L'Eau Magazine n°24 nov 14 à mai 2015
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Territoires Bassin Artois-Picardie  : des actions pour améliorer la qualité des eaux et préserver les progrès obtenus Pour répondre aux objectifs de la directive cadre sur l’eau, l’Agence de l’eau Artois-Picardie, à travers son 10 ème programme d’actions, a défini comme priorité la reconquête de la qualité des eaux et des milieux aquatiques en luttant contre les pollutions diffuses et en restaurant la continuité écologique. L’enjeu sera également de préserver les succès acquis, que sont l’assainissement et l’eau potable. Représentant plus de 80% du territoire du bassin Artois-Picardie, les surfaces agricoles utiles sont en grande partie responsables de l’augmentation du taux de phytosanitaires dans les cours d’eau. Que ce soit par sa superficie (19 700 km 2) ou par son linéaire de cours d’eau (8 000 km), le bassin Artois-Picardie est le plus petit des bassins hydrographiques métropolitains. Il couvre l’ensemble des départements du Nord et du Pas-de-Calais, et partiellement les départements de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise. Sur ce territoire d'importantes pressions peuvent peser sur l’eau et les milieux aquatiques. Le bassin est tout d’abord fortement peuplé, avec 4,8 millions d’habitants répartis à 80% au nord des collines de l’Artois, soit environ un tiers de la superficie. La densité de population d’environ 235 habitants/km 2, avec des pics à plus de 500, est deux fois plus élevée que la moyenne nationale. Ce territoire a également connu un passé industriel riche (minier, métallurgique et textile) qui a marqué le territoire  : friches industrielles parfois contaminées, sédiments toxiques dans les cours d’eau, affaissements miniers... Outre l’industrie qui occupe encore une place importante, l’activité agricole est aussi très présente. Plus de 80% du territoire d’Artois-Picardie sont ainsi occupés par des exploitations agricoles, à l’origine de pollutions diffuses. Enfin, ces diverses pressions sont aggravées par la principale caractéristique hydrographique du bassin  : l’absence de grands fleuves et de reliefs importants qui ne favorise pas la dilution de la pollution. Les cours d’eau, en général des rivières, présentent en effet très peu de dénivelé et très peu de débit, facilitant le dépôt de la pollution sur les sédiments. 1 milliard d'euros pour le programme 2013-2018 En 2014, seulement 20% des masses d’eau du bassin Artois-Picardie sont en bon état au sens de la directive cadre sur l’eau (DCE). « La politique de l’eau n’est pourtant pas un échec. Il faut comprendre que la qualité des milieux aquatiques s’améliore, même si notre pourcentage de cours d’eau affichés en bon état diminue. Cela est dû à la prise en compte au fur et à mesure de nouveaux paramètres », précise Olivier Thibault, directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie. Etat physicochimique, pollution organique, pollution diffuse et biologie (poissons, diatomées et invertébrés) se sont respectivement ajoutés progressivement ces dernières décennies. Si les paramètres d’aujourd’hui étaient les mêmes que pendant la période 1995-2005, 50% des cours d’eau seraient ainsi en bon état, alors qu’ils n’étaient que de 18% en 1995. « Comme le « thermomètre » ne cesse d’évoluer, il faut communiquer sur les progrès réalisés et pas seulement sur les objectifs », appuie Olivier Thibault. Améliorer la qualité des eaux et des milieux aquatiques guide l’action de l’Agence de l’eau Artois- Picardie déclinée dans son 10 ème programme 18 L’eau magazine novembre 2014 N°24 AEAP
Eric Legrand Olivier Thibault, directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie d’action. 18 mois de travaux préparatoires et de concertation ont été nécessaires pour élaborer ce programme d’intervention doté de 1,030 milliards d’euros pour la période 2013-2018. Avec ce document, l’agence de l’eau met à disposition une boîte à outils pour aider les acteurs du territoire à L’eau magazine novembre 2014 N°24 entreprendre des projets grâce à des subventions et des avances remboursables. Outil de solidarité au service de l’eau, le 10 ème programme est avant tout un vrai instrument de relance économique locale. « Le milliard d’euros investi sur six ans permet l’équivalent de trois milliards de travaux, avec des retombées purement locales », souligne Olivier Thibault. Une importance considérable pour un bassin fragile économiquement et présentant un taux de chômage élevé. Pollutions diffuses et hydromorphologie Pour améliorer la qualité des eaux, le premier défi est de gérer les pollutions diffuses. Un budget d’intervention de 41 millions d’euros est prévu afin de continuer dans la dynamique lancée par le 9 ème programme (2007-2012), auprès notamment des agriculteurs et des collectivités. Toutefois, le combat n’est pas gagné. Même si le taux de nitrate est désormais stable, la présence des produits phytosanitaires dans les eaux est en augmentation. Entre 2007 et 2012, l’Agence de l’eau a mis en place un programme de surveillance des pesticides Territoires 19



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