L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015
L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Les 50 ans des Agences de l’eau Les bassins hydrographiques sont depuis 1964, avec des évolutions en 1992 et 2006, animés par les comités de bassins, de véritables parlements de l'eau, et par leurs conseils d'administration. Sous l'égide du préfet, ces derniers sont les opérateurs des politiques décidées par ces parlements dans le cadre de mission du ministre en charge de l’écologie. 2014 marque l'anniversaire d’une institution originale dans son principe de décentralisation et de responsabi lisation de tous les acteurs de la vie politique, économique et associative. Modèle au départ unique, critiqué par l’ignorance et le jacobinisme, il est aujourd’hui exporté à la dimension de l’Europe et du monde. Cette politique de l’eau a donné naissance à des tableaux de bord qui sur le plan quantitatif et qualitatif informent sur l’état de ce patrimoine irremplaçable et vital, précisent les efforts à fournir par les utilisateurs et orientent les politiques publiques nécessaires pour sauvegarder, restaurer et valoriser l’eau et ses milieux. Après 50 ans d’existence, les Agences de l’eau et leurs comités de bassin peuvent dans un regard prospectif national, européen et mondial d’une part, dans un coup d’œil dans le rétroviseur d’autre part, mesurer le chemin parcouru et poser de nouvelles exigences. Les notions de bassin hydrographique comme entité signifiante, de couple eau et milieux comme entité indissociable, de comité de bassin comme unité de démocratie à la fois unique et multiforme sont devenues des éléments de langage ordinaire. La feuille de route des Agences de l'eau a intégré, après la réduction drastique des effets néfastes des pollutions industrielles et de la pollution domestique, de nouveaux horizons  : attention aux milieux, aux pollutions diffuses, aux pesticides et résidus médicamenteux, à L’eau magazine novembre 2014 N°24 la stratégie de lutte contre les inondations ou la défense du trait de côte… Ces 50 ans marquent à l’évidence l’émergence de nouveaux enjeux, compréhensibles aujourd’hui parce qu’il y a ce demi-siècle de recherches et de prises en compte des nouveaux défis issus de l’évolution climatique et de la mondialisation des problèmes naturels et humains, de la place de l’eau dans la vie des hommes et des peuples. Mais la démocratie de l’eau ne peut supporter les intégrismes, l’idéologie et les calculs de boutiquiers. Elle reste à construire et parfois à défendre pour donner pleine efficacité aux outils mis à disposition. Le paradoxe est le suivant  : alors que l’exercice complet des responsabilités confiées aux comités de bassin permettrait une relance des valeurs prônées par la Charte de l’environnement et une relance de l’emploi grâce aux crédits des Agences, alors que l’Europe et le monde s’inspirent largement de notre modèle de réflexion, gestion et action, nos dirigeants politiques, drogués au court termisme des fausses économies, veulent ponctionner les moyens financiers des Agences de l’eau au risque d’en détruire les fondements démocratiques, de détourner la signification des redevances et de créer pour demain des obstacles insurmontables qui rendront impossible l’atteinte du bon état écologique des masses d’eau. « L’eau est la vie » ne peut se réduire à un slogan ! C’est d’abord une valeur et une exigence qui supposent des efforts et une rigueur de gestion et de relation à la nature et au monde, une démarche éducative et citoyenne de plein exercice et une obligation morale et humaniste de solidarité internationale portant réduction des conflits d’Etat et de réduction de l’exclusion du droit à l’eau et à l’assainissement.C.R. Tribune Dans un pays qui doute de luimême, de son avenir et de ses institutions, il serait paradoxal et irresponsable de détruire ou de handicaper ces lieux de dialogue et de responsabilités, ces lieux de gestion patrimoniale qui ont anticipé des réponses à exporter et à développer dans tous les compartiments de la vie économique ou politique. Les comités de bassin et les agences doivent encore grandir et mieux se faire connaître dans leurs démarche et finalité, et peuvent être des modèles à imiter dans d’autres sphères. André FLAJOLET Ancien député rapporteur de la LEMA* Président du Comité de bassin Artois-Picardie * Loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :