L'Illustration n°4326 30 jan 1926
L'Illustration n°4326 30 jan 1926
  • Prix facial : 3,50 F

  • Parution : n°4326 de 30 jan 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : les sports d'hiver à Chamonix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
108 — No 4326 L'ILLUSTRATION 30 JANVIER 1926 ‘1.1 ertgE \ f„.; ' R 0 U BU Diet P E ST .... fit N I E B CA 111-11,‘ nernavend .... • .. • ....... ...... it.e. 6 5 ql " tEHÉRAN .oliamadan ,1•1111. lep r t , - • . 100 500 1.000K!' L'itinéraire du voyage aérien Paris-Téhéran et retour. —A l'aller, entre Belgrade et Constantinople, deux des avions sont passés par Bucarest et le troisième est passé par Sofia. TROIS AVIONS, AU FORT DE L'HIVER, VONT DE PARIS A TÉHÉRAN ET EN REVIENNENT Le 5 novembre, quatre avions militaires, trois Breguet 19 et un Potez 25, quittaient Paris pour Téhéran. Il ne s'agissait en aucune façon d'un raid de vitesse, destiné à manifester — comme le firent les performances d'un Pelletier Doisy ou d'un Arrachart — le rétrécissement du monde par l'avion ; il ne s'agissait pas même d'un vol de groupe, entièrement subordonné à la volonté d'un chef. C'était à la fois, selon une formule toute nouvelle, une occasion provoquée d'éprouver, en service réel, des types volontairement divers d'avions et de moteurs, et une visite rendue à des aéronautiques étrangères : persane, évidemment, mais aussi italienne, et yougoslave, et roumaine, et bulgare, et turque. Croisière, en somme, comme les marines en faisaient autrefois si souvent, avec liberté de manoeuvre. L'épreuve imposée au matériel et aux équipages se révéla bientôt très dure. Le capitaine Carrié, pilote du Potez, malade dès le départ, dut abandonner à Lyon ; le capitaine Girier, connu comme l'un des meilleurs pilotes militaires de Prame, • le remplaça au pied levé et, comme le commandant Dagnaux, chef du groupe, fut, dès le début, retardé par un incident de route, c'est le capitaine Girier qui commanda la petite troupe, grande par sa qualité, que les lieutenants Challe et Rabatel formèrent avec lui. tout le long du voyage de retour, un vent debout obstiné, qui allongeait les dures étapes. Les risques de cette entreprise, dont on a maintenant quelque idée, furent acceptées par les équipages avec une confiance qui alla toujours croissant. C'est que le moteur est l'âme de l'avion ; et les trois engins de marque différente, un Farman 500 CV, un Hispano-Suiza 450 CV, un Lorraine 450 CV, se comportèrent de telle sorte que les pilotes n'arrivaient plus à concevoir la possibilité de la panne. Or, le moteur Farman du lieutenant Challe était celui-là même qui avait équipé l'avion Farman de Drouhin et de Landry pour leur vol-record de 45 heures Le capitaine Girier survolant, à 6.500 mètres d'altitude, le Demavend. Photographie prise par le prince Amanollah. Le lieutenant Rabatel s'élevant vers la cime du Demavend (5.465 m.). Photographie prise par le capitaine Bertrand, attaché militaire français à Téhéran. La -carte indique dans son détail l'itinéraire suivi par les aviateurs. Ce qu'elle ne suggère même pas, c'est la difficulté des voyages, au fort de l'hiver, dans les Balkans et le Proche-Orient, alors que les équipages, presque toujours privés d'informations météorologiques, se risquent à partir d'après des signes locaux favorables. Le mauvais temps vous enveloppe en cours d'étape, et il faut, le plus souvent, continuer quand même, pour trouver le terrain nécessaire à l'atterrissage. Les trois avions continuèrent donc, malgré les brumes d'Italie et la tempête 1 de neige des Apennins ligures ; malgré la mer de nuages qui couvrait les Alpes sur 300 kilomètres ; malgré les tourbillons neigeux d'Asie Mineure ; malgré l'ouragan et les pluies torrentielles qui, une fois, réussirent à leur interdire les monts