L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015
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Dossier Géothermie de minime importance  : un secteur en pleine évolution Pour aider le marché de la géothermie très basse énergie, aujourd’hui en recul, les professionnels du secteur attendent la validation prochaine du projet de décret sur la géothermie de minime importance. Simplifications administratives et qualification des entreprises sont au programme de cette future réglementation. Des délais administratifs trop longs, une conjoncture difficile pour les collectivités… Plusieurs causes peuvent aujourd’hui expliquer la perte de vitesse du marché de la géothermie très basse énergie (TBE). Cette dernière consiste à exploiter une ressource du sol inférieure à 30 °C pour chauffer et refroidir un bâtiment, voire produire de l’eau chaude sanitaire. En géothermie TBE, il est possible de capter de la chaleur de l’eau des aquifères peu profonds ou bien de récupérer de la chaleur des roches du sous-sol au moyen de sonde géothermique (voir encadré). La température exploitée ne permettant pas une utilisation directe de la chaleur par simple échange, une pompe à chaleur (Pac) est associée pour augmenter cette température à un niveau requis. Destiné à l’habitat collectif, au tertiaire et à l’individuel, la géothermie TBE représente toujours plus de 80% de la production de chaleur géothermique en France. Mais ces dernières années, une baisse réelle de l’activité a été notée, qui se traduit par une vente de pompes à chaleur géothermiques en chute. Selon les chiffres de l’AFPAC 1, un peu moins de 5 000 Pac géother- 1 Association Française pour les Pompes à Chaleur. Lors des opérations de forage en milieu urbain, des murs anti-son peuvent être dressés pour limiter les nuisances. Les deux principales techniques en géothermie TBE - Sonde sèche  : Ce type de géothermie capte la chaleur du sol par l’intermédiaire d’un circuit de fluide caloporteur circulant dans des forages emplis d’un mélange de ciment et d’argile. La capacité d’absorption calorifique moyenne d’un capteur vertical étant d’environ 50W par mètre de forage, il faut donc souvent utiliser deux ou plusieurs capteurs. - Système sur aquifère  : Il est constitué d’un doublet géothermique, c’est-à-dire deux forages associés. Le premier permet de puiser l'eau par pompage dans l'aquifère et de la transmettre à la Pac qui en extrait l'énergie. L’eau pompée est généralement réinjectée par un deuxième puits dans son aquifère d’origine. 38 L’eau magazine novembre 2014 N°24 Aquassys
miques ont été vendues en 2013, contre 20 000 en 2008, ce qui représente une diminution de 75% en seulement cinq ans. Le premier semestre 2014 ne modifie en rien la tendance, avec une baisse d’environ 20% par rapport à 2013. Pourtant, les acteurs du secteur peuvent espérer des jours meilleurs et attendent avec impatience un changement réglementaire qui aurait dû se produire. En effet, un projet de décret modifiant les critères définissant la géothermie de minime importance devait être soumis au Conseil d’Etat début novembre. Mais, à ce jour, il n’a toujours pas été validé. Pourtant, ce projet est porté depuis 2010, et a même été mis en consultation publique en décembre 2013. Deux projets d’arrêtés destinés à compléter ce nouveau cadre réglementaire ont également été diffusés en juin 2014. L’eau magazine novembre 2014 N°24 Aquassys Pour le chantier de la médiathèque de Saint-Malo, près de 20 km de tuyaux ont été nécessaires pour relier les 196 sondes verticales au système de pompes à chaleur. Plus de souplesse pour la géothermie de minime importance Actuellement, la géothermie TBE de minime importance doit répondre à différents critères  : la profondeur du forage doit être inférieure à 100 mètres, et le débit calorifique maximal inférieur à 200 thermies par heure, soit 232 kW par heure. Pour ce type de réalisation, une déclaration au préalable auprès de l’autorité administrative compétente, Dreal par exemple, doit être déposée, selon les modalités prévues par l’article L411.1 du Code Minier. Pour tout forage supérieur à 100 mètres, une autorisation d’ouverture de travaux miniers est obligatoirement requise. Avec ce projet de décret, ces critères sont modifiés pour apporter plus de souplesse afin d’exploiter les aquifères ou soussol plus en profondeur. La nouvelle réglementation, tant attendue, propose d’élargir le périmètre de la géothermie de minime importance en doublant les seuils de profondeur et la puissance thermique extraite, soit 200 mètres et 500 kW. Pour ces nouveaux critères, « il est proposé de simplifier les démarches administratives par une simple déclaration des travaux en vue de l’exploitation d’un gîte géothermique de minime importance, via une télédéclaration, sans instruction des services de l’État », indique le projet de décret. Un rendement augmenté et des délais administratifs raccourcis Pour les forages sur nappes phréatiques, ce changement permet de ne plus s’arrêter à 100 mètres, lorsqu’il y a encore de l’eau à exploiter un peu plus en profondeur, tout en restant sous le mode déclaratif. « Cela offre ainsi la possibilité d’augmenter le rendement de production de chaleur, et donc la rentabilité de l’installation », explique Eric Garroustet, président du Syndicat national des entrepreneurs de puits et de forages pour l’eau et la géothermie (SFEG) et Dossier La géothermie TBE au centre de Saint-Malo En matière de développement durable, Saint-Malo a développé depuis plusieurs années une politique volontariste, qui se traduit notamment par l’inauguration de la médiathèque et d’un cinéma d’art et essais fin décembre 2014. Situés au centre-ville, les bâtiments réalisés (6 000 m²) bénéficient d’un système de chauffage et de refroidissement utilisant la géothermie TBE. « 24 sondes sèches de 196 mètres de profondeur ont été nécessaires pour atteindre la puissance calorifique de 212 kW », détaille Jean-François Gobichon, PDG d’Aquassys en charge des travaux. Plus de 20 km de linéaires, à raison de quatre tuyaux par sonde, ont également été installés pour alimenter un système de pompes à chaleur. Les besoins en chauffage sont couvets à 65% par ce champ de SGV, et ceux en rafraîchissement sont, eux, assurés à 100%. En appoint, une chaudière à condensation produit les 35% de chaleur complémentaire nécessaire en période de grands froids. Mis en place sur le toit du bâtiment, des panneaux photovoltaïques couvrent 75% des besoins de la Pac. directeur de Cotrasol, ajoutant que « pour les sondes fermés, un forage à 200 mètres est généralement plus rentable à réaliser que deux limités à 100 mètres pour une même production, tout en ayant moins de problèmes de foncier ». En géothermie TBE, de nombreux forages peuvent être compris entre 100 et 200 mètres. Le passage de la règle de l’autorisation à la simple déclaration est donc un vrai avantage, car cela simplifie les démarches administratives et surtout réduit le temps d’attente avant le lancement du chantier. « Les études administratives et l’enquête publique prennent beaucoup de temps ce qui est un réel frein pour ce type de réalisation. Souvent les investisseurs sont découragés par la lenteur de ces démarches », explique Jean-François 39



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