dans d'autres parties de la province. Toutes ces tombes sont creusées dans le roc. Les unes sont très simples, sans aucun ornement ; d'autres ont la forme de petits temples, surmontés d'un fronton grec soutenu par des colonnes doriques, trapues, de calcaire grossier. Une modeste frise est parfois ciselée tout au long du fronton. Des niches, creusées dans la façade, contenaient peut-être d'humbles statuettes. Des inscriptions grecques ou latines sont taillées dans les parois, tandis que des sarcophages, creusés en profondeur, sont recouverts d'une énorme dalle. La nécropole de Cyrène, les tombes isolées et d'autres restes d'édifices s'élèvent dans un paysage tristement désert et monotone. Le roc apparaît souvent à fleur de terre et ne porte qu'une rude végétation : genêts et chardons. Mais la plupart du temps, au pied des parois de rochers où sont taillés les tombeaux, s'étendent de vastes prairies où paissent de paisibles troupeaux. Et l'on assiste à ce curieux spectacle des vaches et des chèvres broutant une herbe maigre parmi les statues abandonnées. Cyrène est certainement la partie la plus intéressante, la plus captivante et instructive de la Cyrénaïque, au point de vue historique, et c'est aussi la mieux étudiée. Les services archéologiques du ministère italien des Colonies, à la direction desquels M. le commandeur Rodolphe Micacchi se consacre avec beaucoup de dévouement et toute sa passion d'érudit, n'en poursuivent pas moins, ailleurs, méthodiquement et soigneusement, leurs travaux difficiles et délicats. Car les trésors artistiques sont encore considérables en d'autres points de la colonie, en particulier à Apollonia, où se trouvait l'une des premières basiliques chrétiennes d'Afrique, dont on a relevé vingt-huit colonnes de cipolin, ou à, Tolmeta, avec ses latomies, ou encore à Tocra, Guba, Morazig et Merg (l'antique Barce qui a donné son nom à la région). Tant de richesses accumulées, tant de précieux témoignages de l'antique et glorieuse civilisation grecque méritent assurément d'avoir leur part de l'attention du monde savant, alors que l'on proclame avec raison les résultats admirables des fouilles remettant en lumière, dans presque tout le Nord africain et dans certaines parties des colonies italiennes, les vestiges prestigieux de l'époque romaine postérieure. THÉODORE VAUCHER. Les colonnes de la basilique chrétienne d'Apollonia, en Cyrénaïque. après leur restauration. (Vue prise dans le sens oppojC à celui de la photographie ci-dessus.)



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