L'Eau Magazine n°28 nov 16 à mai 2017
L'Eau Magazine n°28 nov 16 à mai 2017

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 42 - 43  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
42 43
TERRITOIRES Une ambition forte dans le domaine de la réduction des pollutions et la restauration des milieux Le changement climatique fragilise le bassin Adour-Garonne. Face à la perspective d’un manque d’eau chronique, trois axes directeurs sont retenus par l’agence de l’eau Adour Garonne  : réduire la consommation superflue et éviter la déperdition, investir dans la modernisation des réseaux pour disposer d’une infrastructure plus sûre et performante, lutter contre la contamination des eaux urbaines en développant l’innovation. Le Sud-Ouest est la région française qui sera la plus impactée, entre autres, par la baisse des débits naturels des cours d’eau, notamment en été et automne. Celle-ci est estimée, en moyenne annuelle, entre -20 et -40%. Urgente nécessité, inscrite dans la SDAGE, le plan d’adaptation du bassin Adour- Garonne doit permettre une déclinaison territoriale, adaptée aux enjeux spécifiques de l’eau du bassin, du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (dont la seconde édition est attendue pour début 2017). Le Comité de Bassin étudiera les pistes de ce plan fin 2016 pour un lancement fin 2019. « L’Agence a souhaité avant tout, ces dernières années, faire partager un diagnostic factuel issu des dernières données scientifiques. L’étude prospective, Garonne 2050 nous a aidé à aller plus loin et dans le cadre d’adaptation, elle sera complétée sur les différents sites qui structurent le bassin Adour-Garonne  : Adour 2050, Dordogne 2050 », précise Laurent Bergeot. La reuse, une piste parmi d’autres Le bassin Adour-Garonne subit des sécheresses importantes. L’agence explore la voie de la « reuse » parmi d’autres pistes pour compenser les déséquilibres quantitatifs et de résorption de conflits d’usages. Recycler l’eau usée c’est réduire un rejet au milieu naturel et alléger la pression de prélèvement sur la ressource en eau, en particulier sur les territoires qui connaissent des périodes de déficit hydrique importantes. C’est d’autant plus vrai en période estivale lorsque les débits des cours d’eau sont faibles. L’étude Garonne 2050 prévoit que les débits des rivières devront baisser considérablement sous l’effet du changement climatique (- 40% dans le bassin Adour-Garonne à l’horizon 2050). « Les freins au développement de la réutilisation de l’eau ne sont pas techniques, les techniques à mettre en œuvre sont en effet connues mais c’est une solution qui ne peut être que limitée au regard des déficits des grands bassins versants » poursuit Laurent Bergeot. 42 L’eau magazine novembre 2016 n°28 En effet, la totalité des rejets des stations existantes, en période d’étiage, ne représente que quelques pourcents des besoins en eau d’irrigation sur la même période. « Il ne peut s’agir que d’une solution adaptée localement, qui générera des coûts de traitements complémentaires, et de stockage ». L’Agence soutient les initiatives de la réutilisation des eaux traitées de Melle depuis 1995. Les prélèvements industriels ont quant à eux diminué de 60% en 20 ans notamment grâce à une utilisation plus économe de l’eau  : réduction des prélèvements d’eau à la source, recyclage d’eau utilisée dans le process, mise en circuit fermé des unités de refroidissement, etc. « A l’heure actuelle, l’agence explore des pistes de réduction des prélèvements pour l’arrosage des espaces verts, aux côtés des golfs avec la réutilisation des eaux domestiques traitées ». Elle envisage de lancer un appel à projet pour donner une nouvelle impulsion et favoriser les projets de reuse. « L’objectif affiché est d’innover et de contribuer à l’évolution de la réglementation en se servant d’expériences pilotes en milieu urbain ». Surveillance et contrôle La question des micropolluants dans les eaux est une problématique émergente pour l’agence de l’eau. « C’est un vrai challenge pour un bassin rural comme celui d’Adour-Garonne. On parle de concentration infime, dès lors que faut-il analyser et comment ? Comment agir à la source, éviter le déversement dans les réseaux, changer les pratiques ? », interroge L Bergeot. L’annonce officielle du lancement du nouveau plan micropolluants 2016-2021 a été faite par Ségolène Royal lors de la conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement (ICRAPHE) le 8 septembre 2016 à Paris. Des actions ont précédé ce plan. 13 projets visant à lutter contre les micropolluants dans les eaux
urbaines ont été retenus au niveau national en 2014 dans le cadre de l’appel à projets « innovation et changements de pratiques  : micropolluants des eaux urbaines » (projets soutenus financièrement par l’ONEMA et les Agences) en lien avec le Ministère en charge de l’Environnement et en partenariat avec le Ministère en charge de la Santé. Trois d’entre eux concernent le bassin Adour-Garonne  : Le projet « SMS » (Séparer les Micropolluants à la Source) qui vise à installer un démonstrateur sur la station d’épuration de Portet sur Garonne (31). Il permettra d’expérimenter une nouvelle pratique de gestion et traitement des eaux usées domestiques qui consiste à séparer à la source les urines qui concentrent la plus grande écotoxicité, des autres eaux usées, en proposant des traitements adaptés pour chaque flux. En parallèle de l’élimination des micropolluants, la séparation de l’urine permettra de récupérer une part importante de l’azote et du phosphore qui pourra être valorisée sous forme de fertilisant. La part résiduelle sur la filière des eaux noires et grises pourra alors être valorisée sous forme de méthane. La démarche tout aussi innovante que pragmatique s’appuie sur les systèmes d’assainissement existants et engage à un renforcement de la prévention en matière de qualité de l’eau, plutôt que des traitements coûteux. Le défi du projet REGARD (Réduction Et Gestion des micropolluAnts sur la métRopole borDelaise) est de proposer une vision globale et intégrée de ces flux de micropolluants à l’échelle d’un territoire urbain en développement, la métropole de Bordeaux. Il s’agit d’aider la collectivité à orienter ses choix et à déterminer la meilleure stratégie de lutte contre ces Garonne 2050, un diagnostic de vulnérabilité du territoire face au changement climatique TERRITOIRES pollutions lui permettant d’atteindre les objectifs de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau). En parallèle, des études sociologiques et des enquêtes d’usages permettront d’identifier les leviers d’actions possibles au niveau de chaque source. Le projet REMPAR (REseau Micropolluants du bassin d’Arcachon) est né de la volonté des acteurs et des gestionnaires d’établir une veille active des micropolluants sur le bassin d’Arcachon, d’en identifier les origines et d’en réduire l’empreinte par des traitements adaptés ou des mesures de réduction à la source. Les actions de REMPAR se coordonnent autour de quatre thématiques  : - Identifier les rejets  : une cartographie des sources de plusieurs familles de micropolluants (métaux, HAP, filtres anti-UV, résidus médicamenteux, biocides…) sera réalisée sur le réseau d’eaux usées, les eaux douces et marines ainsi que les rejets d’eaux pluviales. - Proposer des traitements adéquats  : l’efficacité, l’utilité et le coût de procédés adaptés (bassin de rétention pour les eaux pluviales et bioréacteur à membrane pour le traitement des effluents hospitaliers) seront évalués. - Mesurer l’impact  : la toxicité des rejets hospitaliers et l’efficacité des traitements proposés sur sa réduction seront évaluées par des analyses écotoxicologiques. - Adapter les comportements en conséquence  : des enquêtes de pratiques seront initiées dans le but d’identifier des leviers d’action pour la réduction à la source des micropolluants et d’impulser des modifications des pratiques. Pascale Meeschaert Initiée par l’agence de l’eau Adour-Garonne, l’étude Garonne 2050 est pragmatique et se distingue d’un exercice de recherche. En tant que porteur de projet, l’agence a développé une association d’ateliers participatifs et phase plus technique pour quantifier et évaluer par modélisation le récit des acteurs. Sans réelle volonté de mise en œuvre (les trois scenario étant assez caricaturaux), l’étude a toutefois largement favorisé la prise de conscience. Elle a été relayée lors de la COP 21, la rédaction du SDAGE, et a permis d’essaimer des initiatives locales telles qu’Adour 2050, Dordogne 2050. « Il reste toutefois un gros travail de sensibilisation à faire, y compris de notre premier cercle qui connaît l’eau, souligne Françoise Goulard, conseiller recherche et prospective à l’agence de l’eau Adour-Garonne. La question doit être posée dans ces termes  : concrètement qu’est-ce que nous risquons ? Ça ne pourra pas continuer comme ça et pourquoi ? ». Un travail complexe qui consiste par exemple à distinguer le risque de la vulnérabilité, c’est à dire la sensibilité d’une situation qui n’existe pas encore. Le travail de formation du grand public et des relais institutionnels est désormais inscrit à l’agenda de la communication du comité de bassin. Du coté technique, l’agence entend élaborer de manière participative le Plan d’adaptation au changement climatique du bassin en proposant de cartographier à l’échelle du bassin versant les zones prioritaires pour agir d’ici 2050 et d’accompagner les acteurs sur le terrain. AEAG Pierre Barthe L’eau magazine novembre 2016 n°28 43



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 1L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 2-3L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 4-5L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 6-7L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 8-9L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 10-11L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 12-13L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 14-15L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 16-17L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 18-19L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 20-21L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 22-23L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 24-25L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 26-27L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 28-29L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 30-31L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 32-33L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 34-35L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 36-37L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 38-39L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 40-41L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 42-43L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 44-45L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 46-47L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 48-49L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 50-51L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 52-53L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 54-55L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 56-57L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 58-59L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 60-61L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 62-63L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 64-65L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 66-67L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 68-69L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 70-71L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 72-73L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 74-75L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 76-77L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 78-79L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 80-81L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 82-83L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 84-85L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 86-87L'Eau Magazine numéro 28 nov 16 à mai 2017 Page 88