L'Eau Magazine n°26 nov 15 à mai 2016
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TERRITOIRES Protection des milieux aquatiques Dix sites ateliers de reconquête écologique Il y a cinq ans, l’Agence de l’eau Seine-Normandie sélectionnait dix sites ateliers présentant des opérations ambitieuses de reconquêtes écologiques des milieux aquatiques. En 2015, l’Agence dresse un bilan des actions menées sur huit de ces sites ateliers sous forme de films. Objectif  : présenter ces projets exemplaires, les acteurs impliqués, les problématiques rencontrées et les bénéfices des travaux réalisés. Deux des ateliers ont permis la restauration de cours d’eau  : l’un sur la Trye à l’est de Beauvais qui a diversifié les habitats et augmenté la biodiversité, et l’autre sur une quinzaine d’ouvrages de la Calonne vers Honfleur qui a permis sa recolonisation par les poissons migrateurs. « Aujourd’hui, la Calonne est à 99% transparente sur le plan écologique, et avec la Touques, elle est devenue et restera la première rivière à truites de mer de France et même d’Europe », se félicite André Berne, directeur Basse Normandie de l’AESN. Deux autres ateliers ont été consacrés à la renaturation de cours d’eau, dont un en plein milieu urbain sur l’Yvette à Palaiseau  : « l’espace naturel sensible créé permettra aux personnes de se promener dans un espace naturel aménagé, aux écoliers et lycéens de suivre les espèces animales et végétales, et une zone d’expansion naturelle évitera les inondations », explique Michel Rouyer, adjoint au maire de Palaiseau. L’autre atelier de renaturation concerne le bassin versant du Rongeant en Haute-Marne avec le reméandrage de la Pisancelle. Objectifs  : solutionner Sur les 3 000 captages d’eau potable que compte le Bassin Seine-Normandie, 900 présentent une qualité d’eau brute considérée comme dégradée ou fragile. Si les points présentant une mauvaise qualité sont répartis sur tout le Bassin, on note toutefois une prédominance sur les territoires de grandes cultures. Et globalement, depuis dix ans, la teneur des eaux souterraines en nitrates ne montre pas d’amélioration, ni même d’inversion marquée des tendances. Dans ce contexte, et après le vif succès rencontré en 2014, l’Agence de l’eau Seine-Normandie a décidé de lancer un nouvel appel à projets innovants le 2 avril 2015. Objectif  : lutter contre les pollutions diffuses pour mieux protéger la ressource en eau potable. Doté d’une enveloppe globale de cinq millions d’euros, ce second appel à projets est ouvert aux acteurs privés institutionnels ou associatifs  : collectivités, CUMA, entreprises, instituts techniques, associations, etc. Sur les dix-neuf projets soumis au jury, huit ont 36 L’eau magazine décembre 2015 n°26 les problèmes d’assecs et de déstabilisation des ponts liés à l’enfoncement du cours d’eau, ainsi que le risque d’inondation engendré par l’accumulation de matériaux à l’entrée du village. Un autre petit ruisseau a aussi subi un reméandrage - le « Milleron » dans le Loiret - afin de corriger les dysfonctionnements générés par sa rectification en milieu agricole, permettant ainsi aux villageois de se le réapproprier. Au sud de Bar le Duc, sur la Blaise, l’effacement d’un barrage vétuste a quant à lui mis en sécurité la commune par rapport au risque d’inondation en cas de rupture de l’ouvrage ; des matériaux ont aussi été rapportés pour accélérer la restauration de l’équilibre sédimentaire de la rivière. « Ces travaux vont restaurer la continuité écologique et limiter les phénomènes d’assecs », ajoute Magali Robin, chargée d’opérations rivière à l’AESN. Vers Châlons-en-Champagne, ce sont des travaux pour préserver la mobilité de la Marne qui ont rendu la rivière plus naturelle et moins agressive pour les infrastructures. Enfin, un petit cours d’eau - le Fouillebroc dans l’Eure - a été remis en fond de vallée, avec comblement de l’ancien bras perché devenu inutile après la disparition des aménagements historiques. « L’ancien bras perché empêchait remontée des poissons, mais aussi la descente des sédiments d’où une altération de l’eau en amont du vannage », justifie Rémi Decleire, président du Syndicat intercommunal du Bassin de l’Andelle. Bilan  : des habitats aquatiques plus diversifiés, et de l’espace libéré pour les agriculteurs. En savoir plus  : www.eau-seine-normandie.fr Eau potable  : 2 ème appel à projets finalement été sélectionnés le 13 octobre. On y trouve des projets d’agriculture biologique, de choix de cultures (luzerne, trèfle, lin) et de techniques agricoles plus respectueuses de la ressource (réduction des engrais azotés, abandon des pesticides, non labour, rotation des cultures, couverture des sols)... et même un wagon désherbeur mécanique couplé au pâturage de moutons sur les voies ferrées ! Les lauréats seront validés par la Commission des aides de l’Agence fin 2015, avec annonce du montant des aides allouées à chacun.
