L'Illustration n°4335 3 avr 1926
L'Illustration n°4335 3 avr 1926
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°4335 de 3 avr 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 101 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes grecques.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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308 — N^ 4335 L'ILLUSTRATION 3 AVRIL 1926 la vieille école, si vous lui dites qu'un grand doctrinaire politique européen a récemment déclaré qu'il allait rebâtir le monde, la société, sur un nouveau modèle à lui, il n'aura pas assez d'ironie joyeuse pour vous répondre, se laissera aller à parler du « chevaucheur de nuages ». Et cependant, oyez plutôt : The socialist is not out to conquer the world : he is out to recreate the world ! (Le socialiste est sur la brèche non pour conquérir le monde, mais bien pour le recréer.) Rien moins que cela ! Candeur profonde d'un homme qui ignore le monde vivant, agissant, les races diverses et surtout les lois de l'évolution, certaines caractéristiques de l'âme humaine qui sont de purs réflexes vitaux, des réactions de défense, de conservation à travers les âges! Peut-on vraiment imaginer que les diverses sociétés humaines soient des créations artificielles qu'on peut transformer ou défaire à volonté Est-ce que des lois naturelles inéluctables, comme les lois biologiques ou économiques, n'ont pas toujours dominé l'évolution de ces sociétés T Le rôle de l'homme est sans doute indéniable, mais, sous peine d'échec absolu, n'a-t-il pas dû toujours se plier au déterminisme de ces lois? II n'y a pas de progrès possible en dehors de cette fatalité. Toute l'expérience des siècles, de millénaires est là pour le démontrer. Aussi, toutes les tyrannies se sont-elles effondrées, s'effondreront devant ces lois biologiques, devant cet instinct vital entre tous qui, invinciblement, pousse l'homme à assurer sa vie matérielle, la continuité de la race dans la liberté comme dans la pleine jouissance de son effort. Tous les rêves de création de paradis artificiels n'y changeront rien. Car rien ne se crée au commandement, surtout quand il s'agit de sociétés humaines. On peut sans doute porter atteinte aux lois biologiques ou économiques, comme l'histoire des grands peuples nous l'apprend, mais cette violation se révèle sans durée possible. Ayons donc le bons sens de regarder autour de nous et de chercher à comprendre les leçons des réalités. Surtout n'oublions pas qu'il est vain, absurde, de vouloir unifier tous les peuples, quels que soient leur couleur, leur état social, de vouloir leur appliquer des lois communes. C'est pur enfantillage. ** D'un autre côté, les humains se trouvent en majorité encore incapables de se gouverner euxmêmes. Il est donc indispensable que l'emprise bienfaisante de la race blanche cesse de se relâcher, ainsi qu'en ces dernières années. Surtout, il faut que s'établisse une entente réelle, agissante, entre les grandes puissances d'Europe et d'Amérique, sans oublier le Japon, facteur si puissant d'ordre et de stabilité en Extrême-Orient. Mais ce n'est pas seulement aux pays de colonisation que ces Puissances doivent apporter leur aide : il y a en outre cette énorme masse humaine, la Chine, aujourd'hui désemparée, cherchant vainement son équilibre depuis qu'on lui a supprimé le « Fils du Ciel ». Si on ne vient à son secours, Moscou la ramènera à l'époque des « Tai Ping », à l'ère de cette u Grande Paix » qui ne fut qu'un long massacre quatorze années durant, avec une véritable ruine économique dont les conséquences, aujourd'hui, seraient graves pour l'économie mondiale, ainsi que la révolution russe nous en donne un exemple par trop probant. Pour comprendre notre devoir, il n'y a qu'à se rappeler comment finit cette ère d'épouvante des Tai Ping. Elle finit grâce à une poignée d'Européens qui disciplinèrent les troupes chinoises et provoquèrent une réaction parmi le peuple qui n'avait su jusque-là que tendre la gorge. Ainsi fut vaincu Hong Siu Tsen, l'archange exterminateur. Mais que fût-il advenu sans les chefs européens? La vague rouge eût continué de déferler, de submerger... Mais nous-mêmes, saurons-nous réaliser notre propre salut et, en même temps, assurer le paisible développement de tant de peuples encore dans l'enfance ou s'acheminant si péniblement vers la maturité ? D' A. LEGENDRE. A Tunis, au seuil du palais beylical, après la conférence nord-africaine : MM Lucien Saint, résident général en Tunisie: Viollette, gouverneur général de l'Algérie, et Steeg, résident général au Maroc. — Phot. Vidor Sébag. LA CONFÉRENCE NORD-AFRICAINE A Tunis, vient de se tenir la troisième conférence des gouverneurs de l'Afrique du Nord, et, pour la première fois, l'Afrique occidentale française a pris part à cette réunion annuelle. Au programme de ses travaux. programme très chargé, figurait une série de questions de la plus haute importance faisant chacune l'objet d'études préalables, de rapports spéciaux très détaillés sur lesquels on procéda à une discussion suivie pendant trois jours. Administration et organisation intérieure; régime fiscal; mesures d'ordre économique; accords à conclure entre les industries phosphatières ; grandes réformes projetées ; établissement des services de liaison maritime, intersaharienne, automobile, aérienne, radiotélégraphique, caravanière ; politique générale de l'alfa ; programme cotonnier ; échange de renseignements directs et rapides entre les quatre gouvernements ; amélioration du cheptel ovin en vue de la production lainière ; enseignement technique et professionnel ; adaptation des livres I et II du Code du travail et de prévoyance sociale ; réglementation de la transhumance, etc. : autant de questions un peu arides pour les profanes et familières aux spécialistes. A peine de retour d'un séjour d'un mois à Sfax, événement unique dans les annales de la Régence, qui a produit la plus vive impression en consolidant dans les milieux indigènes l'autorité et l'influence de la France protectrice, M. Lucien Saint recevait officiellement les délégués de la conférence : M. Steeg, résident général au Maroc ; M. Viollette, gouverneur général de l'Algérie, et M. Duchêne, représentant M. Carde, gouverneur de l'Afrique occidentale, accompagnés chacun de leurs chefs de services et des membres de leur cabinet. Répondant à M. Steeg, le résident général de Tunisie s'exprimait ainsi : « Ma satisfaction est profonde d'avoir à vous faire les honneurs de ce protectorat où la France, en quarante années d'occupation, a accompli la plus miraculeuse étape de son génie. Sous la législation bienfaisante et libérale d'un souverain clairvoyant et sensible à nos aspirations, nos compatriotes ont installé ici, dans tous les domaines, les traditions de l'ordre, du travail qui font la grandeur de notre patrie. » Nos protégés ont donné, avant, pendant et après la guerre, trop d'éclatantes preuves de leur loyalisme pour que le moindre doute ou le moindre regret puisse s'insinuer dans nos esprits, et si des vagues de défiance, parfois dangereuses, vinrent de près ou de loin battre les côtes de la Tunisie, je me plais à reconnaître qu'elles n'entraînent, dans la masse profonde de la population indigène. ni la désaffection, ni l'indiffé- rence. Les fauteurs de troubles savent, au surplus, que, sans qu'il soit nécessaire de recourir à des mesures d'exception ou à des rigueurs nouvelles, ils ne passeraient plus à travers les mailles d'une législation exempte de toute passion, mais ferme, et qui conditionne, avec l'adhésion du gouvernement français, la sécurité du travail et le respect de l'autorité... » ... M. le résident général au Maroc a dit très justement que l'empire nord-africain n'était pas, au triple point de vue géographique, historique et économique, une entité, mais une homogénéité. Et, en effet, la souplesse du génie français a su adapter son intervention aux particularités profondes qui distinguaient les divers morceaux de ce vaste territoire. en respectant les traditions, les moeurs et même les constitutions du peuple indigène, toutes les fois que les nécessités impérieuses de sa mission civilisatrice ne s'y opposaient pas. Cette mesure, ce souci des nuances font la gloire de notre pays. Toutefois, des divergences de vues et d'action sont à réduire ou à supprimer parce qu'elles nuiraient à l'harmonie d'ensemble. C'est de ce sentiment d'unité patriotique qu'est née notre collaboration, pour le plus grand profit du prestige national. » Cinq commissions se réunissaient chaque matin pour l'étude des questions inscrites à l'ordre du jour. Le général d'Anselme et l'amiral Grandclément exposèrent les moyens de défense communs aux trois gouvernements. M. Lucien Saint a présenté à S. A. le bey. au palais de la Marsa, les délégués de la conférence et le souverain a remis à M. Viollette le grand cordon du Nicham-Iftikhar, les autres gouverneurs étant déjà dignitaires de cet ordre. La conférence s'est séparée. le 25 mars, après l'envoi d'un télégramme à M. Briand. président du Conseil, pour le remercier de l'intérêt qu'il a pris aux travaux de l'assemblée et affirmer l'expression d'une solidarité de plus en plus confiante qui, sous l'égide de la France, anime les populations de l'Afrique du Nord. EMILE D'ARNAVILLE. NOS PAGES EN COULEURS LE VIEUX PONT DU VIGAN Toujours épris des lumineux paysages de Provence. M. Montagné, dont nous avons déjà, à plusieurs reprises, reproduit des aquarelles, a fixé, avec son bel art de coloriste, deux aspects bien différents d'un site pittoresque qui est le joyau de la ville du Vigan. On connaît trop peu ce vieux pont de pierre, datant du quinzième siècle, qui enjambe, solide et léger à la fois. la petite rivière de l'Arre pour relier les quartiers de l'ancienne ville.