du Kourdistan. Au retour, ce furent. les rudes étapes de Constantinople à Salonique et de Salonique à Athènes, les avions pris dans la brume et suivant à dix mètres de l'eau les moindres détours de la côte, et jusqu'aux trois doigts de la Chalcidique, l'aile droite presque toujours au ras de la muraille abrupte des falaises ; ce fut aussi la traversée du canal d'Otrante, dans la brume encore, à cinquante mètres et sur cent kilomètres, par le capitaine Girier, alors que les lieutenants Challe et Rabatel réussissaient à atteindre Vallona. Il y eut la neige sur l'Esterel et, enfin, la brume infranchissable sur le Morvan ; il y eut surtout, Les pilotes : lieutenant Challe. capitaine Girier et lieutenant Rabatel. sans escale ; on l'avait simplement transporté, sans revision, d'un appareil à l'autre. L'Hispano-Suiza du lieutenant Rabatel était l'exemplaire qui avait subi des essais officiels de 40 heures à pleine puissance. Le Lorraine du capitaine Girier était déjà le moteur du capitaine Arrachart pour son prodigieux tour d'Europe en trois jours, et l'avion lui-même était le Potez d'Arrachart. 'Si l'on pense enfin que sur bien des terrains, à Constantinople, par exemple, où la tempête et les trombes d'eau durèrent quatre jours, les avions restèrent sans abri et campés à la corde, on appréciera la portée de l'épreuve imposée à ce matériel de série, pour lequel les mécaniciens ne disposaient que des rechanges emportées à bord. Partout les équipages français furent reçus avec chaleur, et leurs démonstrations faites sans hâte, leurs entretiens prolongés avec les aviateurs et les dirigeants des pays survolés contribuèrent certainement, et plus peut-être que le passage météorique d'un avion de raid, à donner une idée juste de notre aéronautique. En Perse, où ils arrivèrent pour les fêtes du couronnement, l'impression fut particulièrement vive. Elle atteignit une valeur presque symbolique lorsque, en 28 et 30 minutes de vol, les trois avions, montant à 6.500 mètres, vinrent dominer de plus de 1.000 mètres le massif du Demavend, la montagne sacrée dont le sommet vierge, cratère comblé, n'avait jamais été aperçu par les yeux d'un homme. Pour ce vol, qui fit une sensation profonde, le lieutenant Rabatel avait comme passager le capitaine Bertrand, attaché militaire français ; le lieutenant Challe avait à son bord le général Abdollah- Khan, ministre de la Guerre ; enfin le prince Amanollah, chef d'état-major général, avait accompagné le capitaine Girier. Nos aviateurs ont d'ailleurs rapporté de ce moment, où la puissance de leurs machines leur fut spécialement sensible, un souvenir vigoureux. Ils étaient très haut; à peine s'étaient-ils éloignés du Demavend qu'ils survolaient la Caspienne ; ils longeaient sa côte vers Bakou. Ils découvraient alors tout le panorama du Caucase, pour la première fois si largement révélé : la grande arête neigeuse et les deux versants brutalement opposés, l'un désolé et nu, l'autre vêtu de forêts épaisses. Grand spectacle et récompense d'un rude effort. Car l'aviateur est parfois payé de sa peine par le tableau de la terre qu'il domine. HENRI BOITCHÉ%
30 JANVIER 1921; L'ILLUSTRATION ANNONCES - g •:PO 1.010',1* (211,*, i=,\\ 1...*1;ICAT1()N MÉLAtif. sTAUEN. i.1' H. EN'F1H EN t FFr vo›,( Ç.0* OP 1.( 4,;• Srili,oifit i I;E011 ;VgetWELEMY,Ift 111:CoNN1:1: APPIO.i. ,CIEE DE TOUS LES GOEMIElS MACARON LIE IZ.E.E3ELM.G Nfl.CTE IF U......E,25IGER LA MARQUE - DE VOTRE FOURNISSEUR HABITUEL 1:1:SINE 1S1,1.01E ANHLI )T P1.1'S iI (.44(14) Otk() SUCIn'ot,, ifrf MIEL OF. BP•Ffi+•,NE, 4\t.!.! !•,,J eue», '4 i5J vANILI,E F:\ 1;01 1 PAS »t; V .1N1LAJNE, SIJCCEDANÉ ((cf. PFT 611110) BRETGe. LiT11. BéleeRf Mi SL't, GRAND F:)RIX - PARIS 1900 ),) GRAND PRIX - BRUXELL



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :