L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015
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Territoires afin d’évaluer la contamination des rivières et nappes. Au total, 174 substances actives et leurs métabolites ont été analysés dans les eaux de surface, et 109 dans les eaux souterraines. Il s’agit pour la très grande majorité d’herbicides, insecticides et fongicides (97%). Face à ce constat, l’agence a souhaité axer principalement ces priorités, et donc son financement, sur les zones à enjeu « eau potable ». « Mais cela restera difficile de changer les pratiques des agriculteurs. Nous manquons d’outils que doivent développer les les politiques européennes, pour être réellement efficaces », note Olivier Thibault. Reconquérir, restaurer et entretenir les milieux aquatiques est également un défi important pour ce 10 ème programme. Il est en effet indispensable de retrouver un fonctionnement naturel des cours d’eau pour atteindre le bon état. En 2013, La participation des jeunes pour l’eau Du 2 au 5 décembre 2014, Douai accueillera le 12 ème Parlement Européen de la Jeunesse pour l’Eau (PEJE), auquel sera associé le Parlement des jeunes du bassin Artois-Picardie, créé par l’Agence de l’eau. « Depuis longtemps, le constat a été fait que si les pratiques doivent changer, il faut obligatoirement associer les jeunes », indique Olivier Thibault. L’Agence de l’eau a donc élaboré, il y a plus de dix ans, un volet sensibilisation pour les primaires et un volet participatif pour les 17-23 ans, avec la création de ce parlement. A chaque fois que ce dernier se réunit, les réflexions et conclusions sur un thème lié à l’eau sont envoyées au Comité de bassin. L’Agence a par ailleurs poursuivi cette initiative en suscitant la mise en place en 2014 d’un Parlement des jeunes de l’Escaut constitué de Français, Belges et Néerlandais. Pour ce 12 ème PEJE, quarante jeunes de l’Union européenne feront un bilan de leurs travaux depuis trois ans et dresseront des objectifs pour le prochain Forum Mondial de l’Eau en Corée en 2015. Une vingtaine de jeunes du PEJE seront en outre sélectionnés pour représenter le continent Européen à ce forum, où se réunira le Parlement Mondial de la Jeunesse pour l’Eau. 2 150 km de cours d’eau ont été aidés, dont 136 km restaurés contre 82 en 2012 et 164 en 2011. 124 hectares de zones humides ont été acquis en 2013, ce qui est au-dessus de l'objectif assigné à l'agence de 100 ha par an depuis 2010. Enfin, 34 ouvrages ont été rendus franchissables grâce à des travaux d'aménagement ou d'effacement. L’Agence s’est par ailleurs saisie du volet inondation, phénomène relié avant tout au cours d’eau, en créant notamment des zones d’expansion des crues. Elle commence ainsi à travailler sur la compétence Gestion de l’eau et des milieux aquatiques et prévention des inondations, (Gemapi) introduite par la loi la loi du 27 janvier 2014. Préserver les succès acquis « Avec ce 10 ème programme, il faut absolument que l’on réussisse à préserver également les succès obtenus sur l’eau potable et l’assainissement, grâce aux investissements du programme précédent », précise le directeur général de l’Agence de l’eau Artois- Picardie, Sur ce bassin, l’eau potable est produite à 95% à partir de ressources souterraines, sensibles essentiellement aux pollutions diffuses. L’objectif est donc d’aider les collectivités à sécuriser 20 L’eau magazine novembre 2014 N°24 AEAP AEAP Sur les 8 000 km de cours d’eau du bassin, 1000 km sont des voies navigables.
l’alimentation en eau potable en commençant par les 60 captages prioritaires au titre du Sdage 1. Le deuxième succès à maintenir est celui de l’assainissement. Au cours du 9 ème programme, près de 244 millions d’euros de subventions avaient permis au bassin d’être en conformité par rapport aux exigences de la Directive ERU selon les échéances 1998, 2000, 2005 et 2013, à l’exception de quelques stations de taille moyenne (2000 à 10 000 équivalents habitants (EH)) dont le financement est prévu dans le cadre du 10 ème programme. La mise aux normes de la station d’épuration de Marquette-lez-Lille, la plus grande du bassin avec une capacité de traitement de 620 000 EH, a été le chantier le plus important du 9 ème programme (91 millions d'euros) (voir article p 22). Pour ce 10 ème programme, 170 millions d’euros d’intervention sont prévus pour préserver ce patrimoine et améliorer des ouvrages, essentiellement de petites collectivités. Pour ces dernières de 150 à 400 habitants, une question doit se poser. Est-il préférable, tant du point de vue environnemental que financier, de rester en assainissement non collectif (ANC) ou de passer au collectif pour ces territoires ? Concernant l’ANC, les efforts d’animation et de subvention de l’Agence et des Spanc ont aidé à la réhabilitation de 662 dispositifs en 2013 pour une prévision de 550, malgré des modalités d’aides du 10 ème programme moindres que celles du précédent. Gestion des eaux pluviales prioritaire « Aujourd’hui, l’enjeu principal de l’assainissement réside surtout dans la gestion du traitement des eaux par temps de pluie, en évitant notamment les déversements non contrôlés », ajoute Olivier L’eau magazine novembre 2014 N°24 Evolution des autorisations d'intervention entre le 9e et le 10e programme de l'Agence de l'eau Artois-Picardie Thibault. Des mesures curatives seront mises en œuvre comme la création de bassins de stockage, l’épuration des surverses ou encore la séparation des réseaux unitaires, très majoritaires sur le bassin. Pour limiter le déversement des eaux pluviales dans les réseaux d’assainissement, il faut favoriser leur infiltration avec des actions préventives – le plus souvent alternatives qui seront également déployées  : noues hydrauliques, toitures végétalisées, puits d’infiltration, chaussées et parkings à structure réservoir (structures alvéolaires ultra légères (SAUL))… Que ce soit pour les thématiques eaux pluviales et eaux usées, les actions réalisées, engagées ou prévues vont entraîner des travaux sur les réseaux d’assainissement. Une enveloppe de 232 millions d'euros, soit à peine 2 millions de moins qu’au 9 ème programme, a été intégrée pour la création de nouveaux réseaux, l’extension des ouvrages existants et la séparation des réseaux unitaires. « Comme il y a eu de forts investissements dans les stations d’épuration, il faut désormais s’occuper de la collecte et l'acheminement des eaux usées », conclut le directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie. Manuel Castel 1 Schéma d’aménagement et de gestion des eaux Territoires Chiffres clés des aides consenties en 2013, première année de mise en œuvre du 10 ème programme  : 24,38 millions d’euros pour les travaux de mise aux normes des stations d’épuration 39 millions d’euros pour les travaux sur les réseaux d’assainissement 13,8 millions d’euros en faveur de l’eau potable 10,9 millions d’euros pour le secteur industriel 6,2 millions d'euros pour la lutte contre la pollution d’origine agricole 10,58 millions d'euros pour la restauration et la gestion des milieux aquatiques 21



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