L'Illustration n°4335 3 avr 1926
L'Illustration n°4335 3 avr 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4335 de 3 avr 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 101 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes grecques.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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:118 — N" 4335 L'ILLUSTHATiON 3 AVRIL 1926 Tête de l'ange-de St-Nicaise mutilée dans sa chute, lors de l'incendie de 1914. A gauche, le moulage conservé au musée du Trocadéro qui a servi de modèle pour reconstituer la tête avec des fragments authentiques telle qu'on la voit, à droite. COMMENT L'ANGE DE SAINT-NICAISE A RETROUVÉ SON SOURIRE La tête replacée sur le corps de l'ange reprend sa physionomie d'avant guerre. LA CONSOLIDATION DES STATUES DE LA CATHÉDRALE DE REIMS Parmi les divers travaux qui s'effectuent actuellement à la cathédrale de Reims, ceux entrepris depuis plus d'un an pour la consolidation de la statuaire du portail occidental méritent qu'on s'y arrête plus particulièrement. Sur des échafaudages légers, dits de maçon, on peut voir deux ou trois artisans recollant patiemment tous les débris recueillis à la suite de l'incendie de 1914. Ce recollage s'effectue au silicate de potasse, qui assure le contact des parties à rapprocher, mais, à titre de précaution, tous les morceaux, sans exception, sont de plus goujonnés. (Les goujons sont des chevilles de fer servant à relier deux pièces habituellement superposées.) Les parties ainsi rapprochées laissent parfois voir des cicatrices dues aux épaufrures faites à la pierre en tombant. Il faut alors, avec beaucoup de soin, faire le raccord de ces cicatrices avec du mortier de ciment de Portland, afin d'empêcher l'eau de s'infiltrer dans ces fissures. Déjà les figures de la voussure et des piédroits de la porte de gauche, sous la tour Nord du portail (celles qui avaient le plus souffert de l'incendie de l'échafaudage), sont en grande partie consolidées. Mais, si tous les morceaux recueillis ont pu être replacés, combien manquent à l'appel, soit qu'ils aient été pulvérisés en tombant, soit qu'ils aient été ramassés par des collectionneurs ! Parmi les grandes figures du porche en question, l'ange de Saint-Nicaise avait particulièrement souffert. Décapité en 1914 par la chute d'une pièce de l'échafaudage. la tête, en tombant, s'était brisée en plusieurs morceaux. Recollés pendant la guerre, on avait pu en donner alors la photographie ci-dessus. Il faut reconnaître que le célèbre sourire en est bien tristement atténué. Depuis, on a eu la bonne fortune de retrouver, parmi d'autres débris mis de côté, l'autre partie du front et une portion (le l'arcade sourcilière de l'oeil droit. Les cimtrices une fois raccordées avec soin pour éviter les infiltrations dans les joints, il manquait encore à cette célèbre figure une partie du nez et une partie de l'oeil droit. Grâce au moulage, fait jadis et conservé au musée du Trocadéro. il a été possible, avec un minimum de roetauration. (le rendre le sourire à cette noble figure et de restituer à cet ange sa tête. Nous espérons que le travail de légère restauration, qui a été fait pour rendre le sourire à l'ange, sera poursuivi aux autres figures, afin de supprimer les !amines entre morceaux rapportés, qui sont du plus mauvais effet. Ces légères restaurations devraient, se limiter exc!usivement aux figures pour lesquelles on possède des documents indiscutables absolument précis : photographies ou moulages. Cette manière de comprendre la consolidation de la statuaire de Reims aura le mérite de remettre en leurs places primitives tous les morceaux recueillis et de les conserver dans le cadre pour lequel ces statues ont été faites. De même que les vieilles pierres sont remises en place, les vieux vitraux replacés dans leurs armatures, le vieux plomb refondu en tables et reposé, de même l'on doit à la cathédrale replacer les moindres débris de sculpture, avec le minimum de restauration indispensable, pour qu'ils puissent reprendre dignement leurs places. H. D. L'ange de Saint-Nicaise avec la tête, le bras drci4 et des éléments de draperies remis en place. LES ALISCAMPS DU POITOU LA NÉCROPOLE MÉROVINGIENNE DE CIVAUX Civaux n'est aujourd'hui qu'une modeste bourgade endormie sur les bords de la Vienne, dans une vallée riante et claire, entre des collines verdoyantes, à l'Ouest, et des roches abruptes ou boisées, au Levant. A peine compte-t-elle neuf cents habitants. Cependant, de toute la plaine qui l'entoure, surgissent depuis des siècles des témoins de sa très lointaine origine : urnes cinéraires et fours à ustion de l'époque gauloise ; sarcophages innombrables tantôt affleurant le sol, tantôt superposés sur plusieurs rangs, la plupart de l'époque mérovingienne. Le cimetière actuel, cinq fois moins étendu qu'au dix-huitième siècle, est clos uniquement de couvercles redressés de sarcophages ; des dessins de cette époque nous montrent une clôture identique le doublant en pointe vers l'Est. Aujourd'hui encore, en creusant la moindre tombe nouvelle, le fossoyeur met à nu, ou brise, un apocalyptique enchevêtrement de lourdes tombes de pierre. Au milieu des sépultures antiques ou modernes, gisent pêle-mêle des cippes brisés ou des frises romaines creusées en auges, des tambours ou des revêtements de colonnes gigantesques, membres épars de monuments somptueux, morts aussi, depuis seize siècles. L'inépuisable carrière funèbre fournit les habitations anciennes ou récentes de moellons pour les murailles, de couvercles pour les seuils, les marches et les linteaux, d'auges ou de timbres pour abreuver le bétail dans les cours. Dans le silence obstiné des pierres, les légendes ont parlé ! Elles fleurissent dans cette plaine comme les plantes sauvages dans les sarcophages entr'ouverts. En l'an 507, Clovis, venant combattre Alaric qui l'attendait près de Poitiers, se vit arrêté par les flots débordés de la Vienne. Mais, au matin, une biche, d'une grandeur merveilleuse, sortit du bois et, retrouvant sous l'eau troublée le gué qui lui était familier, traversa la rivière, révélant ainsi à l'armée franque le passage nécessaire. Ainsi parle Grégoire de Tours. Le gué de la Biche est connu de tous les habitants de Civaux. Ils vous le montreront un peu en aval du pont de fer moderne et de la Tour-au-Cognon, qui, drapée de lierre, le surveille depuis huit cents ans. A quelque distance, en amont, la Font-Chrétien porte ce nom depuis que sa vasque rocheuse et son eau claire servirent de baptistère à l'armée franque ; la monture du chef victorieux a laissé dans le roc l'empreinte de son sabot. Ne cherchez pas à reconnaître, à travers les broussailles qui surplombent, la carrière où furent creusés à même le rocher, avant d'en être détachés à l'aide de coins, un grand nombre de sarcophages ; croyez plutôt qu'ils sont tombés du ciel pour ensevelir les guerriers francs fauchés dans la bataille. C'est l'annaliste poitevin, Jean Bouchet, qui relate, au seizième siècle, cette miraculeuse explication. Bien avant lui. les chansons de gestes situent dans cette plaine de non moins épiques batailles : Girart de Roussillon s'y mesura avec le roi Charles qui rappela à ses côtés le duc de Poitiers. « La bataille commença le long de la rivière, au port... on n'y observa aucune mesure, droits et torts furent confondus... » Le port a nom Civaux, sur la Vienne, la rivière était tranquille, le terrain uni, le soleil était chaud ; c'était au mois de mai, à midi... » Cette bataille eut lieu un samedi, à Civaux. long da la Vienne, en tin pré... France et Bourgogne
L'ILLUSTRATION Allée centrale de la nécropole mérovingienne de Civaux (Vienne). Clôture de la nécropole et chapelle ruinée du treizième siècle. — Phot Couvre LES ALISCAMPS DU POITOU



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