L'Illustration n°4326 30 jan 1926
L'Illustration n°4326 30 jan 1926
  • Prix facial : 3,50 F

  • Parution : n°4326 de 30 jan 1926

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (290 x 380) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 58,8 Mo

  • Dans ce numéro : les sports d'hiver à Chamonix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L'ILLUSTRATION du bois, la préparation des peaux pour le vêtement. Sur un fragment, un dessin ornemental à la façon d'une poterie était visible. Bref, on pouvait situer les plus anciens de ces témoignages à environ 20.000 ans en arrière, les plus récents à 10.000 ans. Sans bâtir sur ces fragiles données un roman de la préhistoire, les membres de l'expédition estiment que l'existence d'une humanité, au temps de l'âge de pierre, sur les grands plateaux de la Mongolie, est définitivement établie. C'est là un fait capital pour ceux qui considèrent l'Asie centrale comme le berceau de toute vie, animale ou humaine. Elle leur permet d'étayer leur grande théorie des migrations d'Est en Ouest. L'Europe, avec son homme de Moustiers ou Pierres arrondies et taillées ayant servi d'instruments aux nommes primitits qui habitaient les plateaux de la Mongolie à une époque que l'on évalue entre dix et vingt mille ans. L En haut, à gauche, un fragment couvert de dessins ornementaux qui attestent déjà un certain degré de culture. dinosaure furent découverts en assez grande quantité (une quarantaine, de toutes tailles, dont quinze à vingt en excellent état), ainsi que d'autres débris fossiles qui sont venus enrichir le butin des années précédentes. Mais la joie des chercheurs fut à son comble quand ils commencèrent à ramasser, enfouis dans les sables ou dans des anfractuosités de roc, des morceaux de pierre taillés qui portaient manifestement la trace d'un travail humain. D'après les couches de terrain où ces vestiges furent trouvés, ils purent déterminer de façon plausible à quelle époque ils appartenaient. Ils étaient postérieurs à l'âge de glace, mais très vraisemblablement contemporains de la première période de l'âge de pierre. En parlant, d'ailleurs, d'âge de glace, on applique improprement à l'Asie la chronologie européenne, car, si dans les montagnes Altaï subsistent des traces (le glaciers, ceux-ci n'ont certainement jamais recouvert là-bas la région des plaines. Les pierres taillées étaient de plusieurs sortes. Les unes étaient seulement arrondies, de façon grossière, mais d'autres offraient un aspect beaucoup plus raffiné : effilées en pointes ou bien aiguisées sur une face à la manière d'un couteau, c'étaient de véritables outils dont il est possible de conjecturer les usages : le travail Un auxiliaire imprévu de l'automobile : chameau de la caravane avec son chargement et son conducteur. celui de Mas d'Azil, pouvait jusqu'ici prétendre à la gloire de posséder le spécimen humain le plus éloigné qui fût connu. Mais, cinq milliers d'années plus tôt, une culture « moustérienne » ou « azilienne » fleurissait déjà. dans les fertiles vallées qui sont aujourd'hui l'aride et morne désert de Gobi. Un paysage caractéristique de la Mongolie du Nord-Ouest dans les monts Altaï, à trois mille mètres d'altitude. Le caprice de la nature a rapproché ici, en un espace restreint, divers aspects correspondant à des âges géologiques différents : dunes de sable, empierrements arides ou broussailleux, plaine plantée de tamaris. Copyright by « American Museum of Natural History » and « Asia Magazine ».
30 JANVIER 1926 L'ILLUSTRATION N° 4326 — 101 demandées à la réforme de l'impôt sur le revenu (900 millions), à la surtaxe des opérations de Bourse (200 millions), au recouvrement accéléré de l'impôt sur les bénéfices de guerre (150 millions), à la réforme de l'impôt sur les successions (400 millions) et, pour 2.180 millions, à des taxes nouvelles sur les exportations, les tabacs, les huiles et essences, les alcools, les automoblies, la parfumerie, les cafés, les cartes d'identité, etc. Tel quel, le projet ne comporte pas moins d'une centaine d'articles. Cependant, le 23 janvier, les divers syndicats de fonctionnaires des finances ont adressé au président de la République une lettre ouverte, aux termes de laquelle ils affirment que l'équilibre budgétaire pourrait être obtenu sans impôts nouveaux, mais par une réforme radicale des méthodes administratives. LA DÉCLARATION MINISTliltIELLE ALLEMANDE Le 26 janvier le chancelier Luther a lu, au Reichstag, la déclaration ministérielle de son nouveau gouernement. C'est un document assez vague, sauf sur la question des effectifs alliés en Rhénanie, dont le Reich réclame la réduction. Pour le reste, le chancelier s'est borné à des généralités qui n'ont apporté de satisfaction ni à la droite, ni à la gauche. Façade de la chapelle du lycée d'Avignon. Le ,‘ Grand Arceau reliant la chapelle au lycée. UN ÉDIFICE DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE MENACÉ PAR LES DÉMOLISSEURS. — Phot. Bartesago. LA CHAPELLE DU LYCÉE D'AVIGNON Depuis la Révolution française, Avignon a été la proie des vandales : ses monastères ont été pillés et ses cloîtres abattus, ses vieilles demeures altérées ou détruites, ses remparts ici ébréchés et là c restaurés », son Palais a été dévasté et défiguré. A la vérité, Avignon renfermait tant de chefs-d'oeuvre que, jusqu'à présent, les démolisseurs n'ont pu venir à bout de la merveilleuse cité ; mais, si l'on n'arrête une fois pour toutes leurs entreprises, la ville des papes et des légats finira par n'être plus qu'un souvenir. Une des grandes beautés d'Avignon est l'extraordinaire variété de ses monuments. Du douzième au dixhuitième, chaque siècle a laissé ici des témoins de son goût et de son art, tous également précieux, car tous racontent les fastes de la ville. Cette fois, c'est un ouvrage du dix-septième siècle qui est en péril. La municipalité d'Avignon est décidée à jeter par terre l'ancienne église des Jésuites, devenue la chapelle du lycée. Au siècle dernier, pour moderniser Avignon, on l'a coupé en deux morceaux par une rue d'une désolante banalité, dite rue de la République, où s'engouffre le mistral et tourbillonne la poussière. Au milieu de cette voie rectiligne, bordée de c grands magasins », de cafés et de cinémas, s'élève la noble et classique façade d'une église, seule épave du vieil Avignon. C'est cet édifice qu'on prétend faire disparaître pour bâtir à la place des c maisons de rapporta qui respecteront l'alignement et satisferont le goût municipal. Cette malheureuse façade porte déjà des traces de vandalisme. La Révolution a brisé les statues dans les niches voisines de la porte. Il y a une vingtaine d'années, Pourquery de Boisserin, maire d'Avignon, fit scier en deux les statues placées sur la partie supérieure de la façade, marteler corniches et ornements sous prétexte que les pierres dégradées menaçaient de tomber sur la tête des passants. Aujourd'hui, la municipalité veut faire mieux, elle entend jeter par terre l'édifice tout entier. Cette église est une des plus remarquables que les Jésuites aient élevées en France. La façade est un peu lourde, surtout depuis qu'on l'a saccagée ; mais l'intérieur offre des proportions heureuses ; les voûtes, de structure ogivale, sont élégantes ; de jolies tribunes s'ouvrent sur la nef ; toute la décoration sculptée est d'un goût sobre et charmant. Les Jésuites s'étaient établis à Avignon en 1564, sous la légation du cardinal Alexandre Farnèse. La ville avait acheté pour eux le palais de Brancas, bâti sur l'ancienne e livrée » de Gaillard de la Motte, neveu de Clément V. Claude Fabri de Peiresc et son frère étudièrent cinq ans au collège des Jésuites ; le Père Kircher y enseigna les mathématiques et installa son observatoire dans la tour de l'ancienne c livrée a. L'église, commencée en 1620 sur les plans du Père Martellange, ne fut terminée et consacrée qu'en 1665. A cette époque, le collège comptait 800 élèves ; il devait en compter jusqu'à 1.200. Avec la chapelle disparaîtra le c Grand Arceau a destiné à réunir l'église et le collège. Pour jeter cet arceau, la ville donna aux Jésuites 1.500 écus, mais à condition qu'ils y mettraient les armes du pape Clément X, celles du légat, celles du vice-légat et enfin celles de la ville. Une inscription latine, placée entre les quatre écussons, rappelle la munificence de la cité avignonnaise à l'égard de la Compagnie de Jésus, in anno Domini M DC I.XXIIII. Cette construction hardie, qui enjambe une large rue et encadre une belle perspective sur les vieux quartiers d'Avignon, n'aura aucune raison de subsister une fois la chapelle démolie. Il sera donc bon de composer une nouvelle inscription latine pour commémorer lac munificence » de la cité avignonnaise à l'égard de ses architectes et de ses entrepreneurs, in anno Domini M.DCCCC XXVI. Il est probable que ces considérations esthétiques et historiques ne toucheront pas les émules de feu Pourquery de Boisserin. D'autre part, l'Etat tarde à classer la chapelle, si bien que, cette fois encore, il se trouvera devant le fait accompli, c'est-à-dire devant un monceau de décombres. Le plus sage est donc de parler aux Avignonnais un langage qu'ils puissent entendre et de leur faire remarquer que, si leur ville, comme c centre de tourisme », est autorisée à demander aux visiteurs une c taxe de séjour a, c'est à charge de conserver les monuments, tous les monuments qui lui ont mérité cette faveur. ANDRÉ HALLAYS. POLITIQUE ET DIPLOMATIE LE DÉBAT FINANCIER A LA CHAMBRE Le 26 janvier s'est ouvert à la Chambre le grand débat financier destiné à procurer à l'Etat, sous forme d'impôts nouveaux, les quelques milliards de ressources qui lui manquent. Le projet présenté par M. Doumer, ministre des Finances, évaluait le déficit global à 8.800 millions, en y incorporant 4.500 millions de remboursements à la Banque de France et d'amortis-. sement de la dette. Les groupes du Cartel lui avaient opposé un contre-projet où le déficit figurait pour 9.300 millions. M. Loucheur envisageait 8.800 millions de recettes, provenant pour une notable partie (3.800 millions) d'une taxe spéciale de 1,20 % sur les paiements, mais le Cartel repoussait la plupart des propositions du ministre. Après de laborieuses discussions, la Commission des finances a fini par mettre sur pied un projet mixte, accommodant tant bien que mal les vues de M. Doumer et les exigences du Cartel. Ce projet réduit le déficit à 3.700 millions, car la question de l'amortissement en a été disjointe. Les recettes supplémentaires, évaluées à 3.830 millions, sont Le cardinal Mercier sur son lit de mort. — Phot. P. Polinet. L'ACCORD ITALO-BRITANNIQUE La délégation financière italienne et la Trésorerie britannique se sont enfin mises d'accord sur la consolidation de la dette italienne à l'égard de l'Angleterre. Les signatures ont été échangées le 27 janvier, mais les clauses, au moment où nous mettons sous presse, n'ont pas été officiellement divulguées. R. L. UNE CONFÉRENCE DE M. FRANÇOIS-MARSAL Voilà sans doute un signe des temps : à la Société des Grandes Conférences, où l'on se pressait naguère pour entendre Brunetière ou Jules Lemaître parler de Bossuet ou de Racine, le même public vient s'instruire de questions plus austères. Comment sauver la fortune française ?, tel était le sujet traité par M. François- Marsal, auprès duquel avaient pris place, sur l'estrade, les maréchaux Foch et Joffre. L'ancien ministre des Finances, s'abstenant autant que possible des allusions politiques, fit un éloge de l'épargne, du travail et des qualités bourgeoises que l'on a trop tendance à méconnaître aujourd'hui. D'autres conférenciers, comme MM. André Bellessort. Charles Benoist, Gaston Deschamps, Robert de Flers, Philippe Barrès, doivent traiter des divers problèmes du temps présent, tandis que M. Louis Madelin poursuit sa série d'études sur la France de l'Empire, et M. Marcel Bouteron sur les Muses romantiques. LA MORT DU CARDINAL MERCIER Le cardinal Mercier. archevêque de Malines et primat de Belgique, qui était entré en agonie le jour où se terminait notre dernier numéro, s'est éteint doucement dans la journée du samedi 23 janvier, et, bien que la nouvelle de cette mort fût, hélas 1 attendue, elle n'en a pas moins provoqué une émotion considérable en Belgique et hors de Belgique. Le corps du vénérable prélat, transporté de Bruxelles à Malines, a été exposé à la vénération des fidèles. Dès la première heure, le gouvernement français avait adressé ses condoléances au gouvernement belge, et M. Edouard Herriot, président de la Chambre des députés, a ouvert la séance du 26 janvier en adressant un hommage ému à la mémoire de l'illustre primat de Belgique.



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