L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015
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Territoires Marquette-Lez-Lille, une station à la pointe de la technologie Dotée des procédés les plus modernes, la nouvelle station d’épuration de Marquette-Lez-Lille, baptisée Ovilleo, permet de garantir des rejets dans l'environnement conformes aux nouvelles normes européennes. Outre le traitement des eaux usées et pluviales, la station est également équipée d’une file boue performante limitant la quantité de boues produites, tout en optimisant la production de biogaz. Ovilleo, la nouvelle station de Marquette- Lez-Lille, a coûté 173 millions d’euros, dont 91 millions ont été financés par l’Agence de l’eau Artois-Picardie Construite il y a plus de quarante ans, la station d’épuration de Marquette-Lez- Lille se devait d’être totalement reconstruite pour répondre aux exigences de la directive ERU 1. Entre fin 2010 et février 2013, des travaux de grande ampleur réalisés par un groupement d’entreprises 2 piloté par OTV (Veolia) ont été effectués afin de créer une nouvelle file eau. Durant toute la durée du chantier, l’exploitation de l’ancienne usine, située sur le même site, a en outre été maintenue. Ovilleo, la nouvelle installation d’une capacité de 620 000 équivalents habitants (EH), dispose désormais de deux filières distinctes, traitant séparément les eaux usées (débit de 2,8 m 3/s) et les eaux pluviales (débit de 5,3 m 3/s) de 37 communes de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), dont Lille. Une référence technologique Pour le traitement des eaux usées, la solution met en œuvre le procédé de décantation Multiflo qui élimine une partie de la pollution, sans ajout de réactif. Cette étape de traitement gravitaire assure une réduction de la charge polluante, tout en maintenant suffisamment de carbone dans l’eau décantée pour limiter la quantité de méthanol utilisée lors de la dénitrification. Les eaux usées sont ensuite prises en charge par le procédé Hybas TM, combinant la performance des cultures fixées à la simplicité des boues activées. Hybas TM qui présente une forte tolérance aux variations de charge ainsi qu’une grande souplesse d’exploitation, supprime les pollutions dissoutes et colloïdales, notamment une partie des nutriments (azote et phosphore). Enfin, un traitement tertiaire par des filtres à disque Hydrotech TM complète le process. Avec des pores de 10 micromètres de diamètres, ces microtamis filtrants retiennent ainsi les dernières matières en suspension, sur lesquelles est fixée une partie du phosphore restant. Au final, avec un taux de matières en suspension à 15 mg/l et une demande chimique en oxygène à 65 mg/l pour la filière de temps sec, la qualité des eaux rejetées dans la Marque est supérieure à celle exigée par les normes en vigueur. Les eaux pluviales sont, quant à elles, prises en charge par le procédé de décantation lamellaire lestée Actiflo. Une plus value environnementale Outre ses performances de traitement élevées, la station de Marquette-Lez-Lille est également un projet environnemental d’envergure. L’architecture a ainsi été réfléchie pour favoriser une intégration harmonieuse et soignée dans le milieu urbain. La compacité des équipements installés laisse une part importante du site à un jardin de 7 hectares plantés d’espèces choisies privilégiant la biodiversité avec production d’essences locales naturelles. Les visiteurs pourront découvrir ce jardin, mais également l’extérieur et l’intérieur de la station grâce à un circuit. Des outils pédagogiques permettent de visualiser le fil de l’eau. Par ailleurs, toute zone susceptible d’émettre des odeurs est couverte et ventilée. Des désodorisations spécifiques ont été installées tenant compte du type d’air vicié à traiter. Un nez électronique analyse en permanence la qualité de l'air extérieur pour s’assurer du résultat. 22 L’eau magazine novembre 2014 N°24 Francis Bocquet
Une digestion optimisée Une fois la file eau en fonctionnement en février 2013, la deuxième étape du projet porté par OTV vise à doter Ovilleo d’un traitement des boues performant. Actuellement en cours de mise en route, ce dernier dispose du procédé innovant Exelys, exploité en configuration Digestion – Lyse – Digestion (DLD). Après une étape de digestion primaire, les boues subissent en effet une hydrolyse thermique (Exelys) qui consiste à amener les boues à une température de 165 °C pendant une trentaine de minutes par injection de vapeur. L’hydrolyse thermique en continu rend davantage mobilisable la matière organique enfermée dans le cytoplasme des cellules en détruisant les membranes de ces dernières, ce qui assure par rapport à une solution traditionnelle, « une augmentation de la production de biogaz d’environ 20% ainsi qu’une diminution de 25% de la quantité finale de boues produite (digestat), tout en gagnant 5 point de siccité », souligne Marc Cantegril, Market Manager chez Veolia Water Technologies. Moins de boues et une siccité plus élevée facilitent L’eau magazine novembre 2014 N°24 Veolia ensuite leur séchage, réduisant ainsi de près d’un tiers la consommation énergétique des sécheurs. Grâce à ce procédé d’hydrolyse thermique DLD, deux sécheurs (Bioco TM) suffisent, alors qu’une digestion conventionnelle en aurait nécessité trois. « Le choix de mettre des sécheurs permet en outre de sécuriser les voies de valorisation finales des boues qui seront utilisées pour 50% en agriculture et pour 50% en cimenterie », conclut Marc Cantegril. Manuel Castel 1 Directive eaux résiduaires urbaines 2 Norpac, Demathieu Bard, Amodiag, Bonnard et Gardel, ALH. Territoires Le procédé Excelys augmente d’environ 20% la production de biogaz par rapport à une digestion conventionnelle. 23



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