L'essentiel Luxembourg n°2992 7 oct 2020
L'essentiel Luxembourg n°2992 7 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2992 de 7 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Edita SA

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : le Grand-Duc Henri de Luxembourg fête ses 20 ans de règne aujourd'hui au plus près des gens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 20 ans de règne Pour le Grand-DucHenri, « s LUXEMBOURGLeGrand-Duc Henri était introniséàla tête de l'État luxembourgeois il ya 20 ans.Lesouverainrevient pour l'occasion sur sonrègne, le développementdupays, sonrapportàlafamille,àla population.Etévoquel'avenir. « L'essentiel »  : Vous accédiez au trôneilya20ans, le 7octobre 2000, quellesimages et sentiments gardezvous de cet événement ? Son Altesse Royale le Grand-Duc Henri de Luxembourg : Tout d'abordbeaucoup d'émotions, cela s'est d'ailleurs ressenti au moment où j'ai prêté serment. Et puis, beaucoup de responsabilités de devenir tout àcoup chef d'État, bien qu'il y ait une grande préparation derrière. Mais, une fois le moment venu, cela pèse. Pour la Grande- Duchesse et moi, servirlepays est une chose essentielle et donc nousvoulions et voulons toujours faire de ce service quelque chose de positif. En 20 ans, quels ont été les meilleurs moments ? Toutes lesrencontresque j'ai eues, avec la Grande-Duchesse àmes côtés, avec lapopulation. Au moment où nous avons fait nos Joyeuses Entrées dans les douze cantons. Mais aussi au jourlejour, il ya des rencontres extraordinaires que j'ai pueffectuer avec des personnalités du monde de la culture, de la recherche, de la politique. C'est enrichissant. Et les plus difficiles ? Nous avons eu des crises, comme celle, difficile, de l'euthanasie. Là, j'ai pris mes responsabilités et la conclusion aété très positive, dans le sens où on aprocédé àune séparation des pouvoirs entre la Chambre des députés et l'exécutif, puisque le Grand-Duc aujourd'hui promulgue les lois et n'estplus dans le législatif. Que vous disent les Luxembourgeois quand vous les rencontrez ? Ils parlent de leur famille,de leurtravail, de leurs peines,de leurs joies… Et puis, parfois, ils nous demandent d'intervenir pour tel ou tel projet. Très souvent, jereçois dans mon bureau des gens qui viennent avec un problème personnel et je n'ai pasbesoin de dire beaucoup de choses, de les encourager peut-être un peu, mais une fois qu'ils sortent, ils se disent : « Formidable, j'ai trouvé la solution ». Aujourd'hui, ilyatellement de communication à travers les réseaux sociaux, tellement de chosesqui se disent... maison aoubliél'écoute. Vous avez vu le pays se transformer avec une ouverture de l'industrie vers la finance, et maintenant vers « Lors de l'intronisation,jepensais àmes prédécesseurs : la Grande-Duchesse Charlotte, une figure emblématique,etmon père.Ils avaient une légitimitéextraordinaire. Moi, je devais trouver la mienne ». Pour seprémunir des effets de la vieillesse, le Grand-Duc Henri dit faire du sport régulièrement, avoir une bonne diète et être... « heureuxenmariage. L'amour est quelque chose de très important pour « Le Luxembourg a toujours trouvé des créneaux dans lesquels il pouvait être compétitif vis-à-vis de ses voisins. Ilfaut savoir penser "out of thebox" ». Du sport, de l'amour et de la musique classique rester en forme ». Pour se ressourcer, le souverain écoute de la musique classique, un « refuge ». MERCREDI 7OCTOBRE2020/LESSENTIEL.LU Le Grand-Duc Henriest monté surletrônele7octobre 2000. l'économie numérique ou le spatial… Comment analysez-vous cetteévolution ? Le Luxembourg a toujours trouvé des créneaux dans lesquels il pouvaitêtre compétitif vis-à-visdeses voisins. Quand on aeulacrise de la sidérurgie, on aessayé de diversifier, de trouver desentreprises plus high-tech, entre autres, puis nous nous sommes dirigés verslespatial, avec SES. Nous allons maintenant vers le « space mining » avec l'idée qu'il faut pensercomme on dit en anglais « outofthe box ».Le fait que nous ayons créé une université a changé le pays d'une façon très positive. Il ya les centres derecherche, les start-up... qui font que nous Pendant le confinement lié au coronavirus, le Grand-Duc Henri et son épouse Maria Teresa se sont retrouvés seuls au château de Colmar-Berg. Sans personnel, y compris pour confectionner les repas. Alors, « nousfaisions la cuisine, nous aimons beaucoup cela », raconte le Grand-Duc.Aumenu, « des choses très saines », beaucoup de légumes, du poisson, de la viande de temps en temps... « On fait des plats simples, qui sont bons… avec du bio luxembourgeois ! À cela, j'y crois beaucoup, on utilise les produits locaux, c'estimportant », estimeHenri. sommes àlapointe dans certains domaines remarquables. Ce sont des développements qui sont dirigés vers le futur pour pouvoir affronter la concurrence, mais ausein d'une Unioneuropéenne solide. La nature delapopulation aaussi beaucoup changé en 20 ans... Aujourd'hui, nous avons 200000 frontaliers, etlamoitié de la population résidente qui est non luxembourgeoise. Cette diversitéculturelle estun apport extraordinaire. Jesuis émerveillé par la façon dont lesLuxembourgeoisont continué àaccepter vraiment cette immigration. Nous avons une longue histoire del'immigration, avec les Italiens, les Portugais, les ex-Yougoslaves, avec aujourd'hui les réfugiés. Ce qui fait qu'aujourd'hui, le Luxembourg est ce puzzle extraordinaire de différentes nationalités.Etmon apport, c'est de rassembler, de promouvoir le vivreensemble,lasolidarité et l'intégrationdetous. Comment faites-vous dans ce contexte pourcontinuerà être le garant de l'identité luxembourgeoise et de sa devise « Nous voulons rester ce que nous sommes » ? Je m'exprime peu, mais quand je le fais,jeparle beau- Sain et localencuisine Quant aux recettes traditionnellesdupays ? « Oui,mais peut-être moins, car c'est un peu lourd. J'aime beaucoup, mais de temps entemps. Un bon boudin, despieds de porc, c'est très bon, mais avec modération ! (rires) ».
MERCREDI 7OCTOBRE 2020/LESSENTIEL.LU 20 ans de règne 3 ervir le paysestessentiel » Les enseignements du Grand-Duc Jean sont appliqués « Je pense quemon pèreaété un homme proche delapopulation et àl'écoute des gens. C'est un desenseignements qu'ilm'a donné, que j'applique très volontiers », a confié leGrand-Duc Henri à « L'essentiel ». La discrétion est une autre vertu inculquée par leGrand-Duc Jean. « Je pense avoir toujours été discret, avoir une vie éthique. Il ne faut pas se retrouver dans desscandales et le"people", carc'est une « Être près de la population,àl'écoute des gens chose très dangereuse. Pour n'importe est un enseignementque j'applique volontiers ». quid'ailleurs », estimelesouverain. coup de cette intégration, de ce support énorme de cette population. Je pense que « nous voulons rester ce que nous sommes », oui, d'une certaine façon. Mais il yauneévolution constante, que l'on ne peut pasarrêter,ni figer. Il faut avancer avec notre époque et notre population est prête à le faire. Chacun est nécessaire, apporte un plus ànotre économie. Sans les frontaliers, sans les résidents non luxembourgeois, nous neserions pas ce que nous sommes aujourd'hui. Quel regard portez-vous sur le gouvernement et cette coalition inédite à trois partis qui s'est maintenue aux dernières élections législatives ? Je trouve que ce gouvernement àtrois est une évolution intéressante. On peut, avec lesdifférentes sensibilités de chacun des trois partis, et ils l'ont prouvé, faire quelque chose de très positif pour le pays. Le Covid amontré l'importance d'une population unie, forte, etvous êtes le garant de cette unité. Quel message faites-vous passer dans ce contexte ? « Je suis, avec mon épouse, tout àfaitserein dans letravail que jefais. Jevois la partie positive dans ce travail donc, pour l'instant, iln'est pas questiond'arrêter ». Charles « rit », Guillaumeest « prêt » Jean, Henri, Guillaume, Charles. Quatregénérations de la famillegrand-ducale sont réunies en un cliché. Nous avons beaucoup téléphoné pendant le confinement. J'étais encontact permanent avec le Premierministre, la ministre delaSanté, avec lespersonnes impliquées dans la lutte contre leCovid, les hôpitaux... Mon épouse, qui a le haut-patronage del'Association nationale des infirmier(e)s luxembourgeois(es), les a beaucoup encouragées. Elle s'est aussi dirigée vers des gens dans la souffrance. Nous avons aidé en donnant des impulsions, du réconfort, desencouragements. On nous dit : « Votre coup detéléphone nous abeaucoup aidés » et je suis content de l'entendre. Vous dites œuvrer pour la modernisation de la monarchie grand-ducale. Comment menez-vous ce chantier ? Un rapport est sorti (NDLR : dit « Waringo », surlefonctionnement de la Cour grand-ducale) et le Premier ministre vient de présenter la « Maison du Grand-Duc » àla Chambre des députés. Tout cela avance et aété fait en concertation étroite avec le Palais. J'ai beaucoup travaillé avec la Maréchale de la Cour et mes nouveaux collaborateurs. Nous avonsfaitdes réunions importantes pour trouver la bonne formule et aujourd'hui nous avons cette « Maison du Grand-Duc » qui prête àlamodernité. Nous sommes une monarchiemoderne qui va aller vers l'avenir d'une façon positive. Ce travail est-il achevé ? Il yaencore beaucoup àfaire surtoutpourcequi concernela mise en application.Mais c'est sur le bon chemin et je ne me fais plus aucun souci. Maintenant je peux continuer àme concentrer sur mon travail commechefdel'État. Derrièrelavisière,leLuxembourg Le Grand-Duc dit faire de la moto « avec plaisir ». L'occasion de rencontrer ses sujets « discrètement », avoue-t-il. « Je mets mon casque, jedisparais derrière mavisière et je me promène àtravers leLuxembourg pour regarder ce qui sepasse. C'est une très bonne façon deserendre compte de l'évolution du pays, des villages qui sedéveloppent, des constructions, du logement… ». Votre père, le Grand-Duc Jean, a abdiqué à 80 ans, après 36années de règne… À65ans et après20ans sur le trône, est-ce que l'éventualité d'abdiquer vous adéjà traversél'esprit ? Non, pas dutout, pas pour l'instant. Évidemment, ilya des moments de bonheur, d'autres qui sont plus difficiles. Mais je suis, avec mon épouse, tout àfaitserein dans le travail que je fais. Jevois la partie positive dans ce travail donc, pour l'instant, il n'est pasquestiond'arrêter. Avec le PrinceCharles,fils du Grand-Duc héritier Guillaume néenmai dernier, « je suis un grand-père'’gâteau», vraiment ! », sourit le Grand-Duc Henri. « Ce petit héros est vraiment adorable. Il ne pleure pas, il sourit tout le temps,ilrit, il estunbonheur pour toutelafamille », poursuitlesouverain en évoquant celui qui sera amené, luiaussi,àrégner un jour sur le Grand-Duché. Enattendant, leGrand-Duc héritier continue de se préparer àsuccéder à son père. Pourautant, « il esttoutàfait prêt ! », jure le Grand-Duc Henri. « C’estungarçon tout àfait remarquable, d’une grande intelligence, quiaun sens des gensetdelarépartie.C’estun garçon qui fait un excellent travail sur le plan du comitédedéveloppementéconomique,sur la promotionduLuxembourg je l’entendstout le temps. Ilest au Conseil d’État, s’occupe de toutes sortesd’associations. Il estprésent avec son épouse, la Princesse Stéphanie, qui aété plutôt dans la direction de la culture. Tout cela fait qu’ils sont prêts. Le moment venu, celasera un changement quiserarodé et bien huilé ». Si vouspouviezchangerun fait,unélément survenu lors de ces 20 dernières années, quelserait-il ? Je ne reviendrais sur rien. Je suis satisfait par le cheminement que j'ai fait. Je suis heureux en mariage, heureux de ma famille, nous sommes très unis. Je pense qu'ilfautassumer cequi était moins bon, mais jene regrette rien. Ilfaut accepter ce que l'on afait. Il est important d'assumersavie. RECUEILLI PAR MATHIEU VACON ET JEAN-LUC BERTRAND -PHOTOS : COURGRAND-DUCALE



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