3 AVRIL 192t5 L'ILLUSTRATION e 4335 — 309 POLITIQUE ET DIPLOMATIE LES DÉBATS PARLEMENTAIRES SUR L'ASSEMBLÉE DE GENÈVE L'Assemblée de la Société des Nations a eu un écho parlementaire en Allemagne et en Angleterre. Au Reichstag, le chancelier Luther et M. Stresemann ont eu à répondre notamment à des interpellations nationalistes qui mettaient en cause à la fois l'attitude de la délégation allemande à Genève et les accords de Locarno. Par 259 voix contre 141, l'ordre du jour nationaliste de défiance fut repoussé. On rejeta également, par 216 voix contre 153, une motion disant que l'Allemagne ne doit entrer dans la Société des Nations et dans son Conseil qu'à la condition qu'aucune autre puissance ne reçoive en même temps un siège temporaire. Enfin, à main levée et à une grande majorité, l'ordre du jour de confiance émanant des partis gouvernementaux et du parti socialiste .fut adopté. A la Chambre des Communes, c'est M. Lloyd George, leader du parti libéral, qui mit en accusation, avec sa vivacité coutumière, la politique du gouvernement britannique. M. Chamberlain lui répondit avec une vigueur égale, retraçant un tableau d'ensemble de ce que furent les journées mouvementées de Genève. Après une intervention de M. Baldwin, la Chambre repoussa, par 325 voix contre 156, la demande de réduction de crédits du budget des Affaires étrangères introduite par M. Lloyd George et qui équivalait à une motion de défiance. LES DETTES INTERALLIÉES C'est également à la Chambre des Communes qu'une interpellation de M. Philip Snowden, ancien ministre des Finances, a amorcé un nouveau débat sur les dettes interalliées. Le chancelier de l'Echiquier, M. Winston Churchill, a défendu la politique suivie par l'Angleterre à l'égard de ses débiteurs et dont le député travailliste incriminait la trop grande bienveillance. Se référant aux principes de la note Balfour, il a exprimé l'opinion optimiste que l'Angleterre recevrait bientôt, tant de l'Allemagne que de ses divers débiteurs européens, des annuités de 33 millions et demi de livres sterling, ce qui ne laisserait qu'un déficit de 4 millions et demi de livres pour ses paiements annuels à l'Amérique. Quelques sourires ont accueilli l'idée que ce déficit pourrait être comblé un jour par la Russie. Le chancelier de l'Echiquier n'a pas caché d'ailleurs que la seule solution équitable lui paraissait être l'annulation générale des dettes interalliées, mais qu'elle était rendue impossible par les exigences américaines et la consolidation de la dette britannique aux Etats-Unis. Parlant des négociations en cours avec la France, qui vont bientôt reprendre, il donna comme établi l'accord de principe conclu avec M. Caillaux sur la base de 62 annuités de 12 millions et demi de livres. Cependant trois points essentiels demeurent encore en suspens : le droit pour le débiteur de remettre ses échéances au cas d'une perturbation des changes, l'octroi d'un moratoire préliminaire et enfin la clause dite « de garantie », précisant que la France n'aurait jamais à payer plus qu'elle ne recevra elle-même de l'Allemagne. Les dernières paroles de M. Churchill ont causé une grande impression. Elles ont, en effet, mis en lumière que, lorsque la consolidation générale des dettes aura eu lieu. les Etats-Unis se trouveront recevoir directement ou indirectement pour leur propre compte au moins 60 % du total probable des réparations payées par l'Allemagne. Ainsi e la grande, riche et prospère république des Etats-Unis encaissera des sommes énormes provenant des pays d'Europe dévastés ou appauvris par la guerre ». Cependant, au Sénat américain, ont commencé les débats pour la ratification des accords financiers déjà conclus par la Commission des Dettes et quelques débiteurs européens comme l'Italie et la Belgique. Une très vive opposition se dessine dans le camp des « irréductibles » qui jutrent ces accords beaucoup trop favorables et s'efforcent, malgré le gouvernement, de les faire rejeter. L'EXPROPRIATION DES PRINCES ALLEMANDS Une question de politique intérieure passionne actuellement l'opinion allemande : il s'agit de l'expropriation des anciennes familles régnantes. L'affaire est. en réalité,. pendante depuis la révolution de 1918 et elle n'a jamais pu être résolue. Les biens des princes avaient été alors provisoirement confisqués. D'interminables actions judiciaires furent introduites par les intéressés contre les Etats et. comme les tribunaux jugeaient généralement d'après un principe de droit assimilant les biens des princes à des propriétés privées, les Etats étaient le plus souvent condamnés. Des sommes considérables ont ainsi été payées aux Hohenzollern et aux représentants des diverses maisons. On chercha à conclure des accords amiables, mais l'importance des sacrifices que le Reich devait consentir provoqua l'opposition des partis de gauche. Diverses motions parlementaires furent proposées. C'est dans ces conditions que les socialistes et les communistes décidèrent en-commun de recourir à la procédure du referendum populOire, autorisée p9r la Constitution, pourvu que 10 % des électeurs inscrits, soit 4 millions, en fassent la demande. Des listes de pétition ont été mises en circulation. Elles ont réuni 12 millions et demi de signatures — plus du triple du chiffre nécessaire — alors que les effectifs socialistes et communistes sont inférieurs à 10 millions d'électeurs. Mais un grand nombre de démocrates et même de membres des partis plus modérés encore se sont associés à l'initiative de l'extrême-gauche, qui réclame l'expropriation des princes sans indemnité. Si la loi est votée telle quelle par le Reichstag, le referendum devient inutile. Si des amendements y sont apportés, ceux-ci devront être soumis, eux aussi, au plébiscite. En tout cas, pour que le referendum prenne force de loi, il est indispensable qu'il obtienne la majorité absolue des électeurs inscrits, c'est-à-dire plus de 20 millions de suffrages. L'ÉPILOGUE DE L'AFFAIRE MATTEOTTI L'assassinat du député socialiste italien Matteotti, qui, depuis le 10 juin 1924, a provoqué tant de répercussions dans la politique intérieure italienne, vient d'avoir son épilogue judiciaire, le 24 mars, devant la cour d'assises de Chieti. Cinq inculpés comparaissaient; trois d'entre eux : Dumini, Volpi et Poveromo, ont été condamnés à cinq ans, onze mois et vingt jours de réclusion, à l'interdiction perpétuelle des fonctions publiques et aux frais du procès ; les deux autres : Malacria et Viola, ont été acquittés. Les condamnés bénéficient de quatre ans de rémission de peine. Ainsi s'est achevé, dans le calme, ce grand procès. La famille de Matteotti avait renoncé à se porter partie civile et d'importants témoins, passés à l'étranger, n'ont pas paru. La thèse soutenue par la défense fut celle de l'homicide par imprudence. Les journaux italiens se sont bornés à enregistrer le jugement sans commentaires. LE DÉBAT FINANCIER A LA CHAMBRE Pendant que la livre, dans une ascension croissante, a dépassé, à certains moments, le cours de 143 francs, la discussion du nouveau projet financier du gouvernement a enfin pu être abordée par la Chambre, le 30 mars. La veille, à la suite de toutes sortes de péripéties, l'accord avait été réalisé à la commission des finances, mais seulement par 15 voix contre 10 et 3 abstentions, après une exhortation prenante du président du Conseil, montrant les conséquences néfastes que tous ces retards font subir à l'intérêt Le duc Philippe d'Orléans Phot. Tapon national. Dans son dernier état, sur lequel la Chambre est appelée à se prononcer, l'équilibre budgétaire s'établit à raison de 37.249 millions de dépenses et de 37.296 millions de recettes, soit un excédent prévu de 47 millions. Les recettes déjà votées dans le budget s'élèvent à 32.840 millions ; celles du projet spécial, également votées, représentent 1.437 millions et il y a encore 512 millions et demi de recettes connues à voter, qui ne font point matière à contestation. Restent les ressources nouvelles proposées par M. Raoul Péret et acceptées par la commission. Ce sont les suivantes : taxe civique, 570 millions ; relèvement de la taxe sur le chiffre d'affaires, pour les détaillants excepté, 1.275 millions ; taxes supplémentaires sur les ventes d'immeubles, 225 millions ; sur les fonds de commerce, 105 ; sur les valeurs mobilières, 50 ; sur les boissons hygiéniques, 225 ; sur les eaux minérales, 19 ; sur les spécialités pharmaceutiques, 37 1/2. — R. L. LA MORT DU DUC D'ORLÉANS Le duc d'Orléans, chef de la Maison de France, qui aurait porté sur le trône le nom de Philippe VIII, est mort à Palerme, le 28 mars, à cinquante-sept ans, d'une pneumonie. Grand voyageur, il revenait du Soudan et s'était arrêté en Sicile dans la magnifique villa qu'il avait héritée de son oncle, le duc d'Aumale. Sa soeur, l'ex-reine Amélie de Portugal, était arrivée à temps pour assister à ses derniers instants. Au chevet du mourant se trouvaient également le docteur Récamier, Mg' di Leo, qui lui administra les derniers sacrements, l'abbé Bossard et le comte de Baritault. Fils du comte de Paris et de la princesse Isabelle d'Orléans, Louis-Philippe-Robert, duc d'Orléans, était né en exil, à Twickenham (Angleterre), le 6 février 1869. Il fit ses études au collège d'Eu, puis à Paris, au collège Stanislas. Il se préparait à Saint-Cyr lorsque furent votées, en 1886, les lois interdisant le sol français aux représentants des anciennes maisons régnantes. Le jeune prince servit quelque temps dans l'armée anglaise et notamment aux Indes, où il devint célèbre par ses prouesses de chasseur. Il revenait des Etats- Unis et du Canada, où il avait accompagné le comte de Paris quand, en 1890, ayant atteint sa majorité, il vint se présenter au recrutement de la Seine pour y réclamer le droit d'accomplir son service militaire. Arrêté comme ayant franchi indûment la frontière, il fut condamné à deux ans de prison et enfermé à Clairvaux ; après quatre mois de détention, la grâce présidentielle lui rendit la liberté. C'est en septembre 1894 que la mort de son père fit de lui le chef de la Maison de France. Deux ans plus tard, il épousait à Vienne l'archiduchesse Marie-Dorothée d'Autriche, fille d'un cousin germain de l'empereur François-Joseph. Après de multiples péripéties judiciaires, cette union aboutit à une séparation. Tantôt en Angleterre, tantôt en Belgique où il avait fixé sa résidence habituelle, le duc d'Orléans continuait une existence très active, entremêlée de grands voyages. Il fit, sur son navire Belgica, une expédition polaire dont il laissé un fort, intéressant récit. Dès le début de la guerre de 1914, il avait cherché à s'engager dans l'armée française. L'état de la législation ne le permettant pas, il s'adressa successivement au roi d'Angleterre, au roi des Belges et au tsar, mais les convenances diplomatiques firent décliner une offre à la noblesse et au désintéressement de laquelle, toutefois, tous rendirent hommage. Le duc d'Orléans n'avait pas d'enfants et son frère cadet, le duc de Montpensier. est mort sans postérité, en 1924. L'héritier de la couronne est donc aujourd'hui le prince Jean d'Orléans, duc de Guise, second fils du duc de Chartres auquel la campagne de 1870 avait valu le beau surnom de Robert-le-Fort. Le duc de Guise est à la fois le cousin germain du duc d'Orléans et son beau-frère, car il en a épousé la soeur, la princesse Isabelle de France. Il avait un frère aîné, le prince Henri d'Orléans, fort connu comme explorateur, qui mourut en Indochine en 1902. Le duc de Guise a fait ses études militaires dans l'armée danoise, où il a le grade de capitaine. En 1914, avant vu, lui aussi, repousser sa demande ;l'engagement volontaire dans l'armée française, il demeura longtemps sur le front de Champagne comme délégué de la Société de secours aux blessés militaires et mérita à ce titre une élogieuse citation à l'ordre de l'armée. Propriétaire de grands domaines à Nouvion-en-Thiérache, dans l'Aisne, il a en outre organisé un centre d'exploitation agricole au Maroc. Jusqu'à ce jour. il s'était touiours tenu éloigné de la politique. Le duc de Guise a un fi's, le ririnne Henri d'Orléans, âgé de 17 ans, qui devient ainsi l'héritier présomptif de la couronne de France.



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