Un train de bois pour Paris En 2015, l’Agence de l’eau Seine-Normandie s’est associé à « Un Train de bois pour Paris », une grande aventure humaine retraçant une page de l’histoire de la capitale et du Nivernais-Morvan. Le concept de cette opération organisée par l’association Flotescale ? Reconstituer le périple d’un train de bois de 72 mètres de long, semblable à ceux qui alimentèrent Paris en bois de chauffage durant plus de trois siècles de 1547 à 1877 ! En provenance du Morvan, ces « trains » étaient uniquement propulsés par la force motrice de l’eau de l’Yonne et de la Seine. « Ce flottage du bois fut même à l’origine de la création du Canal du Nivernais », rappelle Gérard Durand, Président de Flotescale. L’aventure a démarré le 6 juin dernier de Clamecy dans la Nièvre, ancienne capitale du flottage. Comme le précise Alexandre Colas, faïencier d’art. Acheminant 200 stères de bois  : « ici, nous sommes au cœur d’un savoir faire qui dépendait du flottage du bois car nos fours étaient alimentés en bois au siècle dernier pour chauffer et cuire nos faïences. ». Ce train flottant a parcouru pas moins de 267 kilomètres et franchi 64 écluses, avant son arrivée au Port parisien de Bercy Aval le 27 juin. Un événement qui n’était plus arrivé depuis 138 ans ! Son parcours aura été agrémenté d’une vingtaine d’étapes sur le Canal du Nivernais, l’Yonne et la Seine  : Auxerre, Canal du Nivernais Joigny, Villeneuve sur Yonne, Sens, Melun, Saint Fargeau, Corbeil, Athis Mons... Une belle occasion de découvrir comment ce bois était transformé en trains, et de revivre le parcours des quatorze générations d’hommes qui les dirigeaient au péril de leur vie  : les « flotteurs ». Le 27 juin, son entrée dans la capitale a marqué l’ouverture du Salon du Flottage de Bois qui se tenait au même endroit jusqu’au 5 juillet. 1. Claire Xuan, Petites et grandes histoires du Bois sur l’Eau, Éléments d’édition, 132 pages. TERRITOIRES L’AESN s’est aussi associé à cette belle aventure en soutenant le travail artistique de Claire Xuan, présenté le 27 juin au Port de Bercy Aval. Du Morvan à la Seine, la photographe internationale a réalisé de magnifiques clichés qui ont donné naissance à un projet artistique baptisé « Petites et grandes histoires du bois sur l’eau ». Ce dernier se décline en deux volets principaux  : une exposition itinérante qui a suivi le périple du train de bois de ville en ville, mais aussi un livre objet 1 conçu en deux parties avec des photos à la française et à l’italienne (à la verticale et à l’horizontale). Véritables stars du projet artistique dans son ensemble, le bois et l’eau y sont présentés sous toutes leurs formes  : le bois sur l’eau, le bois dans l’eau et le bois sous l’eau. « Au fil des quatre saisons, j’ai essayé de mettre en lumière et en mouvement la beauté de ces deux élément principalement dans les forêts morvandaises », explique Claire Xuan qui a eu la chance d’être invitée sur le train de bois par l’association Flotescale. « J’ai en effet pu naviguer à leurs côtés quelques jours pour vivre cette expérience unique, et prendre des photographies que je n’aurai jamais pu capturer sans cette occasion. », conclut-elle ravie. L’eau magazine décembre 2015 n°26 37



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